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Rétablissement de l’axe Burkina Faso-Chine: Cinq ans après, que de fruits !

International

Cinq ans après le rétablissement de leurs relations diplomatiques, Pékin et Ouagadougou marquent une pause. Ceci, non pas pour faire le bilan, mais pour se relancer et entrevoir ensemble une communauté de destin sur le front du développement. 
 

Par   De Pékin, Josué F. MEHOUENOU, le 30 mai 2023 à 06h59 Durée 3 min.

L’eau aura coulé sous le pont, mais pour le bonheur des deux parties. Depuis cinq ans, le Burkina Faso et la Chine ont renoué leurs relations diplomatiques et relancé de fort belle manière une coopération qui longtemps est restée en berne. L’axe Pékin-Ouagadougou revit, depuis lors, une belle idylle retrouvée que les deux parties ont confirmée à l’occasion des noces de bois, le 26 mai dernier, dans la capitale chinoise. A cette même date, en 2018, Yi Wang pour la partie chinoise et Alpha Barry ont scellé le pacte rétablissant les relations diplomatiques entre les deux pays, après un quart de siècle de suspension. Moment historique que Pékin et Ouagadougou ont voulu, sous le sceau du souvenir mais aussi de la relance, célébrer à travers un double évènement.
En premier, une rencontre entre acteurs de développement, le « forum économique et de l’investissement du Burkina Faso »
organisé par l’ambassade du Burkina Faso en Chine. ‘’Le pays des hommes intègres’’ à l’occasion n’a pas que fait étalage de son légendaire pagne tissé. Bien d’autres produits artisanaux et économiques, fruit de l’intelligence, de l’art et du savoir-faire des Burkinabè ont fait objet de promotion, d’admiration et de curiosité tout au long du forum. Côté chinois, on n’a pas non plus lésiné sur les moyens. Bien des articles made in China étaient présents pour susciter l’envie réciproque d’investir.
L’acte 2 de la célébration de ces noces de bois reste la grande soirée de gala qui a connu la présence de nombreux invités et des personnalités du corps diplomatique africain présents à Pékin. Un honneur pour le chargé d’affaires de l’ambassade du Burkina Faso en Chine, Issa Joseph Paré. Ce dernier se réjouit de constater qu’en cinq ans seulement, « le Burkina Faso et la Chine ont déjà parcouru un long chemin dans la mise en place des fondements de relations marquées du sceau de la diversité, de l’esprit de coopération fructueuse et de la concordance des vues sur les différentes questions d’intérêt commun ». Dorénavant, sous l'impulsion des dirigeants des deux pays, les relations sino-burkinabè iront s’améliorant,
« dans d'heureuses conditions » pour des bénéfices tangibles aux deux peuples.
Il soutient en sus que la commé-moration de ce cinquième anniversaire constitue une occasion d’imprimer aux relations politiques, commer-ciales et économiques une impulsion nouvelle pour les hisser au niveau privilégié. C’est pourquoi, exhorte-t-il, le nouvel accord-cadre de coopération entre les deux pays doit être plus ambitieux pour refléter la dynamique desdites relations. D’où son appel en faveur d’une implication plus large du secteur privé des deux pays et à
« l’adoption de partenariats public-privé pour optimiser l’exploitation des potentialités économiques ». Comme il fallait s’y attendre, le sujet « terrorisme »
n’a pas été occulté. Issa Joseph Paré reconnait que cette menace va au-delà des pays sahéliens et requiert l’engagement de toute la communauté internationale.

Nouveau chapitre

Le choix de rétablir les relations diplomatiques avec le Burkina Faso permet d’ouvrir un nouveau chapitre dans les annales des relations sino-burkinabè. Ces cinq dernières années, « la confiance politique mutuelle entre la Chine et le Burkina Faso a sans cesse gagné en profondeur », appuie Zhang Bin, directeur général adjoint Afrique au ministère chinois des Affaires étrangères. Sur la voie vers le développement et la prospérité, poursuit-il, les deux pays ont fait preuve de respect mutuel et de solidarité en vue de réaliser le développement partagé. « La Chine a soutenu fermement les efforts du Burkina Faso pour préserver la paix et la sécurité du pays et améliorer le bien-être de la population, et contribué activement à son développement économique et social », se satisfait-il au nom de son pays. « Nos deux pays se sont prêté mutuellement un soutien ferme sur les questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de part et d'autre et sont restés en communication et coordination étroites sur les affaires régionales et internationales importantes », apprécie Zhang Bin.
En tout cas, tout coule à merveille sur l’axe Pékin-Ouaga. A telle enseigne que le volume des échanges commerciaux est passé de 300 millions de dollars américains en 2018 à 600 millions de dollars américains en 2022. Mieux, la Chine est aujourd'hui le troisième partenaire commercial et la première source d'importations du Burkina Faso. A l’heure de la modernisation à la chinoise, le pays de Xi Jinping veut surtout offrir de nouvelles opportunités de développement au Burkina Faso et aux autres pays africains. C’est pourquoi, Zhang Bin souhaite qu’ils soient des partenaires engagés pour l'amitié et qui se soutiennent mutuellement.