La Nation Bénin...
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Carine et Tatiana du groupe Teriba annoncent le projet FÂme[/caption]Le groupe musical Teriba ouvre l'année 2019 avec un nouveau projet. Dénommé FÂme, combinaison de Fâ et de femme, ce projet fait le lien entre la culture à travers la science divinatoire Fâ et la gent féminine dans son évolution. Le projet est fait de spectacles où musique et art plastique (sonorité et visuel) serviront de canaux.
De février à mars 2019, le projet FÂme va se propager à l'interne avant de se porter, après mars, vers des horizons extérieurs. Cette initiative du groupe Teriba se concrétisera par des spectacles. Un mélange de vibrantes sonorités et d'arts plastiques. L'initiative vient, à en croire le groupe, en hommage à la nature et à la gent féminine. C'est une connexion entre la musique Teriba, le Fâ et la femme. « Autant le Fâ est la colonne vertébrale de notre culture, autant la femme est la colonne vertébrale de l'humanité », soutient Tatiana du groupe Teriba. Elle ajoute que l'essence de la musique de Teriba, c'est le naturel. A travers ce projet, Teriba se rapproche donc de son identité. « Nos spectacles vont s'inscrire dans le même style, notamment de la percussion, du vocal et un instrument acoustique, en l'occurrence la guitare... A travers ces spectacles, nous aborderons des thèmes qui sont en rapport avec la femme dans son évolution et ce qu'elle représente. On fera le lien entre comment la femme évolue dans la société et le Fâ qui est notre science divinatoire et notre identité profonde », fait savoir Tatiana.
L'originalité de ce projet tient de ce qu'il opère un lien culturel intrinsèque entre deux richesses d'une part et d'autre part en ce qu'il servira à sensibiliser filles et femmes sur leurs valeurs et sur les bonnes conduites qui sont attendues d'elles. Aussi, les hommes seront-ils sensibilisés sur la nécessité de bien entretenir la femme. «Comme on le dit, si tu restes fidèle aux valeurs et principes du Fâ, tu trouveras le bonheur. C'est pareil pour la femme. Un homme qui entretient sa femme et sait lui donner toute sa place, préserve un trésor inestimable », explique Tatiana.
A deux, et l'aventure
se poursuit
« Nous sommes aujourd'hui à deux, mais nous allons survivre, nous voulons que la musique Teriba survive », s'engage Tatiana. La rumeur sur la crise au sein du trio Teriba se confirme. En dépit du départ volontaire d'une sœur d'arme, Zékiath, pour ne pas la nommer, le groupe Tériba demeure et reste déterminé à faire parler de lui dans le monde, à laisser à la postérité un héritage. En effet, celle-ci a décidé de se séparer du groupe pour des questions de convenance. «Elle reste notre sœur, c'est quand même dix ans de vie ensemble», rassure Carine.
Bien que touché par le départ de Zékiath, le groupe n'entend pas baisser les bras. Bien au contraire, c'est pour les deux tenants, un nouveau défi. Celui de faire vivre et rayonner Teriba pour celles qui sont parties, celles qui sont là aujourd'hui et celles qui viendront demain. « Nous sommes là pour maintenir cette identité que Teriba a gagnée dans l'univers culturel. Nous voulons laisser à la postérité un héritage, faire en sorte que Teriba ne soit pas rattaché à des noms ou à des visages, mais que Teriba demeure pour les générations à venir. Pour Zékiath, pour toutes les autres qui sont parties et pour celles qui viendront, nous devons continuer », martèle Tatiana. « Teriba demeurera et continuera d'offrir de la musique, de l'émotion à ses fans. Avant le lancement de notre premier album, nous étions huit. Trois se sont désistées. Et rappelez-vous dans nos premières productions, nous étions cinq et quand nous étions à cinq, nous avons produit de la musique à cinq. Nous sommes devenus trois et nous n'avons pas manqué de produire de la bonne musique. A deux, nous continuerons à le faire. Encore qu'il y a de nombreuses personnes qui veulent rejoindre le groupe. Donc Teriba a de l'avenir. Avec ou sans, nos visages, la musique de Teriba survivra. Comme la musique de Poly Rythmo, qui survit bien que tous les membres fondateurs ne soient plus présents. Teriba sera toujours un groupe féminin, un groupe de voix, un groupe de percussion », assure Tatiana. Loin de se fermer, le groupe Teriba s'ouvre.
cfao[/caption]La Police républicaine a reçu, hier mercredi 12 décembre, trois cabines mobiles de la part de Cfao Motors Bénin. La cérémonie fort simple de remise du don a eu lieu au carrefour de la pharmacie Camp Guézo en présence du Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, et de celui de Cfao Motors Bénin, Laurent Schroeder.
La Police républicaine vient d’être renforcée dans sa mobilité dans la ville de Cotonou pour mieux servir la population. Elle a été dotée de trois cabines mobiles destinées à ses agents postés à des carrefours dans cette ville par le groupe Cfao Motors installé au Bénin.
Après avoir reçu les clés des cabines, au cours d’une cérémonie de remise symbolique au carrefour de la pharmacie Camp Guézo, le directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, a souligné que le geste du groupe Cfao Motors est le témoignage de sa compréhension de l’importance du rôle de la Police dans la cité. Au-delà de cette entreprise, toute société et tout citoyen peuvent poser le même pas afin de contribuer à renforcer le patrimoine et la logistique de la Police. « Nous ne ménagerons aucun effort pour protéger vos intérêts sur le terrain », a promis le directeur général de la Police républicaine. A l’en croire, ces cabines mises aussitôt en service permettront de mettre les fonctionnaires de Police à l’abri des intempéries et donneront aussi de la visibilité à la Police républicaine.
L’utilité des cabines offertes a été relevée par le directeur général de Cfao Motors Bénin, Laurent Schroeder. Selon lui, ces cabines mobiles contribueront au confort et à l’efficacité des agents de la Police républicaine. « Vous en ferez un bon usage pour assurer notre sécurité et celle de tous les habitants de Cotonou et du Bénin», a-t-il espéré. Dans un langage métaphorique, il a perçu la Police républicaine comme le système immunitaire d’un pays. Ainsi, a-t-il souligné, on a tout intérêt à ce que la Police se porte le mieux possible. Expliquant ce geste de Cfao Motos Bénin, Laurent Schroeder a assuré qu’en tant qu’entités vivant au sein d’une société, les entreprises se doivent de contribuer à l’effort de sécurité et de sérénité non seulement à travers les taxes, mais également à travers diverses actions. Mais il n’entend pas s’arrêter à ce seul don. Pour l’exercice 2019, il a promis de voir dans quelle mesure poursuivre cet effort.
Il convient de signaler qu’après avoir reçu les clés des cabines, le général Nazaire Hounnonkpè les a transmises au commissaire divisionnaire de Police André A. Okoundé qui à son tour les a remises au directeur départemental de la Police du Littoral, Dieudonné Agassounon.
Vue partielle des participants[/caption]En quête de solutions préventives contre l’extrémisme violent en propagation dans la sous-région, le Bénin organise, depuis mercredi 12 décembre, et pour deux jours, un atelier national de partage d’analyses et d’expériences sur l’extrémisme violent. L’atelier est organisé en partenariat avec le bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Institut d’études de sécurité (Iss).
Les attaques non revendiquées survenues, depuis le début de l’année 2018 dans la région de l’Est du Burkina Faso, inquiètent quant au risque d’une expansion de l’extrémisme violent vers les pays voisins côtiers. Cette région partage des frontières avec le Niger, déjà touché par des attaques terroristes, le Bénin, le Togo et le Ghana. Dans ce contexte, l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief), en collaboration avec l’État-major général des Forces armées, la direction générale de la Police républicaine, le secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, organise un atelier de deux jours. L’objectif à travers l’initiative est de «promouvoir une compréhension mieux partagée de la situation liée aux risques de propagation de l’extrémisme violent » et de « contribuer, par la formulation de recommandations, à l’élaboration de solutions préventives adaptées et de mesures complémentaires pour les réponses envisagées et ou déjà mises en œuvre ». Y sont conviés des représentants des départements ministériels concernés, les structures nationales en charge de la décentralisation, de la sécurité et de la gestion des frontières, les forces de défense et sécurité. Dans un second temps, l’atelier s’élargira à des membres du corps diplomatique accrédités au Bénin, des agences de coopération, des organisations sous-régionales, régionales et internationales, de la société civile…
L’initiative est particulièrement appréciée par le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Orou Baro Mora. Les populations de la sous-région aspirent à la paix et à la sécurité qu’il est indispensable de leur procurer à travers des actions diligentes, soutient-il. La condition pour y parvenir, prévenir le terrorisme sous sa forme violente à travers une synergie d’actions et définir un mode opératoire conséquent. Le directeur général de l’Abegief, Marcel Baglo, de son côté, rappelle aux participants que s’ils ont été invités à cet atelier, c’est pour renforcer leur vision sur le phénomène et surtout faire la prévention. Il entrevoit la rencontre comme un cadre d’échange d’expériences et d’analyses sur la question de la prévention de l’extrémisme violent et de la lutte contre ce phénomène. Abdoulaye Mohamadou, secrétaire général adjoint du Conseil de l’Entente, propose que soient analysées les données actuellement disponibles sur le phénomène, afin d’aider à une meilleure lecture, et donc à la prise de bonnes décisions.
Mieux comprendre pour
vite agir !
L’Institut d’études de sécurité (Iss), principal partenaire de l’atelier, représenté à travers la directrice du bureau de l’Afrique de l’Ouest, Lori-Anne Théroux-Bénoni, se veut dans cette quête de solutions contre l’extrémisme violent, comme un appui et pas des moindres. L’extension du phénomène l’inquiète mais, elle demeure rassurée quant à la conjugaison des efforts pour en finir avec.
De l’analyse des experts conviés à cet atelier, les groupes terroristes étendent leur présence sur le plan géographique. « Dans la région du Bassin du Lac Tchad, dès 2010, le phénomène Boko Haram dépasse les frontières du Nigeria pour atteindre le Niger, le Tchad et le Cameroun. Dans le Sahel, ces groupes extrémistes violents étendent leur présence du Nord du Mali vers le Centre et le Sud du pays, avant de toucher en 2016 l’Ouest du Niger et le Nord du Burkina Faso. En 2017, la région de l’Est du pays fait aussi l’objet d’attaques. Les attaques perpétrées par ces groupes visent des cibles situées au-delà des zones dans lesquelles ils sont actifs. En témoigne, le 13 mars 2016, le cas de Grand Bassam, ville touristique à l’est d’Abidjan en Côte d’Ivoire qui a été la cible d’une attaque. « Les cibles sont aussi de plus en plus ambitieuses… La composition des groupes s’est progressivement endogénéisée et comprend un nombre croissant de recrues issues des communautés où ils s'implantent, en tirant profit des vulnérabilités structurelles notamment socio-économiques des pays de la région », soutiennent les experts.
Une telle situation appelle à des mesures importantes et urgentes. Or, il se fait que les travaux existants consacrés à cet espace sont rares, « ce qui souligne l’importance de générer des données empiriques supplémentaires et de mieux comprendre les dynamiques liées à la violence extrême à l’œuvre dans les zones frontalières avec le Bénin ». C'est la raison d’être de cet atelier qui prend fin demain 14 décembre.
Pulchérie Nonnoumi[/caption]Etudier, c’est bon. Avoir des diplômes, c’est bien. Obtenir un travail est intéressant, mais le perdre du fait de son mauvais comportement est grave. Pour y remédier, Pulchérie Nonnoumi, auteure de plusieurs publications sur le comportement en milieu de travail, livre des astuces à travers son dernier ouvrage intitulé «Comportement et savoir-être en situation professionnelle ».
« Vous pouvez avoir tous les diplômes et toutes les compétences. Si le savoir-être vous fait défaut, vous ne pourriez jamais travailler ». Observation anodine à première vue, mais assez importante pour conserver son job. Combien ne sont-ils pas en effet à se retrouver à la porte du jour au lendemain du fait de leur mal-être en situation professionnelle ? De sa position d’observatrice, d’enseignante et même de cadre de l’administration, sans doute d’auteure aussi, Pulchérie Nonnoumi apporte un remède à ce mal à travers son dernier ouvrage. En quatre parties, elle décortique le mal, illustre et conseille. « C’est un ouvrage qui nous met sur les pistes d’une intelligence comportementale, un nouveau concept», soutient-elle. Le besoin de partager un tel savoir, de son point de vue, existe il y a longtemps et se fait insistant. De l’analyse de l’auteure, « le monde se dématérialise de plus en plus et donc aujourd’hui ce n’est plus seulement le savoir-faire qui est important ». On a besoin, note-t-elle, «de plus en plus de personnes qui sachent exactement comment se comporter à un moment donné parce que la plupart du temps, ce n’est pas le savoir-faire qui fait défaut, mais c’est surtout le comportement ».
Des clés…
Que faire alors ? C’est la réponse à cette interrogation qu’apporte « Comportement et savoir-être en situation professionnelle ». Pulchérie Nonnoumi y livre des clés pour gagner des points en situation de travail avec un comportement correct. Mais l’auteure ne limite pas le savoir-être au milieu professionnel. Elle va bien au-delà, dira le préfacier du livre, le professeur Alexis Gnanguènon. Ce livre est indiqué aussi bien pour les apprenants que pour les travailleurs, laisse-t-il entendre.
Dans sa présentation, il révèle que le livre est subdivisé en quatre rubriques réparties sur quatre chapitres à travers 213 pages. «Le savoir ne suffit pas pour travailler. Il faut le savoir-être. Tout le monde a été victime, une fois au moins, des comportements désagréables d’un travailleur », fait-il observer. L’ouvrage fait la synthèse des règles usuelles, mais basiques et nécessaires aussi bien en entreprise qu'en situation extraprofessionnelle. «Ce livre permettra de mieux gérer le cadre professionnel », souligne Alexis Gnanguènon. « Se présenter et saluer », « Aménager son espace de travail », «Se vêtir pour soigner son image», «Faire une critique professionnelle » sont les quatre chapitres du livre. L’auteure ne met pas les gants pour porter le doigt dans la plaie des mauvais comportements qui exaspèrent les usagers des lieux de travail. Des odeurs désagréables aux difficultés de collaboration, elle les évoque tous, sans oublier le manque d'égards qui frustre et empêche une bonne collaboration… Quid de la tenue ? Elle la suggère sobre avec des couleurs neutres et classiques. Elle conseille d’y ajouter de l’originalité. Elle propose d’éviter les tenues bon marché, les vêtements aguichants, les bracelets à cliquetis… Une critique osée, des observations et conseils avisés…, ainsi pourrait-on résumer ce livre dont le lancement, samedi 8 décembre dernier à l’Infosec de Cotonou, a mobilisé de nombreux usagers des administrations publiques et privées, des cadres, mais aussi d’apprenants et autres curieux et amoureux du livre.

A la suite des 17 directeurs d'écoles, auteurs de détournements de vivres au niveau des cantines scolaires dont mention a été faite au cours du Conseil des ministres du 18 avril dernier, 61 autres fautifs ont été cités par le ministre en charge des Sports, lors du point de presse hebdomadaire de ce mercredi 12 décembre. Cette seconde vague de fautifs n’a pas non plus échappé à la sanction.
« Malgré des formations initiées à l'intention des gestionnaires des cantines scolaires et en dépit des sanctions infligées à la première vague de directeurs d'écoles mis en cause à la suite du contrôle d’octobre 2017, les missions d'investigations de janvier, février, mars et avril 2018 ont révélé de nombreux autres cas de détournements de vivres (riz, haricot, maïs, huile, pois jaune, sel) ». Le compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 12 décembre, présenté au cours d’un point de presse par le ministre Oswald Homeky, indique de nouveaux cas de détournements de vivres au niveau des cantines scolaires. Cette fois-ci, ils sont 61 responsables d’écoles incriminés. « A ces chefs d'établissements s'ajoutent quelques agents impliqués dans la gestion des stocks au niveau des écoles concernées. Les responsabilités sont à rechercher auprès des personnes mises en cause » et dont la liste figure dans le communiqué du Conseil des ministres.
De la présentation de la situation faite par le ministre, il ressort que « de façon générale, le mode opératoire des mis en cause consiste en une majoration frauduleuse des effectifs pour favoriser le prélèvement de quantités plus importantes de vivres ». Tenant compte de la détermination du gouvernement en matière de lutte contre l'impunité et l'abus des biens publics, poursuit-il, le ministre des Enseignements maternel et primaire a, à titre de mesures conservatoires, déchargé les directeurs concernés de leurs fonctions.
Sur l’ensemble des mis en cause, 17 directeurs d'écoles ont reconnu les faits de détournements, 13 ont reconnu les déficits constatés sans pour autant vouloir en porter la responsabilité, 31 responsables d'écoles se sont abstenus de répondre pour aider la commission à situer les responsabilités et un directeur d'école a vu sa responsabilité dégagée. « Le Conseil a pris acte de ce compte rendu et saisi cette occasion pour sensibiliser à nouveau les responsables d'écoles et les membres des comités de gestion à leur mission d'éducateurs », réaffirmant sa ferme volonté d’éradiquer l'impunité sous toutes ses formes.
Il y a quelques mois, à l’issue de la première phase de contrôle, le gouvernement avait « déploré un tel comportement de la part d’éducateurs » et appelé « au sens du devoir d’exemplarité vis-à-vis des apprenants, au sens de responsabilité qui leur incombe dans leurs communautés».

La sixième rencontre trimestrielle de la Cour suprême avec les juridictions de fond et le barreau national se tient du mercredi 12 au jeudi 13 décembre au Tribunal de première instance d'Abomey-Calavi. Ouvertes hier par le président de la Haute juridiction, Ousmane Batoko, ces assises permettront d'aborder des sujets d'actualité dont la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
La problématique de la détention provisoire, la présomption d'innocence et la notion de représentation, la nouvelle architecture de l'organisation judiciaire du Bénin et la création de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet)... Autant de sujets auxquels s'intéressent les participants à la sixième rencontre trimestrielle de la Cour suprême avec les juridictions de fond. Entre autres participants, des conseillers et avocats généraux des cours d'appel et de la Cour suprême, des magistrats de juridictions de fond, des greffiers et des représentants de l'ordre national des avocats.
A l'ouverture des assises, le président de la Cour suprême a mis l'accent sur la nécessité pour les acteurs de la justice de renforcer la crédibilité de l'institution judiciaire aux yeux des populations. "Nos concitoyens appellent toujours de leurs vœux une justice de qualité, facteur de développement économique et social durable", a-t-il rappelé. Pour lui, les thèmes au menu des communications sont les meilleurs au regard des questions juridiques mises en exergue par l'actualité dans le pays. "Je ne doute pas un seul instant que chacun repartira dans sa juridiction d'attache ou son cabinet avec une plus-value pédagogique qui renforcera l'œuvre de justice dans notre pays... Je formule le vœu que chacun reparte aguerri, outillé pour être davantage que par le passé, à la hauteur des exigences de probité et d'indépendance qu'exigent son office et sa mission sacerdotale de régulation des rapports sociaux", a-t-il dit. Le président de la Cour suprême n'a pas manqué de reconnaître l'accompagnement du gouvernement à travers sa subvention annuelle, l'apport appréciable de la Fondation Friedrich Ebert, l'appui du barreau national et la facilitation du Tpi d'Abomey-Calavi pour la tenue de ces rencontres. "Le Tpi d'Abomey-Calavi est heureux d'accueillir la 6ème rencontre trimestrielle de la Cour suprême avec les juridictions de fond. Elle permettra sans doute aux participants d'améliorer leurs pratiques et leurs regards sur certaines questions", a affirmé le président du Tpi d'Abomey-Calavi, Évariste Florent Akouna.
Relever le défi d'une justice crédible
L'organisation des rencontres trimestrielles est, pour la représentante de la Fondation Friedrich Ebert Nouratou Zato, la preuve que l'institution judiciaire est consciente de sa mission. Ces rencontres se révèlent comme des instances de partage d'expériences entre juridictions. Après avoir rappelé que les assises se tiennent dans une période où la communauté internationale célèbre les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, elle a salué la Cour suprême qui, à travers ce creuset, met les droits de l'homme et la justice au cœur des réflexions. "La démocratie a besoin de démocrates. Pour nous, être démocrate, c'est reconnaître les valeurs universelles contenues dans la Dudh... Leur promotion est une condition essentielle pour la construction d'une paix durable. Être démocrate, c'est défendre au nom de la justice nos droits et ceux des autres. La justice, un indicateur important de la bonne santé démocratique d'un pays, nous intéresse particulièrement", soutient-elle.
Portant le message du ministre de la Justice et de la Législation, le secrétaire général dudit ministère Badirou Lawani a également salué le président de la Cour suprême pour la veille permanente dont il fait preuve. Cette rencontre témoigne, selon lui, de l'intérêt que chaque acteur apporte au renforcement des capacités opérationnelles en vue d'une meilleure efficacité de l'appareil judiciaire. Insistant sur certaines failles de la maison Justice, notamment les détentions provisoires anormalement longues, la gestion pas très efficiente des dossiers d'instruction et les pratiques au niveau de certaines procédures qui varient d'une juridiction à une autre, il a appelé les participants à faire preuve de professionnalisme pour la crédibilité de la Justice et la protection des droits et intérêts des justiciables. Il a aussi réaffirmé la détermination du chef de l'État à instaurer une justice de qualité et l'engagement du ministre de la Justice à redynamiser l'Inspection générale des services judiciaires pour lui permettre d'assurer efficacement sa mission de suivi et d'évaluation du fonctionnement des juridictions et administrations sous tutelle.

La place de la femme au sein de la société relève aussi du ressort des pouvoirs publics que des concernées elles-mêmes. Pour cela, elles ne doivent pas fléchir devant les embûches, si elles veulent aller de l’avant. C’est l’exhortation que lance la coordonnatrice de Wildaf-Bénin, Françoise Sossou Agbaholou. Elle invite surtout les filles à croire en elles-mêmes pour réaliser leur rêve.
La Nation : Au cours d’une récente conférence-débat sur le leadership féminin, organisée par l’institution que vous dirigez, vous avez soutenu que les filles et les femmes ne sont pas à leur vraie place au sein de la société béninoise, en vous fondant sur un certain nombre de disparités. Expliquez-nous votre position.
Françoise Sossou Agbaholou : Tout développement inclusif durable d’une nation ne peut être effectif sans la participation de toutes les couches de la population y compris les femmes et les jeunes filles qui constituent plus de la moitié de la population béninoise. Mais aujourd’hui, selon la 5e Enquête démographique et de santé (Eds) 2017-2018 réalisée par l’Insae, une adolescente sur cinq a déjà commencé sa vie reproductive, 15% ont déjà une naissance vivante et 5% sont enceintes de leur premier bébé. Le taux de fécondité est très élevé : 47% de filles à l’âge de 19 ans. 55% des femmes âgées de 15 à 49 ans n’ont aucun niveau d’instruction, contre 32% des hommes. 25% seulement de femmes ont un niveau secondaire contre 36% d’hommes. Concernant le niveau universitaire, les données de l’Unesco pour l’année 2016 indiquent que le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur est de 13,2% dont 7,86% de présence féminine contre 18,45% de présence masculine. Il reste donc beaucoup de défis à relever pour accroître la participation des femmes au développement.
Selon vous, les rencontres africaines ou internationales en faveur des filles et des femmes suffisent-elles pour améliorer leur situation ?
Ces rencontres ont pour objectif de rappeler à nos Etats les engagements qu’ils ont pris en faveur des femmes et des filles et de trouver des stratégies communes qui permettent de faire des plaidoyers à leur endroit afin qu’ils prennent des mesures pour la prise en compte effective des droits des femmes et des filles.
Vous misez sur l’entrepreneuriat féminin pour promouvoir le savoir-faire des jeunes filles et des femmes. Comment comptez-vous tenir le pari ?
Notre conférence sur le thème « la femme peut être un modèle » vise à susciter chez les jeunes filles béninoises une motivation profonde pour le développement de l’estime de soi, à les conduire dans un processus de conception d’une vision personnelle pour leur avenir, dont elles seront les principales actrices, et à les conduire à la poursuite de leur autonomisation et à l’occupation de leur place au sein de la société, de leur communauté, de la vie économique, politique et socio-culturelle de leur pays. Il s’agit enfin de faire un plaidoyer à l’endroit du gouvernement et des institutions de l’Etat afin de les engager dans la garantie d’une scolarisation accrue des filles, de leur maintien à l’école, de l’incitation à la poursuite de leur éducation, qu’elle soit formelle ou non formelle, dans toutes les filières de l’économie béninoise.
Nous souhaitons également la prise de mesures législatives, réglementaires, institutionnelles, y compris des mesures temporaires spéciales pour encourager et pour assurer un accès plus grand et plus facile des femmes aux sphères de décisions.
En initiant les rencontres africaines au profit des jeunes filles béninoises aujourd’hui, c’est pour montrer à ces dernières que quelque chose est caché en elles et qu’il suffit de s’en rendre compte, de l’extérioriser, de le mettre en valeur, d’y croire pour réussir. Des difficultés, il y en aura certainement mais il faut savoir se relever pour pouvoir continuer. En tant que réseau de promotion et de défense des droits de la femme et de la fille, notre rôle est de poursuivre avec les autres organisations, le plaidoyer à l’endroit des décideurs.
Quelle doit-être la part de responsabilité des pouvoirs publics et de vos cibles ?
Il suffit d’une simple volonté politique pour atteindre l’objectif visé. Dans tous les domaines de développement, une volonté politique s’avère indispensable pour une participation effective de la femme et des filles.Quant aux femmes et aux jeunes filles, il faut qu’elles croient en elles-mêmes, en ce qu’elles savent faire, qu’elles soient engagées et persévérantes, qu’elles soient conscientes que personne ne fera leur bonheur à leur place.
Vous parliez de femme modèle. Comment la reconnaît-on ?
Pour nous, « une femme modèle », c’est une femme qui a réussi à s’imposer dans son domaine d’intervention, qui a une vision, qui fait bien ce qu’elle a appris, qu’elle soit grande intellectuelle, artisane, vendeuse ou ménagère. Quel que soit le domaine d’activité dans lequel l’on exerce, on doit avoir une vision, et avec un peu de persévérance on y arrive. En d’autres termes, la femme modèle se fait reconnaître par son travail, sa conviction, son endurance dans ce qu’elle fait n
Société 13 déc. 2018

Les députés membres de la commission budgétaire de l’Assemblée nationale ont démarré, ce mardi 11 décembre, les discussions au fond sur le projet de loi de finances de l’Etat gestion 2019, en présence du ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni.
La commission budgétaire de l’Assemblée nationale, lentement mais sûrement, évolue dans la procédure de l’étude du projet de budget général de l’Etat, gestion 2019. Elle a étudié au fond ce mardi le volumineux document avec le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni. Cette étude intervient après le bal des ministres sectoriels et des présidents d’institutions de la République ainsi que les audiences publiques avec les centrales et confédérations syndicales et des acteurs du secteur privé et de la Société civile. La séance a permis à l’argentier national de revenir de long en large sur les grands axes du budget général de l’Etat gestion 2019 et les différentes orientations budgétaires du gouvernement pour l’année prochaine. Le ministre Romuald Wadagni et les députés de la commission budgétaire se sont penchés de façon sérieuse sur l’ensemble du document transmis au Parlement par le gouvernement. Les débats préliminaires d’hier préludent les discussions sur l’ensemble du projet de budget général de l’Etat prévues pour demain jeudi 13 et vendredi 14 décembre. Il s’agira essentiellement de l’examen des amendements et de l’adoption des rapports spéciaux sur l’étude de ce projet de loi. Ce n’est qu’après cette étape que le rapport général définitif sera adopté. Cette adoption est attendue pour le lundi 17 décembre prochain. Une fois adopté, le rapport général sera déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Ce dernier va, après concertation avec les membres du bureau, programmer le dossier pour examen et vote par la plénière. Cette séance décisive est prévue pour se tenir probablement le jeudi 20 décembre prochain où sera décidé définitivement le sort du projet de budget général de l’Etat gestion 2019. Lequel, faut-il le rappeler, s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 1877,543 milliards F Cfa contre 1862,918 milliards Francs Cfa en 2018, soit une hausse de 0,8 %. Ce projet de loi de finances exercice 2019 repose sur une orientation de la politique économique marquée par la phase active de mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (Pag), la consolidation des acquis sociaux et un cadrage macroéconomique caractérisé par l’accélération de la croissance économique (7,6% contre 6,8% en 2018), un environnement non inflationniste et une baisse du déficit budgétaire (2,7% contre 4,7 du Pib en 2018).
Actualités 12 déc. 2018
Accroître les moyens de subsistance des personnes vulnérables[/caption]Les cadres du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance (Masm) se sont réunis en atelier, ce mardi 11 décembre dans la salle de conférence du ministère. L’objectif est de s’approprier la démarche de mise en œuvre de la composante 2 du projet Appui aux communes et communautés pour l’expansion des services sociaux (Access) qui remplace désormais le Projet de services déconcentrés conduits par les communautés (Psdcc) au terme de vingt-quatre mois de mise en œuvre.
Le Projet de services déconcentrés conduits par les communautés (Psdcc) cède place désormais au projet Appui aux communes et communautés pour l’expansion des services sociaux (Access). La mise en œuvre de ce projet renouvelé par la Banque mondiale du fait de son succès retentissant sur le plan mondial, selon le secrétaire exécutif du projet, Germain Ouin Ouro, nécessite une séance d’appropriation. Celle-ci qui a réuni les acteurs devrait être un déclic pour changer la donne en matière de conduite des filets sociaux. « Le Bénin a connu une phase pilote de mise en œuvre des filets sociaux qui n’a duré que vingt-quatre mois, mais qui a eu un écho retentissant sur le plan mondial. Ce petit programme d’à peine 2 milliards de Fcfa a fait connaître le Bénin à divers fora où tout le monde voulait nous entendre sur la magie que nous avons trouvée pour mettre en œuvre une expérience pilote avec autant de succès », a expliqué Germain Ouin Ouro.
Pour sa part, s’adressant aux participants à l’atelier, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Bintou Chabi Adam Taro, a décerné un satisfecit à tous les cadres qui ont contribué à la réussite de la phase pilote dans les douze départements. « Le renforcement des capacités des cadres pour une bonne appropriation des divers projets que le ministère est appelé à conduire constitue l’un de nos défis majeurs quand on sait que les cadres de ce ministère à divers niveaux ont contribué et continuent de s’impliquer dans la mise en œuvre de plusieurs projets au profit des groupes sociaux à travers des actions contre la faim et la malnutrition, l’approche participative et initiative communautaire, le diagnostic social et secours… avec beaucoup de succès », a détaillé la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Elle a, par ailleurs, rassuré tous les acteurs de la détermination de son département à contribuer effectivement à l’atteinte des résultats de la composante 2 du projet Access par la qualité de l’organisation, de la mise en œuvre et du suivi des interventions à mener dans ce volet de filets sociaux. Selon Bintou Chabi Adam Taro, les cadres vont ainsi jouer leur partition au projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) qui vise à améliorer les conditions vitales des plus démunis, des pauvres extrêmes qui constituent la grande partie de la population.
Soulignons que plusieurs communications vont meubler cet atelier d’une journée.
Les filets sociaux sont des programmes à l’intention des personnes pauvres et vulnérables pour leur permettre d’accroître leurs moyens de subsistance, leur capacité à se prendre en charge afin de sortir définitivement ou progressivement de la pauvreté.
Outre l’allaitement maternel exclusif, les mères doivent promouvoir les pratiques essentielles nutritionnelles pour la bonne croissance de leurs enfants[/caption]La survie et le développement des enfants de 0 à 24 mois dépendent du respect de certaines pratiques essentielles en matière d’alimentation et de nutrition. Ignorantes ou impatientes, toutes les mères n’arrivent pas à les suivre, rendant leurs enfants vulnérables.
Dans les rayons de la cuisine de la maison familiale, la petite Mery s’est créée un espace de jeu. En cet après-midi du mercredi 5 décembre, elle joue allègrement. Avec des gestes répétés, elle tripote les seins de sa mère un moment, s’amuse avec son frère aîné, et s’intéresse de temps à autre aux objets qui l’entourent. Depuis sa naissance, ce bébé de 12 mois n’est jamais tombé malade. Cette robuste santé, Mery la doit à sa mère, Bernadette Okou-Ola qui s’applique à respecter les pratiques alimentaires essentielles pour la survie et le développement de son enfant.
« Les femmes qui suivent les bonnes règles en matière d’alimentation et de nutrition de leur bébé en tirent toujours un bénéfice », indique la sage-femme à la retraite, Antoinette Houndékon Ayilara.
La discipline de dame Bernadette lui est bénéfique. C’est avec sourire aux lèvres qu’elle témoigne: « Après l’accouchement, j’ai suivi rigoureusement les conseils du médecin en ce qui concerne l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois. Après cela, j’ai respecté les autres consignes sur le plan nutritionnel jusqu’à ce jour. Mon enfant se porte bien», se réjouit-elle.
Selon la sage-femme, les mères ont tout à gagner en suivant les différentes étapes nutritionnelles en faveur de leurs enfants. Les avantages pour les bébés de 0 à 24 mois sont indéniables. « Le bébé nourri au lait maternel exclusivement pendant les six premiers mois, et sevré dans les meilleures conditions est toujours bien développé. Il s’assoit et marche plus vite et surmonte plus facilement la période de la dentition que celui ayant été soumis à l’alimentation mixte », explique-t-elle.
Mais tous les bébés n’ont pas les mêmes chances que Mery. En matière de nutrition et d’alimentation, certaines femmes, les moins patientes, se donnent d’autres libertés. Dans ce cas, intervient l’alimentation complémentaire précoce et improvisée.
Sidoine, la mère d’Alphonse fait partie de ce lot. Elle explique avoir intégré à partir du quatre mois, les mets de substitut dans l’alimentation de son bébé afin de mieux s’occuper de ses activités professionnelles. Il a fallu des signes d’amaigrissement de celui-ci pour qu’elle se rende compte de son mauvais agissement. Au bout de cinq mois, Alphonse a connu une croissance à peine remarquable : environ 4 kg. Maigrelet et chétif, il faiblit sous l’effet de la diarrhée. Dans les conditions normales, il devrait peser au moins 7 kg.
Sans vouloir heurter les sensibilités, la sage-femme à la retraite déplore tout de même certaines pratiques traditionnelles dans les modes d’alimentation et de nutrition des enfants. « Il faut décourager les belles-mères qui induisent leurs belles-filles en erreur en les orientant très tôt vers les aliments de substitut et éduquer les mères à faire un bon sevrage à leurs enfants », insiste-t-elle. Le bon sevrage, selon elle, concerne l’introduction de l’alimentation complémentaire dans la nutrition de l’enfant au moment indiqué.
Le colostrum, une mine d’or
Au-delà de ces pratiques, certaines familles ignorent également tout des bienfaits du colostrum, et le jettent tout simplement. Pourtant, cet aliment est une mine d’or pour la survie de l’enfant. « L’Oms a baptisé le colostrum comme le premier vaccin de l’enfant. Malheureusement, à cause de sa couleur jaunâtre et de sa consistance, les gens le jettent sous prétexte que c’est mauvais », explique Ambroise Nanéma, nutritionniste à l’Unicef.
Ces pratiques portent un coup au bien-être de l’enfant. « Les mères qui ne respectent pas les consignes vivent un stress permanent ; elles doivent courir tout le temps vers la pédiatrie pour gérer les cas de maladie de leurs enfants », déplore Antoinette Houndékon Ayilara. Elle poursuit : « Lorsque vous prenez deux bébés du même âge dont l’un a été nourri au lait maternel et a bénéficié de l’alimentation complémentaire suivant les règles, il est plus en forme et grandit vite que l’autre dont les parents ont opté précocement pour des aliments de leur choix ».
La pratique crée également des problèmes de santé publique. Dr Ambroise Nanéma explique: « 5% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë au Bénin ».
Prévenir vaut mieux que guérir. En attendant une prise de conscience générale dans le rang des mères, les agents de santé anticipent. « Nous mettons l’accent sur les activités d’information, d’éducation et de communication (Iec) pour aider les mamans à promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles et alimentaires pour leurs bébés », explique la sage-femme à la retraite.
Toutefois, le pari en ce qui concerne l’allaitement maternel exclusif et les pratiques alimentaires essentielles n’est pas encore gagné. On enregistre des résistances. D’où l’implication des relais communautaires.
« Nous rencontrons beaucoup de cas où les femmes s’opposent à nos sensibilisations. Dans ce cas, nous usons de méthodes et de patience pour les convaincre », explique Antoine Djihouan, relais communautaire à Dogo-Adankomey. Entre autres messages, détaille-t-il, « nous conseillons aux mamans de bien prendre soin de l’alimentation des enfants; nous insistons également sur l’hygiène et leur expliquons comment intégrer l’alimentation complémentaire aux enfants à partir de six mois», développe-t-il.
Assurer la transition dans les règles de l’art
Concernant la nutrition et l’alimentation, la phase de transition de l’allaitement maternel vers les aliments de substitut est une autre paire de manches qui requiert de la méthode. Ambroise Nanéma évoque la toute première étape. « A la naissance du bébé, on recommande qu’il soit mis aussitôt au sein maternel pour provoquer la production du lait chez la mère », souligne-t-il.
La phase de transition doit être faite dans les règles de l’art. « Quand le bébé grandit, la mère n’a plus suffisamment de lait dans ses mamelles pour le nourrir. Elle est obligée de faire des rajouts pour favoriser le développement de l’enfant. A ce moment, il y a des compositions de bouillie qu’elle peut faire », précise la sage-femme. « La bouillie enrichie au soja doit contenir trois parts de céréales pour une part de soja. On fait torréfier le mélange de ces céréales avant de le préparer à l’enfant ; les femmes peuvent y mettre du sucre ou du lait en fonction de leurs moyens », poursuit-elle.
Elle indique quelques conduites à tenir pour assurer une croissance harmonieuse de l’enfant. « Le bon sevrage se fait progressivement ; on ne peut pas donner à un bébé de trois mois, une bouillie non fluide. Entre six et neuf mois, c’est la bouillie moyenne et entre neuf et douze mois, la bouillie épaisse parce qu’à partir de cet âge, l’enfant ne se rassasie pas vite », explique-t-elle.
Selon le nutritionniste, l’aliment de complément doit se faire en fonction de la demande de l’enfant. « On commence l’aliment de complément, à partir du moment où l’enfant lui-même manifeste l’envie de découvrir autre chose en matière de nourriture », explique-t-il.
Le complément des autres aliments suppose dès lors, la diversification des repas. « L’introduction de la bouillie se fait à partir de six mois. Plus l’enfant grandit, plus on augmente la fréquence de sa bouillie en veillant également à la qualité ». L’alimentation ‘’quatre étoiles’’ est fortement recommandée. « Il faut faire en sorte qu’il y ait quatre différents aliments dans le repas qu’on donne à l’enfant. Ce qui est nécessaire pour former ses muscles, pour lui donner de l’énergie, les vitamines et les sels minéraux », développe-t-il.
Moins exhaustive sur la question, Alida Adjilé, coordonnatrice régionale du Secrétariat permanent du Conseil de l’alimentation et de la nutrition (Sp/Can), détaille en sept points les considérations fondamentales de l’aliment de complément. Elles tiennent compte de l’âge de l’enfant, de la fréquence et de la quantité des aliments. A cela s’ajoutent la variété des aliments, leur texture, leur adaptation aux besoins de l’enfant et l’hygiène. « Après six mois d’allaitement maternel exclusif, le nourrisson doit recevoir des aliments complémentaires diversifiés tout en continuant d’être allaité jusqu’à deux ans et plus. Pour que les besoins nutritionnels de l’enfant soient satisfaits, il faut que les aliments complémentaires soient adéquats, sûrs, apportés au bon moment et correctement administrés », enseigne-t-elle.
Les conseils, oui. Mais davantage de sensibilisations en ce qui concerne les pratiques alimentaires et nutritionnelles essentielles pour le développement des enfants, contribueraient à mieux engager les femmes à la cause.