La Nation Bénin...
A Abomey, chef-lieu du département du Zou, la célébration du 66? anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale a revêtu un éclat singulier. Autour du préfet Laurent Zomaï, de Dada Dèwènondé Gbêhanzin, actuel roi du Danxomè, et des forces de défense et de sécurité, la place Goho était devenue, samedi 1er août dernier, le témoin d’un hommage vibrant aux héros de la liberté et d’un plaidoyer pour l’unité nationale et le développement.
C’est au pied de la statue du roi Béhanzin, à Abomey, que Laurent Zomaï, préfet du département du Zou, et les forces de défense et de sécurité ont marqué les 66 ans de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale. Dans cette cité historique, ancienne capitale du royaume du Danxomè, la fête nationale replonge les populations dans la mémoire des luttes anticoloniales menées par leurs ancêtres.
Pour ce rendez-vous mémoriel dans le département, le choix de la place Goho, où se dresse la statue du XI? souverain du Danxomè, rappelle à chaque citoyen l’idéal du monarque qui caressait le rêve d’un pays « libre, indépendant et prospère». Cent vingt ans après le décès du souverain résistant, l’histoire s’est invitée à la tribune et c’est main dans la main avec son petit-fils, Sa Majesté Dada Dèwènondé Gbêhanzin, actuel roi du Danxomè, que l’autorité préfectorale s’est inclinée devant le souvenir de tous les combattants de la liberté du royaume de Danxomè devenu Bénin. Cet hommage solennel constituait le véritable baptême du feu public pour le préfet Laurent Zomaï.
La journée de célébration a commencé par un dépôt de gerbe empreint de gravité au monument aux morts, exécuté en présence des maires de presque l’ensemble des neuf communes du département du Zou. A la suite de ce moment de recueillement, le préfet et sa suite se sont rendus à la place Goho, prise d’assaut dès les premières heures de la matinée par une foule nombreuse de cadres politiques, d’acteurs de la société civile et de citoyens venus s’associer à cet hommage.
A 9 heures 30 minutes, le préfet a été accueilli au pied de la statue par le colonel commandant d’arme de la garnison. Ensemble, les deux personnalités ont passé en revue les différentes unités militaires et paramilitaires mobilisées pour l’événement. Placé sous le thème « Les forces de défense et de sécurité ensemble avec le peuple en marche vers la prospérité », le défilé militaire et paramilitaire a mis en scène sept pelotons pédestres appuyés par quelques moyens roulants. Toutes les unités de l’Armée de terre et de la Police républicaine du Zou ont paradé sous la supervision du Colonel Jules Agbidi, commandant du centre de formation aux opérations de maintien de la paix. Tout a commencé à 10 heures 26 minutes, quand la voix rauque du capitaine major Méré Bagana, du premier bataillon d’artillerie, a tonné pour ordonner la mise en mouvement des troupes. Commandant de l’ensemble des détachements, il a lui-même ouvert la marche, suivi du drapeau national, puis du passage remarqué du « carré d’as» regroupant les représentants de l’Armée de terre, des Douanes et droits indirects, des Eaux, forêts et chasse, ainsi que de la Police républicaine. L’innovation majeure de la parade est venue du second peloton de la Police républicaine. Unité spéciale chargée de la surveillance et des interventions rapides basée à la direction départementale d’Abomey, ce peloton a exécuté la « marche royale », une cadence lente mais assurée, rythmée par un chant emblématique de la période révolutionnaire. Une prestation saluée par des applaudissements enthousiastes, contrastant avec la marche française plus classique du premier peloton. Le passage des agents des centres de Bohicon et de Covè de l’Agence départementale de protection civile a également été chaleureusement ovationné, la foule saluant l’engagement quotidien de ces « soldats du feu» lors des sinistres.
Marche vers le développement
La phase pédestre s’est achevée en beauté avec la démonstration de la marche para-commando exécutée par un détachement de la garde nationale.
Avant l'ouverture du défilé, le maire d'Abomey a dressé un bilan des premiers mois de sa gestion. Affichant un bilan positif, Franck Kpassassi s'est engagé à maintenir le cap avec le collège des conseillers et l'équipe technique. Ses priorités s'articulent autour de l’aménagement du territoire et la modernisation des infrastructures urbaines ; la mobilisation accrue des ressources propres pour financer le développement de la commune ; la valorisation du patrimoine culturel à travers le lancement d’une manifestation internationale d’envergure intitulée « Trône et Héritages», conçue pour repositionner Abomey parmi les grands rendez-vous festifs et touristiques du Bénin. En somme, l’édile ambitionne de faire d’Abomey non seulement le berceau historique de la nation, mais aussi une ville attrayante et prospère.
Abordant les perspectives départementales et nationales, le préfet Laurent Zomaï a rappelé que la célébration du 1er août est une occasion privilégiée de renouveler la fidélité à la paix et l’engagement à bâtir ensemble un Bénin uni. S’il a souligné que les perspectives d’avenir sont « porteuses d’espérance», le préfet a insisté sur la préservation de la paix et de l’unité nationale comme piliers incontournables du vivre-ensemble. S’adressant à la jeunesse, qualifiée de « première richesse », le préfet Zomaï l’a vivement exhortée à refuser les voies de la facilité et à s’investir pleinement dans le travail constructif.
Le préfet Laurent Zomaï rend hommage aux forces de défense et de sécurité