La Nation Bénin...
Formation en trading, promesses de gains
rapides sur l’or ou le dollar : ces publicités envahissent les réseaux sociaux
béninois. Mais derrière ces offres se pose une question essentielle : jusqu’où
peut-on trader en ligne au Bénin sans franchir les limites de la réglementation
?
Sur Facebook, Instagram ou TikTok, les
promesses se ressemblent. Un homme en costume devant des graphiques boursiers,
une capture d’écran affichant plusieurs milliers de dollars et une invitation à
rejoindre une « formation en trading ». À Cotonou comme ailleurs, ces offres se
multiplient. Mais le trading en ligne est-il réellement légal au Bénin ?
Trader son argent ou collecter celui des
autres ?
La distinction est essentielle. Trader avec son propre capital n’est pas la même chose que recevoir l’argent d’autres personnes pour le faire fructifier. En février 2023, le ministère de l’Économie et des Finances avait mis en garde contre des opérations d’appel public à l’épargne réalisées sans agrément. Le trading en ligne et les cryptoactifs figuraient parmi les activités avancées par certaines structures pour justifier leurs offres.
Le risque juridique apparaît donc
notamment lorsqu’une personne collecte l’épargne du public ou gère les fonds de
tiers sans disposer des autorisations requises.
Les transferts vers l’étranger sont
encadrés
Un autre point concerne la localisation du
courtier. Lorsqu’une plateforme est établie à l’étranger, alimenter son compte
peut impliquer un transfert de fonds hors de l’UEMOA. Ces opérations restent
soumises à la réglementation communautaire relative aux relations financières
extérieures. Le fait qu’un dépôt puisse techniquement être réalisé en ligne ne
signifie donc pas qu’il échappe aux règles applicables aux transferts
internationaux.
Trading personnel et placement ne doivent
pas être confondus
L’affaire Liyeplimal illustre cette différence. En décembre 2023, le représentant résident de cette société au Bénin a été condamné à sept ans de prison ferme par la CRIET. Une famille avait notamment investi environ 36,2 millions de F CFA sans récupérer les fonds attendus.
Cette affaire ne signifie pas que trader le forex ou le XAUUSD est interdit. Elle rappelle plutôt qu’investir son propre argent sur les marchés et remettre son épargne à une structure qui promet de la faire fructifier sont deux situations juridiquement différentes.
Avant de se lancer dans le trading, il
reste donc essentiel de vérifier le statut du courtier, les autorisations dont
il dispose et les conditions dans lesquelles les fonds sont transférés.
trading en ligne (forex, XAUUSD)