La Nation Bénin...
Les acteurs nationaux de la sûreté et de la sécurité nucléaires procèdent à la révision du Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire, à la faveur d’un atelier organisé par l’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr) avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), du 22 au 25 juin à Cotonou.
Le Bénin franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de sécurité nucléaire. L’atelier national de révision du Plan intégré de durabilité en matière de sécurité nucléaire (Inssp), ouvert lundi 22 juin à Cotonou, réunit durant quatre jours les principaux acteurs institutionnels impliqués dans la prévention, la détection et la gestion des risques liés aux matières radioactives. Le Général d’armée aérienne Bertin Bada, conseiller à la Défense et à la Sécurité du président de la République et président du Conseil de surveillance de l’Ansr, a salué l’accompagnement constant de l’Aiea dans le développement des capacités nationales. A l’en croire, l’agence onusienne a apporté un soutien significatif au Bénin dans la mise en œuvre des précédents plans de sécurité nucléaire, la couverture de grands événements publics et la fourniture récente d’équipements de détection. Il a notamment rappelé que des équipements spécialisés d’une valeur supérieure à 200 millions de francs Cfa ont récemment été mis à la disposition du pays. Le président du Conseil de surveillance a souligné que la problématique de la sécurité nucléaire concerne l’ensemble des institutions publiques.
L’atelier poursuit ainsi un double objectif à savoir, renforcer les compétences des ressources humaines impliquées dans l’application du décret du 24 mai 2023 portant réglementation de la sécurité nucléaire et définir une stratégie nationale durable capable de garantir la pérennité du régime béninois de sécurité nucléaire.
Six domaines prioritaires
Les travaux doivent notamment permettre d’identifier les actions à mener au cours des quatre prochaines années afin de consolider les mécanismes de protection contre les actes malveillants impliquant des matières radioactives. La nouvelle révision du plan doit permettre de renforcer six domaines fonctionnels essentiels. Il s’agit notamment de la politique nationale de sécurité nucléaire, du cadre législatif et réglementaire, de la prévention des actes malveillants impliquant des matières radioactives, de la détection des menaces, des mécanismes d’intervention ainsi que de l’amélioration continue du dispositif national. A juste titre, l’Aiea a dépêché à Cotonou Richard Ndi Samba, responsable de la division de la sécurité nucléaire en charge du portefeuille du Bénin. L’expert international a salué l’engagement du Bénin, qu’il considère comme l’un des éléments les plus encourageants de l’évolution du pays dans ce domaine. Il a rappelé les progrès réalisés ces dernières années, citant la mise en place du centre de radiothérapie et le renforcement progressif des capacités institutionnelles nationales. Pour lui, le pays dispose aujourd’hui d’une Autorité de régulation opérationnelle et d’un niveau d’engagement reconnu au sein de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea). Le défi majeur consiste désormais à élaborer un plan d’action opérationnel permettant au pays de disposer d’un système durable de sécurité nucléaire.
Pour les partenaires internationaux, le Bénin pourrait devenir un exemple de bonnes pratiques en Afrique de l’Ouest dans ce domaine. A l’issue des travaux, les recommandations devraient servir de base à un nouveau plan quadriennal destiné à consolider durablement le régime national de sécurité nucléaire.
Le secrétaire permanent de l’Ansr, Kuassi Marcellin Amoussou-Guénou, a indiqué que l’ensemble des institutions concernées ont été associées à l’exercice. Les représentants de la présidence de la République, des forces de défense et de sécurité, de la justice, des douanes, des services de renseignement, de la santé, des transports, des finances, de l’enseignement supérieur ainsi que plusieurs structures spécialisées participent aux travaux. Une forte mobilisation des institutions saluée par le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malè, qui relève la volonté du gouvernement de renforcer les mécanismes de prévention et de protection contre les risques nucléaires et radiologiques.
Définir une stratégie nationale durable capable de garantir la pérennité du régime béninois de sécurité nucléaire