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Mise en œuvre efficace de la PTME: CeRADIS-ONG œuvre pour l’atteinte des objectifs

Santé
Par   Maryse ASSOGBADJO, le 29 juil. 2015 à 07h32

Comment faire pour éviter la transmission du VIH/Sida de la mère à l’enfant ? Pour relever ce défi, CeRADIS-ONG se joint aux autres acteurs sanitaires afin de permettre au Bénin de s'aligner sur les objectifs mondiaux de lutte contre le VIH/Sida. Formations, séances de sensibilisations et de mobilisation des acteurs autour de l’enjeu VIH/Sida et PTME sont entre autres pistes qu’elle explore pour mener la lutte. Sauf que ces actions seules ne suffisent pas. La PTME est encore confrontée à quelques irrégularités.

Le Bénin peut parvenir à l’idéal zéro nouvelle contamination de la mère à l’enfant liée au VIH/Sida si tous les acteurs impliqués dans la lutte jouent réellement leur partition. C’est le sens de l’engagement de l’ONG CeRADIS qui y travaille activement.

Au nombre des initiatives qu’elle a entreprises dans ce sens, une étude visant à renseigner sur les pistes à explorer en faveur de la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME). Laquelle a pris en compte dix départements du Bénin et présente l’état des lieux des interventions du Fonds mondial (FM) de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme en lien avec la PTME au Bénin. L’étude se penche sur la situation des femmes séropositives et leur prise en charge en cas de grossesse et d’accouchement, avec au centre le couple mère-enfant.
Si l’on s’en tient à la moisson ramenée par les rapporteurs, le Bénin peut se réjouir des avancées notables enregistrées dans le cadre de la PTME. Le rapport indique que le pays est sur la bonne voie en matière de mise en œuvre de la PTME. Il en ressort que les services offerts sur les sites dans leur grande majorité, sont de bonne qualité. Les objectifs fixés dans ce cadre seront donc approchés, projette-t-on. Ces performances tiennent du fait entre autres, de la généralisation de l’option B+ (qui exige que toutes les femmes dépistées séropositives soient systématiquement mises sous ARV), depuis janvier 2015 au Bénin, de la disponibilité des ARV sur les sites de prise en charge. L’équipement des laboratoires et l’approvisionnement en intrants et la prise en charge des femmes enceintes dépistées positives constituent également quelques avancées notables du programme.
En 2014, 97% des enfants nés des mères séropositives et mises sous ARV ont été épargnés du VIH grâce à la PTME. On note aussi un meilleur accès des femmes enceintes séropositives à la prophylaxie ARV. 60% des femmes séropositives enceintes attendues ont été mises sous ARV pour prévenir la Transmission du VIH de la mère à l’enfant contre 46% en 2012. Le diagnostic précoce du VIH a été également offert à 77% des enfants nés de mères séropositives en 2014 contre 25% en 2012.
Des avancées notables au profit de la PTME certes, mais la mise en œuvre efficace du programme au niveau de certaines formations sanitaires est confrontée à des difficultés liées notamment au déficit et à la formation du personnel.

Améliorer la relation entre les associations de PVVIH et les acteurs de lutte

Le rapport de l’évaluation indépendante de l’état des lieux des interventions du Fonds mondial en lien avec la PTME au Bénin renseigne qu’à Savalou dans le département des Collines, le délai d’attente des bénéficiaires du programme est long en raison du déficit en personnel.
«Tout le personnel PTME n’est pas formé (45%). Le délai d’attente est long à cause du manque de personnel. Parfois à la Consultation prénatale (CPN), les femmes vont à la maison à minuit» peut-on lire dans le document.
Il arrive également que le personnel non formé refuse de prester les soins aux patientes au motif qu’elles ne relèvent pas de leur responsabilité, relève notre source. Le déficit du personnel étant un problème commun à toutes les formations au Bénin, il urge de trouver les palliatifs au plan national pour y mettre définitivement un terme.
La mise en œuvre de la PTME dépend également de la bonne relation entre les associations de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et les acteurs de la lutte. Or, cette collaboration est presque inexistante aujourd’hui.
«La plupart des membres sont inactifs et ne veulent plus se faire connaître parce qu’ayant recouvré la santé avec la prise régulière des ARV», établit le rapport.
Un travail de sensibilisation s’impose donc à ce niveau d’autant que la présence des associations de PVVIH dans la communauté et au niveau des Zones sanitaires devrait être mis à profit du suivi d’un certain nombre d’indicateurs liés à la qualité et à la disponibilité des services. Le renforcement de leur capacité est un élément important pour le financement du Fonds mondial. Cela aiderait surtout à renseigner sur la disponibilité des intrants au niveau des sites PTME et des sites de prise en charge, sur la qualité des services offerts aux bénéficiaires, la sensibilisation des pairs pour l’implication des conjoints, les séances d’information et d’éducation pour un changement de comportements dans les communautés, propose CeRADIS-ONG.
Dans un autre registre, il va falloir également associer tous les sites privés ayant une existence légale dans le processus PTME. Leur couverture en ARV étant seulement de 62% des femmes enceintes séropositives, le défi en matière de la mise en œuvre de la PTME reste donc encore entier.