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Nouvelles

Arnaud Wilfried Adikpéto, au sujet de la loi sur le changement climatique: « Nous sommes tous responsables de la pollution environnementale »
[caption id="attachment_29809" align="alignnone" width="1024"]Arnaud Adikpéto[/caption]

La loi n°2018-18 portant réglementation des changements climatiques en République du Bénin, votée au Parlement, le lundi 18 juin dernier, vient à point nommé pour protéger l’environnement. C’est ce que pense Arnaud Wilfried Adikpéto, chargé de programme de l’Ong Benin environment and education society (Bees-Ong). Cette loi appelle la communauté à une prise de conscience.

La Nation : Le changement climatique, on en parle souvent. De quoi retourne ce concept ?

Arnaud Adikpéto : Sans vous donner une définition académique, on entend par ce terme une perturbation, une modification de l’état moyen de l’atmosphère, mais cette perturbation est créée et causée par l’homme. Donc c’est ce qui est imputable à l’activité humaine qu’on peut appeler changement climatique. Et ça doit être enregistré sur une période de trente ans, donc si ce n’est pas enregistré de façon successive pendant trente ans, nous allons parler de perturbation et modification climatique, mais on ne pourra pas parler de changement climatique. Le changement climatique, ce n’est plus à démontrer, c’est déjà un fait. Et quel que soit là où l'on se trouve sur la planète : en Amérique, en Europe, en Asie, et principalement en Afrique, les changements climatiques sont là. Au Bénin, nous avons plusieurs raisons de faire face aux changements climatiques, parce que comme je le dis souvent, nous sommes tiraillés par trois feux. Le premier, c’est déjà la mer et la toute première conséquence des changements climatiques, c’est la fonte des glaciers. Et quand les glaciers fondent, c’est que le niveau de la mer augmente. Vous connaissez également le niveau de Cotonou par rapport à la mer. Et ce n’est pas seulement Cotonou, c’est toutes les villes qui sont au niveau de la côte, que ce soit Lagos, Cotonou, Lomé… toutes ces villes sont sous l’emprise de la mer.
L’autre problème, c’est la désertification. Vous n’êtes pas sans savoir qu’au Nord, le désert avance, notamment au Niger et ailleurs, à n’importe quel moment, ça risque d’atteindre le Bénin, donc les pays de la côte, si nous ne prenons pas des mesures urgentes. On a déjà défini la question d’extrême Nord, du Sud. Mais à l’intérieur, il y a ce qu’on appelle la désertification qui crée des petites poches à l’intérieur, et il faut agir, sinon tout le Bénin sera gagné par la mer par le Sud et par le désert par le Nord. Ainsi, nous serons engloutis un de ces jours.

Après le vote de cette loi, un moratoire de six mois est donné pour se conformer à ses dispositions. Pensez-vous que les Béninois pourront effectivement respecter cette loi, quand on sait que nos activités, pour la plupart, menacent l’environnement ?

D’abord permettez-moi d’aller vers le non, parce que tout ce qui est contenu dans cette loi existait dans l’une ou l’autre des lois qu’on a votées au Bénin. Je prends juste un exemple. Le code foncier a prévu le nombre d’arbres à avoir à l’hectare parlant des défrichements. C’est 250 pieds d’arbres à l’hectare. Même si c’est votre terrain et que vous voulez faire de l’agriculture, vous devez essayer de maintenir 250 pieds d’arbres à l’hectare, ce qui n’est pas respecté. Une nouvelle loi pour recadrer tout ça, oui et nous y sommes. Il y a la Conférence de Paris sur le climat et le changement climatique qui a relancé tous les pays. Nous sommes en train d’aller vers un réchauffement de 4° alors que la communauté internationale a voulu limiter ça à 2°. Les pays africains ont insisté pour maintenir ça à 1,5° parce que l’Afrique est déjà dans le rouge, donc il fallait agir. Il y a eu des contributions prévues et déterminées au niveau national. Nous avons revisité les recommandations de la Cop cette année et le Bénin s’est engagé à nouveau. Avant, c’était seulement des reboisements. Mais le Bénin s’est engagé à prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Donc, c’est là l’opportunité est je peux mettre ça dans les engagements du Bénin à lutter contre les changements climatiques.
Je dois souligné que les communautés dépendent entièrement des ressources naturelles. Cette loi, en son article 98, prévoit six mois pour l’application si les contrôles de constitutionnalité sont réunis. Elle prévoit des sanctions aussi dans ses dispositions. Je reviens sur l’article 5 qui dit qu’on va renforcer les écosystèmes, ce qu’on appelle l’adaptation basée sur les écosystèmes. Nous avons des inondations, des vents violents…, ce sont des effets des changements climatiques. Et pour faire face à ça, il faut accroître la résilience des écosystèmes naturels, des infrastructures naturelles, donc les forêts, pour face à ces chocs climatiques-là. Ce n’est plus l’homme. Qu’est-ce qu’on faisait avant ? Vous le savez bien quand il y a inondation à Ouinhi, on va donner des feuilles de tôles,... Non, non, il ne sera plus question de faire ça.

De quoi sera-t-il question désormais ?

C’est désormais renforcer les forêts, renforcer tout ce qu’il y a comme écosystème naturel, que ce soit la nature qui constitue un rempart contre les effets néfastes des changements climatiques et non renforcer les moyens humains pour lutter contre les changements climatiques. L’autre chose prévue par cette loi en son article 24, ce sont les études d’impact environnemental. Nous avons des projets, et des programmes qui sont assujettis à l’étude d’impact environnemental. Et nous saluons cette démarche. Nous, Ong, nous avons beaucoup milité pour que ce soit une réalité. C’est désormais une obligation pour les mairies et autres que pour tout ce qui est programme soit soumis à l’étude d’impact environnemental. L’article 74 parle de l’émission des gaz à effet de serre… Nous voyons par exemple que Cotonou est bourré de véhicules. L’Etat veut promouvoir les transports en commun. L’Etat veut promouvoir des habitudes des véhicules neufs, et non des véhicules usagers qui polluent énormément l’atmosphère. Ce sont autant de mesures.
Maintenant, revenons à la communauté. Quand vous questionnez par exemple les populations du Lac Nokoué, elles vous diront qu’il n’y a plus de poissons dans le lac. Il n’y a plus de poissons parce qu’on a détruit la grande partie de la mangrove qui constitue une frayère pour les poissons en période de reproduction.
Plus nous avons des écosystèmes naturels, plus nous renforçons les moyens de survie de la population. A travers la loi sur les changements climatiques, nous ne devons pas voir que le changement climatique, mais aussi les écosystèmes. C’est la nature qu’on veut renforcer, donc renforcer le mode de vie social, environnemental et économique de la population.

Le renforcement de la forêt, comment cela peut-il se faire ?

Parfois, nous mettons tout sur le compte de l’Etat, alors que c’est faux. Il y a une pratique très simple pour renforcer les forêts. Parfois, vous rentrez dans des rues, et il n’y a pas du tout d’arbre. Et nous aimons pointer un doigt accusateur sur l’Etat. Il suffira juste de mettre en place une politique des Ong relative à la sensibilisation. Il y a un de nos adages qui dit que le locataire ne doit pas planter des arbres. C’est une aberration ! Supposons que devant chaque maison, il y ait un arbre et de part et d’autre dans la vons, il y ait des arbres. C’est déjà suffisant pour la ville. Maintenant quand nous allons au niveau des collectivités, on parle de forêt privée et de forêt communautaire.

Est-ce que les Ong bénéficient souvent de l’appui de l’Etat central ?

En termes de soutien, je dirai pratiquement non. Mais ce qui réjouit, c’est la collaboration. De plus en plus, l’Etat nous associe aux différents projets et programmes. Au-delà de l’appui financier, je pense que c’est déjà une avancée, nous ne pouvons qu’en féliciter le gouvernement en place. Mais nous demandons plus, comme on le dit.

Quelles sont avancées dans cette loi qui préservent l’environnement ?

Il y a la taxe carbone appelée écotaxe contenue dans la loi. Si ça va permettre à ceux qui polluent l’environnement de payer plus, alors, on soutient. Il y a ce qu’on appelle le pollueur-payeur, dont les spécialistes ont la grille de calcul. Il existe des entreprises qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Celles-là vont plus payer la taxe carbone, et c’est prévu dans cette loi. Dans les cahiers des charges, l’entreprise exerçant au Bénin a cette responsabilité-là. Elle dégage une partie de ses ressources pour la plantation d'arbres. C’est cela la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Normalement, ce n’est pas le rôle de l’entreprise d’aller planter des arbres au bord des voies. Elle doit aller chercher les Ong spécialisées pour l’efficacité et l’efficience de cette activité. Nous voyons même des privés faire le reboisement, mais ça devient quoi après ? C’est autant de choses et nous souhaitons que l’Etat puisse associer les Ong, pour que nos actions soient plus efficaces.

Qu’entend-on par pollueur-payeur ?

Quand nous parlons du changement climatique, il y a ce que certains appellent la responsabilité commune indifférenciée. L’environnement pollué, l’émission des gaz à effet de serre, la destruction de la couche d’ozone, tout le monde y a sa part. Mais cette part est graduelle. Certains ont une grande part, et d'autres ont une moindre part. Et une entreprise qui veut s’installer, on essaie de voir ses activités et son degré de pollution. Et c’est en fonction de ça que la société contribue à la restauration de l’écosystème. Donc vous polluez, et vous payez pour la restauration de l’écosystème que vous polluez. Parce qu'il y a des mesures d’adaptation et d’atténuation au niveau des pays africains, quand nous parlons des changements climatiques, il y a l’adaptation et il y a l’atténuation. Jusqu’à présent, la communauté internationale dit que comme c’est une question de technologie et de moyens. En Afrique, nous ne devons faire que l’adaptation pour le moment. Toutes les entreprises installées au Bénin doivent payer une taxe, compte tenu de leur degré de pollution.

Quel appel avez-vous à lancer pour la restauration de l’environnement ?

A l’endroit des populations, je crois qu’elles doivent comprendre qu’elles dépendent intimement de ce que nous appelons le capital naturel. Quand ce capital va disparaître, l’Homme va disparaître avec. Quand les fleuves seront pollués totalement, quand les forêts seront décimées totalement, quand la mer va inonder tout le pays, je pense que l’humanité va disparaître aussi. Donc, nous devons commencer par agir de façon durable et je pense que le terme du développement durable en dit long. Nous devons pouvoir utiliser des ressources pour satisfaire nos besoins actuels, tout en pensant aux besoins des générations futures.
Au niveau des entreprises, les responsabilités sont là, mais il n’y a pas de suivi et elles-mêmes sont conscientes, attendant que l’Etat fasse le gendarme derrière elles. Quand ce capital naturel va disparaître, les entreprises mêmes vont disparaître, parce que la matière première est tirée de ce capital.
A l'endroit de l’Etat, je souhaite que ce ne soit pas une loi de plus! Même la Constitution dit dans ses dispositions que chaque Béninois a droit à un environnement sain et que chacun de nous est garant d’un environnement sain. On a un arsenal juridique assez fourni. Quand vous posez un acte vous devez en subir les conséquences.

Environnement 03 juil. 2018


Commerce de réexportation vers le Nigeria: Un nid de fraudes fiscales

Le commerce de réexportation du riz et de certains produits vers le Nigeria donne lieu à des pratiques frauduleuses sur le corridor béninois. De quoi donner le tournis aux agents de l’administration douanière.

C’est le remue-ménage ce matin du mois de mai dans un magasin de vente de sacs de riz et de bidons d’huile situé en plein cœur de Cotonou, non loin du grand marché international de Dantokpa. Des documents comptables et autres papiers sont sortis de partout. Les agents sont interloqués par l’invasion de fonctionnaires de l’administration des impôts dans le magasin, l’un des plus grands fréquentés par les revendeurs et autres détaillants. Le patron des lieux et ses deux comptables s’arc-boutent au bureau sur lequel sont dispersées des paperasses. Un vrai capharnaüm, l’intérieur de ce magasin. Sacs de riz étalés par terre, clients dehors, impatients d’être servis, tous travaux cessants, la société de distribution se plie en quatre pour répondre aux sollicitations des agents de la Brigade des enquêtes fiscales. Véhicules garés aux abords du magasin, ils ont fait irruption sur les lieux sans crier gare. Dans la courtoisie, ils réclament des pièces et échangent avec les responsables.
Quelques heures plus tard, la Brigade des enquêtes fiscales décèle un certain nombre d’anormalités. Les constats sur le terrain se révèleraient non conformes aux déclarations de la société distributrice. Le dernier stock de riz n’aurait pas été importé avec la carte d’importateur du responsable de la société. Aucune trace dans les documents mis à la disposition des inspecteurs. La société aurait usé d’une fausse carte d’importateur. Une carte d’importateur qui se révèlerait être celle d’une tierce personne, inconnue des services fiscaux.
Ce commerçant, à l’instar d’autres importateurs exerçant au Bénin, met les bordereaux au nom d’un autre individu et vient récupérer les marchandises une fois mises en consommation. Sachant que l’inspecteur des impôts pourrait retracer ses achats pour pouvoir les comparer au stock final et au chiffre d’affaires déclaré, le vrai bénéficiaire des marchandises importées procède ainsi pour brouiller les pistes. La Brigade des enquêtes traque des importateurs qui se retrouvent à ruser avec le fisc. Lors des différents contrôles qu’elle mène inopinément, des marchandises censées être en transit sur le Niger se retrouvent à grossir le lot des stocks des magasins ou à prendre la direction du Nigeria.
Le blé, le riz et l’huile végétale font l’objet de ces fraudes savamment orchestrées par des opérateurs économiques qui minorent ainsi les charges en s’acquittant uniquement des frais liés au transit de ces marchandises. Les dédouanements qui devraient normalement se faire, vu que ces produits sont réellement destinés au marché local, sont ainsi contournés.
Ces pratiques que la plupart des importateurs expérimentent ne se limitent donc pas à la substitution des cartes d’importation. Elles vont en effet loin avec la mise en transit exprès des marchandises sur le Niger alors qu’elles sont réellement déversées sur le marché béninois ou réexportées sur le Nigeria. De fausses déclarations que la brigade est appelée à découvrir.
D’autre part, ces opérations donnent lieu à certains arrangements que l’administration fiscale condamne. « Ces opérateurs économiques qui font passer ces marchandises en transit n’utilisent pas de facture ni de chéquier et ne peuvent donc pas être tracés par les services des Impôts », assène avec intransigeance un agent de ladite brigade sous anonymat. « Les personnes responsables de ces actes s’arrangent auprès de la douane nigérienne pour obtenir de faux documents. Ce qui rend la tâche encore plus difficile d’autant plus qu’elles reviennent encore au Bénin réclamer que la Tva qu’ils ont payée au cordon douanier leur soit remboursée. L’Etat est lésé sur toute la ligne et notre rôle est justement de mettre fin à cette pratique. Lorsque nous constatons que des marchandises destinées à la réexportation sont mises en consommation avec de fausses cartes d’importation dans des entreprises nous les fermons », poursuit-il.
Si la connexion qu’ils espèrent avoir établie avec la douane permet de régler beaucoup de problèmes, il est évident que de nombreux impairs compromettent les opérations de vérification. Les informations des services de la douane ne sont pas aussi fiables qu’elles le paraissent. Des complicités au niveau de ces services ne sont non plus à écarter, selon les indiscrétions de l’administration fiscale. Si le dessein de ces pratiques est d’éviter des impositions à la taille des importations des opérateurs économiques, il est à noter qu’au niveau des frontières avec le Nigeria, les pertes de recettes douanières sont abyssales avec la réexportation de ces marchandises qui bénéficient déjà d’avantages concurrentiels à travers les fausses déclarations dans les livres comptables des sociétés.
Par le biais de voies informelles au niveau des frontières, ces biens de consommation sont convoyés vers leur destination finale sans le paiement officiel d’une redevance à l’Etat. Les bureaux de douane qui ont mission d’effectuer les opérations de dédouanement sur certaines catégories de marchandises objet des échanges pour assurer à l’Etat des ressources budgétaires provenant des différentes taxes sur lesdites marchandises sont contournées et rien n’est versé aux agents en poste.
Robert Y. qui souhaitait rester dans l’anonymat fait partie de ceux qui donnent le tournis aux agents de l’administration douanière par le fait de ses activités illicites.
A bord d’un gros porteur immobilisé à deux kilomètres environ des bureaux de douanes d’Igolo, l’une des entrées sur le Nigeria, il scrute les alentours avant de descendre de la cabine. Dans une planque non loin de la frontière, il s’affale au sol et sort de son pantalon jeans délavé un téléphone portable. Après quelques échanges au téléphone, il se relève et enlève son polo noir. « L’attente risque d’être longue ce soir », marmonne-t-il, d’un air poussif, fatigué sans doute par le trajet, à l’un de ses deux apprentis. Plus de dix ans que ce camionneur grassouillet et velu convoie des marchandises à des clients installés de l’autre côté de la frontière. Les marchandises une fois en sa possession arrivent à destination par des voies d’eau et autres sentiers tracés dans la brousse.
Il dispose d’un réseau de passeurs qui acheminent les marchandises à destination. Avec à bord de son camion plus de 500 sacs de riz de 50 kg, il espère conclure avec succès cette nouvelle opération. Lui qui fait partie de ces conducteurs à la manœuvre une fois l’ombre de la nuit couvrant la petite ville frontalière gagne entre 1 million F Cfa et 2 millions F Cfa une fois les transactions faites.

Entrée massive de produits sans frais

« Nous travaillons à faire passer les marchandises au Nigeria par la brousse ou en pirogue sur le fleuve. C’est une activité qui ne manque pas de risques », indique Robert Y.
Le trafic du riz pour le compte du Nigeria avec le commerce de réexportation, a débuté avec la guerre de Biafra entre 1967 et 1969 et s’est poursuivi avec le boom des matières premières du début des années soixante-dix, note Zakari Tassou, agroéconomiste. Il a connu son ampleur à partir de 1984 suite aux mesures restrictives à l’importation mises en place par le Nigeria dans le cadre de la politique ‘’Feed the Nation’’ (entendez : nourrir la nation). Ces commerçants nigérians dévièrent alors leurs importations sur les ports de Cotonou et de Lomé avant de les acheminer par des circuits clandestins vers leur pays. La quantité qui alimente cette activité commerciale a connu une rapide évolution allant de 70 000 tonnes en 1994 pour atteindre 600 000 tonnes vers les années 2010.
Des commerçants béninois l’expérimentent aussi et en font une activité florissante en réexportant vers le géant voisin de l’est à travers des voies informelles. Le commerce de réexportation vers le Nigeria pratiqué par le Bénin, le Niger, le Togo et le Cameroun s’inscrit dans un ensemble d’intenses flux monétaires et commerciaux non enregistrés entre le Nigeria et les pays africains de la zone franc au sein duquel il occupe une place tout à fait particulière et décisive, selon l’agroéconomiste. Fort de ce que le Nigeria connaît un déficit de 3,5 millions de tonnes de riz par an malgré les réformes engagées, le commerce de réexportation s’est développé. La quantité moyenne de riz consommée par an par habitant au Bénin est de l’ordre de 25 à 30 kg, soit une consommation totale annuelle variant entre 175 000 et 210 000 tonnes.
Les volumes de riz importés par le Bénin sont donc largement supérieurs au complément qu’il lui faut pour satisfaire ses besoins, indique Sabirou Séidou, agroéconomiste, transformateur de riz local. Ces importations prennent en compte les importations directement destinées au Bénin dont une partie est réexportée et les importations réalisées par d’autres pays de la sous-région mais qui passent par le port de Cotonou.
Les opérateurs économiques situés en amont de la commercialisation du riz importent cette denrée alimentaire des principaux pays producteurs (Thaïlande, Brésil, Vietnam, Chine, Pakistan, France,
Emirats Arabes Unis, Etats-Unis) à destination du Bénin et de la sous-région. Une étude conduite en 2011 par le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares) révèle que la société « Difezi et Fils » détient la plus importante part de marché du riz blanchi : 55 % selon les importateurs interviewés contre 35 % en 1999 selon la base de données de la direction générale de la Douane. Les autres acteurs dominants de par l’importance de leurs parts de marché dans les importations sont les sociétés Tukimex, Cherika Oluwa Toyin, O’Yewa et Agaf. Ces cinq opérateurs détiennent plus de 80 % des importations du riz au Bénin.
La plupart de ces importateurs tirent le gros de leurs revenus du grand marché de consommation que constitue le Nigeria. Le circuit de commercialisation et de distribution du riz importé se révèle être beaucoup mieux structuré que celui du riz local. Les différents circuits de commercialisation du riz importé sont mis en place, il y a longtemps, et fonctionnent à merveille.
En 2015, 221 746 tonnes de riz ont été importées par ces commerçants pour 75.116 tonnes de quantité réexportée, soit 33,88 %, selon les statistiques de la douane béninoise. L’exportation vers ce partenaire a considérablement chuté, conséquence partielle de la dévaluation du Naïra, monnaie nigériane. Si cette situation plombe les recettes douanières à travers une baisse notable de la demande du géant de l’Ouest en produits étrangers dont notamment les biens réexportés par le Bénin vers ce partenaire, on note une amélioration des importations en provenance du Nigeria. Ce qui décuplera les ardeurs des commerçants béninois à se lancer dans la contrebande. Sans non plus mettre un terme au commerce de réexportation.
L’organisation du système de réexportation vers le Nigeria est l’une des plus alambiquées. Cela du fait que les importateurs ne vendent pas directement leurs marchandises à des commerçants nigérians. Autrement dit, le riz importé prend un circuit impliquant divers commerçants intermédiaires au Bénin avant d’être acheminé au Nigeria. Il est donc déclaré en consommation locale pour être vendu sur le territoire avant de repartir vers le Nigeria. Les statistiques officielles ne pouvant pas retracer les volumes réels exportés vers le Nigeria, diverses méthodes sont utilisées pour estimer les réexportations. Aujourd’hui, si les échanges entre les deux pays sont estimés à plus de 4,9 milliards de dollars, il est admis qu’une partie importante échappe au contrôle de l’Etat.
« La fraude fiscale à la réexportation est une réalité dans notre pays. Il faut d’abord partir de la fraude à grande échelle au niveau du cordon douanier. Plusieurs mesures ont certes été prises par l’administration fiscale pour une lutte efficace mais bon nombre d’opérateurs économiques usent de diverses pratiques pour les contourner », relève un agent de la Douane béninoise sous anonymat.
Face aux cas les plus probants, une procédure relevant de la flagrance fiscale est ouverte à l’encontre des structures indélicates, renseigne-t-on au niveau du fisc. « Nous ne pourrions vous fournir un chiffre concret d’entreprises redressées pour fraude fiscale ni les montants concrets de cette dernière, mais il est évident que de nombreuses sociétés sont épinglées suite aux contrôles sur pièces opérés à leur niveau, assure Roger T. (nom d’emprunt), agent de l’administration fiscale. Ce n’est pas seulement de la responsabilité des impôts mais il faut aussi une prise de conscience au niveau de la douane ».

Sus au ‘’bill of lading’’ indo-pakistanais

L’autre pratique en cours reste la création par des Indo-Pakistanais de sociétés au nom de Béninois notamment de leurs employés et jamais sous leur propre identité parce que redoutant des expulsions une fois la découverte des fraudes fiscales ou fraudes douanières dont ils sont auteurs à travers leurs activités. Ces entreprises créées, ils font des opérations de plusieurs milliards en trois ou six mois et ferment l’entreprise sur laquelle ils ont signature sur les comptes en banque. Les importations sont en général centrées sur le riz et l’huile végétale qu’ils réexportent au Nigeria sans rien payer, apprend-on de sources proches de l’administration fiscale. « Ils ferment ces entreprises au bout de quelques mois pour que le fisc ne les rattrape pas et ainsi de suite suivent le même mode opératoire au fil des mois et cela pose des difficultés pour les appréhender », renseigne Roger T.
Par ailleurs, ces mêmes Indo-Pakistanais arrivent au Bénin avec des cargaisons de riz ou d’huile végétale, laissent leur navire au quai et passent au marché vendre le ‘’bill of lading’’ (le connaissement en anglais, en abrégé B/L : bon de chargement, de fret) et empochent leur argent et partent sans rien payer à la douane. Le B/L constitue le document matérialisant le contrat de transport maritime conclu entre le chargeur et le transporteur maritime. Il est également un titre représentatif des marchandises. Il revient donc à l’acheteur du BL de faire le dédouanement. Cette pratique, à n’en point douter, constitue, aux yeux de la brigade des enquêtes fiscales, une fraude à la réexportation puisqu’ils vendent leurs produits aux nationaux et à ceux qui vont les réexporter vers d’autres pays. Tout ceci constitue des manques à gagner pour l’Etat. La brigade de commun accord avec la douane et la Police républicaine se lance à la traque de ces indélicats expatriés qui foulent au pied le Code des douanes béninoises.
En dépit d’une série d’accords commerciaux liant le Nigeria et le Bénin et de la politique protectionniste du Nigeria basée sur la promotion de la production locale, le commerce de réexportation vers le géant voisin de l’Est résiste à toutes ses mesures rigoristes. De quoi remonter les autorités nigérianes qui voient d’un mauvais œil cet allant des commerçants à inonder leur marché de riz provenant d’ailleurs. Selon la partie nigériane, le niveau élevé de contrebande de riz de la République du Bénin au Nigeria prive les riziculteurs locaux de la possibilité de tirer profit de leurs investissements, particulièrement à un moment où le pays vise la sécurité alimentaire pour sa population.
Après l’interdiction de la réexportation de la volaille, premier pourvoyeur de recettes pour le Bénin, pour cause de santé publique au motif que ce produit importé est impropre à la consommation, c’est à une guerre ouverte que l’Etat nigérian livre au commerce de réexportation de riz.
La menace à peine voilée de fermeture des frontières nigérianes constitue un casse-tête pour l’Etat béninois qui a vu la baisse de recettes de 20 milliards en 2015 à 12 milliards en 2016 (sur la période de janvier à juin) avec l’interdiction de la réexportation de la volaille. Quoique les importations de riz aient baissé de 95% en deux ans et que le nombre de producteurs soit passé de 5 à 30 millions sur la même période grâce à la stratégie du gouvernement fédéral, il n’en demeure pas moins que la contrebande de riz en direction du vaste marché de consommation que constitue le Nigeria a la peau dure.
Le riz constitue en 2016 le principal produit importé par le Bénin. Au regard de la proportion que tient le marché local dans la quantité importée il s’entend que la fraude liée au commerce de réexportation vers le Nigeria a de beaux jours devant elle, malgré toute la volonté de l’Etat béninois d’assurer la sécurité au niveau de ses frontières.

 

Cet article a été produit par Kokouvi EKLOU et rédigé dans le cadre de “La Richesse des Nations”, un programme panafricain de développement des compétences medias dirigé par la Fondation Thomson Reuters en partenariat avec TrustAfrica. Plus d'informations sur http://www.wealth-of-nations. org/fr/

 

 

Economie 03 juil. 2018


Deuil à Abomey: Le roi Dédjalagni Agoli-Agbo s’en est allé

A 87 ans, le roi de Danxomè, Dédjalagni Agoli-Agbo, a tiré sa révérence dans la matinée de ce lundi 2 juillet.

Avec son physique aussi imposant qu’impressionnant, il se faisait distinguer particulièrement par son accoutrement traditionnel et son cache-nez qui ne laissaient personne indifférent. Sa Majesté Dédjalagni Agoli-Agbo n’est plus. Plusieurs fois déjà annoncé pour mort puis démenti, Sa Majesté a finalement rejoint les ancêtres, ce lundi 2 juillet, à l’âge 87 ans. Dans son palais à Abomey, on se refuse à confirmer ou à infirmer l’information. On se refuse à commenter l’information tant qu’elle ne sera pas rendue officielle par les familles royales. Une attitude qui se comprend quand on sait qu’ici à Abomey, la tradition interdit à n’importe qui d’annoncer le départ du roi pour le pays des ancêtres. L’annonce officielle sera faite après les premières cérémonies qui devront avoir lieu cette nuit même. En fait, conformément aux exigences de la tradition, il pourrait être inhumé nuitamment ou au petit matin dans la stricte intimité familiale avant toute annonce officielle de sa mort.
Hier après-midi, à son palais royal Gbindo - son palais privé - à Abomey, il y avait des signes qui indiquaient qu’un triste évènement venait de s’abattre sur ce palais. De petits groupes se formaient et des conciliabules se tenaient à l’abri des regards extérieurs.
Selon des sources proches du palais royal d’Abomey, le roi Dédjalagni Agoli-Agbo avait fait une crise, la semaine écoulée, et référé dans un centre de référence à Cotonou. Mais malgré sa prise en charge diligente dans cet hôpital, le roi n’a pas pu recouvrer sa santé et a rendu l’âme hier.
Le roi est mort, vive le roi !.

Société 03 juil. 2018


Brésil # Mexique : Un derby sud-américain en perspective
[caption id="attachment_29802" align="alignnone" width="1024"]L'équipe du Brésil[/caption]

Le Brésil et le Mexique s’affrontent, ce lundi 2 juillet au Samara Arena en huitième de la Coupe du Monde 2018. Cette confrontation s'annonce alléchante entre la Seleçao, l’une des prétendantes sérieuses au titre et le Mexique, tombeur de la Mannschaft lors de cette compétition.

Quintuple champion du monde, le Brésil sera aux prises avec le Mexique, ce lundi 2 juillet au Samara Arena. Dans ce derby sud-américain, le Brésil part favori devant le Mexique, auteur d’une belle victoire face à l’Allemagne (1-0) lors de la phase de groupe. Leader du groupe E avec deux victoires respectivement face à la Serbie (2-0) et au Costa-Rica (2-0) puis un nul face à la Suisse (1-1), ce Brésil qui s’est métamorphosé au fil des matchs de poule abordera cette huitième de finale en confiance face un adversaire bien connu. 

En effet, contraint au nul (1-1) lors de sa première sortie, la Seleçao, a retrouvé ses marques contre le Costa-Rica en fin de partie lors de la deuxième journée, avant de cartonner face à la Serbie lors de la troisième journée. Les joueurs brésiliens Neymar, Casemiro, Paulinho, Philippe Coutinho et autres connaissent bien l’équipe mexicaine pour l’avoir joué (0-0) en match d’ouverture du Mondial 2014 à domicile. Pour cette cinquième confrontation historique entre les deux nations en Coupe du monde, le Mexique resté sur trois défaites et un nul est attendu pour vaincre le signe indien et faire tomber le mythe d’une hégémonie brésilienne vieille de plusieurs décennies.
L’histoire des confrontations entre les deux pays en Coupe du monde remonte au premier tour du Mondial 1950 avec un large succès du Brésil (4-0). A la Coupe du monde en Suisse, c’est la formation des Auriverdes qui s’en sort victorieuse de nouveau (5-0). En 1962, le Brésil retrouvait une nouvelle fois encore le Mexique (2-0) au premier tour. Toutefois, en 39 confrontations toutes compétitions confondues, le Brésil se taille la part belle avec 22 victoires contre 11 pour le Mexique et 6 nuls.
Le Mexique qui n'a jamais inscrit de but face au Brésil en phase finale de Coupe du monde devra compter sur ses attaquants : Herrera - Layun, Vela, Hernandez et le vétéran Marquez pour faire la différence afin de conjurer ce sort. Resté sur deux victoires face à l’Allemagne (1-0) et à la Corée du Sud (2-1) et une défaite (3-0) face à la Suède, le Mexique, en dépit de sa bonne attaque, présente des fébrilités défensives qui pourraient profiter à Neymar et ses coéquipiers. Conscient des qualités offensives de l’adversaire, le défenseur brésilien Thiago Silva compte livrer un match parfait pour passer ce cap. « Le Mexique est une équipe qui court beaucoup, avec de qualités techniques. Ces jouent ensembles depuis des années », a-t-il déclaré en conférence de presse, ce dimanche.
Le capitaine du Mexique, le milieu de terrain Andrés Guardado, à propos de Neymar, sollicite le concours des arbitres et de la vidéo pour surveiller Neymar, capable de simuler dans le match : « On le connaît tous. Ce n’est pas à moi ni à mes joueurs de le juger, mais aux arbitres, à la Fifa. C’est son style de jeu. Neymar a l’habitude d’exagérer, de beaucoup tomber », a-t-il lancé, vendredi dernier.
Dans ce choc sud-américain pour une place en quart de finale, l’entraîneur brésilien pourrait aligner Allison - Danilo ou Fagner, Thiago Silva, Miranda, Marcelo ou Filipe Luis, Paulinho, Casemiro, Coutinho, Willian, Gabriel Jesus ou Firmino, Neymar tandis que du côté mexicain, Ochoa - Alvarez, Salcedo, Moreno, Gallardo - Guardado, Herrera - Layun, Vela, Lozano – Hernandez, pourraient démarrer la partie.

Sports 02 juil. 2018


Construction des cités administratives départementales: Le site de Natitingou remis à la partie chinoise
[caption id="attachment_29799" align="alignnone" width="1024"] Déré Lydie Chabi Nah, préfet de l’Atacora[/caption]

Un pas a été franchi, samedi 30 juin dernier, dans la construction de la cité départementale administrative à Natitingou. La phase de remise du site devant abriter cette infrastructure initiée par le gouvernement dans tous les chefs-lieux des douze départements du pays a donné lieu à une cérémonie présidée par le préfet de l’Atacora.

Sur un site de 11 ha à la sortie de Natitingou sera érigée au bout de vingt-quatre mois de travaux la cité administrative départementale sous le contrôle de la société publique chinoise Poly International Holdings Co.Ltd. La phase de remise de site a permis au coordonnateur général des projets de ladite société d’investir les lieux avec des techniciens pour les préalables avant le lancement proprement dit des travaux. 

Suite à la visite du site sous l’égide du préfet et du chef de la délégation du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, voir les travaux démarrer dans les meilleurs délais semble être l’attente des uns et des autres. La satisfaction est grande aussi bien au niveau du maire que des élus communaux présents sur les lieux pour la cérémonie. Pour Déré Lydie Chabi Nah, préfet de l’Atacora, la remise du site constitue une phase décisive dans la concrétisation de ce projet cher au gouvernement de Patrice Talon. Un grand pas de franchi si elle considère toutes les dispositions prises pour démarrer au plus vite les travaux de construction. Elle salue cet engagement du chef de l’Etat de mettre dans les meilleures conditions de travail ses collaborateurs et autres agents de l’Etat.
L’infrastructure à ériger sur le site, selon Luc Tchokpodo, ingénieur au ministère du Cadre de vie et du Développement durable, chef de la délégation, est composée d’un bâtiment pour abriter la préfecture et d’un autre pour la direction départementale. Le premier couvrant une superficie de 4583 m2 est de type R+2 et compte 76 bureaux, deux salles de réunion et 20 toilettes publiques. Le second d’une superficie de 3728 m2, de type R+1 abritera 4 bureaux de directeur, 80 bureaux pour divers usages, un certain nombre de salles de réunions ainsi que des entrepôts, des archives et des toilettes. Il invite par la même occasion les populations à collaborer pour la réalisation de ce projet dont le financement est bouclé avec la partie chinoise. Il n’occulte pas les nombreux emplois à créer pour les populations locales, par ailleurs bénéficiaires de ces infrastructures.
Li Jia, coordonnateur général des projets de la société étatique Poly International Holdings Co.Ltd, indique que c’est un plaisir pour la partie chinoise de contribuer par ce projet au relèvement du niveau de vie des populations de Natitingou et de créer des emplois.

Société 02 juil. 2018


CEP 2018: Des assurances pour un bon déroulement dans l’Atacora

10 039 candidats composent dès ce matin dans 51 centres du département de l’Atacora, a confié Paul Tèféti, chef service Examens et Concours à la direction départementale des Enseignements maternel et primaire, samedi 30 juin dernier, au commissariat de la ville de Natitingou où se sont portés les différents chefs centres pour entrer en possession du matériel devant servir au bon déroulement de l’examen du Certificat d’études primaires.

Pour lui, tout est fin prêt pour que l’examen se tienne dans l’Atacora sans heurt. Affirmant que le matériel sensible a été réceptionné depuis une semaine et qu’il a fallu le sécuriser au commissariat, il informe que les différents chefs centres sont venus surplace pour disposer de leurs lots. Cela, à la suite d’une séance de travail avec la direction départementale pour les entretenir sur la conduite à tenir pour le bon déroulement de l’examen. Chacun d’eux, selon le chef service Examens et Concours, devra jouer sa partition dans les limites des consignes. Aucune tricherie ne sera tolérée, s’est-il adressé aux candidats, réitérant toute la fermeté des autorités vis-à-vis des cas répréhensibles.

 

Société 02 juil. 2018


Examen de fin d’année: Le Cep 2018 lancé à Gogounou ce jour
[caption id="attachment_29797" align="alignnone" width="1024"]le ministre chargé des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou[/caption]

L’examen du Certificat d’études primaires (Cep) session de 2018 démarre sur toute l’étendue du territoire national, ce lundi 2 juillet. La première épreuve, celle de Compréhension de l’écrit, sera symboliquement lancée dans la commune de Gogounou et précisément à l’Ecole primaire publique de Sori.

Le lancement sera assuré par le ministre chargé des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou. Les candidats sont au total,
221 752 dont 103 976 filles à aller à l’assaut du premier diplôme académique ouvrant la porte des cours secondaires. Ils sont répartis dans 764 centres de composition sur l’ensemble du territoire national. Les statistiques sont en baisse de 8,29 % par rapport à l’année 2017 où l’effectif total des candidats était de 241 798.
Au niveau de l’Ouémé, on dénombre 36 190 candidats dont 17 684 filles tous classés dans 99 centres d’examen sur les neuf communes du département. Le lancement départemental est prévu pour avoir lieu dans la commune de Dangbo. Du côté du Plateau, les chiffres donnent un total de 10 963 candidats dont une 5055 filles répartis dans 40 centres de composition. Le coup d’envoi symbolique sera donné ce matin dans la commune de Sakété pour le lancement départemental pour le compte du Plateau. Tout est fin prêt à tous les niveaux pour un examen sans anicroche, annoncent les autorités aussi bien nationales que départementales en charge de l’organisation du Cep 2018. Les compositions écrites et sportives prennent fin mercredi 4 juin prochain.

 

Education 02 juil. 2018


Financement de la recherche scientifique et de l’innovation: Nécessité d’appréhender autrement le rôle des acteurs au Bénin
[caption id="attachment_29796" align="alignnone" width="1024"]L’Université de Parakou[/caption]

L’Université de Parakou a servi de cadre, samedi 30 juin dernier, à la célébration de la journée de la renaissance scientifique de l’Afrique. A cette occasion, les participants ont été conviés à réfléchir sur le thème « Rôle des acteurs dans le financement de la recherche scientifique et de l’innovation ».

Depuis l’instauration de la Journée de la renaissance scientifique de l’Afrique au Bénin, c’est la première fois que sur le plan national, l’Université de Parakou a abrité, les manifestations initiées dans le cadre de sa célébration. Instituée depuis 1987 par les chefs d’Etat africains, cette journée vise à amener leurs pays à accorder désormais une grande attention aux recherches scientifiques et techniques. Il faudra également les encourager à beaucoup y investir.

Des réformes et projets, a assuré le directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bienvenu Koudjo, ont déjà été mis en place par le gouvernement. Il les a exposés à l’assistance. Cette volonté, a-t-il insisté, s’est traduite par la mise en place de la cité internationale de l’innovation et du savoir baptisée Sèmè City. Elle comprendra, en dehors des écoles et centres de formation techniques et professionnels, des centres et laboratoires de recherches, ainsi que des incubateurs et startup innovantes pour l’implantation des entreprises de pointe dans tous les secteurs de développement. Selon Bienvenu Koudjo, c’est pour garantir la croissance économique et le bien-être des populations béninoises. Il cite également la création de l’Agence béninoise pour la recherche et l’innovation. Elle est destinée à restructurer l’ensemble du système de recherche afin de mettre un terme à la dispersion observée sur le terrain.
Le directeur du Centre béninois de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marc Kpodékon, a quant à lui saisi l’occasion pour présenter les résultats des recherches et des activités menées ces dernières années au Bénin. En matière de sécurité alimentaire, il a rappelé la formulation des aliments à base des produits locaux pour l’alimentation des poissons. Dans le domaine de l’énergie, il n’a pas occulté l’étude portant sur la fabrication de l’énergie électrique au Bénin, à partir de la conversion de celle marine. Pour ce qui est de l’énergie renouvelable, a-t-il fait remarquer, de nombreuses recherches ont également été effectuées. Avant lui, Prosper Gandaho s’est réjoui du choix porté sur l’Université de Parakou dont il est le recteur.
Une conférence-débat inaugurale sur le financement de la recherche scientifique au Bénin a été donnée. Elle a porté sur le rôle des acteurs qui y sont impliqués. Des expositions sont également prévues pour agrémenter la journée.

Education 02 juil. 2018


L’étape du Centre numérique et des radios de Savalou
[caption id="attachment_29795" align="alignnone" width="1024"]Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication[/caption]

Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication, s’est rendue, dans la ville de Savalou où elle a visité un centre de formation de l’entrepreneuriat et du numérique et échangé avec des agents des radios Cité et Tchetti.

La première étape de la visite du ministre de l’Economie numérique et de la Communication à Savalou a été le palais royal de Savalou. La ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou a tenu à faire ses civilités à Dada Gandjègni Ahoyo Gbaguidi XIV. Cap a été mis par la suite sur le Centre de l’entrepreneuriat et du numérique de Savalou (Cens) en plein cœur de la ville. Un centre qui est l’initiative de la Fondation Conrad Gbaguidi qui accompagne les jeunes de la commune. 

Au nombre des 45 projets phares inscrits au Pag pour le quinquennat 2016-2021, six concernent exclusivement le numérique. C’est autour de la mise en œuvre de ces projets que se mobilisent quotidiennement la ministre en charge de l’Economie numérique et ses équipes. Le but de cette visite de la ministre et ses collaborateurs à Savalou est donc d’encourager ces initiatives qui cadrent parfaitement avec cette vision du gouvernement et qui prend déjà corps sur le terrain.
Dans le centre numérique de Savalou, la ministre a pu constater que les jeunes sont orientés vers le numérique et bénéficient de l’accompagnement pour faire éclore leur potentiel dans la création de e-Services. Ce qui apportera des solutions innovantes au quotidien de ceux-ci, et surtout créera des emplois, donc de la valeur ajoutée. C’est le but visé par son promoteur Conrad Gbaguidi qui explique qu’il s’agit d’un centre ouvert surtout aux jeunes désireux de se faire former dans les domaines du numérique et de l’entreprenariat moderne.
Visiblement satisfaite de ce qu’elle a vu et entendu dans ce centre numérique après une visite guidée, Aurélie Adam Soulé Zoumarou n’a pas manqué de louer cette initiative et d’encourager les acteurs de ce projet.
Saisissant l’occasion de cette rencontre, la ministre a surtout invité les jeunes usagers du centre à profiter des opportunités qui y sont proposées car, se réjouit-elle, « C’est un centre numérique orienté vers la professionnalisation et c’est une grande fierté pour moi d’ailleurs d’être associée à un tel projet qui porte en lui tous les ingrédients pour réussir ». Il vise essentiellement à amener les jeunes de Savalou et environs à se prendre en charge grâce au numérique en profitant des énormes potentiels économiques dont dispose la commune pour se positionner sur les marchés des grands pays du monde. Ainsi, ce centre de l’entrepreneuriat et du numérique érigé à Savalou est un cadre idéal pour se familiariser au numérique, outil qu’il est indispensable désormais de maîtriser. Il est également un lieu de formation pour apprendre à développer des applications informatiques. Plus qu’un cyber, c’est un cadre de formation et de recherche.

Les radios Cité et Tchetti félicitées

A la suite du centre numérique, c’est la radio Cité de Savalou qui a reçu la délégation ministérielle. Un accueil chaleureux a été réservé à l’autorité par les agents de radio-Cité de Savalou et par ceux de radio Tchetti. Après une visite des installations de cette radio locale, la ministre en charge de l’Economie numérique et de la Communication a échangé avec les agents sur les difficultés rencontrées par ces organes de presse depuis août 1999, date de leur création. Tour à tour, Thomas Dossou de radio Cité et Jean Sagbo de radio Tchétti ont rappelé leurs problèmes relatifs à la transition de l’analogique au numérique avec le Tnt.
La ministre a motivé les agents à davantage d’efforts pour être au rendez-vous du passage effectif au tout numérique afin de pouvoir faire bénéficier aux auditeurs les avantages technologiques et les innovations qui accompagneront. Elle a félicité les agents de ces deux radios pour le travail abattu quotidiennement pour un grand impact avec des moyens très modestes.
Convaincue que le soubassement de ces projets relatifs au numérique reste celui du déploiement du haut et du très haut débit sur toute l’étendue du territoire, la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou dit être préoccupée par l’installation de la fibre optique en cours à travers le pays. Ainsi, en quittant Savalou, la délégation a marqué des arrêts sur l’axe Savalou-Dassa pour constater le niveau d’évolution du projet d’implantation de la fibre optique qui traverse ces localités par voie aérienne. Une fois terminé, ce projet devra apporter un changement qualitatif dans le monde du numérique au Bénin. Cela permettra à coup sûr de « créer une administration, de construire des centres de données au Bénin, de simplifier les procédures administratives par la dématérialisation de documents, de créer de nouveaux services vers les citoyens à tous les niveaux ».

Société 02 juil. 2018


Vie associative dans la presse: Le Réseau média et justice (Rmj) est né
[caption id="attachment_29794" align="alignnone" width="1024"]Réseau média et justice[/caption]

Les journalistes chroniqueurs judiciaires du Bénin ont désormais leur association. Dénommée Réseau média et justice (Rmj), cette association a été mise sur les fonts baptismaux, vendredi 29 juin dernier à Cotonou lors d’une assemblée générale constitutive. Il est présidé par Hermann Aniambossou, journaliste à Canal 3 Bénin.

Intervenant à l’ouverture des travaux de l’assemblée constitutive en tant que président du comité d’organisation, Hermann Aniambossou a souligné la nécessité pour les citoyens d’accéder à l’information juste en matière de justice. Le Rmj servira, a-t-il précisé, d’intermédiaire entre la justice et les citoyens.
Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Franck Kpochémé, a indiqué que le Rmj a « le défi pressant de contribuer en collaboration avec les acteurs de la justice à dissiper les nombreuses incompréhensions et interrogations subséquentes à certaines décisions de justice rendues.
Basile Tchibozo, président du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel, a exhorté les journalistes à redonner vie à la chronique judiciaire délaissée, depuis quelque temps.
Les acteurs de la justice, Gilbert Togbonon, procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou, et Christian Atayi, substitut du procureur général près la cour d’appel de Cotonou, ont apprécié la naissance du Rmj. Pour Christian Atayi, les productions dans les médias relatives à la justice ne respectent pas toujours la justesse de la terminologie propre à ce secteur. Pour ce faire, il a suggéré que l’une des toutes premières actions de ce réseau soit d’œuvrer pour remettre les pendules à l’heure sur cette question.

 

Société 02 juil. 2018


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