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Visite du ministre Nasser Bourita à Cotonou: Un nouveau chapitre pour un partenariat fructueux

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Les accords signés traduisent la volonté des deux États de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale Les accords signés traduisent la volonté des deux États de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale

La septième session de la Commission mixte bénino-marocaine, tenue mardi 21 juillet à Cotonou, marque un tournant dans les relations entre les deux pays. Autorités béninoises et marocaines ont affiché pour ambition de faire évoluer une coopération historique vers un partenariat plus stratégique, plus opérationnel et davantage tourné vers des résultats concrets au bénéfice des populations.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 22 juil. 2026 à 07h15 Durée 3 min.
#coopération bilatérale

Cotonou et Rabat veulent franchir un nouveau cap de coopération. Ils se l’ont réciproquement promis à Cotonou à l’occasion de la septième session de la Commission mixte bénino-marocaine. Après plusieurs décennies d’une coopération solide, nourrie par la confiance politique, la solidarité africaine et des liens humains de plus en plus étroits, les deux États souhaitent désormais aller loin et plus vite ensemble. Pour le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, cette septième session dépasse largement le cadre d’un rendez-vous diplomatique ordinaire. Elle intervient, selon lui, dans un contexte inédit, marqué d’abord par les nouvelles orientations politiques du Bénin. Le chef de la diplomatie marocaine a salué les récentes avancées institutionnelles du pays ainsi que la stabilité dont il fait preuve dans une sous-région confrontée à de nombreuses turbulences. À ses yeux, la coopération entre les deux États doit désormais s’aligner sur les nouvelles priorités de développement portées par les autorités béninoises. Rabat estime que les relations bilatérales doivent changer d’échelle. « Sortir du business as usual », a résumé Nasser Bourita, appelant à une coopération davantage orientée vers des projets à fort impact. Le responsable marocain a insisté sur le rôle que devra désormais jouer le secteur privé. Si les entreprises marocaines sont déjà présentes au Bénin dans plusieurs domaines, il estime que leur contribution peut être encore renforcée. L’organisation d’un Conseil d’affaires bénino-marocain apparaît ainsi comme une priorité afin de rapprocher les opérateurs économiques des deux pays, d’identifier les nouveaux investissements et de permettre aux gouvernements d’accompagner davantage les initiatives privées.

Une coopération renforcée face aux défis sécuritaires

Autre chantier évoqué, le cadre juridique. Les nombreux accords déjà signés constituent une base solide, mais Rabat souhaite désormais privilégier des instruments répondant directement aux besoins exprimés par les secteurs économiques plutôt que multiplier les textes sans portée opérationnelle et cela, Nasser Bourita l’a clairement signifié à Cotonou. Le ministre marocain a également plaidé pour l’instauration d’un dialogue politique permanent entre les deux diplomaties afin de renforcer leur coordination sur les grands dossiers régionaux et internationaux.

Le contexte sécuritaire régional a aussi largement nourri les discussions. Face à la montée de la menace terroriste au Sahel et aux attaques auxquelles le Bénin est confronté, Nasser Bourita a exprimé la solidarité totale du Royaume du Maroc envers le peuple béninois. Cette solidarité devrait désormais se traduire par un renforcement de la coopération en matière de renseignement, de formation des forces de sécurité, mais également dans le domaine religieux, à travers la formation des imams et la promotion d’un islam de tolérance capable de faire reculer les discours extrémistes. Le chef de la diplomatie marocaine a également réaffirmé la constance du soutien du Bénin sur la question du Sahara marocain, assurant en retour que le Royaume demeurera un partenaire fidèle sur toutes les questions essentielles pour le Bénin.

Le capital humain comme priorité commune

L’un des axes majeurs de cette nouvelle étape de coopération demeure la formation. Le Maroc accueille chaque année plusieurs centaines d’étudiants béninois grâce à son programme de bourses. Rabat envisage d’ailleurs d’augmenter ce quota afin d’accompagner les besoins nouveaux du Bénin. L’objectif est désormais d’adapter ces bourses aux secteurs stratégiques retenus par les deux gouvernements dont entre autres, l’agriculture, le tourisme, l’industrie, la recherche scientifique ou encore la formation professionnelle. Cette orientation a trouvé un écho particulier auprès de la ministre de l’Enseignement supérieur, Sèdami Medegan Fagla, qui voit dans l’expérience marocaine une véritable source d’inspiration. Elle a salué les performances du système éducatif marocain, notamment dans les disciplines scientifiques, et exprimé son souhait de mieux comprendre les réformes qui ont permis au Royaume de bâtir un enseignement supérieur performant. Pour la ministre, l’enjeu dépasse la simple augmentation du nombre de bourses. Il s’agit surtout d’importer des méthodes, de renforcer la qualité des enseignants et de construire au Bénin un capital humain capable de soutenir durablement les ambitions économiques du pays, a-t-elle plaidé.

Au nom de la partie béninoise, Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, a rappelé que cette coopération s’inscrit pleinement dans la vision commune portée par les deux chefs d’État. Selon lui, les réformes engagées par le Bénin créent aujourd’hui un environnement favorable aux investissements et ouvrent de nouvelles perspectives dans plusieurs secteurs. Pour le ministre, le modèle de coopération Sud-Sud construit entre Cotonou et Rabat constitue une réponse concrète aux défis du développement africain. Même tonalité chez la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, qui a rappelé que les deux pays entretiennent plus de six décennies de relations diplomatiques. À ses yeux, cette longue histoire d’amitié doit désormais se traduire par des résultats encore plus visibles pour les populations. Elle a insisté sur l’importance d’assurer le suivi des accords signés afin que ceux-ci produisent des effets concrets dans la vie quotidienne des citoyens. Elle a également appelé à intensifier les échanges entre les entreprises béninoises et marocaines afin de transformer les opportunités de coopération en projets économiques créateurs de richesse et d’emplois.