La Nation Bénin...
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, nous voyons Jésus en action — Jésus qui chemine « à travers villes et villages, proclamant et annonçant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu ». Comme il le dit lui-même dans l'Évangile selon saint Jean : « Mon Père est toujours à l'œuvre, et moi aussi, je suis à l'œuvre. » Il est à l'œuvre pour que les êtres humains « aient la vie, et qu'ils l'aient en abondance ». C'est la raison pour laquelle il expulse les démons et guérit ceux qui souffrent de maladies. Parmi eux se trouvent « quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies » et qui sont devenues ses disciples, l'accompagnant aux côtés des Douze et les assistant de leurs biens. Ces hommes et ces femmes qui le suivaient ne le faisaient pas parce qu'ils n'avaient rien d'autre à faire, mais parce qu'ils avaient découvert que Jésus était celui qui donnait un sens et un but à leur vie.
Nous aussi, nous avons tout quitté pour suivre le Christ — non pas parce que nous n'avions rien d'autre à faire, mais parce que nous avons découvert qu'Il est le sens ultime de notre vie. Nous sommes certains que le suivre ne nous conduira pas à la ruine, mais au vrai bonheur, aussi bien ici-bas sur terre que là-haut dans les cieux. Nous savons qu'Il est la source de la vie et la lumière qui nous éclaire, comme le dit le Psalmiste : « En toi est la source de la vie; par ta lumière nous voyons la lumière.» Cependant, le suivre signifie que nous devons rompre avec tout ce que le prophète Jérémie appelle des « citernes lézardées qui ne retiennent pas l'eau ». Le suivre signifie entrer dans une vie nouvelle avec une nouvelle manière de vivre, différente de celle du passé lorsque — comme le dit saint Paul — « nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, esclaves de toutes sortes de passions et de plaisirs, vivant dans la malice et l'envie, odieux et nous haïssant les uns les autres ».
Nous sommes devenus chrétiens, et nous sommes devenus moines ou religieux pour vivre cette vie nouvelle. Pourtant, nous savons que c'est un combat — non pas contre nos frères et sœurs, mais contre nous-mêmes et contre le diable dans nos cœurs. Nous sommes engagés dans une guerre spirituelle qui est bien plus difficile que n'importe quelle guerre physique, comme en témoignait autrefois le Patriarche Athénagoras. Mais c'est une guerre qui nous libère véritablement des mains de nos ennemis spirituels et nous transforme, au milieu de nos frères et sœurs, en agneaux sans défense, exactement comme L'Agneau Véritable, le Christ Notre Dieu. Que chacun de nous gagne cette guerre, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et de toutes les saintes femmes qui sont devenues de ferventes disciples de Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen !
Frère Clément Sobakin Monastère Notre-Dame du Kokoubou, Parakou, Bénin