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Technologies agricoles durables: Consolider le leadership cotonnier grâce à l’innovation verte

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Technologies agricoles durables Technologies agricoles durables

Le développement de technologies agricoles respectueuses de l’environnement est une condition essentielle pour assurer une production durable et préserver les ressources naturelles. C’est l’un des principaux enseignements d’un webinaire consacré aux innovations en biotechnologie et aux perspectives de développement de la filière coton au Bénin.

 

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 03 août 2026 à 18h54 Durée 3 min.
#Technologies agricoles durables

Le Bénin s’est imposé ces dernières années comme une référence africaine dans la production cotonnière. Cette performance, qui contribue fortement à l’économie nationale, doit désormais s’accompagner d’une transition vers des pratiques agricoles plus durables afin de préserver les sols, réduire l’usage des intrants chimiques et renforcer la résilience des exploitations face aux changements climatiques. C’est l’un des enseignements d’un webinaire organisé par l’Université Mohamed VI polytechnique sur le thème :

« Modernisation et durabilité de la filière coton au Bénin pour stimuler l’industrialisation locale». Aux côtés de l’université, le professeur Hicham Elarroussi a axé sa présentation sur la formulation de biostimulants et biopesticides pour une gestion durable des cultures. Son profil d’entrepreneur avec la création de la startup Tecalga est un point positif qui incarne la dynamique industrielle et entrepreneuriale que le Bénin cherche à impulser. 

Au cours de ce webinaire, organisé autour des innovations développées par l’Université Mohammed VI polytechnique (Um6p) du Maroc, les chercheurs ont présenté plusieurs solutions biotechnologiques susceptibles d’accompagner cette transformation. Hicham Elarroussi a rappelé que la filière coton représente environ 6 % du Produit intérieur brut (Pib) du Bénin et près de 40 % des emplois en milieu rural. En 2025, selon les données citées lors du webinaire, le pays a enregistré une production d’environ 700 000 tonnes avec près de 180 milliards de francs Cfa de revenus. Ces performances, indique le professeur, illustrent les progrès accomplis par le Bénin dans la modernisation de sa principale culture d’exportation. L’expert souligne que cette dynamique reste confrontée à plusieurs défis, notamment la dégradation progressive des sols, la baisse de leur fertilité, les effets du changement climatique, la sécheresse, les maladies phytosanitaires ainsi que la forte dépendance aux intrants chimiques. Selon lui, pour maintenir la compétitivité du coton béninois, il faut repenser les méthodes de production. 

Développement des biotechnologies

 

A l’Um6p, les avancées réalisées dans le domaine des microalgues et des bio-intrants destinés à l’agriculture durable sont exposées aux participants du webinaire. Les biostimulants, biofertilisants et biopesticides développés dans leurs laboratoires permettent de stimuler naturellement la croissance des plantes tout en limitant l’utilisation des produits chimiques. Les essais menés sur différentes cultures ont montré, selon le professeur Hicham Elarroussi, des gains de rendement variant de 16 à 30 %, accompagnés d’une amélioration de la qualité des récoltes. Ces solutions renforcent également la résistance des cultures face aux stress hydrique, salin et aux attaques de pathogènes, tout en restaurant progressivement la fertilité des sols. Il s’agit, dit-t-il, des innovations qui représentent une réponse adaptée aux réalités africaines où la préservation des terres agricoles devient une priorité.

Il suggère la nécessité d’introduire les bio-intrants dans les itinéraires techniques du coton béninois. Une approche qui selon lui permettrait non seulement de réduire l’empreinte environnementale de la production, mais aussi de diminuer les coûts liés aux engrais et pesticides chimiques. L’objectif est de développer une agriculture capable d’augmenter durablement les rendements sans compromettre les ressources naturelles dont dépend la production future. Il estime que la santé des sols constitue aujourd’hui le principal levier pour garantir la prospérité de la filière coton. La séance avec les experts de l’université a mis en avant l’importance d’une valorisation intégrale de la filière. Les fibres alimentent naturellement l’industrie textile, mais les graines peuvent également servir à la fabrication d’huile alimentaire ou cosmétique, tandis que les tourteaux trouvent des débouchés dans l’alimentation animale. Les coques et résidus agricoles peuvent, en ce qui les concerne, être transformés en compost ou en biochar, afin d’améliorer durablement la fertilité des sols dans une logique d’économie circulaire et de "zéro déchet". Cette approche va aider le pays à créer davantage de valeur ajoutée au niveau national tout en diversifiant les revenus des producteurs.

 

Innover pour maintenir le cap


Le développement de la filière coton au Bénin passe par l’implication des jeunes entrepreneurs, propose l’expert. Ainsi, les innovations comme agriculture de précision, utilisation des drones, outils numériques, production locale de biofertilisants, fabrication de biopesticides ou encore transformation industrielle des sous-produits représentent autant d’opportunités de création d’entreprises et d’emplois. Face à l’expérimentation de la technologie dans la production agricole avec le développement des microalgues au Maroc grâce aux travaux de recherche, il y a lieu de poursuivre les partenariats déjà engagés entre l’Université Mohammed VI polytechnique et des institutions béninoises, ainsi que de développer de nouveaux projets de recherche sur l’agriculture durable avec le Bénin.

En misant sur l’innovation scientifique, les biotechnologies et l’entrepreneuriat agricole, le Bénin dispose ainsi des atouts nécessaires pour consolider son statut de leader africain du coton tout en construisant un modèle de production plus respectueux de l’environnement, créateur de richesse et durable pour les générations futures. C’est ce qui compte aux yeux des chercheurs du Maroc, un pays ami du Bénin?