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Economie de l'Uemoa: La croissance résiste, les pressions sur les prix s’accentuent

Economie
L’évolution des prix sur le marché constituera un indicateur déterminant pour apprécier la solidité de cette croissance  dans les prochains mois L’évolution des prix sur le marché constituera un indicateur déterminant pour apprécier la solidité de cette croissance dans les prochains mois

Le produit intérieur brut (Pib) réel de l’Uemoa devrait progresser de 6,1 % au troisième trimestre 2026, selon la Bceao. Cette dynamique économique s’accompagne toutefois d’une hausse des coûts du fret et de l’énergie, susceptible d’alimenter les pressions sur les prix dans les prochains mois.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 05 nov. 2026 à 08h47 Durée 3 min.
#Espace Uemoa

L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) devrait maintenir une croissance soutenue au troisième trimestre 2026. Dans sa Note de conjoncture économique dans les pays de l’Uemoa – septembre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) prévoit une progression de 6,1 % du produit intérieur brut (Pib) réel, après 6 % au trimestre précédent. Cette performance serait principalement portée par le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que par les bons résultats de la campagne agricole.

Les indicateurs disponibles à fin juillet confirment la bonne orientation de l’activité. L’indice global du climat des affaires s’est établi à 0,7 point au-dessus de sa moyenne de long terme, après 0,6 point en juin. Dans le commerce, l’indice du chiffre d’affaires a progressé de 6,1 % en variation mensuelle, après un recul de 1,2 % le mois précédent. La production industrielle a également augmenté de 4,6 %, après une baisse de 2 % en juin. Cette évolution a notamment été soutenue par les activités de fabrication.

Disparités persistantes entre les pays

L’évolution du secteur des bâtiments et travaux publics (Btp) illustre les différences de conjoncture entre les économies de l’Union. Selon les enquêtes de la Bceao auprès des chefs d’entreprise, l’activité s’est améliorée en juillet dans l’ensemble des États membres, à l’exception du Mali, du Niger et du Togo. À l’échelle communautaire, l’écart de l’indice d’activité par rapport à sa moyenne de long terme est ressorti à +4,1 points.

Le Bénin présente l’écart positif le plus élevé avec +26 points, devant le Sénégal (+22,8 points), le Burkina (+15,4 points), la Côte d’Ivoire (+8,9 points) et la Guinée-Bissau (+7,2 points). À l’inverse, l’indicateur ressort à -41 points au Mali, -20,7 points au Niger et -4,1 points au Togo. Ces écarts mesurent la position de l’indice par rapport à sa moyenne de long terme.

Les évolutions des prix présentent également des contrastes. En août, l’inflation en glissement annuel s’est accélérée au Mali pour atteindre 3,3 % contre 2,8 % en juillet, et au Burkina : 3 %, après 2,3 %. Au Bénin, elle est ressortie à 0,1 %, après une stabilité des prix le mois précédent. Au Niger, le recul des prix s’est atténué avec un taux de -1 % contre -2 % en juillet. La Guinée-Bissau a, pour sa part, enregistré une baisse des prix de 0,5 %, après une stabilité le mois précédent.

Fret, énergie et risques inflationnistes

À l’échelle de l’Union, le taux d’inflation en glissement annuel s’est établi à 1,3 % en août, contre 1,2 % en juillet. Cette évolution s’accompagne notamment d’une hausse des prix des transports (+4,6 %), des produits alimentaires (+0,9 %) et des restaurants et hôtels (+1,8 %). Dans les transports, la hausse concerne particulièrement l’essence (+6,8 %), le diesel (+7,2 %) et les tarifs du transport routier (+1,8 %). Pour l’alimentation, le renchérissement de la viande (+9,5 %) a été partiellement compensé par le recul des prix des céréales (-7,5 %) et du poisson frais (-2,4 %).

Les pressions ne se limitent cependant pas aux prix déjà constatés. À fin août, les coûts du fret avaient progressé de 71,5 %. Dans le même temps, les prix des principaux produits alimentaires importés dans l’Union, exprimés en francs Cfa, ont augmenté de 16,2 % sur un an. Le renchérissement des produits énergétiques, susceptible de se répercuter sur les coûts de transport et de production, constitue également un facteur de risque.

Le relèvement des tarifs des produits pétroliers dans les États membres, à l’exception du Niger, contribue à ces tensions. Au Togo, une nouvelle hausse est entrée en vigueur le 11 septembre, après celle du 27 mai. Le litre d’essence est ainsi passé de 725 à 817 F Cfa (+12,7 %), tandis que le gasoil est passé de 750 à 766 F Cfa (+2,1 %).

Dans ses perspectives, la Bceao anticipe une inflation de 1,6 % en septembre et de 1,9 % en octobre 2026, selon le développement analytique et le tableau statistique de sa note. Cette accélération serait liée aux coûts énergétiques et logistiques ainsi qu’aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et de distribution dans certaines zones de l’Union.

Ainsi, les perspectives de croissance de l’Uemoa demeurent favorables, mais la hausse des coûts logistiques et énergétiques appelle à la vigilance. La capacité des économies de l’Union à préserver cette dynamique dépendra notamment de la tenue de la demande intérieure, des activités commerciales et des services, ainsi que des résultats agricoles.