BRVM : pourquoi les PME peinent-elles à accéder au marché financier régional ?
Economie
BRVM
Depuis 2017, la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) dispose d'un compartiment destiné aux petites et moyennes entreprises. Ses conditions d'admission ont été adaptées à leur taille. Pourtant, les demandes de cotation restent rares. Entre exigences comptables, coûts et contraintes de gouvernance, où se situe le blocage ?
Par
Akanni BANKOLE LANIBA, le 05 nov. 2026
à
11h16
Durée 3 min.
#Brvm
Pour une petite entreprise, entrer en Bourse peut sembler une perspective lointaine. Le marché financier régional prévoit pourtant un dispositif conçu pour faciliter son accès aux capitaux. Créée en 1996, la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) est la bourse commune des huit pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Son troisième compartiment, lancé en décembre 2017 pour les Pme, a été intégré en 2023 au compartiment Croissance, destiné aux petites entreprises et aux sociétés à fort potentiel de développement.
Des seuils accessibles, des exigences importantes
Les critères d'admission prévoient un capital social minimum de 10 millions de Fcfa et une capitalisation boursière d'au moins 100 millions de Fcfa. L'entreprise doit justifier de deux années d'activité et présenter deux exercices de comptes certifiés ainsi qu'un plan d'affaires. Elle doit également diffuser au moins 10 % de son capital dans le public, soit un minimum de 500 000 titres.
Ces seuils financiers ne suffisent toutefois pas à rendre la cotation accessible à toutes les Pme. La certification des comptes, la fiabilité des informations financières et la structuration de la gouvernance exigent un travail préalable. Les entreprises dont la gestion repose essentiellement sur leur promoteur peuvent ainsi revoir leur organisation avant de solliciter leur admission.
La cotation entraîne des obligations et des coûts
Une entreprise cotée doit communiquer régulièrement ses informations financières et respecter les règles de transparence du marché. Elle doit aussi être accompagnée par un listing sponsor, un professionnel chargé de préparer son dossier d'admission et de l'assister dans le respect de ses obligations.
À cette démarche s'ajoutent les frais d'audit, de conseil et d'accompagnement. Leur montant dépend de la situation de l'entreprise et de l'opération envisagée. Pour une Pme aux ressources limitées, ces dépenses peuvent peser dans la décision de rejoindre la Bourse.
De nouvelles pistes pour faciliter l'accès des Pme
Le rapport annuel 2024 de l'Autorité des marchés financiers de l'Umoa (Amf-Umoa) relevait qu'aucune des 30 Pme ayant bénéficié d'un programme de formation à la cotation n'avait déposé de demande d'admission. Ce constat illustre le décalage entre l'existence du dispositif et son utilisation par les entreprises.
Pour élargir les possibilités de financement, le régulateur travaille également sur un marché obligataire dédié aux Pme. Après le lancement d'une étude de faisabilité en octobre 2024, l'Amf-Umoa a organisé, le 24 mars 2026 à Dakar, un atelier de restitution et de validation de ses recommandations. Les travaux ont notamment porté sur les conditions de création de ce marché et sur une feuille de route pour sa mise en place.