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Nouvelles

Crise alimentaire mondiale : Les pays africains à l’épreuve de la conjoncture
Déjà en proie aux conflits persistants, à la crise climatique et aux affres de la pandémie de Covid-19, l’Afrique doit faire face inévitablement à une crise alimentaire mondiale. Dans un contexte d’inflation généralisée des denrées et engrais, il est urgent de transformer les systèmes agroalimentaires et de protéger les populations vulnérables. Mais avec quels moyens ? « L’Afrique doit se préparer à l’inéluctabilité d’une crise alimentaire mondiale », selon Dr Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), parlant des priorités de l’Afrique. A l’en croire, les pays les plus vulnérables du continent ont été durement touchés par les conflits, le changement climatique et la pandémie de Covid-19, qui ont bouleversé les progrès économiques enregistrés ces deux dernières décennies. Quelque 30 millions d’emplois ont été perdus à cause de la pandémie, rappelle-t-il. Si nombre d’économies font montre de résilience, le plus dur reste à craindre avec la cherté de la vie et surtout la crise alimentaire qui se profile à l’horizon. En effet, la guerre russo-ukrainienne a comme répercussions une flambée des prix de certaines denrées, notamment des céréales, la Russie et l’Ukraine fournissant une grande partie des exportations mondiales de blé, d’engrais azotés et d’engrais potassiques et phosphorés. Les prix des engrais avaient triplé avec les perturbations des chaînes d’approvisionnement engendrées par les restrictions et fermetures des frontières liées à la lutte contre la pandémie. Les prix de l’énergie ont également augmenté, avec les sanctions prises contre la Russie, premier producteur et premier exportateur mondial de gaz naturel. Comme si cela ne suffisait pas, une grave sécheresse sévit en Afrique de l’Est. Quelque 282 millions de personnes sur le continent, soit plus d’un cinquième de la population, n’ont pas assez à manger. C’est dans ce contexte que s’est tenue la trente-deuxième session de la Conférence régionale de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) pour l’Afrique, du 11 au 14 avril dernier à Malabo en Guinée équatoriale. Elle a mis l’accent sur le Cadre stratégique de la Fao et sur les « quatre bétons » à savoir une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une meilleure vie pour tous, en ne laissant personne de côté. Relever les multiples défis de l’Afrique et réaliser son énorme potentiel exigent des efforts extraordinaires et de nouvelles façons de travailler ensemble, soulignait Qu Dongyu, directeur général de la Fao, à cette occasion. « L’objectif du continent d’éliminer la faim d’ici à 2025, et les efforts de la Fao aidant les membres à atteindre les objectifs de développement durable d’ici à 2030, rencontrent un écheveau d’obstacles sans précédent», a-t-il déclaré. Casse-tête ! Dans un contexte où le niveau d’endettement a bondi avec les affres de la crise économique et sanitaire, l’équation s’avère difficile à résoudre pour les pays du continent qui disposent d’une marge de manœuvre budgétaire très réduite face aux défis. Il apparaît urgent et opportun de reconstituer le Fonds africain de développement - le bras de prêt concessionnel du Groupe de la Banque qui soutient les pays africains à faible revenu, préconise Dr Adesina, tout en précisant qu’il n’est pas question pour l’Afrique de «mendier». Auparavant, rappelle-t-il, ce Fonds avait connecté 15,5 millions de personnes à l’électricité et soutenu 74 millions de personnes grâce à une agriculture améliorée. Aussi, a-t-il permis à 50 millions de personnes d’accéder aux transports, de construire 8 700 kilomètres de routes et de fournir à 42 millions de personnes des installations d’eau et d’assainissement améliorées. Pour sa part, la Fao mise sur ses initiatives phares telles que «Main dans la main» qui implique déjà 27 pays africains, «Un pays – un produit prioritaire» qui aide chaque pays à développer la chaîne de valeur d’un produit agricole particulier au regard de l’environnement et le projet «1 000 Digital villages » engagé dans sept pays africains (phase expérimentale) et qui met le numérique au cœur de la transformation rurale et de la prospérité. En attendant, le Fonds monétaire international (Fmi) recommande des « politiques budgétaires souples » favorisant la protection des plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants. Il est question d’éviter une crise alimentaire mondiale et ses corollaires de malnutrition et de maladies, tout en préservant la cohésion sociale. Les regards sont tournés vers le colloque sur l’état de l’Afrique, un événement phare de la Banque mondiale consacré au développement du continent lors des Assemblées de printemps et des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fmi, qui se tient ce mercredi 27 avril. David R. Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, Samia Suluhu Hassan, présidente de la République unie de Tanzanie, Malala Yousafzai, cofondatrice de Malala Fund et autres experts se pencheront sur la conjoncture macroéconomique, l’impact des récentes fluctuations des prix des matières premières et des denrées alimentaires ainsi que sur le rôle des systèmes de protection sociale pour atténuer ces chocs économiques, maintenir ou créer des emplois et renforcer la résilience des ménages. Il s’agira d’identifier les difficultés rencontrées actuellement par les pays africains pour déployer des mécanismes efficaces et durables de protection sociale et de proposer des solutions pour y remédier afin de développer le capital humain et créer davantage d’emplois. Economie 28 avr. 2022


Enseignement technique et formation professionnelle : Le gouvernement amorce une nouvelle phase
Entre construction et rénovation de lycées agricoles et d’écoles de métiers, le gouvernement s’engage dans une phase d’extension de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Toutes choses qui permettront la mise sur le marché de l’emploi d’acteurs économiques de type nouveau. Faire de l’enseignement technique et de la formation professionnelle les piliers du système éducatif constitue une priorité pour le gouvernement. Il s’y est penché hier au cours du conseil des ministres. Il a été décidé une mission de conduite d’opérations dans le cadre du programme de construction et de réhabilitation de 30 lycées agricoles et de sept écoles de métiers. A travers cette décision, le gouvernement amorce une autre phase de la réforme dans le secteur de l’éducation. Un secteur qui, selon les constats, forme plus de diplômés que de personnes aptes à travailler. La veille déjà, mardi 26 avril, Eustache Kotingan, président du Conseil national du patronat, le principal regroupement des patrons d’entreprises, déplorait cette situation. Selon lui, il serait bien de prioriser la formation professionnelle afin de mettre sur le marché un personnel qualifié pouvant être utilisé par les entreprises qui ont besoin de main-d’œuvre. Il est évident que l’enseignement général est un pourvoyeur de sans emploi. Et puisqu’il n’existe que peu de lycées agricoles et d’écoles de métiers, la situation ne fait que s’aggraver d’année en année. Mais depuis 2016, la démarche pour renverser la tendance est enclenchée. En 2020, le gouvernement a reçu un financement de 300 millions de dollars de la Banque mondiale pour des investissements dans ce sous-secteur de l’éducation connu pour sa capacité à former des apprenants prêts à être utilisés par les entreprises. Cette ambition du gouvernement se manifeste aussi par l’augmentation sensible et de façon continuelle du budget alloué à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. C’est ainsi que dans la loi de finances en cours d’exécution, ce département ministériel a bénéficié de 143 milliards Fcfa. Ce qui correspond à une augmentation de 33 % de son budget par rapport à 2021. Dans une approche globale et méthodique porteuse d’une réforme structurelle, la loi n°2022-01 portant loi-cadre sur l’enseignement technique et la formation professionnelle en République du Bénin a été votée en janvier dernier. Cet outil législatif de 56 articles encadre mieux le sous-secteur et innove avec la mise en place d’une approche éducative inclusive et holistique, le pilotage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels avec la participation du secteur privé, la régulation des flux en vue d’une dominance du choix de ce sous-secteur par les apprenants, etc. Le volet gouvernance n’a pas été occulté. Il a été réorganisé pour s’assurer de l’obtention des résultats escomptés. C’est ainsi que la loi-cadre précise le mode de gouvernance pédagogique et administrative et prévoit l’arrimage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels. Côté adéquation formation-emploi, la loi-cadre induit une grande avancée. Selon l’article 48, « tout curriculum de formation en matière d’enseignement et de formation techniques et professionnels est élaboré suivant une méthodologie consensuelle, avec une implication effective et active des acteurs du monde professionnel ». Quant à l’article 50, il insiste sur cette obligation. « Tout programme de formation à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels est élaboré de concert avec les structures organisées ou les branches professionnelles du secteur public concerné », stipule cet article. Promesse tenue C’était d’abord une promesse de campagne du candidat Patrice Talon, alors en quête de renouvellement de son mandat à la tête de l’Etat. Ce 26 mars 2021, il annonçait la construction de 30 lycées agricoles qui, à terme, devront accueillir 48 000 élèves. Il promettait aussi la création de 7 écoles des métiers de référence dans les domaines de l’énergie, du numérique, des bâtiments et des travaux publics, de l’automobile et des équipements industriels, de l’eau et de l’assainissement, des industries du bois et de l’aluminium, du tourisme-hôtellerie-restauration qui auront une capacité d’accueil de 8 400 apprenants. Le délai de mise en œuvre assez court étonnait bien des citoyens. Le candidat voulait, en effet, réaliser ces infrastructures pour l’année 2023. Ensuite, cette ambition pour ce sous-secteur est devenue une priorité du gouvernement inscrite dans l’axe stratégique 5 intitulé « promotion d’une éducation de qualité et de l’enseignement technique et professionnel » du Programme d’action du gouvernement 2021 - 2026. Actualités 28 avr. 2022


Développement des médias au Bénin : Aurelie Adam Soulé Zoumarou échange avec les faîtières de la presse
Aurelie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, a tenu, mardi 26 avril, une séance de travail avec les présidents des associations professionnelles des médias. L’opérationnalisation du Fonds d’appui au développement des médias (Fadem) et le bon Fonctionnement des associations étaient au menu de la rencontre. L’opérationnalisation du Fonds d’appui au développe-ment des médias (Fadem) et le bon fonctionnement des faîtières de la presse béninoise sont les grands sujets au cœur de la séance de travail entre Aurelie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, Evariste Hodonou, président du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) et Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), mardi 26 avril à Cotonou. Au sortir de cette première rencontre avec leur autorité de tutelle depuis sa prise de fonction, Zakiath Latoundji s’est réjouie de l’intérêt que la ministre accorde aux différentes préoccupations évoquées. « C’était important pour nous d’échanger avec notre ministre dans un contexte où les associations professionnelles traversent actuellement des difficultés à tous les niveaux », a-t-elle confié. Pour elle, le soutien du ministre de tutelle est nécessaire pour la mise en œuvre des réformes envisagées pour insuffler un nouveau dynamisme au secteur des médias. A l’en croire, la ministre du Numérique et de la Digitalisation reste disponible à accompagner les instances faîtières de la presse dans leur volonté de moderniser le secteur et les encourage à aller de l’avant. « Elle est prête à nous accompagner dans le sens de réformes constructives qui garantiront un meilleur avenir pour notre secteur », a-t-elle conclu. Actualités 28 avr. 2022


Afrique de l’Ouest : De bonnes prévisions pour la saison pluvieuse
Les prévisions pour la saison pluvieuse 2022 s’annoncent bonnes pour l’Afrique de l’Ouest. C’est ce qui ressort du  Forum 2022 des Prévisions saisonnières des caractéristiques Agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones soudanienne et sahélienne (Prseass). Par Mathilde Assogba (Stag) Il a été organisé le 25 avril dernier par le Centre régional Agrhymet du Cilss, l’Acmad, les services nationaux de météorologie et d’hydrologie (Snmh), avec la collaboration de l’Omm et des organismes des grands bassins fluviaux, Forum 2022 des Prévisions saisonnières des caractéristiques Agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones soudanienne et sahélienne (Prseass). En effet, une saison des pluies 2022 globalement humide est attendue au Sahel, avec des dates de démarrage précoces en moyenne, des dates de fin tardives en moyenne, de courtes séquences sèches en moyenne dans la partie Ouest et de longues en moyenne dans la partie Est. Des écoulements globalement excédentaires en moyenne seront notés dans les principaux bassins fluviaux. En ce qui concerne la zone sahélo-soudanienne qui couvre le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, la Sierra Leone, le Burkina Faso, quelques îles du Cap vert, les parties Sud de la Mauritanie, du Mali, le Sud-ouest du Niger, les parties Nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigeria et le Centre du Tchad, il est à noter des dates de début de saison précoce en moyenne. Le forum prévoit aussi des dates de fin de saisons tardives en moyenne sur la bande sahélienne allant des îles du Cap vert au Tchad en passant par le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau, la Guinée, le Burkina Faso, les parties Sud de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad et les parties Nord des pays du Golfe de Guinée telles que la Sierra Leone, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Benin et Nigeria. Néanmoins, le forum révèle un risque élevé d’inondation en raison de l’abondance des pluies, qui pourrait entraîner des pertes de récoltes, de biens matériels et des pertes en vies animale et humaine dans les localités exposées. Pour anticiper sur ces inondations et leurs conséquences, le forum a fait des recommandations. Entre autres, il préconise de renforcer la veille et les capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires ; d’éviter l’occupation anarchique des zones inondables par les habitations et les cultures ; de renforcer les digues de protection et assurer la maintenance des barrages et des infrastructures routières ; de curer les caniveaux pour faciliter l’évacuation des eaux de pluies.   Actualités 28 avr. 2022


Christophe Chodaton à propos du Souvenir de la traite négrière et son abolition : « Susciter l’envie de visiter Ouidah et son patrimoine… »
Le 23 août prochain, sera célébrée à Ouidah la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition (Jistna) édition 2022. Christophe Chodaton, président du comité en charge de l’organisation, explique ici la particularité de la présente édition labélisée Unesco, les enjeux autour de la célébration et ses retombées pour Ouidah. La Nation : Quelles sont les particularités de la Jistna 2022 ? Christophe Chodaton : Sur l’initiative du Bénin et d’Haïti, la conférence générale de l’Unesco a approuvé la mise en place du projet « Route de l’esclave » en 1993. Ce projet a été lancé en 1994 à Ouidah au Bénin. Selon l’Unesco, il vise principalement à briser le silence sur la tragédie de l’esclavage et de la traite négrière, à faire la lumière sur la période esclavagiste, à faire connaitre les interactions générées par les rencontres entre des peuples et des cultures de différents continents. L’une des actions stratégiques du projet « Route de l’esclave » est d’avoir convaincu les Nations Unies à proclamer des dates de commémoration de cette tragédie. Ainsi, la Communauté internationale a choisi le 23 août comme Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (Jistna) en hommage à la première victoire d’esclaves sur leurs oppresseurs dans l’histoire humaine qui a conduit à l’indépendance d’Haïti en 1804 ». La portée de cette journée : se souvenir et honorer les 13 millions d’Africains déportés et mis en esclavage, se rappeler leurs luttes quotidiennes dans les différents lieux, célébrer leur courage, leur rendre hommage. Quelles sont les retombées d’une telle initiative pour Ouidah ? L’attribution du Label Unesco, Route de l’esclave : Résistance, Liberté, Héritage à la commémoration de la Jistna 2022 est une reconnaissance de la qualité de cette manifestation ambitieuse organisée par la commune de Ouidah, les personnalités et les associations à travers le Comité de commémoration du 23 août (Ccom23). Elle vient renforcer le label Unesco Sites associés à la Route de l’esclave obtenu par la ville de Ouidah en 2020 pour trois sites : le Fort portugais, le Temple des pythons et la Route de l’esclave. La Jistna 2022 labellisée Unesco suscitera davantage l’envie des Béninois, de la diaspora et des autres touristes à visiter Ouidah et son patrimoine matériel et immatériel. A cette occasion, l’Etat béninois et la commune pourraient renforcer la conservation et la sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel. Enfin, la retombée la plus connue pour la ville est d’ordre économique. Comme en 2019, avant la crise sanitaire, plus d’une centaine d’invités de 22 pays ont séjourné à Ouidah pour assister à la Jistna. J’ai encore en mémoire, le groupe Mir de 41 personnes venues des Antilles « se reconnecter à l’Afrique » selon leurs propres termes. Ils ont passé 15 jours dans un hôtel de la plage de Ouidah. Les mets locaux étaient leurs préférences ainsi que les objets artisanaux d’art et de souvenirs. Un autre groupe de pèlerins antillais était dans un autre hôtel pour un séjour plus court. Le label Unesco devrait amplifier ce mouvement. Après la présidence de la République, les trésors royaux seront exposés à Ouidah. Quelle incidence sur la Jistna ? Les Béninois de l’intérieur et de l’extérieur, ainsi que les Africains en général ont exprimé leur sentiment de fierté suite à la restitution de 26 trésors royaux au Bénin. L’exposition à la présidence de la République a créé un engouement et révélé un patriotisme certain. L’intérêt de la population ayant visité ou non ces œuvres culturelles montre son attachement à l’histoire de notre pays et en particulier, celle de la colonisation et de l’esclavage. En s’appropriant les 26 trésors royaux, le Béninois aura une meilleure compréhension de l’histoire, du patrimoine culturel et de sa conservation. Et comme nous le savons, on ne peut comprendre l’histoire de la colonisation sans remonter à la période précédente de l’esclavage. C’est là que la Jistna et les autres activités de Ccom23 impacteront davantage la jeunesse dans les collèges et lycées, les étudiants, les chercheurs et le reste de la population. Le Ccom23 et la Jistna seront plus visibles dans le paysage de la lutte contre l’oubli collectif de la tragédie de la traite négrière et de l’esclavage. Que faites-vous pour ancrer cette histoire dans les consciences et restaurer la confiance en soi surtout chez les jeunes ? La vague mémorielle des Afro-descendants en Europe et en Amérique du Nord n’a pas été précédée ou suivie par celle des Africains. Aujourd’hui, la prise de conscience que ce sont les Africains qui doivent rendre hommage à leurs déportés, fait son chemin. Le Sénégal avait donné l’impulsion en 1999. Badagry au Nigeria organise la commémoration du 23 Août depuis une quinzaine d’années, le Bénin depuis 2014. Il y a vraisemblablement d’autres pays dont j’ignore les activités mémorielles. La Côte d’Ivoire et le Cameroun sont devenus très actifs dans ce domaine. Une rencontre des anciens chefs d’Etat africains préconise une journée africaine de commémoration. En octobre 2018, à Cotonou, Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, a déclaré : « ……pour avancer, nous devons faire en sorte qu’une journée soit retenue pour commémorer la traite négrière dans toute l’Afrique...Si nous les oublions, les âmes des millions de déportés africains ne nous laisseront pas tranquilles. » Cette prise de conscience est suscitée auprès de la jeunesse par le Ccom23 à travers plusieurs activités. Les ateliers de sensibilisation et de conscientisation, la projection de films sur l’esclavage dans les collèges et lycées, suivie d’échanges, la visite des sites historiques de la ville sont nos instruments de transmission de la mémoire à la jeunesse. Culture 27 avr. 2022


Renforcement de l’accès à l’énergie électrique : La révolution industrielle amorcée
Le développement du secteur énergétique prend son envol. A travers le Programme d’accès durable et sécurisé du Bénin à l’énergie électrique (Padsbee) lancé, hier mardi 26 avril, dans la zone industrielle de Sèmè- Podji, le gouvernement en partenariat avec l’entreprise ‘’Vinci Energie’’ amorce la révolution industrielle tant souhaitée. « Le développement industriel, ça y est ! ». L’engagement et la détermination du gouvernement de faire de l’énergie une priorité nationale pour l’émergence de l’industrie se sont matérialisés, hier mardi 26 avril, à travers le lancement du Programme d’accès durable et sécurisé du Bénin à l’énergie électrique (Padsbee). Confié au groupe ‘’Vinci Energie’’ pour un coût global de 200 milliards F Cfa, le projet s’étend sur huit départements à savoir l’Atlantique, le Littoral, l’Ouémé, le Plateau, le Mono, le Couffo, le Zou et les Collines et consiste à doter le pays d’infrastructures appropriées pour un accès durable à l’électricité de qualité à l’horizon 2025. « Le Programme d’accès durable et sécurisé du Bénin à l’énergie électrique (Padsbee) est un programme exceptionnel d’investissement », fait savoir Abderrahim Gherra, directeur du projet Vinci. Cet important projet comprend la construction de 300 km de ligne souterraine haute tension, la réalisation de sept postes de transformation très haute tension, l’extension de capacité de quatre postes haute tension, la réalisation de 1 000 km de réseaux de distribution en moyenne et basse tension et le raccordement des milliers de foyers. Abderrahim Gherra note que l’énergie est une denrée stratégique et il est important pour un pays de disposer de ses propres ressources et infrastructures énergétiques. « C’est le choix que fait aujourd’hui le Bénin sur la route de son autonomie énergétique »,se félicite-t-il. Il rappelle que l’engagement de l’entreprise‘’ Vinci Energie’’ est de construire des ouvrages aux standards internationaux et de former tout au long de ce projet, environ 300 jeunes techniciens ingénieurs opérationnels capables de prendre en charge de nouvelles installations électriques. « Plus qu’un prestataire, Vinci Energie sera aux côtés du Bénin comme un partenaire au développement »,affirme-t-il. Francis Perani, représentant du directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) n’a pas manqué de remercier le gouvernement pour ce projet de grande envergure. Ce projet, selon lui, illustre parfaitement la stratégie de la Sbee qui est aussi celle du pays pour le secteur énergétique en vue d’une croissance durable. « La croissance, pour nous, c’est quelque chose de très important, car ce projet contient 30 mille branchements qu’on attend avec impatience », indique Francis Perani qui dit compter sur ‘’Vinci Energie’’ pour la bonne exécution du projet. Nouvelle dynamique Le secteur de l’énergie connaît une nouvelle dynamique à travers les Programmes d’action du gouvernement I et II. Pour Jean-Claude Dona Houssou, ministre de l’Energie, le gouvernement travaille à atteindre et à renforcer l’autonomie énergétique et aucun pan du système énergétique n’est oublié. Dans le secteur du transport et de la distribution, l’autorité ministérielle révèle que la longueur du réseau électrique haute tension est passée de 1 073 km en 2016 à 1 800 km aujourd’hui, soit plus de 63 % d’augmentation en l’espace de cinq ans. A l’en croire, le projet Padsbee va porter ce niveau de 1 800 à 2200 km. « C’est extraordinaire, ce que nous vivons et nous devons remercier le président Patrice Talon pour son engagement et sa volonté constante de faire en sorte que les fondamentaux qu’il faut pour le développement de notre pays soient au rendez-vous. Nous avons suffisamment aujourd’hui de l’énergie électrique à la fois en production propre mais aussi en importation puisque les gens courent derrière nous pour nous vendre de l’électricité », se réjouit Jean-Claude Dona Houssou. Les 200 milliards F Cfa du projet Padsbee pour trois ans sont supérieurs à l’investissement de la Communauté électrique du Bénin depuis sa création en 1968, soutient-il. « C’est un travail de mise à niveau que le gouvernement s’attelle à faire à travers la réhabilitation, la restructuration et le renforcement de ces réseaux, qui sont engagés avec méthode, discernement et surtout détermination », insiste-t-il. Ainsi, le développement harmonieux des réseaux à travers des projets emblématiques permettra d’assurer à toute la population béninoise un accès équitable à un service moderne d’une part et de contribuer efficacement à l’industrialisation du pays d’autre part n Actualités 27 avr. 2022


Compétitions sportives pour l’épanouissement de la fille : Sna Ong gagne le pari du projet Championne
La première édition des compétitions du projet Championne a connu son épilogue, vendredi 22 avril dernier. Lors de la finale de ce tournoi de football, l’équipe de Toucountouna a battu par un score de 2 buts à 1 celle de Kandi. Sud nord action (Sna) Ong a réussi la mise en œuvre du projet Championne qui vise l’émancipation et la protection des filles à travers la pratique du sport. La première édition des compétitions a opposé en finale deux équipes de jeunes filles qui ont démontré que les femmes peuvent jouer au même titre que les hommes au football. L’équipe de Kandi venue de l’Alibori et celle de Toucountouna de l’Atacora se sont opposées au stade de Natitingou. Au coup de sifflet final, c’est Toucountouna qui a remporté le trophée par un score de 2-1. Selon Ouorou Yérima Bio, coordonnateur du projet Championne, il a été initié avec l’appui financier de la Fifa, de l’Afd et de Plan international dans trois pays d’Afrique de l’Ouest dont le Bénin, la Guinée Conakry et le Togo. C’est autour du thème: «Permettre aux filles de vivre et jouer au football en sécurité et s’épanouir». Les compétitions sportives ont débuté, le 8 avril 2022, et ont connu trois phases : inter-villages avec 49 matches, inter-communes avec 7 matches joués en 4 poules, inter départemental avec la demi-finale, le match de classement et la grande finale jouée le 22 avril. Au Bénin, ce projet a enrôlé 1 440 filles de 12 à 24 ans, élèves et apprenties, déscolarisées ou non scolarisées et 360 garçons élèves de 12 à 18 ans de 60 villages disposant de collège d’enseignement général dans 12 communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. 60 associations sportives ont été mises en place et ont été dotées d’équipements sportifs notamment des ballons, des maillots, des crampons… Le projet a procédé à l’aménagement des aires de jeux avec l’appui des communautés, recruté et formé 120 encadreurs, dont 60 femmes qui constituent ainsi un vivier local d’experts en sport pour le développement. « Championne s’emploie par ailleurs à mobiliser et à sensibiliser les communautés sur les problèmes prioritaires liés à la situation des filles et des femmes. Il fonde ses activités sur un cycle d’apprentissage par l’expérience pour développer les compétences de vie courante chez les apprenants », a ajouté le coordonnateur. Les différentes autorités ont salué cette initiative. Gaelle Smith, représentant du gouvernement, a informé que le sport figure parmi les moyens efficaces pour résoudre plusieurs problématiques auxquelles les filles font face. Notamment, il s’agit des problèmes éducatifs, des conflits intergénérationnels, du manque de confiance en soi, des différentes formes de violences, du respect et de la jouissance de leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. Le projet Championne contribue à insuffler la culture du sport et à assurer l’égalité des chances dans la pratique, faire en sorte que les femmes et les filles ne se sentent jamais empêchées. Toutes choses qui ont conduit Adolphe Ogouyon, directeur technique national de la Fédération béninoise de football, Taté Ouindéyama, maire de Natitingou, Jérémie Bertrand-Hardl, représentant de l’Afd, Déré Chabi Nah, préfet de l’Atacora… à plaider pour la pérennisation de l’initiative. Sports 27 avr. 2022


Prévisions saisonnières 2022 : Les tendances de la zone soudano-sahélienne
Les Prévisions saisonnières des caractéristiques agro-hydro-climatiques de la saison des pluies dans les zones soudanienne et sahélienne (Prseass, 2022) ont été dévoilées à Abuja, le 25 avril 2022. A quoi devra-t-on s’attendre dans la zone soudano-sahélienne ? Les tendances qui se dessinent ne sont pas loin de celles prévues pour les pays du golfe de Guinée. Elles ont été dévoilées à l’issue du forum 2022 de Prseass qui a eu lieu du 19 au 25 avril à Abuja. Sont annoncées des quantités de pluie moyennes à excédentaires sur la période mai-juin-juillet, dans la majeure partie de la bande sahélienne. En juillet-août-septembre, on pourrait faire face à des précipitations excédentaires à moyennes sur la même bande sahélienne. Les dates de début de saison seront précoces à moyennes sur la zone sahélo-soudanienne couvrant les parties Nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigeria et le Centre du Tchad. Mais elles seront tardives dans les parties Nord des pays du golfe de Guinée dont le Bénin. Les durées de séquences sèches seront plus courtes en début de saison sur les bandes soudanienne et sahélienne de l’Afrique de l’Ouest et du Tchad, sauf sur le Sud-ouest du Niger, le Nord-est du Bénin et le Nord-ouest du Nigeria où des « séquences sèches moyennes à longues » sont prévues. En ce qui concerne les écoulements, ils seront «moyens à excédentaires» dans les bassins du Mono (Togo et Bénin) et « inférieurs à la moyenne» dans les bassins de l’Ouémé. Des dispositions à prendre Ces prévisions sont basées sur l’analyse de la situation actuelle, des évolutions probables des Températures de surfaces des océans (Tso), des modèles statistiques issues des données des services nationaux de météorologie et d’hydrologie (Snmh), des connaissances des experts sur les caractéristiques du climat dans la région et des prévisions des centres mondiaux. « Cette année, les résultats des travaux suscitent le plus grand intérêt du fait d’un contexte régional d’insécurité alimentaire et nutritionnelle très préoccupant qui prévaut dans notre espace, lié à des facteurs tels que les déficits de production issus de la campagne agropastorale 2021-2022, l’inflation, l’insécurité civile et les impacts de la pandémie de Covid-19 qui persistent, sans oublier un contexte international défavorable », a déclaré Dr Mahalmoudou Hamadoun, directeur général du centre régional Agrhymet. Les météorologues préconisent, face au risque élevé d’inondation pouvant entraîner des pertes de récoltes dans les localités, le renforcement des capacités d’intervention des agences en charge de la réduction des risques de catastrophes. Pour ce qui concerne les séquences sèches, relativement longues, pouvant entraîner des déficits hydriques, il est recommandé de choisir les espèces et variétés de cultures tolérantes au déficit hydrique, dans les zones exposées. Les producteurs devront adopter des techniques culturales de conservation des sols et de l'eau, diversifier les pratiques agricoles, assurer une gestion rationnelle des ressources en eau de surface pour satisfaire les différents usages, notamment dans les bassins de l’Ouémé où les écoulements seraient moyens à déficitaires. Environnement 27 avr. 2022


Réforme du secteur de la culture : Le théâtre en quête d’une renaissance
Le théâtre béninois connaît diverses fortunes depuis quelques années. Après la suspension de la direction du Fitheb et du Centre national dédié au théâtre, les initiatives privées fleurissent en attendant le grand réveil. Le secteur théâtral n’est pas épargné par le vent de réforme qui souffle depuis 2016, et qui appelle à plus de responsabilité de la part des acteurs, à une nouvelle structuration, pour une renaissance au bénéfice de tous. Les fruits ont-ils tenu la promesse des fleurs ? Une seule certitude, les acteurs n’ont pas tari d’initiatives. Les salles de diffusion n’ont pas mis la clé sous le paillasson. « Le théâtre béninois renaît de ses cendres. Depuis la fin de l’année 2021, il y a eu un florilège de créations. On ne peut parler du monde du théâtre sans la base que constitue le produit à savoir la pièce de théâtre. Et sur le plan du produit théâtral en lui-même, je suis convaincu qu’il y a un gros effort qui est fait par le gouvernement à travers le ministère de la Culture », a déclaré la comédienne Carole Lokossou. Bien que le vent des réformes ait induit la suspension de la direction du Festival international de théâtre (Fitheb), donc provisoirement de la biennale qui rassemble les amoureux de l’art de la planche de par le monde, les compagnies de théâtre, de même que les acteurs pris individuellement sont restés accrochés à leur passion. « Le théâtre béninois se porte bien sur le plan de la créativité parce que les acteurs continuent de créer et de diffuser des spectacles de bonne qualité », confie le comédien Humbert Boko. Le défi de la diffusion Jean-Louis Kédagni, directeur du Festival scolaire et universitaire de théâtre et de chorégraphie (Festhec), rassure de la survie du creuset d’expression artistique, culturelle et touristique internationale qui favorise non seulement la détection des talents mais aussi promeut ceux existants. « Il y a beaucoup de créations et d’ébauches de création et c’est une bonne base pour parler de la dynamisation du secteur. Mais après la création, il faut pouvoir vendre le spectacle », a indiqué Carole Lokossou. Elle explique que de nombreuses difficultés se posent au niveau de l’économie marchande. Il faudra travailler davantage à organiser des réseaux de distribution des spectacles. C’est à ce prix que les objectifs seront atteints, affirme-t-elle, pour une véritable renaissance, car les acteurs sont appelés à vivre de leur art, et le public devra satisfaire non seulement sa soif de spectacle mais aussi d’apprentissage et d’éducation. Dans ce sens, l’Institut français de Cotonou serait entré en partenariat avec plusieurs salles de diffusion pour tourner des spectacles. « Aujourd’hui, on pense le théâtre du point de vue d’une économie marchande qui permet de faire tourner le théâtre par le théâtre. Vu que les subventions tombent de moins en moins, il faut permettre au théâtre de s’autofinancer même si ce n’est pas à 100 %. D’où l’importance de trouver des mécanismes de diffusion… », fait savoir Carole Lokossou. Le salut dans la structuration Pour Jean-Louis Kédagni, la politique gouvernementale devrait aboutir à une bonne structuration pour permettre aux acteurs de vivre de leur art. C’est une évidence qu’il n’existe pas à l’heure actuelle, au plan national, un festival de théâtre aussi grand que le Fitheb. Certes, les organisations privées prospèrent mais elles sont confrontées au problème de financement. Le système de mécénat et de sponsoring n’est pas très huilé dans les autres domaines artistiques en dehors de la musique. C’est dire que les festivals, issus d’initiatives privées, souffrent d’un manque criant de soutien qui ne favorise pas leur décollage. « Ils font leur bout de chemin mais on ne peut pas dire qu’ils sont déjà de grandes vitrines du rayonnement du théâtre béninois. Ma prière est que l’Etat s’implique beaucoup plus, soit en organisant des festivals de théâtre avec et pour nous, soit en dynamisant les festivals qui existent déjà et régler le souci de la diffusion », préconise Carole Lokossou. Seule la structuration peut rassurer les investisseurs du secteur privé, soutient pour sa part Humbert Boko. Culture 27 avr. 2022


Fintech et services financiers numériques dans l’Uemoa : La Bceao met en place un bureau de suivi
Un cadre d’échange avec le Régulateur est mis en place au profit des entreprises de technologies financières dans la zone Uemoa. Dénommé Bureau de connaissance et de suivi des Fintech (Bcsf), il émane de la Bceao qui entend promouvoir la transformation digitale, la stabilité et l’inclusion financières. La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a mis en place un Bureau de connaissance et de suivi des Fintech (Bcsf) pour accompagner les professionnels du secteur bancaire et financier dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Ils sont appelés à exploiter ce cadre d’échange à travers l’adresse électronique courrier.zbcsf@bceao.int, précise un communiqué de l’institut d’émission. Le Bcsf s’inscrit dans le cadre des initiatives de la Banque centrale visant à promouvoir les innovations financières dans la zone. Il organisera des échanges entre le Régulateur et les sociétés travaillant sur des solutions financières innovantes (Fintech). Il est notamment chargé de recueillir et de traiter toute demande d’information ou d’entretien avec le Régulateur ainsi que tout sujet d’intérêt commun, en rapport avec les innovations technologiques et la régulation du secteur financier. Pour rappel, la Bceao a décidé d’accompagner ces initiatives par la mise en place d’un Comité Fintech pour promouvoir le développement harmonieux des Fintech dans l’Uemoa. Ainsi, il a été relevé la nécessité de créer un site internet afin d’établir avec les Fintech de l’Union un canal d’information et d’échange. L’appel d’offres pour la réalisation du site a été lancé en août 2021. Il devrait également servir d’outil de communication privilégié pour la diffusion d’information à destination des professionnels des Fintech, des secteurs bancaire, financier et de la microfinance, des administrations publiques, des chercheurs/universitaires, des partenaires externes et du grand public. En effet, les Fintech sont devenues incontournables dans la transformation digitale et la promotion de l’inclusion financière. Elles interviennent principalement dans la fourniture de moyens et services de paiement, tels que la distribution de monnaie électronique, le transfert d’argent et l’agrégation de paiement. Elles proposent également des plateformes numériques pour le commerce électronique, la gestion de données et de flux financiers. Outre l’ouverture du Bcsf, la Bceao met l’accent sur l’émission de la monnaie électronique par les trésors publics nationaux (Tpn) ainsi que la création d’un Laboratoire d’innovation financière (Lif). Il est question de faire face aux défis auxquels est confrontée la finance digitale, tels que l’adéquation du cadre réglementaire et de surveillance, le cloisonnement de l’écosystème de paiement électronique et la multiplication d’initiatives nationales et privées d’interopérabilité, l’identification et la protection des usagers, la sécurité des transactions. Face aux risques Quelque 42 initiatives d’émission de monnaie via la téléphonie mobile ont été enregistrées dans l’Union en 2020, avec notamment l’entrée de cinq nouveaux établissements et le développement de partenariats entre les banques, les Fintech et les entreprises de télécommunication. Les banques détiennent la majorité des offres avec 29 initiatives, suivies des établissements de monnaie électronique avec 12 initiatives. Les demandes auprès de la Banque centrale pour l’émission de la monnaie électronique ne cessent de croître, tout comme la demande des services financiers numériques. Le nombre de comptes de monnaie électronique est estimé à 94,23 millions en 2020 contre 76,9 millions en 2019, soit une augmentation de 22,43 %, selon le Rapport annuel 2020 sur la situation des services financiers numériques dans l’Uemoa de la Bceao. Les établissements de monnaie électronique (Eme) détiennent 60,14 % du nombre total de comptes de monnaie électronique ouverts. Cette progression témoigne du dynamisme de ce secteur qui a contribué à hauteur de 48,61 % au taux d’inclusion financière de l’Union établi à 63,8 % en 2020. Des risques subsistent en termes de protection des détenteurs de compte de monnaie électronique (en cas de défaillance des émetteurs ou de la banque de domiciliation du compte de cantonnement des fonds), d’exercice illégal de l’activité de monnaie électronique, de la complexité des modèles de multi-partenariats développés par les banques avec des prestataires techniques. D’où, il importe de bâtir un écosystème harmonisé, inclusif et innovant, basé sur une concurrence équitable et des partenariats bénéfiques pour tous les acteurs. Cela permettra de poursuivre l’interopérabilité des services financiers numériques et la révision du cadre réglementaire régissant les activités en la matière afin de pallier le phénomène de multibancarité et renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux. Economie 27 avr. 2022


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