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Lutte contre le paludisme: Le Bénin innove avec la pulvérisation par drone

Santé
Le Bénin lance une approche innovante fondée sur la pulvérisation par drone Le Bénin lance une approche innovante fondée sur la pulvérisation par drone

Le projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin » a été lancé hier mardi 30 juin à Cotonou. Cette initiative pilote introduit notamment l’usage de drones pour la pulvérisation de larvicides dans les zones à risque afin de réduire durablement la transmission du paludisme et accélérer les résultats dans la lutte contre cette maladie qui demeure un défi majeur de santé publique.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 01 juil. 2026 à 07h15 Durée 3 min.
#Lutte contre le paludisme

Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de lutte contre le paludisme. Autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs communautaires ont procédé ce mardi 30 juin à Cotonou, au lancement officiel du projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin ». Portée par une approche innovante combinant technologies de pointe, vaccination et mobilisation communautaire, l’initiative entend réduire la transmission de la maladie et la mortalité qui lui est associée. Il s’agit d’un projet financé par le Japon, avec l’appui de l’Unicef, à hauteur de 2,3 millions de dollars américains, soit plus de 1,3 milliard de francs Cfa. A en croire Uezono Hideki, ambassadeur du Japon près le Bénin, le projet s’inscrit dans le cadre des engagements issus de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad 9). « Son ambition est d’accompagner les efforts du Bénin pour moderniser ses interventions sanitaires et améliorer la protection des populations les plus vulnérables», détaille-t-il. Au cœur du dispositif figure l’utilisation de drones pour la pulvérisation de larvicides dans les zones identifiées comme particulièrement exposées. Les interventions bénéficieront directement à plus de 336 000 personnes dans les départements du Borgou, de la Donga, du Littoral et de l’Atlantique, avec des actions ciblées dans plusieurs communes pilotes, dont Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou. Cette technologie permettra d’intervenir avec davantage de précision, de rapidité et d’efficacité, y compris dans les espaces difficiles d’accès. L’approche repose également sur l’exploitation de la cartographie géospatiale et de l’intelligence artificielle afin de mieux identifier les gîtes larvaires et d’optimiser les actions de prévention.

Selon Aude Rigot, représentante adjointe de l’Unicef au Bénin, l’initiative illustre une ambition commune entre le Bénin, le Japon et l’agence onusienne, de promouvoir des solutions innovantes et durables au service de la santé publique. Elle a salué les progrès enregistrés ces dernières années par le Bénin, notamment l’augmentation du financement national consacré à la lutte contre le paludisme et la baisse des indicateurs de prévalence.

Vers l’élimination totale du paludisme

Malgré ces avancées, le paludisme reste l’un des principaux défis sanitaires du pays. Chaque année, près de deux millions de cas sont enregistrés au Bénin et environ 2 000 décès sont attribués à cette maladie. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes demeurent les catégories les plus exposées. Face aux effets combinés du changement climatique, de l’urbanisation rapide et des inondations, les autorités estiment indispensable de renforcer les réponses préventives. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a souligné que ce projet marque une étape importante dans la trajectoire du pays vers l’élimination du paludisme à l’horizon 2030. Il a rappelé les différentes mesures déjà engagées au cours des dernières années, notamment l’extension de la vaccination antipaludique, les campagnes de distribution de moustiquaires, le renforcement de la santé communautaire et l’amélioration de la surveillance sanitaire. Pour le ministre de la Santé, la récente création de l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques traduit la volonté du gouvernement de disposer d’un cadre plus efficace et mieux coordonné pour accélérer les résultats. « Cette stratégie permet de réduire durablement la densité des moustiques et vient en complément aux autres interventions de prévention déjà mises en œuvre », fait savoir Benjamin Hounkpatin. Il insiste sur le rôle déterminant des communautés dans la réussite du programme. Les jeunes, les relais communautaires, les leaders locaux et les autorités décentralisées seront mobilisés pour accompagner les opérations, sensibiliser les populations et promouvoir les bonnes pratiques de prévention.