La Nation Bénin...
Dans son ouvrage intitulé « Les dangers de
l’intelligence artificielle en Afrique », Eric Houénafa Soglo, un ingénieur
béninois au Cameroun, plaide pour une adoption lucide et souveraine de l’IA.
Entre transformation des emplois, risques de fuite de données et menace des
deepfakes, il détaille des recommandations concrètes pour les entreprises et
les États africains, tout en présentant MiaIA, un projet innovant dédié à la
préservation de la mémoire humaine.
Face à l’essor de l’intelligence
artificielle, l’ingénieur plaide pour une adoption lucide et encadrée de
l’intelligence artificielle (IA) en Afrique. Dans son livre, il entend susciter
une prise de conscience face aux risques liés à la confidentialité, à la
désinformation et à la dépendance technologique.
Le continent possédant une jeunesse et des
universités nécessaires pour bâtir des solutions adaptées à ses propres
réalités, il leur conseille de maîtriser leur domaine de spécialité pour
identifier les erreurs de la machine, tout en développant des compétences
pratiques pour vérifier les résultats et protéger les données.
Pour contrer les risques de fuite de
données liés au copier-coller dans les outils d’IA, Eric Houénafa Soglo
recommande d’analyser systématiquement les conditions d’utilisation des
services externes. Il propose aux PME d’adopter une charte reposant, entre
autres, sur la définition des données partageables, l’imposition d’une
vérification humaine et la désignation d’un référent interne.
Face à la menace grandissante des
deepfakes, l’ingénieur avertit qu’une voix ou une image familière ne suffit
plus à garantir l’authenticité d’un interlocuteur. Pour ce faire, il conseille
d’analyser la provenance des messages et, en cas de demande suspecte ou
urgente, de recontacter la personne par un autre canal de communication.
Sur le plan de la souveraineté numérique,
l’essentiel réside dans la maîtrise des prestataires et la capacité à en
changer sans paralyser l’organisation. L’auteur estime que l’hébergement local
des données est insuffisant s’il ne s’accompagne pas d’infrastructures fiables
et de compétences locales. Il appelle à une synergie où les États soutiennent
la recherche, les entreprises gèrent leurs dépendances et les universités
forment des experts, tout en encourageant les coopérations équilibrées entre le
Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
Enfin, Eric Houénafa Soglo présente MiaIA,
un projet visant à préserver la mémoire et les valeurs d’un individu pour
permettre des interactions numériques après son décès. Ce système, basé sur une
collecte volontaire de souvenirs de son vivant, reste une simulation et non un
transfert de conscience. Il nécessite un cadre éthique strict pour éviter la
falsification de souvenirs et garantir le consentement, un domaine où les
institutions maghrébines pourraient collaborer par la recherche.
IA en Afrique