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Droits de l’Homme: Six semaines pour un état des lieux mondial

International
Ambassadeur Omar Zniber,  Représentant permanent du  Maroc auprès de l’Office des  Nations Unies Ambassadeur Omar Zniber, Représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies

Le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies entame sa 55e session ordinaire le 26 février sous la présidence de l’Ambassadeur Omar Zniber, Représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies. La durée exceptionnelle de cette réunion est nécessaire pour examiner plus de 100 rapports sur la situation des droits de l'Homme dans près de 45 pays, et tenir 23 débats interactifs avec des titulaires de mandats au titre des procédures spéciales. Outre sa longueur, cette session a la particularité d’être directement affectée par le manque de liquidités auquel fait face le Secrétariat de l’Onu. Ainsi, seul le premier jour du segment de haut-niveau sera filmé, la participation à distance ne sera pas possible et la transcription des échanges ne sera pas effectuée, au grand dam des défenseurs des droits de l’homme.

Par   Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse), le 26 févr. 2024 à 09h47 Durée 3 min.
#droits de l’homme
La nouvelle session du Conseil des droits de l’homme, la plus longue de son histoire, s’ouvrira avec les discours prononcés par des personnalités telles que le Secrétaire général de l’Onu, António Guterres, le président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Dennis Francis, originaire de Trinidad, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, et Ignazio Cassis, Chef du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse. Elu Président du Conseil des Droits de l'Homme le 10 janvier pour une durée d’un an, l'Ambassadeur Zniber, a souligné lors d’une rencontre avec la presse qu’il s’était fixé trois priorités pour cette session. La première concerne l'abolition des tensions qui entravent les travaux du Conseil, « avec un appel à un dialogue respectueux et à la prévention des confrontations». La deuxième priorité concerne l'évolution du Conseil, « dans son écosystème». Pour répondre à la demande formulée en 2021 par l'Assemblée générale de l’Onu, il s’agit d'évaluer les résultats obtenus depuis bientôt 18 ans d’existence de cet organe et d’effectuer cet exercice avant la fin de 2026. Enfin, la troisième priorité vise à promouvoir des thématiques urgentes liées aux réalités actuelles du monde, telles que la sécurité alimentaire, sanitaire et climatique, pour favoriser un climat propice à la cohésion au sein du Conseil.                     

Session extraordinaire sur Gaza

La situation humaine devient de plus en plus désespérée, selon les acteurs humanitaires qui ont un accès restreint à Gaza. Bien qu’un rapport du Chef des droits de l’homme sur la situation dans les Territoires Palestiniens Occupés sera présenté le 29 février et qu’un Dialogue Interactif avec le Rapporteur spécial, Francesca Albanese, se tiendra le 26 mars, il ne serait pas étonnant qu’une majorité d’Etats-membres réclament la tenue d’une Session extraordinaire sur la question. Le Président du Conseil a dit que «si les conditions sont réunies et si les membres souhaitent (en) organiser une, (il) en prendrait acte et irait dans ce sens ». Confronté à un manque sérieux de liquidités, le Secrétariat des Nations Unies n’est pas en mesure de débloquer les fonds nécessaires pour assurer une couverture complète des six semaines de travaux de la 55e Session du Conseil des Droits de l’Homme. Cette restriction empêche également la participation en ligne, ce qui affecte les pays sans représentation permanente à Genève. Au lendemain du 75e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme fêté en 2023, et au moment où les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire sont en augmentation, de nombreux diplomates se disent surpris que les mesures prises affectent l’accès à l’information et aux discussions non seulement des Etats, mais également de la société civile et de la presse internationale