La Nation Bénin...

5e conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés: 500 milliards de dollars par an pour aider les Etats

International
Par   Catherine Fiankan-Bokonga, le 07 mars 2023 à 20h55
Le cinquième Sommet des Pays les moins avancés s’est ouvert à Doha (Qatar) en présence des dirigeants et représentants de 33 pays d’Afrique, 12 pays d’Asie-Pacifique et d’Haïti. Bien qu’ils constituent 14 % de la population mondiale, les Pma ne représentent que 1,3 % du produit intérieur brut mondial et échangent moins de 1 % des exportations mondiales de marchandises. Le chef des Nations unies a dénoncé les taux d’intérêt de « prédateurs » appliqués par les pays riches aux pays pauvres. Il a demandé une aide de 500 milliards de dollars par an pour appuyer les pays « coincés dans des cercles vicieux qui rendent le développement difficile, sinon impossible ». Cinq décennies après la création par l’Onu de la catégorie regroupant les membres les plus vulnérables et les plus défavorisés afin de leur apporter un soutien international particulier, les 46 pays les moins avancés (Pma) sont réunis du 4 au 9 mars au Qatar en compagnie de nombreux chefs d’agence du système des Nations Unies. Pendant les cinq jours de la Conférence, les dirigeants mondiaux sont réunis en compagnie de représentants du secteur privé, de la société civile, de parlementaires et de la jeunesse pour soumettre de nouvelles idées, susciter de nouvelles promesses de soutien et stimuler la réalisation des engagements convenus. La veille de l’ouverture de la conférence, se sont tenus une réunion, présidée par le président du Malawi, ainsi qu’un événement de commémoration du 50e anniversaire de la création du Groupe des Pma en présence du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Les Pma sont confrontés au défi de coûts d’endettement élevés avec des liquidités insuffisantes pour fournir des services essentiels. Au cours de la dernière décennie, le coût du service de la dette des Pma a bondi d’environ 5 % en 2011 à plus de 20 % aujourd’hui. Pour remédier à cette situation, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) mobilise l’action mondiale pour aider ces pays à renforcer leur résistance aux chocs économiques et à préserver les acquis durement obtenus en matière de développement. Malgré la croissance de la finance durable, les flux d’investissement sont concentrés dans les économies développées et émergentes. Les Pma ont besoin de plus d’investissements, mais leur part des flux mondiaux d’investissements directs étrangers est restée le plus souvent inférieure à 2 %.

Lancement du rapport sur le commerce des Pma

Durant la conférence qui a lieu une fois par décennie, la Directrice exécutive du Centre de Commerce International (Cci/Itc), Pamela Coke-Hamilton, et Rabab Fatima, Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (Un-Ohrlls), ont lancé le Rapport sur le commerce des Pma 2023, intitulé « Améliorer la sécurité alimentaire ». Le document met en évidence deux grands groupes de politiques commerciales susceptibles d’aider les Pma à renforcer leur résilience. D’une part par l’amélioration de l’accès au marché pour les importations de produits alimentaires et d’autre part via l’exploitation de sources alternatives d’approvisionnement alimentaire. Selon l’étude, la solution pourrait résider dans l’exploitation de nouvelles sources d’approvisionnement alimentaire et dans le renforcement du commerce des Pma grâce à des partenariats internationaux. Les flux d’investissements directs étrangers (Ide) vers les Pma n’ont connu qu’une croissance modeste ces dernières années. Leur part des Ide mondiaux entre 2011 et 2019 est restée le plus souvent inférieure à 2 %. Selon les données de la Cnuced, les crises mondiales ont sabré les flux d’Ide en 2022, et de nouvelles baisses sont attendues en 2023. Les pays en développement ont reçu 372 milliards de dollars d’investissements liés aux Objectifs de Développement durable (Odd) en 2021, les Pma n’en recevant que 15 %, soit une baisse par rapport aux 19 % de 2020. Les investissements dans les Pma ont chuté dans des secteurs essentiels pour les Odd, tels que l’alimentation, l’agriculture, la santé et l’éducation.

Aggravation de la fracture numérique

Selon le rapport de l’Union internationale des Télécom-munications (Uit) intitulé « Faits et chiffres : Focus sur les Pma », la fracture de connectivité numérique qui sépare les pays les moins avancés du reste du monde ne montre aucun signe de réduction. En fait, l’écart serait passé de 27 % en 2011 à 30 % en 2022. Si la population des Pma utilisant l’internet a augmenté depuis 2011, passant de 4 % à 36 %, environ deux tiers des individus ne sont toujours pas connectés. Une des explications de la lenteur de l’évolution réside dans la liste d’obstacles auxquels les Pma sont confrontés tels que le manque d’infrastructures, la disponibilité financière et les compétences.