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Nouvelles

Université d'Abomey-Calavi : Les inscriptions prorogées
Dans une note en date du 9 février 2022, le recteur de l'Université d'Abomey-Calavi a informé la communauté universitaire de la prorogation des inscriptions qui devraient prendre fin le 31 janvier 2022. Les étudiants ont encore jusqu'au 25 février 2022 pour s'inscrire. Lire ci-dessous la décision. Université d'Abomey-Calavi : Les inscriptions prorogées Actualités 09 févr. 2022


Can Cameroun 2021 : L’édition des révélations, des sensations et du coronavirus
La 33e édition de la grand- messe du football africain a connu son épilogue dimanche 6 février dernier au Cameroun avec le sacre historique du Sénégal face à l’Egypte (0-0, 4 tirs au but à 2) en finale. Cette compétition parachevée par l’avènement d’un nouveau champion, a été marquée par des sensations, des révélations et surtout la crise du coronavirus. Organisée dans un contexte marqué par le coronavirus et les menaces terroristes sur le continent africain, la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations Cameroun 2021 s’est achevée dimanche 6 février dernier avec son lot de suspenses, de sensations et de grandes révélations. Le public sportif a vécu avec émotion les 52 matchs au cours desquels 100 buts ont été marqués, 195 cartons jaunes et 14 rouges distribués par les hommes en noir. Finaliste malheureux en 2002 et 2019, le Sénégal a confirmé son statut de favori en inscrivant pour la première fois son nom dans les annales des champions de la compétition. Après un premier tour difficile (une victoire et un but sur penalty), Sadio Mané et ses coéquipiers sont montés progressivement en puissance en éliminant successivement les trouble-fête que sont le Cap-Vert et la Guinée équatoriale et l’outsider burkinabé en demi-finale. Face aux septuples champions d’Afrique, les Pharaons d’Egypte en finale, le Sénégal a fini par remporter son premier titre au bout d’un match à suspense grâce à sa star de Liverpool, Sadio Mané qui a fini meilleur joueur du tournoi. Son coéquipier Edouard Mendy a terminé meilleur gardien au moment où le capitaine du Cameroun, Vincent Aboubakar, avec 8 buts, est meilleur buteur. Il inscrit du coup son nom parmi les grands buteurs de la Can en faisant mieux que le Sud-Africain Benny McCarthy et l’Égyptien Hossam Hassan, qui avaient marqué 7 buts lors de la Can 1998. Vincent Aboubakar devient donc le deuxième meilleur buteur de l’histoire sur une seule et même Can après le Congolais Ndaye Mulamba et ses 9 buts en 1974. Il égale l’Ivoirien Laurent Pokou, auteur de 8 buts lors de la Can 1970. Son nom figure en bonne place aux côtés des attaquants Mohamed Salah et Sadio Mané retenus dans l’équipe type de la compétition. Le gardien Édouard Mendy, les défenseurs Achraf Hakimi, Mohamed Abdelmonem, Edmond Tapsoba, Saliou Ciss ainsi que les milieux Nampalys Mendy, Mohamed Elneny et Blati Touré font partie du onze type dirigé par Aliou Cissé, meilleur sélectionneur du tournoi. Des surprises et révélations L’élimination des champions en titre, les Fennecs d’Algérie, au premier tour constitue l’une des surprises de cette Can 2021. Présentée comme l’un des favoris de la Can 2021, l’Algérie a été éliminée dès le premier tour. Incapables de gagner le moindre match, les Fennecs sont devenus le premier pays champion en titre à perdre deux matches de poule depuis l’édition qui a eu lieu au Cameroun en 1990. Les hommes de Djamel Belmadi repartent de Douala sans la moindre victoire avec un match nul face à la Sierre Leone (0-0) et deux défaites devant la Guinée équatoriale (0-1) et la Côte d’Ivoire (3-1). Cette contreperformance du tenant du titre reste l’un des faits majeurs du tournoi même si les Fennecs ont déjà connu le même sort en 1992. A cette surprise s’ajoute la désillusion du Ghana éliminé par une modeste équipe comorienne qui reste l’une des révélations de la compétition. Pour cette première participation, Les Comores se sont bien illustrées dans le groupe C avec le Maroc, le Ghana et le Gabon. Battus par les Lions de l’Atlas et les Panthères du Gabon, les Cœlacanthes ont réussi l’exploit en s’imposant aux Black Stars du Ghana avant d’arracher une place parmi les meilleurs troisièmes. Décimée par la Covid-19, la sélection comorienne a joué sans gardien de but face au pays hôte. Défenseur de métier, Chaker Alhadur a été aligné dans les buts et c’est là que les Comoriens ont été héroïques même s’ils ont été éliminés sur un score de 2-1. En dehors des Comores, les Scorpions de la Gambie ont fait également forte sensation dans ce tournoi avant d’être arrêtés en quarts de finale par le Cameroun (0-2). Avec son buteur Musa Barrow, son gaucher Ablie Jallow et son capitaine Pa Modou Jagne, la Gambie a marqué le tournoi en dominant la Mauritanie (1-0), la Tunisie et la Guinée (en huitièmes). Première femme à officier un match de Can, l’arbitre rwandaise Salima Rhadia Mukansanga a séduit également par sa prestation lors du match Guinée-Zimbabwe (2-1) à la faveur de la troisième journée du groupe B. Elle est également l’une des révélations de la Can camerounaise. Les polémiques sur les tests Covid-19 Objet du report de la compétition, la Covid-19 a été l’un des éléments perturbateurs de cette Coupe d’Afrique des Nations 2021. Entre restrictions et mesures barrières, elle a alimenté les suspicions jusqu’à la fin du tournoi. Plusieurs pays ont dû faire sans leurs stars à cause du coronavirus. C’est le cas du Sénégal privé de son gardien de but Edouard Mendy et de son défenseur Kalidou Koulibaly pour son premier match, du Burkina Faso qui s’est débrouillé sans son sélectionneur Kalou Malo et six joueurs contre le Cameroun en match inaugural. Testé positif, le capitaine gabonais Pierre-Emerick Aubameyang n’a joué la moindre minute dans le tournoi. Beaucoup de rumeurs sur les tests coronavirus. Et pour cause ! Les résultats des tests Covid-19 n’étaient pas fiables aux yeux de l’opinion qui soupçonnait le Cameroun de tricherie. De plus, le public n’a jamais digéré le fait que les Comores aient joué sans gardien de but en huitième. La polémique sur les joueurs camerounais, jamais positifs, a aussi alimenté les débats au point où le président de la Fédération camerounaise de football, Samuel Eto’o, a été obligé de réagir. « C’est malsain d’accuser le Cameroun de tricherie en manipulant les tests Covid, je ne pourrais pas défendre une telle pratique », avait rassuré la star camerounaise. Sports 09 févr. 2022


Conseil des ministres : Le gouvernement annonce la création d'un musée d'art contemporain
Plusieurs décisions ont été prises au cours du Conseil des ministres du mercredi 9 février 2022. Il s'agit entre autres de la création du musée d'art contemporain de Cotonou. Lire l'intégralité des décisions ci-dessous Actualités 09 févr. 2022


18e journée de la Ligue pro de football : Loto-Popo atomise Energie et termine en beauté
Auteur d’un grand match face à Energie Fc (5-1), Loto-Popo Fc a bouclé la Ligue pro de football sur une bonne note lors de la 18e journée du tournoi au stade omnisports de Grand-Popo. Avec ce succès, il termine cette phase à la 4e place avec 28 points+ 9. Energie Fc a fait les frais de la forte machine offensive mise en place par le manager de Loto-Popo Fc, Abdeslam Ouaddou, lors de la 18e journée de la Ligue pro de Football du Bénin. Très en verve, les Loto-boys ont réussi leur festival en remportant cette rencontre par un score de 5-1. Tout a commencé dès la 5e minute. Rodrigue Fassinou dans un dépassement sert un caviar à Faïzou Kpara qui ouvre le score. Le premier quart d’heure à peine épuisé, les verts marquent le deuxième but grâce à Moussa Gary suite à un corner de Zoulkanéri Séibou. Avant la mi-temps, Kader Touré monte aux avant-postes, récupère un ballon dans le dos de la défense des Electriciens et sera fauché. Le point de pénalty est indiqué. Rodrigue Fassinou répare l’injustice et inscrit le but du 3-0. De retour des vestiaires, Loto-Popo s’offre les premières occasions, mais concède la réduction du score sur un pénalty à la 49e minute. Mais, sur une passe de Moussa Gary, Rodrigue Fassinou sonne la révolte. Il signe son doublé. A 4-1, Rodrigue Fassinou ne baisse pas les bras. Dans le temps additionnel, il envoie une longue passe à Zakari Idrissou. L’avant-centre va sceller le sort d’Energie Fc par un enchaînement spectaculaire (93e). A l’heure du bilan, le club de Grand-Popo avec 24 buts marqués contre 14 encaissés termine 4e de la zone B avec 28 points+ 9. Sports 09 févr. 2022


Deuxième journée internationale de la Fraternité humaine : Capital social chrétien pour la paix et la cohésion sociale
L’Association Capital social chrétien a commémoré à la faveur d’un colloque international, la deuxième journée internationale de la fraternité humaine, le 4 février dernier à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Leaders religieux, chefs traditionnels, étudiants et personnalités du monde politique, scientifique et culturel ont réfléchi sur les nouvelles formes de responsabilité partagée aux fins d’une meilleure appropriation de la fraternité humaine. Il s’agit d’un rendez-vous d’échanges initié par l’Association Capital social chrétien, en collaboration avec l’Aumônerie nationale des cadres et personnalités politiques, dans le cadre de la célébration de la deuxième journée internationale de la fraternité humaine. Au menu, plusieurs sous-thèmes autour de la thématique centrale : « La Fraternité à la lumière de « Africae Munus » (l’État : une aventure incertaine) ». Le président de la Cour constitutionnelle, le professeur Joseph Djogbénou, a éclairé les participants sur la notion de la fraternité dans le Droit positif béninois. A l’en croire, la fraternité est établie par le lien juridique de parenté et le droit fait recours à la fraternité comme ciment de la société qui la fonde, donc un instrument de sa consolidation et de sa conception. Le professeur conclut que la fraternité est le socle de l’égalité car, tous frères, alors tous égaux. Un nouvel engagement pour l’Afrique Ces assises ont donc permis de mobiliser toutes les couches sociales en faveur de la paix, la tolérance, l’inclusion, la compréhension, la solidarité, et d’apporter des solutions aux maux actuels sur les plans culturel, sociopolitique et religieux, afin de faire du Bénin, un havre de paix. Pour y parvenir, Mgr Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou, chargé de l’Aumônerie nationale des cadres et personnalités politiques, a partagé quelques éléments sur ‘’la transformation de soi en vue de la transformation sociale’’ et Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, président de la Commission épiscopale a exposé la vie de Robert Schuman en guise de témoignage d’une foi authentique à la bonne gouvernance. « Maintenir et construire une paix va au-delà du simple dépôt des armes. Cela passe par la diminution de la pauvreté, le renforcement de la démocratie et par le développement d’une éducation de paix et de non-violence », a souligné le vice-recteur chargé de la Recherche à l’Uac, le professeur Saïdou Aliou. L’aumônier national des cadres et personnalités politiques du Bénin, Nathanaël Soede, veut croire aux perspectives dégagées de ce colloque pour une réappropriation de l’engagement de l’Afrique. Car pour lui, l’Afrique doit se mettre debout et pour prendre enfin, résolument, cet engagement qui apportera la vraie réponse à ces différents défis de paix et de développement intégral. Théodore Loko, ancien ambassadeur du Bénin près le Saint-Siège et président du mouvement Capital social chrétien, a indiqué que l’université pour l’Eglise constitue une réalité d’importance décisive. Puisque les questions vitales dans la société ainsi que les nouveaux défis qu’entrainent les profondes mutations culturelles méritent d’être étudiées. A juste titre, le choix de l’Uac pour abriter ce colloque. « Le vœu est que les cœurs et les intelligences, les sciences et les convictions renaissent pour que de leurs échanges, apparaît ce dont l’Afrique a besoin en même temps que l’humanité des hommes et des femmes de fraternité d’actions », a fait savoir Nathanaël Soede. Il faut noter que « Capital social chrétien » est une association de fidèles catholiques selon les normes de droit canonique, soumise à la législation béninoise en ce qui concerne les aspects civils de ses activités et bénéficiant de dispositions particulières en raison de son caractère d’intérêt général. Elle a pour objectif de contribuer à la sécurité humaine à travers des initiatives solidaires, notamment par la vertu civique, la bonne gouvernance et l’économie solidaire. Culture 09 févr. 2022


Procédure d’instruction de demande de restitution de biens culturels : Une mission française séjourne à Cotonou
Dans le cadre de l’élaboration d’une loi sur la procédure d’instruction partagée de demande de restitution de biens culturels par la France, une mission de ce pays séjourne au Bénin. Ce mardi 8 février, les parties béninoise et française ont tenu une réunion de cadrage pour recentrer la mission. Une loi sera bientôt élaborée pour définir la procédure d’instruction partagée pour toute nouvelle demande de restitution de biens culturels adressée à la France. C’est dans cette optique qu’une mission française, conduite par Jean-Luc Martinez, ambassadeur de la République française pour la Coopération internationale dans le domaine du Patrimoine, séjourne à Cotonou du 7 au 11 février 2022. Ce mardi, une délégation gouvernementale composée du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, celui en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, et bien d’autres spécialistes, a tenu avec celle française une séance de cadrage de la mission. Occasion pour les parties béninoise et française d’échanger sur le déroulement de la mission. Cette dernière, note-t-on, s’inscrit dans le cadre du prolongement des actions engagées pour la restitution des biens culturels au Bénin par la France. En sa double qualité de président-directeur honoraire du musée du Louvre et de président du conseil scientifique de l’organisation internationale Aliph, Jean-Luc Martinez a reçu mandat du président de la République de France, afin de concevoir, à cet effet, un rapport de préconisations. Pour mener à bien sa mission au Bénin, l’ambassadeur français pour la Coopération internationale dans le domaine du Patrimoine aura des entretiens de haut niveau afin de recueillir les attentes du Bénin pouvant contribuer à l’élaboration de la loi en question. Jean-Luc Martinez profitera de sa présence au Bénin pour faire le point sur les coopérations patrimoniales en cours dans les villes de Cotonou, Ouidah, Abomey et Porto-Novo, notamment dans les domaines de la formation, de la circulation des œuvres d’art et de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels. La mission française au Bénin s’inscrit ainsi dans la droite ligne du nouvel élan donné par le chef de l’Etat, Patrice Talon, et son homologue français, Emmanuel Macron, aux relations d’amitié et de coopération entre leurs deux pays. Culture 09 févr. 2022


Culture de la paix : Une cinquantaine d’ambassadeurs formés
Pendant cinq mois, ils ont travaillé à devenir une meilleure version d’eux-mêmes, sous l’égide de pédagogues expérimentés, afin de vivre en artisans de paix au milieu de leurs communautés. La première promotion de l’école de la paix du Bénin est officiellement sortie jeudi 3 février dernier. Ils sont prêts à impacter leur entourage en étant eux-mêmes des artisans de paix et en se faisant ambassadeurs de paix au sein de leurs communautés. Lancée le 21 septembre dernier à l’occasion de la Journée internationale de la Paix, la première cohorte de l’école de la paix du Bénin est en fin de formation. Ce sont une cinquantaine de jeunes qui, après trois mois d’enseignement et deux mois de travaux en groupe, s’engagent désormais à faire rayonner la paix. Lors de la cérémonie de sortie officielle, ils ont reçu leurs parchemins. Les meilleurs volontaires et les major et vice-major de la promotion ont été distingués. Pour Hugues Hector Zogo, directeur de l’école de la paix, la paix est un cheminement ; la paix est une école ; et l’école de la paix est un parcours initiatique. Il a donc exhorté les jeunes volontaires à poursuivre ce chemin et à ne pas se laisser aller aux dérives contemporaines. « La paix est le matériau fondamental pour le développement. Au regard des crises que traverse le monde, des difficultés que rencontrent les jeunes qui constituent la première cible des recruteurs pour l’extrémisme violent, il est opportun de semer la paix dans le cœur de la jeunesse », a soutenu Lucien Glèlè Langanfin, parrain de l’école de la paix du Bénin, président du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale. Puis s’adressant aux ambassadeurs de la première promotion, il exhorte : « Partout où vous passerez, dans vos actes quotidiens, vous devez être des vecteurs de paix ». Marraine de l’événement, Arlette Bello Saizonnou, adjointe au maire de Cotonou renchérit : « L’homme est le premier et le seul être dont la parole peut blesser un humain. Nous avons un devoir, un devoir que les animaux n’ont pas. Et ce devoir, c’est la sincérité, la sincérité dans nos paroles et nos actes ». Elle ajoute : « Écoutez l’autre pour ne pas lui faire perdre l’espoir, qui est peut-être, la seule chose qui lui reste... Il faut apprendre à reconnaître ses erreurs ». Entre autres qualités à cultiver par les auditeurs, Arlette Bello évoque la sérénité, le courage et le calme. Puis, elle les a invités à ne pas perdre la foi, à développer l’amour et à aimer le travail bien fait. Culture 09 févr. 2022


Cotonou : La durabilité de la ville analysée par Prof. Michel Boko
Une ville en zone humide peut-elle être durable ? Le sort de Cotonou préoccupe si bien Prof. Michel Boko, climatologue, actuel secrétaire perpétuel de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin. « On aurait pu construire une ville durable et intelligente. Mais on ne peut refaire l’histoire». Cette conclusion a presque suscité l’émoi, lors du café scientifique organisé le 1er février 2022, par l’Agence béninoise pour l’Environnement, en marge de la journée mondiale des zones humides. Et comme on pouvait s’y attendre, toutes les interventions se sont focalisées sur l’avenir de la capitale économique, dans un contexte de réchauffement climatique, avec son corollaire d’avancée de l’océan. Mais il faudra chercher avant tout à comprendre les racines du mal. Selon le chercheur, lorsque le roi Guézo cédait le site de Kutonu (les rives du fleuve de la mort) aux marchands français en 1830, ce n’était qu’une succession de cordons de sableux et de vasières, périodiquement submergés par les débordements du lac Nonxwé (Nokoué). « Ces cordons ont été édifiés lors des transgressions et des régressions de l’océan Atlantique qui se sont succédé au Quaternaire, de l’Inchirien au Subactuel. Ces mouvements eustatiques, amplifiés par le jeu des failles parallèles au rivage, ont créé une zone humide constituée d’accumulations dunaires encadrant des vasières, avec des altitudes variant entre – 40 cm et + 8 m par rapport au niveau moyen de la mer », a-t-il fait remarquer. Suivant cette genèse, le site est impropre à un développement urbain durable, au regard, selon le climatologue des menaces d’élévations du niveau de l’océan dans la perspective d’une poursuite du réchauffement climatique. Pourtant, Cotonou est devenue la plus grande ville du Bénin. Une planification manquée Il y a 30 ans, c’est-à-dire le 7 février 1992, un arrêté pris par le ministre Eustache Sarre devrait permettre de réduire les risques. Ledit arrêté, pris en application des textes de la période coloniale, définissant les zones impropres à l’habitation. « L’application littérale de cet arrêté devrait conduire à raser le tiers des bâtiments de Cotonou, dont des bâtiments d’habitation à plusieurs niveaux érigés au milieu des marécages », regrette Prof. Michel Boko pour qui une cartographie détaillée du site de Cotonou, permettrait de constater que plus de 30 % de la superficie du site actuel de Cotonou se situe sur des vasières remblayées. « Les traces des anciens marécages remblayés sont encore présentes entre Gbégamè et Vodjè et Cadjehoun, entre Aïdjêdo et Gbèdjromèdé, entre Sacré-Cœur et Agbato, entre Abattoir et Tchankpamè, entre la place de l’Etoile Rouge et carrefour Akossombo. Dans son exposé, le chercheur a démontré que les contraintes à l’aménagement urbain font partie de la nature même du site. C’est en réalité, après les inondations de 1962 que les premiers travaux d’assainissement ont été entrepris. Ce fut la mise en place des premiers caniveaux dits Sofra du nom de la société qui les a réalisés. Mais il a fallu attendre les années 80, après les grandes inondations de 1979, pour voir les extensions et la mise en place des grands collecteurs à ciel ouvert permettant l’évacuation des eaux pluviales et d’inondation, aussi bien vers le lac que vers l’océan. Les pressions du réchauffement climatique Alors, l’avenir de Cotonou ne pourrait être planifié, sans la prise en compte des menaces du climat. Deux scénarios ont été identifiés par les chercheurs. Celui optimiste prévoit la perte en débit des cours d’eau tributaires du lac. « Corrélativement, les inondations deviennent moins dangereuses, mais cela n’augmentera pas l’espace disponible pour l’extension de la ville, car elle est déjà figée dans ses limites administratives, débordant à l’ouest où elle forme une conurbation qui s’étend jusqu’à la limite de la forêt classée de Awikodji, à l’est jusqu’aux marécages de Sèmè, et vers le nord-ouest jusqu’au-delà d’Abomey-Calavi en direction d’Allada », explique Michel Boko pour qui ce scénario est peu réaliste. « Dans les mécanismes des changements climatiques, le réchauffement est plus certain que la diminution des abats pluviométriques, qui est variable selon les configurations géographiques et le jeu des grands courants océaniques et aériens », ajoute-t-il. Et si l’on s’en tient au second scénario, très préoccupant d’ailleurs, l’élévation du niveau moyen de l’océan mondial devient une menace pour la ville. « La ville de Cotonou en aurait encore pour 40 à 200 ans, selon les scénarios, avant d’être engloutie par une remontée des eaux souterraines dans les espaces interdunaires qui occupent 40 % de la superficie de la ville, mais aussi une accélération de l’érosion côtière et les intrusions salines. Dans ce scénario qui semble être le plus probable, la ville de Cotonou ne semble pas promise à une longue durée de vie », relève le climatologue. La problématique semble devenir un dilemme. Surtout que le chercheur finit par cette question : « N’est-il pas plus coûteux aujourd’hui d’aménager et d’entretenir les infrastructures d’une ville vouée à une mort quasi certaine au lieu de la délocaliser sur le plateau tout proche, en créant un port fluviatile sur le lac, en agrandissant et en stabilisant le chenal d’accès? Le débat devrait peut-être se poursuivre, avec les politiques. Environnement 09 févr. 2022


Défis d’urbanisation : Le chemin pour une ville intelligente
Lors du Colloque international tenu à Paris, le 1er février 2022, sur le développement urbain durable, et aujourd’hui, puis au cours de la Conférence de Strasbourg sur les villes intelligentes et durables, Luc Gnacadja a fait un diagnostic profond. Deux tiers des villes africaines courent un «risque extrême» à cause du réchauffement climatique. C’est ce qu’indiquait en 2018 le rapport du cabinet de conseil Verisk Maplecroft. Et les voix ne cessent de s’élever sur non seulement l’impact direct du réchauffement climatique, mais surtout les risques pour la croissance économique. «La population urbaine double tous les 20 ans. La ville africaine est très jeune par sa population (60 % environ a -18 ans en Afrique au sud du Sahara), informelle tant par son habitat, son économie que par l’essentiel de ses systèmes de gouvernance. Elle est aussi très vulnérable aux chocs climatiques, vulnérabilités surtout sociales et infrastructurelles, concentrées dans les zones péri-urbaines informelles/précaires parce que pas/peu viabilisées», fait remarquer Luc Gnacadja. Pour l’expert, ancien ministre de l’Habitat du Bénin, en plus de cette fragilité, la pandémie de la Covid-19 est venue exacerber les vulnérabilités et inégalités. Dans ce contexte, dit-il, il faudra du chemin pour avoir des villes durables et intelligentes. «La ville africaine est donc majoritairement informelle, mais l’essentiel des politiques et investissements publics sont conçus pour la ville formelle. Dans un tel contexte, la ville intelligente et inclusive est celle qui transforme ces informalités en atouts afin qu’elle devienne un pôle efficace de création de valeur ajoutée, d’innovation et de gestion/transformation durable des écosystèmes et des économies du territoire dont elle dépend », soutient l’urbaniste. Une résilience par le numérique Luc Gnacadja croit au potentiel du numérique pour les villes. Pour lui, le numérique a l’avantage d’être un outil critique et transversal qui conduit à des solutions systémiques pouvant impulser un changement de paradigme dans la gestion urbaine et la gouvernance des territoires avec des villes connectées, innovantes et résilientes. C’est un passage pour connecter les populations des zones urbaines, péri urbaines et rurales à des infrastructures et services urbains de base. « Le déploiement au Bénin de Points numériques communautaires (Pnc) est à ce titre très prometteur. Objectif : permettre l’accès des populations à des services publics et outils numériques disponibles en ligne », souligne-t-il. La résilience est possible, la révolution aussi. Ce sera par la transformation numérique de secteurs traditionnels dont l’agriculture et l’énergie. Environnement 09 févr. 2022


Incendie à Sèmè-Podji : La réinstallation interdite aux sinistrés
Une vingtaine d’habitations de fortune ont été consumées par un incendie dans la zone de Pk10/Marina dans la commune de Sèmè-Podji. Tout en partageant la souffrance des victimes désormais sans-abri, le maire de Sèmè-Podji, Jonas Gbènamèto a rappelé à l’ordre ces dernières pour s’être installées sur le site sans autorisation. Il s’agit d’un domaine de 1500 mètres carrés habité par une population de plus de 80 personnes. L’autorité communale est descendue lundi 7 février dernier sur le terrain avec certains membres de son équipe. La délégation a pu toucher du doigt l’ampleur des dommages matériels et financiers causés par le feu qui a tout ravagé sur son passage. Elle a déploré cette installation anarchique et illégale des victimes dans cette zone citadine. Jonas Gbènamèto a rappelé aux victimes les textes en vigueur interdisant toute construction sur les domaines publics ou privés sans autorisation formelle de l’autorité compétente. Il n’entend pas s’arrêter à cette étape. Le maire envisage des actions concrètes avec la Police républicaine pour sécuriser davantage le site qui se transforme en des nids d’insécurité dans la commune. Cet incendie, sans doute, a fait le malheur des victimes mais a été une aubaine pour les autorités de Sèmè-Podji de résoudre une fois pour de bon un problème latent.   Actualités 09 févr. 2022


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