La Nation Bénin...
Un simple mètre ruban peut
révéler un risque métabolique à ne pas négliger. L’infirmier chercheur Gaston
Adjohoundou explique comment mesurer son tour de taille et pourquoi certains
chiffres doivent pousser à agir.
Et si votre tour de taille était un signal d’alerte que vous ignorez ? Sans être un diagnostic médical, cette mesure permet d’apprécier l’accumulation de graisse abdominale, laquelle est associée à un risque plus important de troubles métaboliques et cardiovasculaires.
« Le tour de taille, c’est une mesure de la circonférence, du périmètre de l’abdomen qui permet d’apprécier à peu près quelle est la quantité de graisse que vous avez accumulée au sein de votre ventre », explique l’infirmier chercheur Gaston Adjohoundou, Cert. Int. Nutrition-Diététique. 80 cm, 88 cm, 94 cm, 102 cm : retenez bien ces chiffres
Chez l’adulte, les seuils couramment utilisés sont particulièrement importants. Chez la femme, 80 cm constitue le seuil à partir duquel le risque métabolique est considéré comme accru, et 88 cm correspond à un risque substantiellement accru. Chez l’homme, ces seuils sont respectivement de 94 cm et 102 cm.
Ainsi, une femme à 85 cm, ou un homme à 98 cm, ne doit pas considérer ce résultat comme anodin. Il s’agit d’un signal invitant à évaluer davantage les facteurs de risque. À partir de 88 cm chez la femme et 102 cm chez l’homme, la vigilance doit être encore renforcée.
Il faut toutefois éviter une confusion : un tour de taille supérieur à ces seuils ne signifie pas, à lui seul, que la personne est diabétique, hypertendue ou « obèse » au sens clinique. Ces mesures sont des indicateurs de risque et doivent être interprétées avec d’autres données.
L’infirmier chercheur rappelle les conséquences possibles d’une accumulation excessive de graisse abdominale : « Lorsque vous avez une quantité de graisse extrêmement élevée, alors vous êtes exposé à pas mal de conséquences, notamment ce qu’on appelle l’insulinorésistance, qui va amener sur le long terme à faire le diabète si rien n’est fait. » Il évoque également l’hypertension artérielle et leurs complications possibles, notamment au niveau du cœur, des reins et des yeux.
Le lien n’est donc pas
simplement esthétique. La graisse abdominale est associée à un risque accru de
diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’autres complications
métaboliques.
Comment mesurer correctement
son tour de taille ?
C’est ici qu’une précision est nécessaire par rapport à la démonstration proposée par Gaston Adjohoundou. La référence de l’Oms recommande de placer le ruban à mi-distance entre le bord inférieur de la dernière côte palpable et le sommet de la crête iliaque, et non simplement « légèrement au-dessus » de l’os de la hanche. La personne doit être debout, détendue, les bras le long du corps, et la mesure doit être prise à la fin d’une expiration normale. Le ruban doit rester horizontal et ne pas comprimer la peau. L’Oms recommande également de répéter la mesure : si les deux résultats diffèrent de plus d’un centimètre, il faut recommencer.
Gaston Adjohoundou insiste lui-même sur une précaution : « Il est important de rappeler également qu’ici, on parle d’un outil épidémiologiste. C’est pourquoi, quand on mesure le tour de taille, on mesure également ce qu’on appelle l’indice de masse corporelle pour essayer de comparer les deux ». Cette approche est pertinente. Le tour de taille et l’Imc apportent des informations complémentaires, néanmoins aucun des deux ne suffit à établir à lui seul l’état de santé d’une personne. L’Oms souligne d’ailleurs que les seuils peuvent varier selon les populations et les groupes ethniques.
Le message à retenir est donc simple : 80, 88, 94 et 102 cm ne sont pas de simples chiffres sur un mètre ruban. Ce sont des seuils qui doivent inciter à porter davantage d’attention à sa santé.
Et comme le rappelle Gaston
Adjohoundou : « Il est très important de temps en temps de mesurer son tour de
taille [...] afin de prendre les bonnes décisions. »
La graisse abdominale est associée à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et d’autres complications métaboliques.