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Mutualisation des amphithéâtres à l’Université d’Abomey-Calavi:Un moyen pour maîtriser le flux des étudiants et le calendrier académique

Education
Par   Site par défaut, le 03 févr. 2015 à 04h59

Alors que les infrastructures pédagogiques ne couvrent pas les besoins réels, le flux des apprenants ne fait qu’augmenter à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Face à cette situation, l’équipe rectorale qui a bénéficié à nouveau de la confiance de la communauté universitaire, a depuis 2012, pris un certain nombre de mesures dont la mutualisation des salles de cours et des amphithéâtres et l’élaboration centralisée des emplois du temps pour permettre un bon déroulement des activités pédagogiques.

Le casse-tête classique que constitue la gestion des flux d’étudiants à l’Université d’Abomey-Calavi est maîtrisé. C’est à ce résultat qu’ont abouti la gestion mutualisée des amphithéâtres et l’élaboration centralisée des emplois du temps en vigueur à l’UAC depuis 2012 sous le mandat du recteur Brice Sinsin.

Au titre de l’année académique 2013-2014, le nombre d’inscriptions validées à l’Université d’Abomey-Calavi s’élève à 102.693 contre 112.000 inscriptions attendues pour le compte de 2014-2015. C’est ce que confie Abdoul Adamou, chef du service de la Scolarité de l’UAC pour faire toucher du doigt l’ampleur des effectifs à gérer sur ce campus et par la même occasion celle des besoins en infrastructures pour abriter les cours.

Le rectorat en est conscient

Conscientes de l’insuffisance des infrastructures pédagogiques destinées à accueillir ce flux d’étudiants notamment ceux des facultés classiques, les autorités rectorales ont pris les mesures qui s’imposent. C’est dans ce cadre qu’il convient d’inscrire la création du Service de gestion des emplois du temps et infrastructures pédagogiques (SGETPOIP) perçue aujourd’hui comme une initiative salutaire pour l’Université d’Abomey-Calavi. Chargé d’élaborer les emplois du temps des facultés classiques caractérisées par les grands effectifs, ce service aura contribué, depuis sa création en 2012, à rationaliser l’utilisation des amphithéâtres, permettant ainsi à tous les étudiants de pouvoir suivre les cours du début jusqu'à la fin de l’année académique.
Avant l’année 2012, le manque de salles de cours faisait déborder les programmes et l’année universitaire débordait. Ainsi, au lieu de prendre fin en juillet, l’année académique précédente empiète sur la suivante en se terminant en mars, soit huit mois plus tard. Ce qui induit un retard de près de 6 mois pour la rentrée suivante tout en sacrifiant les vacances. «C’était ainsi pendant plus de 10 ans, l’année ne se termine pas au moment où il le faut», se désole le chef du Service de la scolarité de l’UAC. Dans l’ancien système, les vice-doyens des quatre facultés classiques que sont la Faculté de Droit et des Sciences politiques (FADESP), la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FASEG), la Faculté des Sciences et techniques (FAST) et la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) élaboraient les emplois du temps et géraient leurs infrastructures pédagogiques de façon autonome. Or, même s’il faut reconnaître la pléthore de leurs effectifs, ces facultés ont diverses fortunes quant au nombre d’infrastructures pédagogiques dont chacune dispose. Il y a donc une espèce de déséquilibre. A titre d’exemple, le professeur Youssouf Abou montrera que la FASEG disposant de plus d’infrastructures compte moins d’effectif que la FLASH qui compte près de la moitié de l’effectif de toute l’université.

L’année universitaire désormais normalisée

Le chef du SGETPOIP, le professeur Youssouf Abou, précise que la mission de son service est de gérer au mieux les cours à travers leur programmation et de faire une meilleure utilisation des infrastructures pour relever le défi du respect du calendrier universitaire.
Au sujet de la nouvelle mesure, le chef du SGETOIP explique qu’elle consiste en la mutualisation des salles et amphithéâtres pour appuyer l’exécution des emplois du temps qui désormais sont élaborés par ce service. Pour une gestion centralisée des emplois du temps, poursuit Youssouf Abou, on ne peut pas faire comme les vice-doyens. Ainsi, en concevant l’emploi du temps, le service indique à chaque professeur l’amphithéâtre dans lequel il fera son cours. Selon le professeur Youssouf Abou, trois plages horaires sont définies pour le déroulement des cours. La première tranche va de 7h à 11h, la deuxième de 11h à 15h et la troisième de 15h à 19h, soit trois tranches de 4h en une journée. Et dès qu’un groupe pédagogique finit son cours, un autre doit automatiquement rentrer en salle de façon à éviter qu’il y ait de temps mort. Les programmations des cours se font par «binôme de facultés» à savoir FAST-FADESP et FLASH-FASEG. Chaque binôme suit les cours une semaine d’affilée pendant que l’autre binôme reste à la maison. Mais cette combinaison ayant révélé ses limites toujours à cause du nombre d’étudiants, le chef du SGETOIP a dû procéder à sa révision. La correction a permis de compléter une partie de la FLASH au binôme FAST-FADESP afin d’optimiser l’utilisation des infrastructures et équilibrer plus ou moins le flux quotidien des étudiants sur le campus et dans les amphithéâtres, témoigne le professeur Youssouf Abou. En dehors des cours, les examens aussi ont bénéficié du même système. Comme retombées, il se réjouit que ces nouvelles mesures aient contribué au redressement de l’année universitaire qui commence le 1er octobre pour prendre fin le 31 juillet. Le dispositif, souligne-t-il, a pu résister à la grève de 2014 qui n’a pu perturber le calendrier des activités pédagogiques.

Un étudiant s'en souvient

Cette avancée est reconnue et saluée par Hector Affokplatadé, étudiant en 4e des Sciences naturelles à la FAST. Inscrit à l’UAC depuis l’année académique 2011-2012 donc un an avant la mise en œuvre des réformes, il a encore en mémoire les difficultés engendrées par l’insuffisance des salles et le flux sans cesse croissant des effectifs. Avant, se rappelle-t-il, deux entités se retrouvent dans la même salle. De même, des étudiants n’arrivaient pas à avoir de place dans les amphithéâtres pour suivre les cours. De quelle qualité sera la formation reçue dans ces conditions ?, se demande-t-il. Selon lui, l’équipe rectorale a bien su trouver les moyens stratégiques pour que tous les étudiants puissent suivre les cours jusqu’à la fin de l’année. Même appréciation de la part du professeur Guy Sylvain Atohoun qui marque néanmoins une nuance. Reconnaissant que les mesures de mutualisation des infrastructures et de la centralisation des emplois du temps constituent un pas. Car les problèmes d’infrastructures ont été réglés un tant soit peu. Selon lui, les problèmes persistent. Il estime qu’à la FAST, les cours par quinzaine n’arrangent pas car une unité d’enseignement correspond à un quota horaire donné pour l’année. «S’il y a de petites perturbations qui se mêlent à ça, on se retrouve à la fin de l’année sans avoir fait grand-chose», relève le professeur Guy Sylvain Atohoun en ajoutant que cela donne un coup à la formation. La vraie solution, propose-t-il, «c’est plutôt la construction d’universités». Pour lui, il n’y a plus de place à l’UAC pour d’autres amphithéâtres ou salles de cours.
Déjà, la centralisation des emplois du temps et la mutualisation des infrastructures pédagogiques font des émules au niveau des écoles de formation qui ont commencé à être confrontées au problème de pénurie de salles, se réjouit le professeur Youssouf Abou. C’est le cas, indique-t-il avec une pointe de fierté, de la Faculté des Sciences agronomiques (FSA) et de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) qui sollicitent déjà l’expertise du SGETOIP.

Par Alain ALLABI