La Nation Bénin...
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le président de la République, Romuald Wadagni, est aperçu faisant quelques achats auprès de vendeuses, avec des sachets biodégradables pour transporter ses emplettes. Au-delà du geste de proximité avec les commerçantes, cette scène constitue un signal en faveur du respect de la loi n° 2017-39 relative à l’interdiction des sachets plastiques non biodégradables au Bénin.
De retour d’un périple dans le septentrion au cours de la semaine, le président de la République, Romuald Wadagni, a marqué un arrêt auprès de vendeuses d’amuse-bouche et d’autres produits de consommation pour effectuer quelques achats. Contrairement à une pratique désormais répandue, le chef de l’État s’est présenté avec des sachets en papier et de petits sacs biodégradables munis de poignées pour y ranger ses emplettes.
La séquence a surtout retenu l’attention du public pour le geste de convivialité du président à l’égard des « bonnes dames ». Il aurait pu rester dans son véhicule, vitres teintées fermées, et laisser à ses collaborateurs le soin de lui rapporter ce dont il avait besoin. Il aurait également pu poursuivre son chemin sans s’arrêter.
Mais il a choisi une autre démarche, celle de la proximité et de l’échange direct avec les vendeuses. Un geste chaleureux qui a manifestement séduit les personnes présentes et les internautes.
Au-delà de cette scène de convivialité, l’image véhicule toutefois un autre message, plus important: celui de la nécessité de renouer avec l’usage des sacs réutilisables et biodégradables pour limiter la prolifération des sachets plastiques non dégradables.
Un geste qui rappelle des habitudes
Le geste du président rappelle une époque où sortir faire des courses avec un sac faisait partie des habitudes quotidiennes. Il y a encore quelques décennies, lorsqu’un parent envoyait son enfant faire des emplettes, celui-ci emportait généralement un sac pour y mettre ses achats. Les adultes faisaient de même lorsqu’ils sortaient pour effectuer leurs courses.
À cette époque, il était rare de rentrer du marché ou d’une boutique les bras chargés de sachets plastiques à usage unique. Les sacs réutilisables faisaient naturellement partie des habitudes de consommation.
Mais au fil des années, les sachets plastiques ont progressivement envahi les habitudes des consommateurs, jusqu’à devenir presque incontournables dans le quotidien. Une évolution qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement, la santé humaine et animale ainsi que sur la biodiversité.
La loi contre les sachets plastiques
Face à ces enjeux, le Bénin s’est doté d’un cadre juridique destiné à lutter contre la prolifération des sachets plastiques non biodégradables. Il s’agit de la loi n° 2017-39 du 26 décembre 2017 portant interdiction de la production, de l’importation, de l’exportation, de la commercialisation, de la détention, de la distribution et de l’utilisation des sachets en plastique non biodégradables en République du Bénin.
L’objectif est notamment de réduire les effets néfastes de ces déchets sur l’environnement et de promouvoir des modes de consommation plus respectueux de la nature.
Le non-respect de cette législation expose les contrevenants à des sanctions prévues par la loi, notamment des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à six mois et des amendes pouvant atteindre un million de francs Cfa.
À travers son geste, le président Wadagni donne ainsi à voir, au-delà de la simple scène de proximité avec les commerçantes, un comportement conforme à l’esprit de cette réglementation. Un exemple qui rappelle que la lutte contre les sachets plastiques ne relève pas uniquement des pouvoirs publics. Elle commence aussi par les habitudes quotidiennes de chaque citoyen.
L’image évoque la nécessité de renouer avec l’usage des sacs réutilisables et biodégradables pour limiter la prolifération des sachets plastiques non dégradables