La Nation Bénin...
Entré dans sa deuxième
journée, l'atelier régional de validation de l'évaluation continentale des
politiques et mécanismes de financement en santé sexuelle et reproductive a été
marqué, jeudi 30 juillet à Cotonou, par l'examen minutieux des données collectées
dans une trentaine de pays africains.
La deuxième journée de l'atelier régional consacré à la santé sexuelle et reproductive a été essentiellement consacrée aux travaux techniques et aux échanges d'expériences entre les délégations venues d'une trentaine de pays africains. Les experts poursuivent les travaux de validation des données issues de l'évaluation continentale des politiques, stratégies et mécanismes de financement dans le domaine de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents. L'objectif demeure le même : disposer d'informations fiables pour orienter les décisions politiques, renforcer le plaidoyer auprès des partenaires et accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile sur le continent. Au cours de cette deuxième journée, les participants ont procédé à la revue des données nationales, ont confronté les différentes expériences et ont partagé les bonnes pratiques observées dans leurs pays respectifs. Les discussions ont également permis d'identifier les insuffisances persistantes en matière de financement et de gouvernance des politiques de santé sexuelle et reproductive.
Pour Dr Thierry Lawalé, médecin chargé de la santé de la mère et de l'enfant au ministère de la Santé du Bénin, cette étape de validation revêt une importance capitale. « Nous sommes réunis pour valider les données relatives à la santé sexuelle et reproductive, notamment celles concernant la mère, l'enfant, les adolescents et les jeunes. Ce sont ces données qui constituent nos tableaux de bord. Elles permettent de mesurer l'évolution des indicateurs et d'orienter les décisions », a-t-il expliqué.
Pour lui, Africa CDC a entrepris une vaste collecte de données harmonisées dans les différents États africains afin de disposer d'une base commune d'analyse. « Les données ont déjà été collectées. À Cotonou, nous les revisitons, nous les complétons et nous les confrontons aux données nationales afin de les valider. Une mauvaise donnée peut conduire à une mauvaise décision et, finalement, à une mauvaise orientation des politiques publiques », a insisté Dr Thierry Lawalé.
Ces travaux techniques devraient déboucher sur un document de référence qui sera présenté au prochain Sommet des chefs d'État de l'Union africaine afin de soutenir la mobilisation de nouvelles ressources pour la santé maternelle et infantile.
Dr Hanane Rassimi, cheffe de la Planification familiale au ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale, a salué la qualité des échanges entre les délégations africaines. « Cet atelier est d'une grande importance parce qu'il nous permet d'évaluer les politiques des pays africains en matière de santé sexuelle et reproductive afin d'améliorer la santé des populations, de réduire la mortalité, les besoins non satisfaits et de renforcer la santé des nouveau-nés et des enfants », a-t-elle déclaré. Elle s'est particulièrement réjouie de l'approche participative retenue durant cette deuxième journée.
« Nous avons travaillé en groupes pour examiner les particularités de chaque pays, partager les bonnes pratiques et les leçons apprises. Ces échanges ont été très enrichissants et permettront à chacun de repartir avec des expériences utiles pour améliorer ses politiques nationales », a-t-elle souligné.
Au-delà des aspects techniques, les travaux de Cotonou s'inscrivent dans une stratégie continentale plus large portée par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et la Commission de l'Union africaine. Pour Dr Diana Nambatya Nsubuga, cheffe de la Division Santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents (SRMNIA) d'Africa CDC, l'urgence demeure entière face au poids de la mortalité maternelle sur le continent.
« L'Afrique contribue à environ 70 % de tous les décès maternels dans le monde. C'est un défi majeur pour notre continent », a-t-elle rappelé. Sous le leadership de la présidente de la République-Unie de Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, championne de l'Union africaine pour la santé maternelle et infantile, Africa CDC entend désormais accélérer la mise à l'échelle des interventions ayant fait leurs preuves. « Nous savons aujourd'hui quelles stratégies fonctionnent et lesquelles produisent moins de résultats. Notre ambition est de généraliser les approches efficaces afin de réduire davantage la mortalité maternelle et infantile en Afrique », a expliqué Dr Diana Nambatya Nsubuga.
Les conclusions des travaux de
Cotonou serviront à élaborer une feuille de route continentale destinée à
renforcer le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers ainsi
qu'auprès des États membres de l'Union africaine. « L'Afrique se trouve à la
croisée des chemins face à une réduction importante des financements alors même
que les besoins sanitaires augmentent. Nous devons renforcer notre souveraineté
sanitaire et bâtir des systèmes de santé plus autonomes et plus résilients », a
plaidé Dr Diana Nambatya Nsubuga.
Santé publique en Afrique