La Nation Bénin...
La lutte contre les cancers du sein et du
col de l’utérus au Bénin exige un changement radical de paradigme, centré sur
le dépistage précoce et la vaccination. C’est le message d’urgence porté par la
professeure Marina d’Almeida Massougbodji, ancienne ministre de la Santé. Face
aux ravages de ces affections souvent diagnostiquées à un stade terminal, elle
appelle à une mobilisation nationale intégrale.
Le constat dressé par la professeure
d’Almeida Massougbodji est que l’ignorance qui entoure les pathologies
cancéreuses reste un problème majeur de santé publique au Bénin. Faute d’une
sensibilisation intensive et permanente, les cancers du sein et du col de
l’utérus sont souvent détectés à un stade avancé, rendant les issues fatales
inévitables. Face à cette tragédie silencieuse, l’ancienne ministre de la Santé
insiste sur le fait que « le cancer peut se guérir s’il est pris à temps ».
Alors, pour inverser la courbe de la
mortalité, elle exhorte la population, les familles et le corps médical à faire
bloc. Cette riposte collective repose sur la vaccination massive des jeunes
filles contre le papillomavirus humain (VPH), principal vecteur du cancer du
col de l’utérus, et sur l’intégration du dépistage systématique dans les
habitudes de toutes les femmes.
La clinicienne met en garde contre
l’illusion d’une prise en charge purement réactive, souvent financièrement
insoutenable pour les ménages. « On ne peut pas traiter et guérir le cancer
avec des cotisations », prévient-elle avec fermeté. Vu le coût des traitements
thérapeutiques en phase terminale, les élans de solidarité et les collectes de
fonds improvisées s’avèrent dramatiquement insuffisants. D’où la nécessité
d’opter pour la seule stratégie viable et humaine : l’anticipation.
Première femme d’Afrique de l’Ouest
francophone agrégée en cardiologie, la professeure Marina d’Almeida
Massougbodji incarne l’excellence académique et un engagement indéfectible en
faveur de la santé publique. Aujourd’hui octogénaire, cette pionnière continue
d’inspirer et de guider les nouvelles générations de femmes scientifiques et de
leaders à travers le continent, rappelant que le combat pour la vie se gagne
d’abord sur le terrain de la prévention.
Lutte contre les cancers féminins