La Nation Bénin...
L'Évangile d'aujourd'hui, que nous venons d'écouter, se fait l'écho de cette déclaration de Notre-Seigneur : « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu ! » La femme que Simon appelait pécheresse le devance dans le Royaume de Dieu, simplement parce qu'elle a reconnu ce qu'elle était et qu'elle en a pleuré. Ses pleurs n'étaient pas de la comédie ou du théâtre ; ils étaient l'expression profonde de son besoin spirituel — son besoin d'être guérie et sauvée par Celui qui peut le faire : Jésus-Christ. Elle ne pleure pas aux pieds de Simon car, comme une vraie brebis, elle connaissait son Berger. Elle connaissait Jésus, le Bon Berger, qui a dit : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » Il est donc inutile de regarder cette femme de travers et de la juger.
L'important n'est pas d'appartenir à un groupe dont les membres semblent socialement ou religieusement propres et purs. Au contraire, l'important est de se reconnaître tel que l'on est vraiment : pécheur. Car, comme le disent les Écritures, « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». La bonne attitude pour chacun d'entre nous est de se reconnaître pécheur, même si nous ne portons pas une étiquette publique et spécifique comme la femme que Simon appelait pécheresse. Oui, nous sommes tous pécheurs, mais nous sommes des pécheurs appelés à la repentance et à la conversion. En fait, la femme de l'Évangile d'aujourd'hui nous enseigne l'attitude même que nous devons avoir : pleurer sur nos péchés et nous en détourner, comme il est écrit ailleurs : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs, pour qu'ils se repentent. »
C'est pourquoi, frères et sœurs, ne pensons pas que la repentance soit pour demain. Au contraire, c'est pour aujourd'hui. C'est maintenant le moment de nous convertir de nos péchés ! C'est maintenant le moment de nous reconnaître comme des pécheurs ayant besoin de la miséricorde de Dieu ! C'est maintenant le moment de pleurer sur nos péchés — et non seulement sur nos propres péchés, mais aussi sur les péchés de nos proches et même sur les péchés de nos ennemis. Rappelons-nous le don des larmes, qui n'est pas un élément dérisoire de notre vie monastique. La femme de l'Évangile d'aujourd'hui nous le rappelle. Saisissons cette occasion pour demander à Notre-Seigneur ce don précieux. Durant sa Passion, le Seigneur a dit aux femmes qui pleuraient sur lui : « Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. » Demandons-lui de nous donner la grâce de pleurer sur nous-mêmes, sur nos proches, sur nos amis, sur nos ennemis et sur notre monde si meurtri par des guerres interminables. En un mot, soyons les imitateurs de la femme de l'Évangile d'aujourd'hui, maintenant et pour toujours. Amen !
Frère Clément Sobakin, Monastère Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin.