La Nation Bénin...
Los Angeles, 18 août 2026. Sous le soleil californien, Angélique Kidjo a posé la main sur la 2 854e étoile du Hollywood Walk of Fame, devenant la première artiste africaine à recevoir cet honneur en soixante-huit ans d’existence de la mythique allée.
Il est 11h30, heure du Pacifique, quand le voile de velours glisse sur le trottoir du 7011 Hollywood Boulevard. En face, la façade rose de l’hôtel Roosevelt observe la scène comme elle l’a fait pour des générations de stars avant Angélique Kidjo. Ce mardi, c’est au tour de la chanteuse originaire du Bénin d’inscrire son nom dans le bronze et le terrazzo, dans la catégorie réservée aux artistes de l’enregistrement.
Autour d’elle, un parterre choisi : l’acteur américain Willem Dafoe, le producteur Harvey Mason Jr., patron de la Recording Academy, l’organisation qui décerne les Grammy Awards, et l’animatrice de Variety Angelique Jackson, chargée de conduire la cérémonie. Ron Frierson, président de la Chambre de commerce de Hollywood, et Jerry Neuman, membre de son comité exécutif, complètent le dispositif protocolaire.
Un parcours édifiant
Cinq fois lauréate d’un Grammy Award et forte de plus de quarante ans de carrière, Angélique Kidjo n‘est pas une inconnue à Hollywood. Elle y a d’ailleurs donné un concert la veille au Grammy Museum, en clôture d’une semaine de célébrations. Mais l’étoile qu’elle inaugure ce mardi a une portée différente : elle fait d’elle la première artiste noire originaire du continent africain distinguée sur cette avenue née en 1958, où aucune chanteuse du continent n’avait encore jamais figuré.
Micro en main, la chanteuse n’a pas caché l’émotion du moment, avant de replacer aussitôt l’événement dans une perspective plus large que sa seule carrière. « Sans nous, il n’y aurait pas de musique possible sur cette planète », a-t-elle lancé, résumant en une phrase la conviction qui a guidé quarante ans de travail: celle d’une dette que le monde entier a envers les musiques africaines, du blues au jazz en passant par la rumba et le funk. Elle a dit espérer que d’autres artistes du continent suivront rapidement le chemin qu’elle vient d’ouvrir.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’une délégation officielle envoyée par la Présidence de la République du Bénin, conduite par le ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine et par l’ambassadrice du pays aux Etats-Unis, venus représenter le chef de l’Etat aux côtés de l’artiste. Un geste qui en dit long sur la place que Cotonou entend désormais accorder à ses talents distingués sur la scène internationale.
Retransmise en direct sur le site officiel du Walk of Fame, la cérémonie restera comme l’un des moments forts de l’année 2026 pour la diplomatie culturelle béninoise, dont Angélique Kidjo est depuis longtemps l’une des ambassadrices les plus écoutées.