La Nation Bénin...
Nouvelles

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Après plus de dix ans de crise, les deux camps protagonistes du culte Egungun dans la ville de Porto-Novo fument enfin le calumet de paix. Ils ont matérialisé leur unité ce mercredi 10 juillet, par la mise sur pied d’un Bureau transitoire consensuel, sous l’égide du préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy.
Plus rien ne sera comme avant dans le culte Egungun dans la ville de Porto-Novo. La crise qui oppose depuis plus d’une décennie les dignitaires de ce culte avec d’un côté le Suprême conseil des adeptes du culte Egungun (Scace) et d’un autre, l’Association des adeptes Egugun Yoruba du Bénin (Aaeyob), est depuis ce mercredi 10 juillet, un vieux souvenir. Les deux camps protagonistes de ce différend décident de voir désormais dans la même direction. Ils enterrent la hache de guerre et mettent sur pied un Bureau transitoire consensuel pour un mandat d’un an. Lequel bureau a été installé hier par le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, grâce à l’implication de qui cette crise a été enfin dénouée. Le bureau transitoire est composé de 13 membres et est présidé par Saïdou Agbantou. Il a été matérialisé par l’arrêté 2019 N°10-113/Sg/Sag/Sa du 10 juillet 2019 portant mise en place d’un bureau transitoire consensuel de gestion des affaires administratives du culte Egungun dans la ville de Porto-Novo. L’acte précise que ce bureau unique est mis sur pied pour des nécessités de maintien d’ordre. Ce bureau est chargé de liquider les affaires courantes et de procéder à l’élaboration des textes fondamentaux devant régir le culte Egungun dans la ville capitale et environs. Le préfet Joachim Apithy a expliqué le contenu des dispositions de l’arrêté avant d’inviter tous les dignitaires du culte Egungun à les respecter pour que tout se passe bien. L’autorité préfectorale interdit désormais le culte des Egungun les jours ouvrables dans la ville de Porto-Novo sauf cas de force majeure qui doit être spécialement autorisé par le maire avec le concours du commissaire central de Porto-Novo. Mieux, poursuit le préfet, il ne peut avoir de culte d’Egungun au-delà de 19h dans la ville de Porto-Novo. Le bureau transitoire est chargé également de faire prendre aux responsables des couvents une autorisation signée du maire avec ampliation au directeur départemental de la Police républicaine avant toute manifestation d’Egungun dans la ville capitale. « Il faut que vous soyez disciplinés et honorer dignement votre fétiche », souligne Joachim Apithy. L’autorité préfectorale est revenue sur le début de sa médiation qui est partie, dit-il, d’un message radio en date de 29 octobre 2018 adressé à tous les préfets de département par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique au sujet des conflits entre les dignitaires de culte Egungun dans plusieurs villes du Bénin avec une guerre de leadership en toile de fond. Un second message a été envoyé le 15 février dernier. Joachim Apithy dit avoir convoqué une réunion d’urgence avec les différentes tendances du culte Egungun qui a abouti à la mise sur pied d’un comité paritaire pour le règlement de la crise. Ce comité paritaire composé des représentants des deux protagonistes de la crise, de la mairie et de la Préfecture a fait son travail. L’installation du bureau transitoire consensuel hier n’est que le couronnement de tout le processus ponctué par plusieurs séances de travail parfois houleuses dont la dernière a eu lieu le 3 juillet dernier, informe le préfet de l’Ouémé. Les efforts de l’autorité préfectorale ont été salués par les deux protagonistes de la crise. Ismaël Fatoumbi de Scace et Rachidi Odoumbakou de Aaeyob ont tous félicité le préfet Joachim Apithy qui a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué. Ils promettent de respecter scrupuleusement les exigences de l’arrêté préfectoral qui règlemente désormais le culte Egungun dans la ville de Porto-Novo et ses environs. Le roi des Yoruba de Porto-Novo, Sa Majesté Onikoyi, a invité tous les dignitaires et adeptes du culte Egungun à l’amour et à la solidarité pour que soit davantage scellée cette unité retrouvée ce 10 juillet, une date qui doit être gravée dans les annales de l’histoire au Bénin.
Société 11 juil. 2019

Par Claude Urbain PLAGBETO
La traque aux ‘’gaymen’’ a sonné le glas du fléau de la cybercriminalité et ses corollaires de forfaits économiques et rituels odieux. Brouteurs web et faux féticheurs sont systématiquement poursuivis et condamnés en cas d’éléments probants, rendant le cyberespace béninois plus fréquentable.
L’euphorie des technologies de l’information et de la communication (Tic) qui ont rendu la vie plus facile à maints égards s’est très tôt transformée en un cauchemar pour bon nombre d’usagers. Et pour cause, l’escroquerie par Internet constitue une menace aujourd’hui pour toute l’humanité.
Au moins 456 jeunes béninois de 18 à 25 ans, ont été interpellés en 2018 suite à la traque engagée par le gouvernement contre les cybercriminels et leurs complices féticheurs qui leur fourniraient les moyens de jeter des sortilèges aux victimes en vue de réussir leurs forfaits. C’était après de nombreuses découvertes macabres attribuées à tort ou à raison à ces partisans du moindre effort qui font recours aux divinités maléfiques pour arnaquer les fortunés d’ici et d’ailleurs. Les chiffres témoignent de l’ampleur de la cyber-arnaque au Bénin cité, au même titre que le Nigeria et la Côte d’Ivoire, comme une plaque tournante de la cybercriminalité.
En fait, les cyber-attaques contre les entreprises, les individus et même contre les institutions étatiques, les infrastructures stratégiques, étaient devenues récurrentes et se développaient avec des moyens de plus en plus sophistiqués. Certaines sont sous-tendues par des intérêts financiers et d’autres par des considérations religieuses, philosophiques et politiques. Ce fléau touche tous les domaines de la vie économique et sociale à savoir : mœurs, honneur, dignité, biens, entachant l’image et la crédibilité du pays, et affecte le développement. Non seullement, il décourage le potentiel d’investissement des opérateurs économiques nationaux et étrangers, mais également il détruit la jeunesse, fer de lance de l’économie.
Ne pouvant rester insensible aux nombreuses plaintes enregistrées et surtout aux crimes crapuleux commis, le gouvernement a décidé de siffler la fin de la récréation, en lançant l’opération dite « Rambo ». Les hackers communément appelés ‘’gaymen’’ sont traqués jusque dans leurs derniers retranchements. Les féticheurs qui leur fournissent le fameux ‘’Kinninsi’’ au pouvoir hypnotisant sur les victimes et qui consomme essentiellement du sang humain suivant une certaine périodicité, ne sont pas du reste. Le cas d’un jeune homme qui a dû assassiner sa propre concubine pour recueillir son sang et le verser sur le fétiche, craignant d’y laisser lui-même sa peau, a exacerbé plus d’un. C’est alors que les commissariats et les parquets ont été instruits pour une lutte sans merci contre le fléau. Suite à des enquêtes et dénonciations, les cybercriminels ont été interpellés notamment à Cotonou (67 cas), Abomey-Calavi (41), Porto-Novo (35). Les autres villes : Ouidah, Parakou, Lokossa, Djougou, Natitingou, ont également enregistré des affaires de cybercriminalité et d’escroquerie en bande organisée.
La plupart sont incarcérés et quelques-uns, poursuivis sans mandat de dépôt. Après l’arrestation des mis en cause, l’Office central de répression de la cybercriminalité (Ocrc) a été instruit pour expertiser les données de leurs ordinateurs et autres terminaux de communication mis sous scellés. Les audiences ont eu lieu dès le mois de mai 2018, révélant les stratégies d’opération des bandits via les systèmes informatiques.
Miroir aux alouettes
Le mode opératoire des cybercriminels diffère d’un dossier à un autre, selon les procureurs généraux et le directeur général de la Police républicaine qui ont animé un point de presse, le 20 avril 2018 à Cotonou. Depuis leur ordinateur, tablette, Smartphone ou simple téléphone, et à partir des faux comptes (faux profils avec des photos et données d’autrui) sur les réseaux sociaux, les cybercriminels arrivent à créer le contact avec leurs cibles et leur font croire en l’existence d’une entreprise, d’un événement chimérique ou d’un état de nécessité qui détermine ces dernières à leur envoyer fonds par un transfert d’argent.
Les premières auditions ont révélé qu’ils procèdent par romance ou par proposition de vente d’articles fictifs (parcelles, monuments, espaces publics, véhicules, métaux précieux, etc.) via des sites de vente douteux ou encore par chantage en fonction des informations qu’ils collectent sur leurs victimes (personnes physiques ou morales) et qu’ils exploitent. Le plus souvent, ils envoient des courriels (spams) relatifs aux supposés transferts de sommes faramineuses, aux invitations à des colloques, représentations commerciales et autres manifestations.
La promesse de prétendus fonds bloqués dans une banque, au nom d’héritiers imaginaires ne pouvant récupérer les avoirs sans l’intervention d’un tiers (un partenaire de confiance), est également une argutie de mauvaise foi souvent évoquée par les escrocs. Cette arnaque désignée sous le vocable de « phishing ou hameçonnage » vise à obtenir le numéro de compte bancaire ou de carte bleue, le mot de passe et un exemplaire de la signature pour donner de faux ordres de virements à une banque.
Ils procèdent également à la désinformation et à la manipulation, au vol d’identité et d’adresses IP, à des appels téléphoniques suite à des recherches minutieuses via Internet sur leurs victimes.
Les brouteurs web n’hésitent pas à recourir à la pornographie enfantine et au sexting (pornographie par texte ou image) qui se déploie par des réseaux de photos pornographiques et surtout des promesses de mariage, des chantages et des rançons à l’endroit de personnalités politiques et administratives, au moyen de vidéos d’aventures sexuelles avec un scénario préalablement peaufiné et enregistrées à l’insu de ces personnalités avec la complicité de prostituées et autres filles de mœurs légères. Pour préserver leur intimité et éviter l’humiliation, sous la menace des escrocs de diffuser les enregistrements, les victimes cèdent au chantage, se trouvant obligées de leur verser la somme réclamée. Certains se font passer pour des homosexuels à la quête de partenaires pour appâter et leur soutirer de l’argent.
D’autres stratagèmes consistent à falsifier un passeport ou autres documents de voyage, à proposer des offres de prêt d’argent, en faisant payer aux victimes des frais de dossier sans aucune contrepartie. Ils s’associent les services de charlatans pour s’assurer du succès de leurs opérations sordides par la manipulation mystique au moyen des noms et photographies des potentielles victimes contactées via Internet.
Peines lourdes
Une politique pénale « sévère » est appliquée et vise à décourager les jeunes à emprunter ce chemin de la facilité pour se faire de l’argent et ternir l’image du pays. A Ouidah, un coupable de cyber-arnaque a été condamné à trois ans de prison. A Cotonou, certains ont écopé de 5 ans d’emprisonnement ferme avec une amende de 5 millions F Cfa à titre de dommages-intérêts. A Parakou, des individus ont été condamnés à 2 ans de prison.
Coupables du chef de modifications de données informatiques pour un usage illicite, les cybercriminels sont passibles d’une peine de 5 ans à 10 ans d’emprisonnement avec une amende de 5 millions à 50 millions F Cfa, suivant les dispositions de l’article 120 de la loi 2011-20 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes.
Au regard de l’ampleur que prenaient les infractions cybernétiques, avec les risques et vulnérabilités de plus en plus grands inhérents à l’utilisation des Tic, le député Benoît Dègla avait initié en octobre 2016 une proposition de loi en sus de la loi 2011-20 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes pour rendre plus efficace la lutte contre la cybercriminalité au Bénin.
La loi 2018-16 du 28 décembre 2018 portant Code pénal en République du Bénin punit sévèrement l’interception, l’accès, l’altération, la suppression ou l’atteinte de quelque manière à des données informatiques de manière intentionnelle et sans droit. Selon les dispositions des articles 670 et suivants du code, les peines varient d’un emprisonnement allant de 1 an à 10 ans et d’une amende de 500 000 à 500 millions F Cfa, en fonction des circonstances. Lorsque les faits sont commis par ou au profit d’une personne morale, l’amende peut aller jusqu’à 1 milliard F Cfa. La réclusion criminelle à perpétuité peut être requise lorsque les faits ont entraîné ou sont à la base de la mort d’une ou de plusieurs personnes.
Protéger les données personnelles
« On ne peut pas lutter contre la cybercriminalité sans se préoccuper de la protection des données personnelles qui constituent la matière première de la cybercriminalité », selon Etienne-Marie Fifatin, président de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (Apdp) ex-Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) du Bénin, paraphrasant Joseph Cannataci, directeur de recherche en droit européen aux Pays-Bas et rapporteur spécial des Nations Unies chargé de la vie privée. Fichiers clients, réponses à des appels d’offres, données personnelles des salariés, des dirigeants, des actionnaires, informations financières, informations industrielles, secret des affaires, secret des correspondances, etc. nourrissent la cybercriminalité, indique-t-il.
Les réseaux sociaux qui se développent comme « une boule de neige », permettent de partager des informations personnelles, des photos, vidéos et autres données et rendent vulnérables. D’importantes failles de sécurité dans les objets connectés rendent possible le détournement d’une multitude de données personnelles au profit de tiers non autorisés, l’utilisation malveillante de ces données interceptées, voire la prise de contrôle de l’objet connecté lui-même (caméra de surveillance installée au sein d’une maison, ou véhicule par exemple), indique M. Fifatin. Une étude réalisée en 2014 sur la cyber-sécurité, cite-t-il, a révélé que sur 10 objets connectés audités, 70 % ne cryptaient pas les données échangées avec le réseau, 80 % ne nécessitaient pas de mot de passe suffisamment complexe et 60 %
n’offraient pas une interface web suffisamment sécurisée. A l’en croire, la multiplication des objets connectés et le stockage des données dans le Cloud augmentent, de fait, les risques d’atteinte à la sécurité et d’escroquerie par Internet au détriment des intérêts des utilisateurs.
C’est dire que « Nul n’est à l’abri d’abus divers sur ses données personnelles ; nous devons en prendre conscience désormais », pour une utilisation conséquente des outils informatiques, préconise le président de l’Apdp-Bénin.
Au-delà des individus, il convient de souligner qu’aucun Etat n’est actuellement en mesure d’assumer seul la recherche et la poursuite des arnaqueurs de la toile mondiale. Le combat contre ce fléau devenu un problème global qui n’épargne aucun pays, impose comme défi une coopération policière et judiciaire internationale entre les Etats. Il importe que les pays de la sous-région développent des contacts étroits, signent des accords de coopération, et surtout harmonisent son arsenal législatif afin de ne pas produire un phénomène de vases communicants qui favorisent la commission des crimes via Internet.

Les partis politiques de l’opposition n’ont jamais été exclus des élections législatives du 28 avril dernier au Bénin. Ils ont plutôt boycotté ces consultations électorales pour des raisons inavouées. C’est la substance du message délivré ce mardi 9 juillet, par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, sur la situation politique au Bénin, à l’occasion de la 45e assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf) qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire.
Les députés membres de l’Assemblée parlementaire francophone (Afp) en savent un peu plus désormais sur la situation politique au Bénin. Cela, à la faveur de la 45e assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf) qui se tient à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les travaux réunissent des députés venus d’environ 88 pays du monde entier et sont placés sous le thème : « Parlement et renforcement de la démocratie ». Le Parlement béninois prend part aux travaux avec une délégation de cinq députés conduite par le président Louis Vlavonou dont le discours était fortement attendu sur la situation politique avant, pendant et après les élections législatives du 28 avril dernier. Mais l’auditoire a été servi. Dans un langage direct, le président de l’Assemblée nationale accuse les partis de l’opposition de s’être écartés délibérément du processus électoral en ne se conformant pas à temps aux dispositions de la nouvelle Charte des partis politiques au Bénin. «Comment pourrait-on donc affirmer que l’opposition a été exclue des élections ? Elle les a plutôt boycottées, certainement à des fins inavouées. Cette opposition disposait de six mois pour se conformer aux nouvelles règles. Ne pas le faire et exiger de revenir à l’ancienne charte à un moment où cela ne pouvait que conduire à un vide institutionnel, relevait d’un complot contre la démocratie béninoise», dénonce Louis Vlavonou.
Il fait un tour dans l’histoire pour rappeler à l’auditoire qu’après 17 années de régime militaro-marxiste-léniniste, le Bénin a résolument choisi la voie du renouveau démocratique après l’historique Conférence des Forces vives de la Nation de février 1990. Cependant, ce choix a conduit ce petit pays de 11 millions d’habitants et de 112600 km2 à donner naissance à plus de 250 partis politiques essentiellement de clans, de régions, de quartiers et qui n’ont jamais pu ni conquérir ni exercer le pouvoir d’Etat en 30 ans de parcours politique.
Foi en l'avenir
Les dérives liées à la corruption de ce système partisan débridé, explique Louis Vlavonou, ont conduit l’ensemble de la classe politique béninoise, à opter pour la réforme du système partisan afin de donner naissance à de véritables formations politiques d’envergure nationale, capables de conquérir et d’exercer le pouvoir d’Etat. Ce qui a été fait sous la septième législature qui a pris ses responsabilités en dotant le Bénin d’une nouvelle Charte des partis politiques et d’un nouveau Code électoral, poursuit le président de l’Assemblée nationale. Il rappelle que les deux textes ont été adoptés presque à l’unanimité. « Dans notre situation, ce qui a manqué n’est pas le consensus lui-même, principe à valeur constitutionnelle au Bénin ; c’est plutôt notre capacité intrinsèque à matérialiser le consensus », relève avec insistance Louis Vlavonou qui regrette tout ce qui s’est passé par la suite, pendant cette période électorale. «…C’est faire du tort à la démocratie elle-même que nos contradictions politiques aient pu dépasser le Parlement pour aller s’exprimer dans la rue », déplore le numéro1 du Parlement béninois. Mais il se dit confiant en l’avenir. Car, il travaille, dit-il, autant que faire se peut pour faire ramener ces contradictions politiques, ferment de la démocratie, dans leur sanctuaire légitime qu’est l’Assemblée nationale. « L’enjeu aujourd’hui est de faire du Bénin une démocratie plus forte, une véritable démocratie à la base, et non de façade, capable de nous transformer de l’intérieur et d’impacter positivement les conditions de vie de nos populations qui commencent à désespérer de la démocratie ‘’Nescafé’’», assure Louis Vlavonou. Il a sollicité le soutien de l’Assemblée parlementaire francophone pour y parvenir. « La grande famille que nous constituons trouvera toujours en mon pays un allié sûr, une terre d’approfondissement de la communauté de destin que nous bâtissons avec foi et espérance », conclut le président de l’Assemblée nationale qui participe aux assises d’Abidjan avec quatre autres de ses collègues, en l’occurrence Awahou Bissiriou, Sabaï Katè, Eustache Akpovi et Sèdami Mèdégan Fagla.

Demain jeudi 11 juillet, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la Population. Face à la presse hier, mardi 9 juillet, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a expliqué les grandes orientations de cette journée, les défis pour le Bénin et la vision du gouvernement.
Revisiter les promesses faites et les questions abordées lors de la Conférence internationale de 1994 pour la population et le développement. C’est ce à quoi sont invités tous les pays, cette année, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la Population. Ce sera l’occasion d’évaluer les efforts consentis dans le cadre du programme d’action adopté par 179 pays, il y a 25 ans, et les engagements pris pour la promotion des droits des femmes et de leur santé reproductive dans les politiques et efforts de développement. « En effet, la Journée mondiale de la Population est une occasion dans l’année, un jour dans l’année, pour se rappeler toutes les problématiques autour de la population en Afrique et dans le monde. C’est une tradition qui a cours depuis 1989. C’est aussi le moment de se rappeler que derrière l’évolution de la population, il y a de vrais défis.
Chez nous au Bénin, par exemple, c’est l’occasion de penser à notre population en majorité jeune. Nous avons une population composée à 70% de jeunes (âgés de moins de 40 ans) qui sont confrontés à de nombreuses difficultés dans le domaine de l’emploi, la santé, l’éducation… », explique le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. A l’en croire, le Bénin entend tirer avantage de la vigueur de sa population. « L’extrême jeunesse de notre population peut être une opportunité comme un frein. Nous voulons faire en sorte que la jeunesse de notre population soit un avantage pour nous, un capital pour nous », a-t-il déclaré. Et pour garantir le bien-être de la population, le ministre d’Etat fait savoir que le gouvernement est conscient des défis à relever : « Il faut agir sur le coût de l’éducation, le coût de la santé, faire en sorte que les femmes notamment les plus jeunes puissent avoir accès à la planification familiale... Tous les Béninois doivent avoir accès aux soins de santé…
Il faut poursuivre la lutte contre la précarité et la pauvreté extrême… ». Autant de chantiers qui, selon le ministre d’Etat, sont progressivement pris en compte par le gouvernement notamment à travers le projet Swedd développé depuis peu et qui vise l’autonomisation des femmes et les dividendes démographiques, le projet Arch et ses quatre axes que sont la santé, la formation, l’assurance et les micro-crédits… « Vous savez que notre ambition aujourd’hui est de faire en sorte que l’accès à la santé soit universel ; que tous les Béninois, où qu’ils soient et quel que soit leur âge, puissent avoir accès à des soins de qualité », a laissé entendre le ministre d’Etat.
Il est à noter que le Fonds des Nations Unies pour la Population organisera, en novembre 2019, une conférence internationale à Nairobi sur les questions de la population. « A l’horizon 2050, à l’échelle continentale, la population va doubler. Il y aura plus de jeunes en Afrique que partout ailleurs. C’est un vrai défi que nous aborderons à l’occasion de cette conférence », renseigne le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané.

En prélude à la confrontation entre le Bénin et le Sénégal comptant pour les quarts de finale de la Can 2019, le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer et celui des Lions de la Téranga, Aliou Cissé accompagnés respectivement d’Olivier Verdon et Salif Sané étaient ce mardi 9 juillet face à la presse. Au cours de cette conférence de presse, ils ont fait le point des préparatifs avant de s’exprimer par rapport à leur adversaire.
Michel Dussuyer, sélectionneur du Bénin
« Nous allons faire un grand match pour continuer notre aventure… »
« Nous sommes dans une courbe ascendante et nous allons faire un grand match pour continuer notre aventure. Lors de nos derniers matches, nous avons dépensé beaucoup d’énergie et, avec le repos que nous avons eu ces derniers jours, ce n’est que bénéfique pour nous. Le fait d’être parmi les huit meilleures équipes en Afrique n’est que bénéfique pour cette équipe du Bénin qui jouera sans pression car la pression sera du côté sénégalais. L’équipe du Sénégal est très bonne avec des qualités tactiques et physiques. C’est une équipe qui postule pour le sacre final. Dans ce genre de match, chaque détail compte et nous devons être concentrés durant toute la rencontre car nous sommes déterminés à aller le plus loin possible ».
Olivier Verdon
« Pour nous, c’est le mental qui va jouer »
« Nous ne devons pas nous arrêter là. Nous avons créé la surprise en montrant de quoi nous sommes capables. Nous connaissons bien cette équipe du Sénégal qui est en face avec des individualités à ne pas présenter mais notre groupe est bon et je pense que nous sommes meilleurs collectivement. Pour nous, c’est le mental qui va jouer et nous avons le mental qu’il faut pour jouer ce match des quarts de finale. »
Aliou Cissé, sélectionneur du Sénégal
« Face au Bénin, ça sera un match difficile »
« Face au Bénin, ça sera un match difficile. Si le Bénin est là, cela veut dire que c’est une équipe qui a réalisé de bons résultats. En Afrique, il n’y a plus de petites équipes et nous allons prendre très au sérieux cette équipe du Bénin. L’humilité et la modestie sont très importantes. Le Bénin est une équipe sérieuse avec des individualités, des qualités dans tous les compartiments. La compétition est difficile et il fait chaud également. A la fin de la rencontre contre l’Ouganda, nous avions souffert un peu mais nous devons nous remettre au travail avec de la régénération et la récupération. Pour Sadio Mané, l’important pour lui c’est de se battre pour l’équipe et pour le collectif. C’est un joueur qui comprend que le collectif passe au-dessus des individualités. Nous sommes ambitieux et nous savons que nous pouvons aller loin dans cette compétition. Je l’ai toujours déclaré : nous allons jouer match par match ».
Salif Sané, joueur du Sénégal
« Il ne faut pas sous-estimer cette équipe du Bénin »
« Nous savons de quoi nous sommes capables. Nous sommes le Sénégal et nous sommes ici pour remporter le trophée. Il ne faut pas sous-estimer cette équipe du Bénin qui réalise un bon tournoi. Je connais certains joueurs du Bénin qui sont amis et je sais que c’est une équipe qui fera tout pour passer ces quarts de finale. »
Sports 09 juil. 2019

Par Pintos GNANGNON, depuis Tanger au Maroc
Hub logistique connecté à 186 ports mondiaux dans 77 pays. Une capacité opérationnelle de traitement pour neuf millions de conteneurs en transit, première porte d’entrée passagers,etc. Premier port africain à obtenir le label « Ecoports » distinguant les installations portuaires qui respectent les normes environnementales de l’European sea port organisation (Espo).
912 entreprises installées et évoluant dans les domaines industriel, logistique et de services et ayant permis la création de plus de 75 000 emplois directs. Ce n’est pas le fait du hasard si des multinationales font le choix de Tanger. De même que de grands armateurs tels que Apm Terminal, Maersk line, Cma-Cgm; des logisticiens tels que Dhl, Nippon express, Décathlon...; des industriels tels que Renault, Siemens, Hands corporation, Valeo, etc.
Situé dans le détroit de Gibraltar, à la croisée des routes maritimes majeures reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, le port de Tanger Med II inauguré le 28 juin dernier, a été présenté aux médias africains mobilisés à cet effet. C’est un pôle majeur d’échanges entre l’Europe et l’Afrique, puis entre la Méditerranée et l’Atlantique, devenu la première plateforme portuaire de conteneurs en Méditerranée.
Opérationnel depuis 2007, le port de Tanger Med était sujet à une certaine saturation: trop de demandes sur le segment des conteneurs et le transit des poids lourds débordait. De gros investissements consentis par le Royaume chérifien,suite à neuf ans de travaux, ont permis d’améliorer la capacité du complexe portuaire, ainsi triplée, allant de la prise en charge de 3,5 millions auparavant à 9 millions de conteneurs, faisant de ce port l’un des plus importants hubs de transbordement en Atlantique et en Méditerranée. Tanger Med II est ainsi né ! C’est la concrétisation d’une ambition du Roi du Maroc de croiser les grandes routes maritimes nord, sud et ouest, et visant à renforcer le rôle central de Tanger en tant que partenaire actif dans les échanges internationaux et solidement intégré à l’économie mondiale.
Dans la cour des grands
De fait, Tanger Med II hisse le Maroc au top 20 des ports mondiaux. Il passe ainsi de la 83e place mondiale à la 17e place dans le classement de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced).Selon Rachid Houari, directeur central de Tanger Med II, plus de 8100 millions d’euros ont été investis dont 4900 millions d'euros par les opérateurs privés, pour atteindre une telle performance.
Projet structuré selon le modèle économique de partenariat public-privé, le port de Tanger Med II, selon le président de l’Agence spéciale Tanger
Méditerranée, Fouad Brini, comporte deux nouveaux terminaux à conteneurs d'une capacité additionnelle de 6 millions de conteneurs Evp, ce qui porte sa capacité totale à plus de 9 millions de containers.Tanger Med constitue une plateforme industrielle pour plus de 900 entreprises représentant plus de 7500 millions d’euros qui opèrent dans plusieurs secteurs tels que l’automobile, l’aéronautique, la logistique, le textile et le commerce. Sa capacité totale sera d’environ 6 millions d’Evp. Selon Rachid Houari, le port de Tanger, au niveau des opérations portuaires, en 2018, a traité 3,4 millions de conteneurs. Ce qui fait de Tanger le premier port en Afrique, devant port Saïd sur le Canal de Suez et Durban en Afrique du Sud. Autant de dynamiques qui renforcent davantage la position du Complexe portuaire de
Tanger Med en tant que Hub et font de lui une référence en Afrique et dans le monde, en matière de traitement de flux logistiques et de commerce international.
Premier port d’Afrique depuis 2008, Tanger Med II est la troisième phase de développement du complexe portuaire Tanger Med et ce, aux côtés de Tanger Med I et du port passagers et roulier. C’est en vue de faire connaître ces avancées, qu’une cinquantaine de journalistes en provenance d’une dizaine de pays d’Afrique, ont visité le vendredi 5 juillet dernier, ce label portuaire qui fait la fierté de l’Afrique, au-delà du seul Maroc. Ce nouvel investissement n’est pas sans donner un nouveau coup d’accélérateur à la région.

Maurille GNASSOUNOU
L’euphorie qui a suivi la qualification des Ecureuils du Bénin pour les quarts de finale face aux Lions de l’Atlas du Maroc, vendredi 5 juillet dernier, est déjà tombée. Et depuis, l’effectif s’est remis au travail sous la houlette de Michel Dussuyer et des membres de son staff d’encadrement.
Ils procèdent à la correction des insuffisances constatées lors de leurs précédentes sorties et aux derniers réglages, avant d’affronter les Lions de la Teranga du Sénégal, mercredi 10 juillet prochain, au stade du 10 juin au Caire.
Ainsi, les séances d’entraînement se suivent, mais ne se ressemblent pas. Dans la mise en place de la tactique à appliquer pour arriver à bout de leur prochain adversaire, ils se sont retrouvés hier, lundi 8 juillet dans l’après-midi, au stade Nady Al Sika Al Hadid, celui du club de chemin de fer. Une nouvelle fois, l’heure était à la grande concentration. Conscients de l’enjeu, une place en demi-finale, les joueurs se sont donnés à fond.
Maurille GNASSOUNOU

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.)
La performance du Bénin en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption a évolué. Le rapport 2018 de l’analyse des progrès des recommandations prioritaires de l’évaluation du Système national d’intégrité (Sni) du Bénin, publié en juin 2019, le démontre à travers ses lignes. Toutefois, le Bénin devra encore faire de gros efforts pour espérer intégrer le cercle restreint des pays les moins corrompus au monde.
L’analyse des 29 indicateurs des recommandations prioritaires du Système national d’intégrité (Sni) au cours de l’année 2018 a permis de constater que le Bénin a « amélioré de façon notable » sa performance en matière d’intégrité et de lutte anticorruption. C’est ce que révèle le rapport d’analyse des progrès des recommandations prioritaires du Sni, réalisé par Social Watch Bénin dans le cadre du programme Redevabilité et présenté, le 2 juillet dernier, aux membres des institutions de la République à travers un atelier de restitution. « Globalement, ces indicateurs ont progressé par rapport à l’année 2017 », lit-on dans le rapport. Plus précisément, 13 indicateurs ont évolué substantiellement ou partiellement (44,7%) contre 8 indicateurs en 2017 (32%). Parmi ceux-ci, il y a les divers contrôles effectués régulièrement par les inspections générales des services judiciaires et la trentaine d’audits réalisés en 2018 par la Chambre des comptes. D’autres réformes, notamment au sein des directions du ministère de l’Economie et des Finances ont boosté la lutte contre la corruption.
Mais, 12 indicateurs n’ont connu aucun progrès en 2018. Par exemple, l’évaluation du Sni a proposé la création d’une sous-division de la police chargée des crimes économiques et financiers dans chaque localité disposant d’un Tribunal de première instance. Ce qui n’a pas été fait à ce jour. Le nombre d’indicateurs n’ayant réalisé aucune évolution est descendu en dessous de la barre des 50%, soit 41% en 2018 contre 58% en 2017. De plus, le ratio des indicateurs ayant progressé, malgré leur évolution, n’atteint toujours pas la barre des 50%, à en croire le même rapport. Pire, les données non disponibles dans les structures évaluées en 2018 dépassent celles de l’année 2017. Ce qui fait dire aux auteurs du rapport, que « les progrès réalisés par le Bénin sont lents ».
Si le pays n’a réalisé que cette performance, c’est justement parce qu’il y a eu des blocages à certains niveaux, explique-t-on. Au nombre de ces blocages, souligne le document, il y a la non-révision de la Constitution du 11 décembre 1990. D’ailleurs « sur les 12 indicateurs n’ayant réalisé aucun progrès, 5 sont liés à la réforme constitutionnelle ».
Que faire ?
Pour renverser la tendance, le rapport suggère que des mesures idoines soient prises afin de remobiliser les divers acteurs (étatiques surtout) autour des enjeux et du plan d’action du Sni. « Ces mesures consisteront à corriger les problèmes constatés, notamment en redynamisant les organes de mise en œuvre, en améliorant le financement des plans d’actions, en réhabilitant le système de suivi-évaluation et en mettant à jour les données de l’évaluation ou en réajustant certains indicateurs jugés inapplicables ou désuets », recommande le rapport.
Pour rappel, le Système national d’intégrité est un outil mis en place par Transparency international, et qui permet d’évaluer la capacité d’un pays à promouvoir l’intégrité et lutter contre la corruption. Cet outil a permis, en 2016, d’évaluer plus d’une douzaine d’institutions de la République. Cette évaluation a débouché sur un ensemble de recommandations prioritaires. Cette année, avec l’aval du gouvernement béninois, une analyse des progrès réalisés par rapport à la mise en œuvre des cinq recommandations phares de l’évaluation du Sni a été effectuée à travers le programme Redevabilité. C’est donc à l’issue de cette analyse qu’il a été constaté que le Bénin a fait des progrès en matière d’intégrité et de lutte contre la corruption. Et déjà, cette performance du Bénin fait dire à certains experts que le pays pourrait bien gagner des places au prochain classement de Transparency international.

Par Josué F. MEHOUENOU
Le Bénin en chantier se voit et se vit depuis plusieurs mois par les Béninois qui n’attendent que la fin pour jubiler et jouir des grands travaux initiés dans le cadre du Programme d’action du gouvernement (Pag). Mais en attendant, ce sont des investisseurs étrangers qui saluent l’engagement du pays à changer non seulement son visage, mais aussi son sort.
On serait laudateur de dire que dans le Bénin de 2019, tout coule comme l’eau de roche. Mais l’évidence, c’est que le pays connaît une amélioration de sa situation. Les villes, à défaut de changer de visage, laissent voir des chantiers qui ont poussé tels des champignons et qui drainent au quotidien de nombreux ouvriers, cœur à l’œuvre. Ce constat, tous les visiteurs qui arpentent les rues des grandes villes et même des villes secondaires du pays le font et certains s’en réjouissent, espérant comme les nationaux, que la fin de ces nombreux chantiers inaugure pour le pays une ère nouvelle.
Sauf que la lecture de la situation actuelle du Bénin n’est pas la même d’un profil à un autre. Si les citoyens, de leur côté, voient des chantiers dont ils souhaitent la fin de tous leurs voeux, d’autres encore le voient sous un autre angle. C’est le cas par exemple des membres du réseau de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (Aca). Ces investisseurs, banquiers, assureurs, réassureurs et courtiers qui ont pris une part active dans le reprofilage du portefeuille de la dette du Bénin ne sont pas seulement contents de voir ces chantiers prendre corps et se poursuivre. Présents au Bénin ces derniers jours pour des rencontres statutaires et pour l’inauguration du siège sous-régional de l’Aca à Cotonou, ils sont allés en fin de semaine dernière, rencontrer le président de la République pour lui dire de vive voix combien ils sont satisfaits du respect de la parole donnée dont fait montre le Bénin.
En effet, en allant bousculer les barons des finances pour les aider à assurer la croissance du pays, les autorités béninoises ont gagé auprès de leurs vis-à-vis que les financements mobilisés serviront à financer les grands travaux contenus dans le Programme d’action du gouvernement. Heureux ont-ils donc été, une fois dans le pays, de constater ces travaux. Toby Heppel, directeur général de Rfib et Christopher Marks, directeur région Afrique du groupe japonais Mufg qui se sont fait les porte-parole de la délégation reçue en audience par le président Patrice Talon, le vendredi dernier, n’y sont pas allés par quatre chemins. Ils ont salué à travers l’option des dirigeants béninois, un choix pour l’avenir. « La politique très progressiste » du président
Patrice Talon et sa vision sont tout autant appréciés. « C’est un investissement dont vous aurez les rendements pour l’avenir », laissent entendre ces barons de la haute finance. C’est sans doute la raison pour laquelle, ils se sont dits prêts à en faire encore plus pour le Bénin et à le pousser le plus loin possible dans ses ambitions pour le développement. De quoi faire la fierté du président Patrice Talon qui, comme à ses habitudes, saisissant la balle au bond, a exposé à ces investisseurs tous les secteurs dans lesquels ils peuvent s’engager et investir dans le pays.

Une association dénommée Plateforme des acteurs pour le développement des médias (Padem) a vu le jour, le samedi 6 juillet dernier, à Grand-Popo, dans le Mono. Au terme de son congrès constitutif, un bureau de plus de trente personnes a été mis sur pied avec à sa tête, Basile Tchibozo, président sortant du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel du Bénin.
L’association Padem se veut un réservoir de ressources humaines qualifiées et disponibles pour donner des points de vue sur les grandes questions touchant à la vie des médias au Bénin. L’avènement d’une presse respectueuse des valeurs morales et éthiques ainsi que l’amélioration des conditions de travail des professionnels des médias sont également les chantiers qui intéressent ce creuset.
Il a été porté sur les fonts baptismaux, le samedi dernier, par des promoteurs d’organes de presse, des journalistes, des techniciens, bref toutes les forces ayant soutenu la candidature de Basile Tchibozo aux élections pour la sixième mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication. Candidat dans la catégorie de la presse écrite, le président sortant du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel du Bénin n’a pas pu remporter les élections, le 15 juin dernier.
Les participants au congrès constitutif de la Padem n’ont pas manqué de faire le point sur la participation au scrutin, renouveler la fidélité au projet de société défendu pendant la campagne électorale avant de procéder à l’adoption des statuts et règlement intérieur. Ils ont mis sur pied, pour finir, un bureau de plus de trente personnes dont des coordonnateurs départementaux. Président du bureau, Basile Tchibozo se dit convaincu que « sans rassemblement, sans union, on ne peut rien dans le monde des médias ». Pour lui, la mobilisation observée à Grand-Popo est une motivation supplémentaire pour ne pas baisser les bras. « Ce que j’ai compris à travers votre détermination à être à cette rencontre, c’est qu’il faut être toujours débout face aux défis qui minent notre corporation, car ces défis sont réels et évidents », relève-t-il.
La création de l’association s’entend donc pour Basile Tchibozo, comme une nouvelle ère de militantisme portée sur des valeurs telles que la volonté, le travail et la détermination. A l’en croire, la Padem sera surtout un groupe de réflexion, de pression aussi bien par rapport aux faîtières que par rapport à la Haac, l’institution de régulation des médias au Bénin. « Nous avons été aux élections, près de 175 acteurs des médias ont cru en notre projet de société. D’autres aussi ont cru en nous mais n’ont pas pu se rendre disponibles. Pour tous ceux-là, nous sommes déterminés, nous sommes obligés de continuer le combat autrement pour dire que leur vote n’a pas été inutile », explique-t-il.