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Neutralité républicaine des FDS : Joseph Djogbénou précise les exigences du devoir militaire

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Dans un État démocratique, la neutralité des Forces de défense et de sécurité ne signifie ni indifférence ni passivité. Elle implique un engagement constant en faveur de la République, de ses institutions et de la protection des populations. C’est le message défendu par le professeur Joseph Djogbénou lors d’une communication à l’État-major général des armées.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 15 oct. 2026 à 21h19 Durée 2 min.
#Forces de défense et de sécurité

La neutralité républicaine des Forces de défense et de sécurité (FDS) demeure une exigence fondamentale dans le fonctionnement d’un État démocratique. Le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, l’a rappelé aux militaires lors d’une communication animée le mercredi 23 septembre 2026, à l’occasion de la conférence d’information et de culture générale du troisième trimestre, organisée à l’État-major général des armées.

Placée sous le thème « Les forces de défense et de sécurité dans un État démocratique : entre neutralité républicaine et engagement au service de la Nation », cette communication a permis à l’universitaire d’interroger la place des militaires dans une démocratie et les exigences liées à leur mission.

Pour Joseph Djogbénou, la neutralité des FDS ne doit pas être comprise comme un retrait de la vie nationale. Elle constitue plutôt une posture qui permet aux militaires de servir la République sans se laisser entraîner dans les rivalités partisanes. « La neutralité des Forces de défense et de sécurité est à l’image de la posture divine, de la posture jupitérienne, qui fait que le militaire dans la société est un bouclier, un recours et un secours », a-t-il déclaré.

Le professeur a ainsi défendu une neutralité active, tournée vers la consolidation des institutions et le développement du pays. Il s’agit, selon ses termes, d’une neutralité « de construction, de contribution et surtout de renforcement de notre démocratie ».

Une exigence républicaine constante

Cette réflexion intervient dans un contexte où les autorités militaires ont déjà rappelé leurs exigences en matière de neutralité politique. Le 30 mars 2026, à l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril, le chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, avait insisté sur le caractère apolitique et impartial de l’institution militaire. Il avait notamment appelé les militaires au respect de la loi électorale, de la discipline et du devoir de réserve, afin de préserver la paix et la cohésion nationale.

Les événements du 7 décembre 2025, marqués par une tentative de mutinerie visant à renverser les institutions de la République, donnent également un relief particulier à la question de la loyauté et du respect de l’ordre constitutionnel. Dans son compte rendu du Conseil extraordinaire des ministres du 8 décembre 2025, le gouvernement avait détaillé les faits et la résistance opposée aux mutins par des militaires demeurés loyaux aux institutions.

Sans réduire la neutralité républicaine à ces seuls événements, le propos de Joseph Djogbénou rappelle l’importance du respect de la légalité et de la responsabilité dans l’exercice du commandement.

L’engagement au service de la Nation

L’universitaire a également souligné que la neutralité ne saurait être assimilée à de l’indifférence face aux difficultés de la société. Les militaires, par leur mission, contribuent à la protection des populations et à la défense des institutions, parfois au prix de leur vie. « Si les FDS étaient indifférentes, elles ne s’engageraient pas au prix fort, jusqu’à offrir leur vie », a-t-il fait observer.

Pour le président de l’Assemblée nationale, cet engagement est indissociable du serment militaire. Il doit toutefois s’exercer dans le respect de la légalité et des principes républicains, sans confusion entre service de la Nation et engagement partisan.

À l’issue de sa communication, Joseph Djogbénou a répondu aux préoccupations des militaires présents. La rencontre, organisée sous l’autorité du Haut commandement militaire dirigé par le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, a également été marquée par d’autres communications consacrées notamment à la santé et à l’accompagnement social des Forces de défense et de sécurité.