La Nation Bénin...
A l’issue des élections législatives et communales, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) engage une nouvelle phase de consolidation de son organisation. Entre restructuration territoriale, activation de ses commissions techniques permanentes et désignation des chefs de village et de quartier de ville, le parti entend renforcer son ancrage local et ses capacités d’action. Le secrétaire général, Gérard Gbénonchi, a dévoilé les principaux axes de cette dynamique, ce jeudi 29 octobre, lors d’une conférence de presse au siège national annexe du parti.
Loin de considérer la fin des campagnes électorales comme une pause dans son activité politique, l’Union Progressiste le Renouveau entend faire de la période postélectorale un temps de consolidation et de préparation. C’est le message central porté par son secrétaire général, Gérard Gbénonchi, lors de sa rencontre avec les professionnels des médias. En citant le président du parti, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou qui estime que « la trêve politique n’est pas la trêve de la politique», il a posé les fondements d’une stratégie axée sur la continuité de l’action, la discipline organisationnelle et l’anticipation des échéances à venir.
Pour la formation politique, l’enjeu est désormais de transformer ses acquis électoraux en une organisation durable, capable de maintenir un lien étroit avec les populations et de contribuer efficacement à la gouvernance nationale.
La restructuration des structures de base constitue le premier chantier du parti. L’UP-R poursuit la mise en place de ses cellules, sous-sections, sections, bureaux de sections et coordinations des circonscriptions électorales. Cette démarche vise à améliorer la circulation de l’information, à renforcer la cohésion militante et à assurer une présence plus cohérente du parti sur le territoire.
Au-delà de l’organisation interne, la formation politique ambitionne de faire de ces structures des espaces permanents d’écoute, de mobilisation et d’encadrement. L’objectif est de rapprocher davantage le parti des citoyens et de mieux intégrer leurs préoccupations dans les réflexions et orientations politiques.
Cette implantation territoriale constitue également un levier stratégique pour préparer les prochaines échéances statutaires et assurer une meilleure coordination entre les différentes instances du parti.
Des commissions pour renforcer l’action
L’autre évolution constitue l’opérationnalisation des quinze commissions techniques permanentes prévues par les statuts de l’UP-R. L’installation de leurs présidents, jeudi 22 octobre dernier, marque une étape significative dans cette volonté de renforcer les capacités d’analyse et de proposition du parti.
Ces commissions ont vocation à devenir des pôles permanents d’expertise, chargés d’éclairer les décisions de la Haute direction politique, notamment celles du Bureau politique, indique Gérard Gbénonchi. Leur mission couvrira les enjeux politiques, économiques, sociaux, institutionnels et internationaux, ainsi que l’élaboration de propositions programmatiques et l’évaluation des politiques publiques.
Pour le secrétaire général, cette évolution doit permettre à l’UP-R de s’appuyer davantage sur les compétences, l’innovation et la réflexion stratégique. Des consultations sont actuellement menées au sein des commissions afin d’identifier les rapporteurs et les secrétaires appelés à compléter leurs bureaux. La qualité des profils retenus sera déterminante pour donner à ces structures leur pleine efficacité.
Sur le terrain, le processus de désignation des chefs de village et de quartier de ville représente un autre dossier majeur. Selon le secrétaire général, plus de 3 000 responsables de proximité sont concernés par cette opération, conduite sur la base des résultats définitifs des élections communales, des décisions juridictionnelles intervenues après le scrutin et du cadre légal applicable.
La direction du parti privilégie une démarche concertée et participative, tenant compte des réalités locales, des rapports de force issus des urnes et des exigences liées à l’exercice de ces fonctions.
Ces responsables occupent une place essentielle dans la vie quotidienne des communautés. Ils contribuent en effet à la remontée des préoccupations des habitants, au dialogue avec les autorités publiques et à la préservation de la cohésion sociale. Leur désignation revêt donc une portée qui dépasse les seuls équilibres politiques locaux.
La Haute direction politique a salué la discipline et l’esprit de concertation observés au cours de la première phase. Les listes définitives seront rendues publiques après les vérifications et arbitrages nécessaires, conformément aux orientations du parti et aux dispositions applicables.
Deux rendez-vous majeurs
La préparation des prochaines sessions statutaires constitue l’autre temps fort annoncé par Gérard Gbénonchi. Le samedi 14 novembre prochain, l’UP-R tiendra successivement une session ordinaire de son Bureau politique et une session de son Conseil national.
Environ 300 membres sont attendus au Bureau politique, tandis que le Conseil national devrait réunir quelque 500 participants. Ces instances rassemblent différentes catégories de responsables du parti, notamment les membres de la Haute direction politique, les élus, les responsables exécutifs et les représentants des structures territoriales, selon les dispositions statutaires propres à chacune.
Ces rencontres permettront d’examiner les questions relevant de leurs compétences, de consolider les orientations politiques et organisationnelles et de poursuivre la mise en œuvre des textes fondamentaux du parti.
Pour l’UP-R, il ne s’agit pas de simples réunions de routine. Ces sessions doivent contribuer à renforcer la cohérence de son fonctionnement et à préparer les prochaines étapes de son évolution institutionnelle. La restructuration territoriale et l’installation des commissions techniques s’inscrivent ainsi dans la logique de doter les instances dirigeantes d’une organisation plus solide et de capacités de réflexion accrues.
Parallèlement à ses chantiers internes, l’UP-R entend maintenir sa contribution à la gouvernance du Bénin. Ses militants investis de responsabilités au Gouvernement, à l’Assemblée nationale et dans les exécutifs communaux sont appelés à faire preuve de compétence, d’intégrité, de discipline et d’une exigence constante de résultats.
Le parti affirme vouloir soutenir les initiatives pertinentes, contribuer à l’amélioration des politiques publiques et rester attentif aux défis économiques et sociaux du pays. Cette orientation place la qualité de l’action publique et les résultats concrets au cœur des responsabilités de ses représentants.
Face aux professionnels des médias, le secrétaire général de l’UP-R a été interpellé par rapport au caractère transitoire des organes statutaires du parti au regard de l’esprit de la réforme du système partisan en ce qui concerne le fonctionnement démocratique des partis politiques. Loin d’être une trahison, la non tenue d’un congrès en bonne et due forme pour mettre en place des instances démocratiquement constituées, selon Gérard Gbénonchi, procède d’un choix statutaire. Vu que le parti est en construction et l’enjeu est de veiller à ce que des fragilités internes ne viennent à enrayer le fonctionnement d’une formation politique constituée de plus de 100 partis politiques et de 80 mouvements politiques. En revisitant les instances de l’UP-R, il s’entend dire qu’elles respectent ses statuts et que les décisions tiennent de concertations à la base. Toutes choses qui témoignent de l’approche participative caractérisant la démocratie à l’interne de la formation politique.
Rapprocher davantage le parti des citoyens et mieux intégrer leurs préoccupations dans les réflexions et orientations politiques