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Coopération allemande dans le secteur agricole : 62 ans de transformation et d'impact

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Plusieurs voix officielles ont salué une coopération allemande efficace  et fiable dans le secteur agricole Plusieurs voix officielles ont salué une coopération allemande efficace et fiable dans le secteur agricole

A Cotonou, la coopération technique allemande (Giz) a célébré six décennies d'engagement aux côtés du Bénin pour une agriculture plus résiliente. Les témoignages et les chiffres dévoilés le 15 juin dernier sont la preuve de l'efficacité des interventions.

Par   Fulbert Adjimehossou, le 19 juin 2023 à 11h40 Durée 3 min.
#coopération allemande
Au terme de 62 ans de coopération allemande dans le secteur agricole, les acteurs ont toujours quelque chose de très évocateur à confesser. Christophe Kinha, directeur exécutif de l'Ong Recherche Action pour un Développement durable, reste marqué, par exemple, par l'appui apporté à un groupement de transformation de soja dans un petit village de Birni, au nord-ouest du Bénin. « De réussite en réussite, ils sont passés à 288 tonnes de soja transformé avec un chiffre d'affaires important », a-t-il dévoilé lors de la célébration des 62 ans de coopération bénino-allemande dans le secteur agricole, le 15 juin dernier. 
Cette coopération est aussi ancienne que l'indépendance du Bénin. Le premier accord signé date du 19 juin 1961 et le premier projet a été lancé en 1965 à Tori-Cada, aux portes de Cotonou. À l'époque, on creusait encore à la main des tranchées dans la brousse pour créer de nouvelles pistes, mais au cours des dernières décennies, la coopération allemande a utilisé des méthodes et approches modernes, dont certaines sont devenues un modèle dans d'autres pays. «Un exemple est la conservation de la forêt classée de la Lama, presque 5 000 hectares de forêt naturelle originelle qui existe toujours », a rappelé Michael Derus, ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne.
Le lancement de l'initiative "Un Seul Monde sans Faim" en 2014 a conduit à une augmentation significative des projets, une douzaine pour une cagnotte d'environ 80 milliards de F Cfa. Cette expansion a donné par la suite naissance au "secteur vert au Bénin", favorisant une agriculture compétitive qui tient compte des aspects environnementaux et climatiques. Les projets ont contribué à la structuration des filières, à l'employabilité des jeunes, à la professionnalisation des acteurs des chaînes de valeurs, au renforcement des entreprises agroalimentaires, à la gestion durable des terres et à la sécurisation foncière.

Des résultats très appréciés

Alors, cette célébration a été l'occasion pour l'ambassadeur de dévoiler les résultats clés. « Environ 200 000 hectares de sols ont été réhabilités ou protégés dans le cadre du ProSol. On observe une augmentation de 68 % du rendement de production pour le maïs, le manioc, l'igname et le coton. De plus, 35 000 personnes ont renforcé leurs connaissances en matière de bonnes pratiques alimentaires et de nutrition grâce au projet ProSar, ce qui a contribué à la sécurité alimentaire dans le pays », a souligné l'ambassadeur. Les interventions ont également facilité l'accès à un premier crédit pour plus de 20 000 exploitations agricoles et 650 entreprises agro-industrielles en milieu rural. Les acquis de tous les projets ont été regroupés à travers la production d'un "MagBook" et d'un webdocumentaire disponibles sur le site du ministère de l'Agriculture.
Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, apprécie également le modèle de coopération et ses ajustements ces dernières années. « Les impacts de cette coopération dans le secteur agricole sont innombrables, tant sur le plan du renforcement des ressources humaines, du cadre institutionnel, politique, législatif et règlementaire que sur le plan de l'amélioration de la productivité, de la compétitivité des infrastructures, de la gouvernance des filières agricoles, des revenus et du bien-être des populations rurales », a-t-il souligné. Les acquis des projets constituent, selon lui, une richesse que le gouvernement du Bénin devra valoriser de manière durable.
Suite à la volonté du gouvernement béninois en fin 2019 d'orienter les fonds allemands vers la formation professionnelle et le développement du secteur privé, un processus de retrait progressif des projets agricoles placés sous la tutelle du ministère de l'Agriculture a été entamé. Cependant, ces fermetures, qui font partie du quotidien d'une coopération axée sur les projets, ne doivent en aucun cas donner l'impression erronée que la Giz réduit son portefeuille. « Je vous assure que la Giz ne se retire pas du Bénin, en aucun cas. Le message est plutôt celui de la continuité », a insisté Assani-Massourou Dahouénon, représentant de la directrice résidente de la Giz.