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Les femmes salicultrices de Djêgbadji disposent désormais d’un outil de production moderne qui vient bouleverser les méthodes traditionnelles de fabrication du sel. L’unité inaugurée, ce jeudi 21 mai dans la localité, s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la filière salicole béninoise, longtemps marquée par des conditions de travail pénibles et une faible mécanisation.
Estimé à plus de 620 millions de F Cfa, le joyau est le fruit d’une coopération multilatérale entre le gouvernement, le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et le Consortium Ibsa composé de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, dans le cadre du Projet de promotion du sel iodé dans la zone côtière du Bénin (ProSel). L’infrastructure comprend plusieurs composantes modernes à savoir : des locaux techniques, une salle de cuisson, un espace d’iodation, des vestiaires séparés, des magasins de stockage ainsi que des boutiques de vente. Elle est également dotée d’un système énergétique hybride combinant l’électricité fournie par la Société béninoise d’énergie électrique et l’énergie solaire, une innovation qui s’inscrit dans une logique de durabilité.
Christian Houétchénou, maire de la ville de Ouidah a exprimé sa satisfaction face à ce projet qu’il considère comme un levier de transformation des conditions de vie des femmes salicultrices. Selon lui, cette unité permet non seulement de réduire la pénibilité du travail, mais aussi d’améliorer significativement la productivité des actrices de la filière. « Nous avons vu des femmes heureuses, parce que leur vie a changé », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts pour étendre ce modèle à d’autres localités.
Prenant la parole, le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnd) au Bénin, Titus Oladayo Osundina, a rappelé que le projet de promotion du sel iodé vise une transformation profonde de la filière salicole. Selon lui, l’objectif est d’améliorer les techniques de production tout en réduisant l’impact environnemental, notamment sur les écosystèmes sensibles comme la mangrove, souvent exploitée dans les méthodes traditionnelles. Il a insisté sur la dimension inclusive du projet, qui place les femmes au cœur du dispositif économique, tout en favorisant leur autonomisation financière. Le représentant du Pnud a également souligné l’importance de renforcer la commercialisation du sel iodé béninois afin d’ouvrir davantage le produit aux marchés nationaux et internationaux.
Du côté du Consortium Ibsa, son représentant Linda Maso a mis en avant la qualité du partenariat qui a permis la réalisation de cette infrastructure. Il a souligné que cette coopération Sud-Sud repose sur le partage d’expériences, le transfert de technologies et la mutualisation des ressources entre les pays partenaires et le Bénin. Il a également rendu hommage aux femmes salicultrices, dont la résilience et le savoir-faire constituent, selon lui, le fondement du succès du projet.
Valoriser les ressources endogènes
Le ministre en charge des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Modeste Kérékou, a exprimé sa satisfaction face à la mise en service de cette unité. Pour lui, cette réalisation s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement béninois de transformer structurellement les filières locales et de valoriser les ressources endogènes au profit des populations. Selon le ministre, cette infrastructure n’est pas un simple équipement industriel. Elle représente l’aboutissement d’un processus de développement porté par le gouvernement du président Patrice Talon, qui met un accent particulier sur la transformation locale, la création d’emplois décents et la promotion de l’entrepreneuriat communautaire, notamment féminin. Cette synergie a permis selon lui, de franchir une étape importante vers la modernisation de la filière, tout en préservant son caractère artisanal et son identité locale.
Pour Modeste Kérékou, cette unité poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Elle vise d’abord à réduire la pénibilité du travail des femmes salicultrices, en améliorant leurs conditions de production. Elle ambitionne ensuite de renforcer la qualité sanitaire du sel iodé produit localement, afin de répondre aux normes de consommation et de santé publique. À terme, elle devrait contribuer à la création d’emplois durables, en particulier pour les femmes et les jeunes, tout en dynamisant les économies locales. Abordant la question de la commercialisation, le ministre a insisté sur un point essentiel qu’est l’accès au marché. Selon lui, la réussite du projet dépendra en grande partie de la capacité des acteurs à écouler efficacement leur production. Il a donc invité les partenaires, les collectivités et les acteurs économiques à accompagner les productrices au-delà de la cérémonie, afin de favoriser des débouchés solides et durables, tant sur le plan national qu’international.
L’unité s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la filière salicole béninoise longtemps marquée par des conditions de travail pénibles