La Nation Bénin...
Certaines opérations de lotissement engagées à Sèmè-Podji remontent à 1988. Lors d’une séance publique de reddition de comptes, le maire Thomas Singbo a expliqué les raisons de ces retards et présenté les mesures envisagées pour accélérer la sécurisation foncière et l’aménagement de la commune.
À Sèmè-Podji, le dossier du lotissement reste l’un des plus sensibles pour les populations. C’est donc sans surprise que la municipalité a choisi d’en faire le thème central de sa séance publique de reddition de comptes du mercredi 19 août 2026. Face aux habitants, le maire Thomas Singbo, entouré de ses adjoints, des élus communaux et des responsables techniques, a dressé un bilan des opérations en cours. Plus de quarante chantiers sont aujourd’hui ouverts à travers la commune, avec des niveaux d’avancement variables selon les arrondissements. Alors qu’Agblangandan affiche un taux de recasement proche de 90 %, Ekpè, Tohouè, Djèrègbé et Sèmè-Podji poursuivent leur progression à des rythmes différents. Aholouyèmè demeure, pour sa part, en attente de sa première opération de lotissement.
Mais derrière ces chiffres se cachent des difficultés accumulées au fil des décennies. Dans l’arrondissement de Sèmè-Podji, certaines opérations engagées depuis 1988, soit il y a 38 ans, peinent encore à être bouclées. Le maire a évoqué des dossiers marqués par l’absence de documents fiables, des contestations de propriété, des remembrements irréguliers et des situations administratives complexes. À cela s’ajoutent de nombreux litiges fonciers opposant propriétaires, acquéreurs, familles ou communautés villageoises. Plusieurs de ces contentieux sont aujourd’hui examinés par la Cour spéciale des affaires foncières, ce qui contribue à ralentir davantage l’aboutissement des opérations.
Consciente des attentes des populations, la municipalité entend désormais accélérer le mouvement. Thomas Singbo a annoncé une série de mesures visant à débloquer les dossiers en souffrance, notamment la régularisation des contrats avec les cabinets techniques, l’accélération des procédures administratives, le renforcement des structures locales de gestion foncière et la recherche de solutions pour apurer les dettes de la commune envers les géomètres et urbanistes. L’ouverture de nouvelles voies, la création d’un tribunal de conciliation et le lancement de nouvelles opérations de lotissement figurent également parmi les priorités affichées. Pour l’autorité communale, il s’agit de tourner progressivement la page des retards accumulés afin d’offrir aux habitants un cadre foncier plus sécurisé et propice au développement de Sèmè-Podji.