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L’inflation dans l’Uemoa a légèrement rebondi en mars 2026, selon le dernier bulletin mensuel des statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la remontée des prix des produits pétroliers et les fluctuations contrastées sur les marchés des matières premières.
L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) évolue dans un environnement de plus en plus influencé par les dynamiques des marchés internationaux. Le dernier bulletin mensuel des statistiques publié par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) met en lumière une évolution modérée de l’inflation, avec de forte volatilité des prix des matières premières. En mars 2026, le taux d’inflation dans l’Uemoa s’est établi à +0,1 % en glissement annuel, après une légère contraction de -0,1 % le mois précédent. Cette progression, bien que modeste, marque un retour à une dynamique positive des prix, traduisant une pression progressive sur le coût de la vie dans l’espace communautaire. La reprise de l’inflation s’explique principalement par l’évolution de certaines composantes clés de la consommation. Les services de transport ont notamment contribué à cette tendance, tout comme certains produits spécifiques tels que les boissons alcoolisées. Par ailleurs, la baisse des prix des produits alimentaires, bien qu’encore présente, s’est atténuée, limitant ainsi son effet modérateur sur l’inflation globale. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et l’énergie, a légèrement reculé pour s’établir à 1,1 %, traduisant une relative stabilité des prix de fond dans l’économie régionale. Cette situation traduit un équilibre fragile. D’un côté, des facteurs haussiers liés aux coûts énergétiques et aux services, et de l’autre, des éléments de stabilisation issus de la détente sur certains produits alimentaires. L’un des faits marquants du bulletin reste la forte remontée des prix du pétrole sur les marchés internationaux. En mars 2026, les cours du brut (Wti et Brent) ont enregistré une hausse spectaculaire de 35,5 % en glissement annuel, après une période de repli le mois précédent. Cette flambée s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, qui perturbent les circuits d’approvisionnement et accentuent l’incertitude sur les marchés énergétiques. Exprimé en francs Cfa, le prix du pétrole a également progressé de 26,6 % sur un an, confirmant l’ampleur du choc pour les économies importatrices de l’Uemoa. Cette hausse des coûts énergétiques se répercute directement sur les économies de la région, notamment à travers le transport, la production et la distribution des biens. Elle constitue ainsi un facteur de pression inflationniste à surveiller dans les mois à venir.
Trajectoires divergentes
En parallèle, les marchés des matières premières présentent des évolutions contrastées. Certains produits enregistrent des hausses significatives, tandis que d’autres poursuivent leur tendance baissière. Parmi les hausses notables, l’or se distingue avec une progression de 62,9 % en glissement annuel, portée par une demande accrue en tant que valeur refuge. Le coton affiche également une légère hausse de 2,0 %, témoignant d’une certaine résilience de ce produit stratégique pour plusieurs économies de l’Union. En revanche, plusieurs matières premières exportées par les pays de l’Uemoa connaissent une chute marquée de leurs prix. Le cacao enregistre une baisse spectaculaire de -59,9 %, le café recule de -32,9 %, la noix de cajou de -9,1 % et le caoutchouc de -5,7 %. Cette situation pose des défis pour les économies de la région avec une augmentation des coûts liés aux importations énergétiques, combinée à une diminution des recettes d’exportation pour certains produits agricoles. Autre élément notable, la poursuite de la baisse des prix des produits alimentaires importés. L’indice correspondant affiche une diminution de -15,7 % en mars 2026, après une contraction encore plus marquée le mois précédent. Cette évolution est principalement liée à la baisse des prix du sucre (-26,1 %), du lait (-24,0 %) et du riz (-23,0 %), même si elle est partiellement compensée par la hausse de l’huile (+8,0 %) et du blé (+2,4 %). Cette tendance contribue à atténuer les pressions inflationnistes, en particulier pour les ménages dont une part importante des dépenses est consacrée à l’alimentation.
Cette configuration traduit la forte dépendance des économies de l’Uemoa aux marchés internationaux. Elle souligne également la nécessité pour les États de renforcer leur résilience face aux chocs externes, notamment à travers la diversification économique, l’amélioration des chaînes de production locales et une meilleure maîtrise des coûts énergétiques.