La Nation Bénin...
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Lien juridique entre une personne et l’Etat dont il est ressortissant, par naissance, par acquisition, par naturalisation ou autre procédé, la nationalité est essentielle à la jouissance de tous autres droits. C’est donc le droit d’avoir des droits. Ainsi, l’absence de nationalité, appelée apatridie, est préjudiciable à qui en est victime.
D’après les statistiques, 10 millions de personnes sont concernées par le phénomène dans le monde, dont 1 million en Afrique de l’Ouest, au nombre desquelles on retrouve 600.000 enfants. La question préoccupe les Nations Unies. C’est dans ce cadre que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), dont le mandat s’étend aussi à la lutte contre l’apatridie, a organisé courant décembre 2014, un atelier média sur l’apatridie. Objectif : sensibiliser les acteurs des médias pour qu’ils s’engagent dans le plaidoyer autour de la thématique.
Situation d’une personne qui ne peut être considérée par aucun Etat comme son ressortissant, en application de sa législation, l’apatridie est une notion mal cernée par le public et par les décideurs. Elle découle généralement de questions liées à la nationalité. Les causes principales relevées sont relatives aux insuffisances contenues dans les lois sur la nationalité, à la privation arbitraire de la nationalité, au phénomène juridique de succession d’Etats ; de même qu’à des pratiques administratives restrictives, notamment en matière de délivrance de documents prouvant la nationalité d’une personne...
Il s’ensuit que la jouissance de l’essentiel des droits leur est inaccessible. Par exemple, renseigne le HCR, il leur est souvent impossible d’obtenir des documents d’identité, ils sont susceptibles d’être détenus pour des raisons liées à leur statut d’apatrides, ils se voient refuser l’accès à l’éducation, aux services de santé de base ou à l’emploi…
C’est pourquoi ont été adoptées la Convention de 1954 relative au statut des apatrides, et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie.
Aux termes de la première, certaines mesures spéciales sont édictées en faveur des apatrides. Ainsi, elle leur garantit le droit à une aide alimentaire (article 25), le droit à des pièces d’identité et à des titres de voyage (articles 27 et 28) ; et les autorise à bénéficier de la dispense de réciprocité (article 7). Des dispositions spéciales qui visent à répondre aux problèmes particuliers que rencontrent les apatrides en raison de leur absence de nationalité. C’est le cas du titre de voyage qui leur est fourni et qui est mutuellement reconnu comme faisant office de passeport. Toutefois, la jouissance des droits garantis par la Convention de 1954 n’équivaut pas à la possession de la nationalité. Aussi cette Convention demande-t-elle aux Etats de faciliter la naturalisation des apatrides.
Quant à la Convention de 1961, elle prévoit des garanties concrètes et détaillées devant être mises en œuvre par les Etats pour prévenir et réduire l’apatridie dans plusieurs domaines principaux. Il s’agit d’abord, pour les Etats, d’accorder leur nationalité aux enfants qui, autrement, seraient apatrides et qui ont des liens avec eux soit parce qu’ils sont nés sur le territoire ou d’un parent ayant la nationalité de l’Etat concerné (articles 1 à 4). Il s’agit ensuite d’empêcher l’apparition de l’apatridie à un stade ultérieur de la vie en exigeant qu’une personne acquière au préalable ou ait l’assurance d’acquérir une autre nationalité avant de perdre sa nationalité ou d’y renoncer (article 5 à 7). Il s’agit par ailleurs d’éviter l’apatridie liée à la privation de la nationalité.
A ce propos, il est interdit aux Etats de priver un individu de sa nationalité pour des raisons d’ordre racial, ethnique, religieux ou politique. De même, la privation de la nationalité aboutissant à l’apatridie est interdite, sauf si l’individu a obtenu la nationalité au moyen d’une fausse déclaration ou de tout autre acte frauduleux. Par suite, les Etats peuvent conserver le droit de priver un individu de sa nationalité même si cette privation aboutit à l’apatridie, si la personne concernée a commis des actes incompatibles avec le devoir de loyauté à l’égard de l’Etat, a prêté serment ou a fait une déclaration formelle d’allégeance à un autre Etat.
Cependant, l’Etat est invité à considérer la proportionnalité de cette mesure, en tenant compte de l’ensemble des circonstances se rapportant au cas en question. Il s’agit enfin de prendre des mesures visant à éviter l’apatridie dans le contexte de la succession d’Etats.
En effet, la succession d’Etats, comme la cession d’un territoire par un Etat à un autre Etat ou la création de nouveaux Etats, peut aboutir à l’apatridie si des garanties appropriées ne sont pas en place. Il est ainsi demandé aux Etats, dans le cadre de la succession d’Etats, de prévoir des dispositions assurant la prévention de l’apatridie dans tout traité relatif à la cession d’un territoire. Et lorsqu’aucun traité n’est conclu, le ou les Etats concernés doivent accorder leur nationalité aux individus qui, sans cela, deviendraient apatrides du fait de la cession.
Qui peut être apatride ?
Diverses causes sont à la base de l’apatridie. Par exemple, certains apatrides sont des migrants échoués ou d’anciens réfugiés dont la nationalité n’a pas été confirmée par leur pays d’origine. D’autres sont des personnes ayant été déchues de leur nationalité pour des raisons liées à la discrimination. On retrouve aussi, dans le lot, des personnes ayant renoncé à leur nationalité originelle pour acquérir celle d’un autre pays ne tolérant pas la double nationalité, mais qui se retrouvent à perdre la nationalité acquise pour une raison ou une autre (divorce par exemple). Il existe aussi des personnes à risques d’apatridie.
Ce sont les personnes sans certificat de naissance, les démarches pour l’obtenir pouvant se révéler infructueuses ; les enfants abandonnés et les migrants échoués sans papiers ; ou encore les personnes vivant dans les zones frontalières lorsque la délimitation des frontières n’est pas chose effective…
L’Afrique de l’Ouest n’est pas épargnée par le phénomène. Son histoire ayant été marquée par des mouvements de populations, les situations de migration prolongée, notamment dans le cadre de l’asile, exposent les personnes concernées à la perte des preuves de rattachement légal à leur pays d’origine ; et les conflits de lois contribuent à des situations d’apatridie. WLH

La maladie à virus Ebola a été le mal de l’année 2014. Plusieurs pays africains en ont fait les frais. Pour mieux prendre la mesure de la situation, il a été mis en place un important dispositif de prévention au niveau des frontières avec le Nigeria.
L’année 2014 a été sérieusement perturbée au plan sanitaire par la maladie à virus Ebola. Telle une mer en furie, l’épidémie a déversé son flot sur certains pays africains, notamment la Guinée, la Sierra Léone et le Liberia qui malheureusement ont enregistré de nombreuses pertes en vies humaines.
Le Nigeria, pays limitrophe du Bénin, n’est pas resté en marge de ce tumulte. Il a enregistré également son lot de victimes, même si son bilan paraît moins alarmant comparativement aux autres pays. Face à cette menace, le Bénin a pris d’importantes mesures au plan sanitaire afin d’éviter d’éventuels cas sur son territoire.
Dispositions spéciales
Les zones frontalières bénino-nigériannes de Sèmè-Kraké, d’Ifangni et d’Owodé ont été placées sous haute surveillance sanitaire, afin de prévenir la maladie. A ce jour, le Bénin n’a enregistré aucun cas de décès lié à cette épidémie à virus Ebola. Toutefois, le pays assure la veille permanente en vue de conserver cette tendance.
Au niveau de chacune des trois frontières précitées, la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure. En témoignent les dispositifs qui y ont été installés. Toutes les mesures semblent être prises pour contrôler l’infiltration sur le territoire béninois, de ce fléau que l’on pourrait qualifier comme étant le "mal de l’année 2014".
La frontière de Sèmè-Kraké, classée 2e du Bénin au rang des frontières, enregistre le flux migratoire le plus important comparativement aux autres. Selon les données du Commissariat de police de la localité, les statistiques à l’entrée de la frontière présentent 1600 personnes manifestées et à la sortie 1200 comme flux manifesté dans une semaine. Pour maîtriser cette masse humaine, le ministère de la Santé a délégué des agents de santé en leur assignant des objectifs bien spécifiques : prise systématique de température des passants, règles d’hygiène obligatoires à respecter…
Depuis le début de l’épidémie, le Bénin a pris des dispositions sanitaires en vue de mieux maîtriser la situation, informe Sylvère Dégbélo, infirmier à la frontière de Sèmè-Kraké. «Le ministère de la Santé nous a fourni des habits de protection et nous sommes également tenus de respecter les mesures d’hygiène», a-t-il expliqué. «Ces habits leur permettraient de se mettre en conditions réelles en cas de survenue d’un cas réel», a-t-il poursuivi.
Aussi, la sensibilisation fait-elle partie des mesures de prévention pour lesquelles le Bénin a opté. Des affiches et un dispositif de sonorisation ont été installés pour mieux informer les populations des manifestations de cette maladie. L’entrée par la frontière des dépouilles mortelles sur le sol béninois est systématiquement interdite.
Même combat, mêmes moyens
Owodé, l’autre frontière située à quelques kilomètres de Sèmè-Kraké, s’est aussi inscrite dans cette logique. Ici, la frontière est presque inanimée, mais ‘’Ebola’’ constitue un souci permanent. Des mesures sanitaires sont mises en place notamment par la partie nigériane pour un contrôle efficace de la situation. Bien mieux qu’à Sèmè-Kraké, la frontière d’Owodé a élargi sa gamme de sensibilisation au profit des usagers. Un dispensaire y est installé à cet effet.
Mais les frontières de Sèmè-Kraké et d’Owodé ne sont pas les seules à maintenir la veille contre l’épidémie à virus Ebola. Igolo, première zone frontalière reliant le Bénin au Nigeria ne perd également pas de vue la nécessité de préserver ses usagers de ce virus. Tout comme la frontière de Sèmè-Kraké, celle-ci est également poreuse. Les données indiquent environ 150 personnes à l’entrée et à la sortie tous les jours de la semaine. Ici, des agents en blouse blanche maintiennent la garde contre ‘’le mal de l’année 2014’’. Les mesures de prévention et de protection ne diffèrent pas de celles prises au niveau des autres frontières. Au niveau de cette frontière aussi, le combat contre ‘’Ebola’’ bénéficie des mêmes moyens de prévention. Jusque-là, les dépouilles mortelles sont interdites de passage. Un dispositif de lavage des mains y a été mis en place.
Les affiches pour la sensibilisation, couplées avec la prestation des animateurs musicaux pour la sensibilisation en anglais, français et en yoruba avec l’appui du ministère de la Santé, viennent en appui au dispositif de lutte, renseignent Victor Koukpakou et Apollinaire Agbangla, tous deux, agents de santé à la frontière d’Igolo.
Si la tendance de contamination de la fièvre à virus ‘’Ebola’’ a baissé depuis quelques temps dans les pays touchés, il ne demeure pas moins que le Bénin a cerné l’enjeu et maintient intact son dispositif de prévention contre le phénomène.

Les acteurs du système sanitaire béninois se réunissent depuis hier lundi 26 janvier à Bohicon dans le cadre de la revue annuelle du Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN). L’objectif principal de cette rencontre est de faire le point des activités de la lutte en 2014 et envisager les perspectives pour 2015.
Pour les présentes assises, les médecins de zones ainsi que les divers acteurs intervenants comme relais communautaires du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles sont mobilisés durant les quatre jours que dureront les travaux de cette revue annuelle. Les affections les plus fréquentes au niveau de la population béninoise sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les affections gastro-intestinales, les lésions traumatiques, les diarrhées, les anémies, les affections dermatologiques, l’hypertension artérielle, les affections urogénitales, les affections respiratoires, sans oublier des affections oculaires. S’agissant des maladies tropicales négligées dites MTN, elles sont un groupe de maladies transmissibles qui sévissent dans les pays pauvres comme le Bénin et pourrissent la vie aux personnes vulnérables en mettant en péril leur santé. On dénombre dans le monde, plus d'un milliard de personnes dont des milliers au Bénin, souffrant d'une ou plusieurs maladies tropicales négligées. La plupart de ces maladies sont des maladies parasitaires dues à des protozoaires ou des helminthes. Au Bénin, c’est le Projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMT) dirigé par Dr Wilfrid Batcho qui travaille à l’éradication de ces maladies dites des pauvres.
A l’ouverture des travaux de ces assises, Dr Jean-Jacques Tougoué, conseiller technique en charge du Bénin pour le RTI / Washington aux USA, a indiqué qu’il n’est un secret pour personne aujourd’hui que ces maladies dites MTN impactent disproportionnellement les populations pauvres et rurales qui n'ont pas accès à l'eau potable, à l'assainissement, et aux médicaments essentiels. Il a saisi l’occasion de cette revue annuelle pour saluer la volonté du Bénin à venir à bout de ces maladies en se dotant d’un plan national de lutte intégrée contre les maladies tropicales négligées pour les prochaines années. Il s’agira au cours de cette rencontre, poursuit-il, non seulement de faire le bilan de l’année 2014 mais aussi de tracer les perspectives pour la nouvelle année. Cependant, ceci interviendra après la mise en échelle des activités dans ce secteur. Une mise à l’échelle qui aura permis de partir de zéro cartographie à huit cartographies avec l’espoir de voir tout le Bénin être cartographié au cours de cette année 2015 sans occulter les traitements de masse.
Toutefois, pour Dr Jean-Jacques Tougoué, le véritable défi, c’est la qualité des résultats. Il convie donc les participants à beaucoup insister sur la qualité des résultats.
Invité à prendre la parole pour procéder à l’ouverture de cette rencontre en lieu et place du ministre de la Santé empêché, le directeur départemental de la Santé (DDS) du Zou-Collines, François Kossouoh devait rappeler l’importance de cette rencontre qui vise à faire le bilan des actions menées sur le terrain en 2014 par le Projet de lutte contre les maladies tropicales. Il a précisé que les données recueillies lors des différents traitements de masse de 2014 seront mises à jour. Aussi, faut-il faire le point de l’expérience de la collaboration avec le réseau MTN dans le cadre de la motivation des relais communautaires et du personnel de santé.
Outre les communications qui seront présentées par des spécialistes sur des activités exécutées, les participants auront également droit à des présentations par zones sanitaires des actions de lutte contre les MTN. Des maladies qui rôdent dans notre environnement où elles détruisent silencieusement et sûrement des vies innocentes étant donné que les conditions de vie et d'hygiène ne sont pas encore celles désirées.

A la suite du Groupe parlementaire Union fait la Nation, vendredi dernier, qui plaide pour un dialogue politique franc et sincère au sein de l’hémicycle afin de débloquer la crise électorale, les députés FCBE soutenant le chef de l’Etat n’ont pas tardé aussi à réagir. Ils ont fait une déclaration à la tribune de l’hémicycle par la voix du député Grégoire Akofodji.
Dans son adresse, celui-ci a tenté de démonter les arguments de ses collègues UN de l’Opposition accusant le camp présidentiel d’être responsable de l’impasse électorale que traverse le Bénin depuis 2013. Pour Grégoire Akofodji, l’Opposition joue à de l’autovictimisation. Car, la non organisation des élections à ce jour est due à l’indisponibilité de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI). Les difficultés liées à la réalisation de cette liste relève des contradictions internes au Conseil d’orientation et de supervision de la LEPI (COS-LEPI).
«Rien ne concerne le gouvernement encore moins le chef de l’Etat», martèle le député FCBE qui s’oppose à l’examen et l’adoption des différentes propositions de lois dérogatoires au Code électoral. Selon lui, celles-ci se heurtent au protocole de la CEDEAO sur les élections qui interdit la révision des lois électorales à six mois des élections sauf en cas de consensus de la classe politique.
Il est contre également la proposition de loi visant à suspendre le mandat des maires actuels élus en 2008. Grégoire Akofodji a déploré, par ailleurs, l’échec du dialogue politique suite à la désertion de l’Opposition de la table de discussion en proposant des préalables. Le député FCBE salue la décision de la Cour constitutionnelle fixant les dates des élections législatives puis municipales, communales et locales respectivement pour le 26 avril et 31 mai 2015. Il invite la haute juridiction, institution régulateur du bon fonctionnement des institutions de la République, à rester ferme dans sa décision. Il appelle le peuple à se mobiliser pour aller aux urnes à ces deux dates. Et ceci avec une liste électorale exhaustive, inclusive et fiable pour laquelle le député FCBE appelant le COS/LEPI à accélérer ses travaux de correction.

Mécontents du calendrier des examens, les étudiants de l’Ecole des sciences et techniques du bâtiment et de la route (ESTBR) entité du Centre universitaire d’Abomey, l'ont bruyamment manifesté dans la matinée d’hier jeudi 15 janvier. Très tôt à l’aube, ils se sont mobilisés dans l’enceinte de l’établissement en bloquant toutes les issues avant d’allumer le feu.
L’ambiance qui a régné hier matin sur le site l’ESTBR était inhabituelle. La surprise, l’étonnement et l’inquiétude étaient bien perceptibles sur les visages. La situation était telle que les éléments de la Gendarmerie s’étaient déployés sur les lieux pour sécuriser l’essentiel et assister les autorités académiques menacées.
En effet, les étudiants ont bloqué tôt le matin toutes les portes avec un mélange de colle super-glue et du sable, puis ils ont disposé des tas de pneus aux entrées avant d'y mettre le feu. Face à un tel acte, les responsables académiques n’en reviennent pas de savoir que des étudiants contestent le calendrier des examens et en proposent un autre sous le prétexte qu’ils n’ont pas eu le temps nécessaire pour étudier.
Depuis le 4 décembre 2014, en effet, le calendrier des examens programmés a été rendu public pour démarrer le 5 janvier du retour des congés pour les fêtes de fin d'année. Mais à la reprise des activités le 5 janvier dernier, les étudiants se sont entendus pour ne pas venir composer. Raison avancée: les fêtes qui ne leur auraient pas donné le temps d’étudier. Ainsi, ont-ils exigé aux responsables de l’école de reporter les compositions à une date ultérieure.
Selon El Awal Mohamed Yékini, responsable des étudiants, ce mouvement vise à réclamer une semaine supplémentaire pour pouvoir composer dans de bonnes conditions. Car, dit-il, le calendrier tel qu’il se présente, ne permet pas aux étudiants de bien rendre ce qu’ils ont appris durant des mois.
Rencontré sur les lieux hier, le directeur de l’école ESTBR, le professeur Edmond Adjovi s’étonne de cette exigence des étudiants. Il soutient que nulle part, ce ne sont pas les étudiants qui fixent la date des examens. Il indique leur avoir servi en son temps que ce n’est pas possible et que l’école est tenue par un calendrier académique strict. D’ailleurs, ajoute-t-il, des contrôles continus ont été déjà faits dans les matières en question. Selon lui, les étudiants sont donc déjà préparés à cet effet, il ne leur reste qu’à faire un petit effort supplémentaire. Mais ceux-ci ont choisi de boycotter les examens et se sont plutôt organisés pour mettre le feu aux infrastructures universitaires.
Pour le directeur Edmond Adjovi et le recteur Norbert Awannou, c’est clair qu’on est ici dans une école professionnelle où les règles académiques sont strictes. Et dans le cas d’espèce, la sanction ne fait l’objet d’aucun doute. L’étudiant qui n’a pas composé a zéro comme note. Il n’y a pas à transiger là-dessus. Ils sont libres de ne pas composer, mais ils n’ont pas le droit de mettre le feu aux bâtiments de l’école, concluent les deux responsables.

Le palais du roi Houégbadja situé à l’arrière-plan du palais central de Wéhondji à Abomey a été entièrement consumé par le feu dans l’après-midi d’hier mercredi 14 janvier. En l’espace de quatre ans, c’est la troisième fois que le feu dévore ce palais rénové à coût de centaine de millions grâce à l’appui des bailleurs allemands et retenu comme patrimoine mondial de l’UNESCO.
Après le dépôt de bois des Chinois à Bohicon et un magasin au marché Houndjro à Abomey qui ont été dévorés par le feu la semaine écoulée, c’est le tour hier mercredi 14 janvier, dans l’après-midi, du palais rénové du roi Houégbadja d’être consumé. L’incendie qui serait parti, selon les témoins, d’un feu de brousse, s’est déclaré aux alentours avant de gagner l’enceinte même du palais du roi Houégbadja. Par ces temps de sécheresse, les flammes attisées par l’harmattan ont tout ravagé sur leur passage. Le palais n’étant pas habité, personne n’a pu sonner l’alerte pour que le feu soit maîtrisé à temps. Les riverains aussi sont restés impuissants. L’arrivée des sapeurs-pompiers sur place n’a pas servi à grand-chose non plus. Très tôt, ils étaient à court d’eau et ont dû replier, laissant le feu achever son œuvre. Le bilan ne fait état d’aucune perte en vie humaine. Mais pour avoir subi trois fois en l’espace de quatre ans les assauts des langues de feu, ce palais qui avait pourtant bénéficié de plus de cent millions de F CFA n’a plus rien d’un palais. D’ailleurs, avant l’incendie d’hier, il n’abritait que les hautes herbes et autres reptiles qui y ont conçu leurs habitats, cadre idéal ou de choix pour les enfants qui s’exercent à la petite chasse. Et, même la devanture tient lieu de bistrot puisqu’il accueille régulièrement les tables et les chaises d’une buvette installée juste en face.
Les riverains des lieux qui visiblement ne semblent pas surpris de l’incendie d’hier, peut-être parce que habitués désormais, incriminent plutôt les responsables qui ne feraient rien à leurs yeux pour protéger le site. A preuve, le conservateur des lieux, face à l’ampleur des flammes et à l’impuissance des sapeurs-pompiers qui ne disposaient plus d’eau, a rapidement décampé. Puis, joint un peu plus tard au téléphone par notre équipe, il a préféré se débiner en confiant qu’il a perdu son père, donc qu’il n’est pas présent, alors qu’il était sur les lieux un peu plus tôt.
Face à ce drame qui se répète tous les ans au niveau de ce palais, il urge de faire le bilan et de tirer les conclusions qui s’imposent. Il ne faut pas oublier que c'est ce même palais qui a été réhabilité récemment grâce à l'appui de la République fédérale d'Allemagne avec une contribution à hauteur de 116 millions de F CFA et que les précédents incendies avaient été qualifiés d’intentionnels. Pour quelle cause ? En tout cas, à Abomey, les guéguerres entre les clans pour la succession au trône ou son contrôle ne manquent guère.
Sur place, la représentante de la Coopération allemande, Renate Kraub-Pôtz était désespérée face à ce drame. Elle n’a pas pu contenir ses émotions en lâchant "Mon pays, la République fédérale d'Allemagne a investi près d'une centaine de millions de FCFA pour la réhabilitation de ce musée incendié".

La non-organisation à ce jour des élections municipales, communales et locales et celles législatives n’est pas imputable au chef de l’Etat, encore moins à son alliance politique les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Cette clarification, les maires et députés se réclamant de cette obédience politique l’ont faite hier, mercredi 7 janvier, au cours d’un conclave qu’ils ont organisé à l’Infosec à Cotonou.
«Nous voulons faire comprendre à l’opinion publique que le chef de l’Etat a encore le soutien de son peuple et de ses élus. C’est comme si tout s’écroulait autour de lui, mais nous sommes encore là, résolument engagés». Cette déclaration du député André Okounlola en guise d’introduction hier en disait suffisamment long sur l’ordre du jour même du conclave qui a réuni les députés et maires de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Lequel visait, selon lui, «à échanger pour trouver des mécanismes à mettre en place afin de travailler ensemble et gagner les combats futurs». Depuis huit ans, soutient André Okounlola, Boni Yayi a fait ce qu’il peut et à moins de deux ans de la fin de son mandat, ses élus, toutes catégories confondues, s’activent pour pérenniser les acquis. Et pour ce qui est des accusations faisant état de la volonté du gouvernement et singulièrement de son chef, de ne pas vouloir des élections, le député Rachidi Gbadamassi martèle que ce sont les opposants qui ont peur d’aller aux élections et pour ce faire, les mouvanciers leur donnent rendez-vous sur le terrain pour les affronter par le biais des urnes. «Boni Yayi a rempli ses conditions», clame-t-il. Seules la convocation du corps électoral, la sécurisation des opérations de vote et le financement sont du ressort du gouvernement, explique-t-il. Sur chacun de ces trois points, il dégage la responsabilité du chef de l’Etat et dénonce ceux qui, selon lui, «veulent prendre le pouvoir par la rue».
Le député Grégoire Akoffodji partage cet avis. Selon lui, l’exemple burkinabè que certaines chapelles politiques brandissent pour tenter «de prendre le pouvoir par la force», est un bouleversement de l’ordre constitutionnel contre lequel les maires et députés FCBE s’insurgent. Dans la même veine que ces deux députés, certains maires présents à ce conclave soutiennent qu’ils veulent autant des élections que les leaders et militants FCBE. Pour Dominique Sambieni, maire de Cobly, les marches successives de certaines Organisations de la Société civile et de l’Opposition pour réclamer la tenue des élections, impliquent de la part des élus FCBE, une riposte.
Ils sont tout autant friands des élections, et face aux menaces répétées de leurs contradicteurs, l'élu FCBE martèle que les 55 maires et 33 députés FCBE formeront «un bloc offensif pour montrer à l’opinion publique que Boni Yayi est encore solide et toujours en place». Mais non seulement, il est en place, il travaille comme s’il n’allait jamais partir, fait observer le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Patrice Comlan Hounsou-Guèdè. C’est cela qui, selon lui, inquiéterait ses adversaires politiques qu’il invite alors à ne pas s’en faire. C’est pour défendre son bilan à la fin de ses deux mandats que le président Boni Yayi s’échine autant, détaille-t-il.
S’agissant du soutien des élus FCBE, il est total et entier, ont rassuré les participants au conclave d’hier. Ils comptent même serrer les coudes, réfléchir sur de nouvelles orientations et travailler à soutenir davantage leur leader politique qui, disent-ils, même après son mandat, a besoin de leur accompagnement.
Yacoubou Malehossou, désormais député FCBE ?
Le conclave des élus (maires et députés) de l’alliance FCBE organisé hier à Cotonou, avait un invité spécial, si non un député spécial. Il s’agit de l'élu de la Renaissance du Bénin (RB), Yacoubou Malehossou. Comme on pouvait l’imaginer, la présence de cet «intrus» a tôt fait de susciter certaines inquiétudes. Lesquelles, ce parlementaire de l’Opposition s’est vu dans l’obligation de dissiper avant même que les initiateurs de cette rencontre ne commencent leurs travaux. Son argumentaire repose sur le fait que la formation politique à laquelle il appartient, en l’occurrence la Renaissance du Bénin (RB) s’était engagée aux lendemains de l’élection présidentielle de 2011 remportée par le président Boni Yayi, de le soutenir jusqu’à terme dans ses actions et initiatives.
Yacoubou Malehossou qui dit être «un bon musulman» aurait donc fait l’option de la fidélité à cette ligne politique et c’est la raison pour laquelle, explique-t-il, il s’est invité à cette rencontre à huis-clos destinée aux députés et maires FCBE. Face à une telle explication, il y a eu des murmures, du silence et même de l’indifférence par endroits. La supposée fidélité du député RB aurait-elle d’autres relents surtout par ces temps de veille des élections législatives où les combats pour les positionnements sur les listes, se font déjà rudes ?
J. F. M

Les malfrats ont encore frappé hier mercredi 7 janvier sur l’axe Ouinhi-Kpédékpo. Un nouveau cas de braquage qui a été perpétré à la hauteur du village Oké-Ola. Bilan, une forte somme d'argent a été emportée et on déplore plusieurs blessés graves.
Quatre véhicules circulant hier sur l’axe Ouinhi-Kpédékpo ont été la cible d'un braquage spectaculaire. A en croire les témoignages recueillis sur place, le groupe constitué d’environ dix malfrats armés jusqu’aux dents semblait bien savoir ce qu’il cherchait sans doute, pour avoir planifié cette opération. Les malfrats ont réussi à s'enfuir avec le butin qui s'élèverait à plusieurs millions de francs CFA avant de s’évaporer dans la nature.
Le nommé R. A. qui est l’une des victimes du braquage a déclaré « avoir vécu des heures chaudes ». Malgré le choc subi, il raconte que les auteurs du braquage s’exprimaient en langue française mélangée à la langue Foula parlée par la communauté peulh environnante. Ils ont immobilisé quatre véhicules avant de tenir en respect les occupants des véhicules qui se sont heurtés contre les barrières de fortune érigées sur la voie. Un guet-apens en quelque sorte. Tombés ainsi dans leur piège, les passagers sont devenus leur proie facile. Ces hors-la-loi ont alors dépossédé leurs victimes de tous leurs biens, faisant des blessés graves par balles et à coups de machette.
La réaction des gendarmes territorialement compétents a été prompte, mais les malfrats ayant opéré avec minutie ont pris la clé des champs, peu avant leur arrivée. Toutefois, aucune perte en vie humaine n’a été déplorée au cours de ce braquage même si on dénombre trois blessés dont une femme parmi les passagers des véhicules braqués. Ils ont été pris en charge au centre de santé de Zangnanado.
Les éléments de la brigade de gendarmerie sont à pied d’œuvre pour rattraper les malfrats qui, de par leur mode opératoire, ne seraient pas inconnus des Forces de l’ordre.

Le chef de l’Etat s’est entretenu, mercredi 24 décembre dernier, avec les acteurs de la filière ananas. Il leur a annoncé la mise en place d’un programme intégré pour les aider à atteindre l’objectif de production à 600 000 tonnes.
Comment réorganiser les producteurs pour booster la filière ananas ? Quels types de soutien l’Etat doit-il apporter aux acteurs à divers niveaux afin de faire de l’ananas, une culture d’exportation à forte valeur ajoutée ? Ces questions ont meublé mercredi dernier les échanges entre le président de la République et les responsables d’organisations professionnelles de producteurs, transformateurs et exportateurs d’ananas. «Nous avons fait le point sur l’évolution de la filière et nous nous sommes engagés dans la vision de porter la production d’ananas à 600 000 tonnes à l’horizon 2017», confie Athanase Akpoé, président de la Fédération nationale des coopératives de producteurs d’ananas au Bénin. Actuellement, environ 7000 hectares d’ananas sont emblavés pour une production de 300 000 tonnes. Les difficultés liées au développement de la filière ont été passées au peigne fin, et le président de la République a annoncé la mise en place d’un programme intégré de développement de la filière ananas. «Nous sommes actuellement confrontés à la dégénérescence variétale. Il faut renouveler les souches pour introduire de nouvelles variétés d’ananas. Il nous faut aussi augmenter le volume de rejets. Pour atteindre cet objectif de 600 000 tonnes, il faut produire un million de rejets », fait observer Athanase Akpoé qui indique que la recherche se penche déjà sur la question des variétés, avec l’appui du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (ProCAD). Au titre des exportations, le Bénin souffre toujours du manque d’équipements, du problème d’emballage et de la certification de l’ananas par des organismes régionaux et internationaux. «Notre aéroport ne répond pas aux normes. Mais actuellement, le ProCAD est en train de nous aider à mettre en place les installations frigorifiques», tempère Athanase Akpoé qui exprime une forte attente des producteurs à la mise en place de ce programme intégré.
Actualités 24 déc. 2014

Mercredi 24 décembre, veille de la fête de la Nativité, la communauté chrétienne a commémoré la naissance du sauveur Jésus-Christ. Les fidèles de l’église catholique Saint Jean-Baptiste de Cotonou n’ont pas dérogé à la tradition. Ils se sont rappelé l’événement à travers la messe de nuit à l’occasion de laquelle le curé, père Pamphile Fanou a mis leur conscience en phase avec la grande leçon d’amour que Dieu donne à l’humanité.
Tout est lumineux et scintille depuis la cour de l’église Saint-Jean Baptiste jusqu’à l’intérieur. Et sur l’autel, la crèche vivante symbolisant la naissance de l’Enfant Dieu. C’est la fête de la naissance de Jésus-Christ, lumière du monde et signe de l’amour de Dieu pour l’humanité. En témoignent les textes bibliques lus à l’occasion, à savoir Esaïe 9, 1-6; Tite 2, 11-14 et Luc 2, 1-14.
Après la lecture des trois textes, l’abbé Pamphile Fanou, curé de la paroisse, revient, dans son homélie, sur le sens de Noël. Cette célébration signifie la fête de l’espérance, de la joie malgré les difficultés ayant marqué la vie des humains tout au long de l’année. C’est pourquoi, dit-il, partout tout respire la fête et la joie avec la lumière qui brille. Mais au-delà, cette célébration interpelle quand on sait que c’est par amour pour les hommes que Dieu a fait don de son Fils unique par son incarnation. La naissance de Jésus est la manifestation vivante de l’amour de Dieu. Cet amour, a-t-il poursuivi, obéit à trois lois fondamentales. D’une part, il fonctionne selon la loi de la présence. Car, en envoyant Jésus, Dieu a pris chair et s’est fait homme pour être avec nous les hommes. C’est donc le signe de sa présence avec l’humanité. Quand on aime quelqu’un, a-t-il souligné, on aime être en sa présence. Et c’est ce que Dieu a fait en se faisant porter par la Vierge Marie.
Le nom de Jésus révélé par les anges, c’est Emmanuel qui signifie Dieu avec nous, a rappelé le curé.
D’autre part, cet amour a conduit Dieu dès l’origine à faire l’homme à son image. Mais avec l’avènement de Jésus, c’est Dieu lui-même qui prend la condition humaine, excepté le péché. A ce niveau, le père Pamphile Fanou a noté que quand on aime quelqu’un, on doit chercher à être comme lui, à vivre ses réalités, à lui ressembler. Selon lui, quand une femme et un homme qui s’aiment vraiment vivent ensemble, ils finissent par se ressembler. Enfin, la troisième loi de l’amour de Dieu, n’est rien d’autre que le don. Dieu, à travers la personne de Jésus, s’est donné à l’humanité afin de la sauver.
C’est donc l’amour qui est la clé de lecture de Noël, a insisté l’abbé Pamphile Fanou, avant d’exhorter la communauté des fidèles et même tout le peuple béninois à s’inspirer de cette démarche de Dieu. Dans tous les domaines, l’amour doit être la priorité de la vie. Préoccupé par la situation politique du pays, il a fait savoir que, malgré les divergences et les différences, l’amour doit prendre le pas sur tout. «L’amour abolit les distances. Pas de gauche, pas de droite. Pas de Nord, pas de Sud. Nous sommes les mêmes», a-t-il martelé au regard de la situation socio-politique actuelle du Bénin. Et donnant lui-même l’exemple, il a invité à la célébration un fidèle de l’église protestante, père d’un bébé né quelques heures à la maternité Saint-Jean non loin de l’église catholique. Il a demandé et obtenu de lui de baptiser l’enfant à l’église catholique hier jeudi 25 décembre à 11h. «L’enfant
s’appellera Emmanuel Noël», a-t-il annoncé. Des cadeaux ont été offerts au nouveau-né par le biais de son père au cours de la messe sous les ovations de fidèles qui criaient de joie.