Ces propos font suite à une tentative de mutinerie survenue les 28 et 29 août derniers à Niamey, menée par des militaires dissidents et déjouée par le pouvoir en place grâce à l'appui de ses alliés russes, notamment les paramilitaires d'Africa Corps. L'épisode a été perçu comme une tentative de renverser le général Abdourahamane Tiani, lui-même arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2023.
Dès le week-end suivant les faits, la télévision publique nigérienne avait diffusé le témoignage d'un officier, le capitaine Roger Gabriel évoquant une implication de la France, ainsi que d'autres pays, dans la mutinerie, sans toutefois l'étayer par des preuves. La position officielle du Niger s'est ensuite durcie. Réuni vendredi 4 septembre, le Conseil des ministres nigérien a estimé, dans un communiqué, que l'attaque avait été fomentée par un vaste réseau de complices placé sous la direction de la France et de son président, Emmanuel Macron.
Niamey a par ailleurs, indiqué se réserver le droit d'engager des poursuites devant la justice internationale, affirmant disposer d'éléments de preuves en ce sens.
Interrogé sur ces accusations, Jean-Noël Barrot a dénoncé une nouvelle mise en cause, selon lui, infondée de la responsabilité française, y voyant une pratique récurrente des autorités nigériennes depuis la rupture des relations entre Paris et Niamey. Cette nouvelle passe d'armes diplomatique s'inscrit dans un climat de tensions persistantes entre la France et plusieurs pays du Sahel, marqué depuis plusieurs années par le retrait des troupes françaises de la région et un rapprochement accru des juntes militaires locales avec la Russie.
À ce stade, ni Paris ni Niamey n'ont annoncé de nouvelles mesures diplomatiques concrètes à la suite de cet échange.