La Nation Bénin...
Le Bénin a proscrit l’usage des sachets plastiques sur son sol, mais ces déchets nocifs peinent toujours à quitter les habitudes. À l'occasion de la Journée mondiale sans sacs et sachets plastiques, célébrée le 3 juillet 2026 à Comè, Marie Odile Hountondji, responsable aux relations extérieures de l'Ong Groupe d'action pour la justice et l'égalité sociale (Gajes), a plaidé pour le retour des feuilles dans l'emballage des aliments.
Face à la pollution grandissante causée par les sacs et sachets plastiques, le recours aux feuilles pour l'emballage des produits alimentaires apparaît comme une solution à la fois écologique, économique et sanitaire. Lors de sa communication présentée le 3 juillet 2026 à Comè, dans le cadre de la Journée mondiale sans sacs et sachets plastiques, Marie Odile Hountondji, responsable aux relations extérieures du Groupe d'action pour la justice et l'égalité sociale (Gajes), affirme qu’avant la généralisation des emballages plastiques, les feuilles de bananier, de teck, de maïs, de manioc, de thalia ou encore de Lasimorpha étaient largement utilisées pour conserver et transporter les aliments. Mais cette pratique, aujourd'hui abandonnée, mérite d'être réhabilitée au regard des nombreux avantages qu'elle présente.
L'un des premiers arguments développés par la responsable du Gajes concerne la protection de la santé des consommateurs. Selon elle, l'utilisation des sachets plastiques, notamment pour emballer des aliments chauds comme l'akassa, l’ablo ou les repas servis lors des cérémonies, expose les populations à des substances chimiques susceptibles d'être libérées sous l'effet de la chaleur. À l'inverse, les emballages végétaux, lorsqu'ils sont propres et convenablement préparés, ne présentent pas ces risques. Ils permettent également une meilleure circulation de la vapeur, limitant ainsi la condensation qui peut altérer la texture des aliments. De plus, ils contribuent à préserver, voire à renforcer, les qualités organoleptiques des mets en conservant leur goût, leur arôme et leur saveur naturelle.
Un levier contre la pollution plastique
La promotion des emballages végétaux répond également à un enjeu environnemental majeur. Biodégradables et compostables, les feuilles se décomposent naturellement après utilisation, contrairement aux sacs et sachets plastiques qui peuvent mettre plus de 450 ans pour se décomposer dans la nature. L’adoption des feuilles contribue ainsi à réduire le volume des déchets non recyclables, à limiter la pollution des cours d'eau, des terres agricoles et du littoral, tout en protégeant les écosystèmes et la biodiversité. Selon Marie Odile Hountondji, leur production nécessite par ailleurs moins d'énergie que celle des emballages plastiques, ce qui participe à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Au-delà des bénéfices environnementaux, cette filière représente un potentiel économique important. Les feuilles utilisées pour l'emballage proviennent de ressources végétales disponibles localement, ce qui favorise leur valorisation. Leur production, leur traitement, leur collecte et leur commercialisation offrent des perspectives de revenus aux producteurs, aux transformateurs et aux vendeurs. Cette dynamique pourrait également réduire la dépendance du pays à l'égard des emballages plastiques. Pour Marie Odile Hountondji, l'utilisation des feuilles dépasse les seules considérations écologiques. Elle contribue également à la préservation des traditions culinaires béninoises et au maintien des savoir-faire ancestraux. De nombreux plats tirent en effet une partie de leur authenticité de leur emballage végétal, qui leur confère parfois un arôme caractéristique apprécié des consommateurs.
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