La Nation Bénin...
Le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale ont signé, vendredi 17 juillet à Cotonou, deux accords de financement stratégiques de près de 184 milliards F Cfa. L’un est consacré à la nutrition et au capital humain, l’autre à la construction du premier grand barrage hydroélectrique multifonctions du pays.
Deux nouveaux accords de financement d’un montant global de 320 millions de dollars Us, soit environ 184 milliards F Cfa, sont conclus entre le Bénin et la Banque mondiale. Le premier mobilise 170 millions Usd, soit environ 97,5 milliards F Cfa, dont 150 millions Usd, soit environ 86 milliards F Cfa de l’Association internationale de développement (Ida) et 20 millions Usd, soit environ 11,5 milliards F Cfa du Mécanisme de financement mondial (Gff). Il finance la première phase du programme « Alafia 1 – Nourrir le Bénin pour l’avenir », destiné à améliorer l’accès aux services intégrés de nutrition, de santé et de développement de l’enfant, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes, aux nouveau-nés, aux enfants de moins de cinq ans, notamment durant les 2 000 premiers jours de vie.
« En améliorant la nutrition dès les premières années de vie, ce programme pose les bases d’un développement plus durable et inclusif », estime Marie Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo.
Mis en œuvre dans 46 des 77 communes du pays, le programme ambitionne de faire reculer le retard de croissance qui touche encore 36,5 % des enfants de moins de cinq ans, tout en renforçant la résilience des communautés et l’accès à une alimentation de qualité.
Un barrage attendu depuis 40 ans
Le second accord, d’un montant de 150 millions Usd appuie la première phase du programme du barrage multifonctions de Dogo Bis, inscrit dans une enveloppe globale de 580 millions Usd, soit environ 332,5 milliards F Cfa. Sur le fleuve Ouémé, l’ouvrage devrait produire 128 Mw d’électricité, irriguer 17 500 hectares de terres agricoles et réduire de 40 % les risques d’inondation, tout en favorisant la restauration de 14 000 hectares de forêt.
Ainsi, ce projet structurant contribuera à valoriser la vallée de l’Ouémé dans une approche intégrée associant énergie, agriculture et adaptation aux changements climatiques, a souligné Edouard Dahomé, ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines. Il permettra d’améliorer la sécurité alimentaire, de renforcer la connectivité des territoires et de soutenir la croissance économique, a ajouté Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette.
« Ce projet, inscrit dans notre portefeuille depuis près de quarante ans, se concrétise enfin. Nous construisons à la fois le Bénin d’aujourd’hui et le Bénin de demain », renchérit le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Mèdénou. La première phase du programme permettra aussi d’engager des investissements socioéconomiques dans la zone du projet afin d’améliorer les conditions de vie des populations, avec des retombées attendues en matière de transport, d’accès aux services sociaux et d’électrification. À terme, environ 185 000 emplois devraient être créés grâce au développement de l’agriculture irriguée et des infrastructures locales.
Un partenariat renforcé
Ces deux financements s’ajoutent à un portefeuille déjà substantiel de la Banque mondiale au Bénin, estimé à près de 4 milliards Usd, soit environ 2 290 milliards F Cfa. Au cours de l’année fiscale écoulée, l’institution a approuvé 916 millions Usd, soit environ 526 milliards F Cfa, d’opérations en faveur du pays, couvrant notamment l’entrepreneuriat féminin, la résilience côtière et l’intégration régionale de l’électricité.
Mme Uwanyiligira a salué «?la qualité du dialogue avec les autorités béninoises?» et réaffirme l’engagement de la Banque mondiale à accompagner le pays dans des secteurs stratégiques.
Le ministre Aristide Mèdénou a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse. «?Les questions de délai et de gouvernance seront cruciales pour que les objectifs soient réellement atteints?», laisse-t-il entendre.
Ces accords témoignent de la vitalité de la coopération entre le Bénin et la Banque mondiale, au service d’un développement inclusif et durable