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Sommet de la Cedeao sur le Niger: Patrice Talon explique les motivations des décisions

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Patrice Talon Patrice Talon

La vocation première de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) n’est pas de faire une intervention militaire au Niger pour rétablir l’ordre constitutionnel. Elle veut avant tout compter sur la bonne foi des putschistes pour accepter la main tendue de l’institution sous-régionale pour un règlement pacifique de la crise. Patrice Talon, président de la République, a décliné ces contours de la décision des chefs d’Etat lors d’une déclaration sur la chaîne de télévision AIT News. 

Par   Joël C. TOKPONOU, le 14 août 2023 à 06h52 Durée 3 min.
#Patrice Talon #Cedeao #Niger
Déclaration du président Patrice Talon

« Le sommet que nous venons de tenir est d’une importance capitale pour la Cedeao, l’Afrique et le Niger. La motivation essentielle des organes de la Cedeao notamment la Conférence des chefs d’Etat, c’est de protéger le droit, protéger les droits de l’homme, protéger la démocratie et la bonne gouvernance pour l’intérêt et le développement de nos pays. Pour le moment, la seule voie par laquelle les peuples s’expriment pour le choix de leurs gouvernants, c’est la démocratie, le vote. On n’a pas encore imaginé ou inventé un autre moyen d’entendre le peuple. C’est pour cela que la Cedeao s’est donné pour objectif de protéger le seul moyen par lequel les peuples s’expriment. Si les processus démocratiques ne sont pas encore parfaits, il faut travailler à les améliorer. On ne peut pas permettre qu’un autre moyen, par exemple les armes, soit un moyen de choix des gouvernants des pays. C’est le seul problème de la Cedeao. C’est pour cela que nous disons qu’en aucune manière, la Cedeao n’acceptera que les coups d’Etat deviennent le moyen essentiel par leque les gouvernants des communautés humaines doivent être désignés. Nous n’avons pas d’autres objectifs parce que nous savons que le développement passe par la démocratie, l’écoute du peuple, la voix du peuple. Si nous laissons faire, notre sous-région sera désintégrée. Si nous laissons faire, le Niger sera désintégré. Il faut que les divers organes qui gèrent le Niger s’entendent quand il y a un problème pour que dans le dialogue, ils règlent les problèmes, et non par la force, par les armes. Cela est valable pour le Niger, le Nigeria, le Bénin, le Sénégal et tous les pays, y compris ceux du monde entier. Le temps où la force règle les conflits est révolu. C’est pourquoi nous avons décidé aujourd’hui, après avoir tenté de négocier avec les putschistes, que si nous n’avons pas le choix, ce sera par la force que la mauvaise force sera vaincue. Nous avons aussi décidé malgré que nous ayons décidé d’aller par tous les moyens, y compris la force, de laisser une porte ouverte. Il est encore temps pour ceux qui sont là, aujourd’hui, tout à l’heure ou demain, de se retirer pour que ce ne soit pas par la force qu’on leur fasse entendre raison. C’est le leitmotiv des chefs d’Etat qui se sont réunis et nous pensons que c’est le peuple nigérien qui sera gagnant dans cette affaire ».