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Mise en œuvre de l’Agenda 2030: 5 axes stratégiques pour faire progresser les Odd

Société
La réalisation des objectifs montre d’importants gaps à combler La réalisation des objectifs montre d’importants gaps à combler

Le Rapport sur le développement durable en Afrique 2022 expose cinq accélérateurs stratégiques susceptibles de faire progresser les Objectifs de développement durable, face aux difficultés et incertitudes engendrées par la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 04 juil. 2023 à 03h34 Durée 3 min.
#Odd
A mi-parcours de l’échéance de 2030 de la mise en œuvre intégrale du Programme de développement durable des Nations Unies, la majorité des pays africains peine à atteindre la plupart des cibles des Objectifs de développement durable (Odd), d’après le Rapport sur le développement durable en Afrique (Rdda) pour l’année 2022 (Ua/Cea//Bad/Pnud, novembre 2022). Les taux de pauvreté demeurent obstinément élevés dans toute l’Afrique et la majorité des pauvres multidimensionnels à travers le monde - c’est-à-dire les personnes qui subissent simultanément des privations telles que le manque d’accès à l’électricité et à un combustible de cuisson propre - vit en Afrique.
Les effets socioéconomiques de la pandémie de la Covid-19, qui ont anéanti les progrès, se feront ressentir sur le continent pendant des années et seront exacerbés par la guerre russo-ukrainienne, qui a précipité le monde dans une crise alimentaire, énergétique, pétrolière et financière, alerte le document. La situation est particulièrement préoccupante dans la Corne de l’Afrique où des millions de personnes sont menacées par la faim et la famine, en raison de la sécheresse provoquée par le changement climatique.
Une analyse approfondie des cinq Odd relatifs à l’éducation de qualité, l’égalité des sexes, la vie aquatique, la vie terrestre et les partenariats pour la réalisation des objectifs, montre d’importants gaps à combler, en dépit des avancées notées au cours des dernières années. Pourtant, les dirigeants africains, à l’instar de ceux du monde entier, ont pris des engagements en 2015 afin de mettre fin à l’extrême pauvreté, aux inégalités et au changement climatique d’ici 2030. De plus, le plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine intitulé « l’Afrique que nous voulons » et lancé en 2013 s’achève cette année.

Education et égalité des sexes

Il est essentiel d’adopter des stratégies de planification du développement solides et tenant compte des risques, notamment en donnant la priorité à la technologie numérique, à l’enseignement primaire gratuit et au financement durable, recommande le rapport. En fait, malgré l’amélioration constante des taux d’achèvement des études, il est nécessaire d’investir dans le développement de systèmes éducatifs plus résilients. 
La plupart des pays africains continuent à allouer moins de 20 % de leur budget national à l’éducation, et environ un sur trois y consacre moins de 15 % (Ua et Unicef, 2021). Il importe d’augmenter le financement consacré aux infrastructures éducatives, à la formation des enseignants et à la connectivité numérique. En 2021, les niveaux de compétence des enfants d’Afrique (à l’exclusion de l’Afrique du Nord) en deuxième ou troisième année d’enseignement primaire étaient estimés à 28,9% pour les mathématiques et à 17,82 % pour la lecture, inférieurs aux moyennes respectives mondiales de 62,6 % et de 61,4%. En plus, environ 288 millions d’enfants en âge d’aller à l’école ne sont toujours pas scolarisés, en particulier dans les pays en proie à des conflits.
Nonobstant la baisse substantielle de la mortalité maternelle et infantile et la diminution constante de l’incidence du Vih, du paludisme et de la tuberculose, plusieurs défis fondamentaux restent à relever. Les pays devront donc redoubler d’efforts pour appliquer les cadres juridiques de lutte contre la discrimination afin de protéger les femmes et les filles contre la violence domestique, le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines (Mgf). En 2020, 65,6 % seulement des cadres juridiques en Afrique (à l’exclusion de l’Afrique du Nord) portaient sur la violence à l’égard des femmes, un taux nettement inférieur à la moyenne mondiale de 78 %. 

Renforcement de capacités

Il est question de renforcer les capacités institutionnelles pour faire appliquer les textes législatifs et réglementaires relatifs à l’utilisation durable des ressources marines. En 2021, 77 % des déchets provenant de sources terrestres nationales en Afrique se sont retrouvés sur la plage contre une moyenne mondiale de 65,5 %. Il s’agit aussi de renforcer la capacité du continent à intégrer et à accroître les investissements dans la gestion durable de la biodiversité et des terres dans les cadres de développement nationaux, sous régionaux et régionaux. Car, la dégradation des sols touche 46 % des terres africaines et 65 % de la population, pour un coût annuel de 9,3 milliards de dollars Us.
Sur les 54 pays actuellement confrontés à de graves problèmes d’endettement, 25 se trouvent en Afrique subsaharienne, ce qui limite leur capacité à prendre des mesures concrètes pour soutenir les citoyens face aux chocs. Le service de la dette est passé de 27,9 % des exportations de biens et services en 2019 à 32,8 % en 2020 et à 29,5 % en 2021. D’où, il est nécessaire pour les pays de renforcer la mobilisation des ressources nationales, de réduire les flux financiers illicites et de soutenir les acteurs internationaux au déploiement d’instruments financiers innovants tels que les obligations vertes et bleues et les échanges dette-climat, afin de faire progresser le développement durable. 
Par ailleurs, la protection sociale, notamment les transferts d’argent, la couverture sanitaire universelle et l’accès à d’autres services de base, sera essentielle pour éradiquer les inégalités encore très visibles aujourd’hui. Le rapport souligne que la solidarité et les partenariats public-privé seront indispensables pour mettre en place des systèmes de protection sociale résistants aux chocs, créer des stratégies pour les travailleurs du secteur informel et concevoir une nouvelle génération d’emplois verts et résilients qui soutiennent l’esprit d’entreprise des jeunes ■