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Gouvernance mondiale: La Chine plaide pour un multilatéralisme plus inclusif

International
A travers l'Igm, la Chine veut contribuer à la réforme de la gouvernance internationale centrée sur les peuples et le pragmatisme A travers l'Igm, la Chine veut contribuer à la réforme de la gouvernance internationale centrée sur les peuples et le pragmatisme

L’Initiative pour la gouvernance mondiale (Igm), lancée en septembre 2025, par le président chinois Xi Jinping,  entend contribuer à une réforme de la gouvernance internationale autour de cinq principes : l’égalité souveraine, le respect du droit international, le multilatéralisme, une approche centrée sur les peuples et l’action concrète.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 22 sept. 2026 à 16h20 Durée 3 min.
#Gouvernance mondiale

La gouvernance mondiale traverse une période marquée par de profondes incertitudes. Les tensions géopolitiques, les conflits, les mesures protectionnistes et les différends commerciaux mettent à rude épreuve le système multilatéral. C’est dans ce contexte que la Chine a proposé une nouvelle approche à travers l’Initiative pour la gouvernance mondiale (Igm), lancée le 1er septembre 2025 par le président Xi Jinping, à l’occasion du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (Ocs) à Tianjin. Au cœur de cette initiative, les défis auxquels l’humanité est confrontée ne peuvent être durablement relevés sans une coopération renforcée entre les nations. L’Igm accorde ainsi une place centrale aux Nations unies et défend une participation plus équitable de l’ensemble des pays à la gouvernance internationale, indépendamment de leur taille, de leur puissance économique ou de leur influence géopolitique. L’initiative chinoise repose sur cinq principes fondamentaux. Il s’agit de l’égalité souveraine, du respect du droit international, de la pratique du multilatéralisme, d’une approche centrée sur les peuples et de la mise en œuvre d’actions concrètes. Ces principes visent à promouvoir une gouvernance mondiale présentée comme plus équitable, plus juste et plus inclusive. L’objectif est également de renforcer la coopération internationale face aux enjeux qui dépassent les frontières nationales.

Pour ses promoteurs, une gouvernance efficace suppose que les décisions concernant l’avenir collectif soient prises dans un cadre de concertation, avec une participation plus large des pays en développement. Dans cette perspective, le renforcement du rôle des Nations unies constitue un élément central de l’initiative. L’Igm intervient alors que la représentation et la participation des pays du Sud dans les mécanismes de décision internationaux font l’objet de débats croissants. La Chine défend une gouvernance reposant sur l’égalité souveraine et une participation accrue de l’ensemble des Etats. Cette approche met en avant la nécessité d’éviter les logiques de confrontation et de privilégier le dialogue et la recherche de consensus. Les enjeux liés à la sécurité internationale, au développement durable, au changement climatique ou aux nouvelles technologies nécessitent, selon cette vision, des réponses collectives. L’initiative entend ainsi promouvoir une conception de la gouvernance mondiale fondée sur la coopération plutôt que sur les rapports de force.

Une initiative appelée à faire ses preuves

Depuis son lancement, l’Igm a suscité l’intérêt de plusieurs pays et organisations internationales. Selon les informations communiquées par la Chine, près de 160 pays et organisations soutiennent aujourd’hui l’initiative. Un «groupe d’amis de la gouvernance mondiale » a également été mis en place au sein du système des Nations unies pour échanger autour des principes et objectifs liés à cette démarche. Au-delà des déclarations de principe, l’enjeu réside désormais dans la capacité de l’initiative à se traduire en actions concrètes et à contribuer effectivement à la résolution des crises qui affectent le système international. La multiplication des conflits, les tensions commerciales et les défis environnementaux montrent, en effet, les limites des réponses isolées. La recherche de solutions communes apparaît d’autant plus nécessaire que les grandes problématiques contemporaines sont interdépendantes. Aucun pays ne peut, à lui seul, répondre aux effets du changement climatique, aux transformations technologiques ou aux menaces pesant sur la sécurité internationale. L’Initiative pour la gouvernance mondiale met ainsi en avant l’idée d’un leadership partagé et d’une responsabilité collective face aux défis de l’époque. Elle défend un système international dans lequel le dialogue, la consultation et l’inclusion occupent une place centrale. Cette vision rejoint le débat plus large sur l’évolution du multilatéralisme et sur la nécessité d’adapter les institutions internationales aux réalités du monde contemporain. La diversité des nations, des cultures et des trajectoires de développement constitue, dans cette perspective, une richesse à prendre en compte dans la construction des réponses collectives.