La Nation Bénin...
La Journée internationale des langues des
signes, célébrée le 23 septembre, rappelle que la diversité linguistique passe
aussi par l’accès à l’information et aux services dans une langue comprise par
les usagers. Au Bénin, la numérisation des langues nationales ouvre ainsi un
nouveau chantier : celui de leur accessibilité dans les outils et usages
numériques.
La Journée internationale des langues des signes, célébrée le 23 septembre, remet au premier plan une dimension essentielle de la diversité linguistique : l’accès à l’information, à l’éducation et aux services dans une langue comprise par chacun. En 2026, l’Onu appelle notamment à garantir les droits fondamentaux des personnes sourdes et à assurer leur accès grâce aux langues des signes nationales.
Cette approche élargit la réflexion sur l’avenir des langues béninoises. Une langue ne se préserve plus uniquement par sa transmission familiale, son enseignement ou sa présence dans les médias. Elle doit aussi trouver sa place dans les usages numériques : recherche d’informations, apprentissage, traduction, reconnaissance vocale, contenus éducatifs ou interaction avec les services numériques.
Au Bénin, cette transition a déjà
commencé. Le projet « J’aime Ma Langue », porté par l’Agence des systèmes
d’information et du numérique et l’Initiative pour le développement de
l’intelligence artificielle, vise notamment à constituer des données permettant
aux technologies d’interagir avec les langues béninoises. La phase pilote s’est
appuyée sur le fongbé.
De la préservation à l’accessibilité
L’enjeu consiste désormais à franchir une étape supplémentaire. Numériser une langue ne signifie pas seulement constituer des données ; cela signifie permettre à ses locuteurs d’en faire un usage concret dans l’environnement numérique.
Fongbé, yoruba, dendi, baatonum ou mina pourraient ainsi être davantage présents dans les claviers, dictionnaires numériques, outils de traduction, assistants vocaux et contenus pédagogiques.
Cette évolution rejoint l’approche défendue par l’Onu : la diversité linguistique passe aussi par la capacité à accéder pleinement aux services et à participer à la vie sociale dans sa langue.
Pour les langues béninoises, l’avenir
numérique ne sera donc pas seulement une question de conservation. Il sera
aussi une question d’usage et d’accessibilité.
Une langue ne se préserve plus uniquement par sa transmission familiale, son enseignement ou sa présence dans les médias