La Nation Bénin...
Une mission consultative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) s’est ouverte ce lundi 15 juin à Cotonou pour cinq jours de travaux consacrés à la préparation et à la réponse aux urgences nucléaires et radiologiques. Experts internationaux et acteurs nationaux évaluent les dispositifs existants afin de consolider le cadre de gestion des risques liés au développement progressif des applications des sources radioactives au Bénin.
Anticiper plutôt que subir. C’est autour de cette logique de prévention que s’est ouverte, ce lundi 15 juin à Cotonou, la mission consultative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) sur la préparation et la réponse aux urgences nucléaires et radiologiques. Pendant cinq jours, experts internationaux, autorités nationales et institutions concernées examineront les capacités du Bénin à faire face à d’éventuels incidents impliquant des sources radioactives. L’objectif affiché n’est pas de répondre à une menace immédiate, mais de bâtir un dispositif capable d’anticiper, coordonner et gérer efficacement toute situation d’urgence liée aux usages croissants des technologies radiologiques dans le pays. À l’ouverture des travaux, le secrétaire permanent de l’Autorité nationale de sûreté radiologique et de radioprotection (Ansr), Marcelin Amoussou-Guénou, a rappelé que cette démarche s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années. Selon lui, le Bénin a adopté en 2023 un cadre réglementaire destiné à organiser la gestion des urgences nucléaires et radiologiques. « En 2022, nous avons élaboré un projet de décret sur la gestion des urgences nucléaires radiologiques qui a été approuvé par le gouvernement le 24 mai 2023 sous le décret 2023-279 », a-t-il indiqué. Ce texte, construit selon les standards internationaux de l’Aiea, définit les mécanismes institutionnels et les responsabilités des différentes structures appelées à intervenir en cas d’incident. Toutefois, le secrétaire permanent reconnaît qu’entre l’existence du cadre réglementaire et son opérationnalisation complète, des défis demeurent. «Nous avons sollicité l’appui de l’Aiea pour venir évaluer ce dispositif, identifier les éventuelles lacunes et nous aider à mettre en place une organisation capable de faire face aux urgences nucléaires et radiologiques », a-t-il expliqué. Cette démarche intervient dans un contexte où le Bénin élargit progressivement l’usage des sources radioactives dans plusieurs secteurs stratégiques. Déjà utilisées dans certaines activités industrielles, ces technologies devraient connaître un développement plus important dans le domaine de la santé. Le secrétaire permanent de l’Ansr a notamment évoqué l’installation prochaine d’un cyclotron au Centre hospitalier international de Calavi afin de produire des sources radioactives destinées à des usages médicaux.
Mobilisation intersectorielle
Le pays s’intéresse également aux applications dans l’agriculture. Le Bénin a adhéré à l’initiative « Atom for Food » portée par l’Aiea afin d’explorer l’utilisation des technologies nucléaires pour améliorer la conservation, la gestion et la sécurité des productions agricoles. Cette diversification des usages renforce la nécessité de sécuriser les dispositifs. « Il faut trouver les moyens de sécuriser toutes ces sources, mais aussi se préparer au cas où des situations imprévues surviendraient », a insisté Marcelin Amoussou-Guénou. La gestion de ces situations implique une mobilisation intersectorielle. Selon les responsables, vingt-trois secteurs ont déjà été identifiés dans le décret national comme parties prenantes du dispositif de réponse aux urgences radiologiques. Parmi eux figurent notamment les structures techniques, sanitaires, sécuritaires et administratives.
Du côté de l’Aiea, l’objectif de la mission est d’accompagner le pays dans l’évaluation de son niveau de préparation et de renforcer son architecture institutionnelle. « Nous sommes au Bénin afin d’aider pour les urgences radiologiques. Cette mission vise à identifier les forces, les faiblesses et les lacunes dans le système d’infrastructures afin d’aider à mettre en place les mécanismes nécessaires », a expliqué Faradally Ollite, expert de l’Aiea. L’expert international a salué les avancées déjà enregistrées par le Bénin. Mais pour lui, le développement des applications radiologiques implique également une montée en exigence dans les mécanismes de contrôle et de coordination. Il estime que la réponse efficace à une urgence radiologique ne peut être portée par une seule institution.
« L’autorité compétente, les Forces de défense et de sécurité et toutes les structures concernées doivent travailler ensemble afin de disposer d’une équipe solide capable de coordonner les interventions », a-t-il conseillé. Pendant cinq jours, les travaux permettront ainsi de confronter le dispositif national aux standards internationaux, d’identifier les améliorations nécessaires et de définir des pistes d’action.
Experts de l’Aiea et acteurs nationaux réunis à Cotonou pour renforcer la préparation du Bénin aux urgences nucléaires et radiologiques