La Nation Bénin...
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Le ministre Abdoulaye Bio Tchané et le maire Charles Toko étaient à la prière[/caption]A l’instar de leurs homologues des autres villes ou localités du Bénin, les fidèles musulmans de Parakou ont également célébré, vendredi 15 juin dernier, l’Aid El Fitr qui consacre la fin du jeûne du mois de Ramadan. Ils ont pris d’assaut les différentes places Idi. C’est pour rendre grâce à Allah et prier pour le Bénin.
Après 29 jours de privation et de dévotions à Allah, les fidèles musulmans de Parakou, parés de leurs habits des grands jours, ont pris d’assaut les différentes places Idi pour la prière de l’Aid El Fitr, vendredi 15 juin dernier. Que ce soit sur les places Idi de Dépôt, de Carder, de Zongo, d’Albarika et de Titirou, ils ont magnifié la bonté du Tout Puissant qui leur a permis de vivre ce jour et pour qu’il puisse accroître leur foi. Ils ont également prié pour le Bénin et ses autorités, puis appelé aux efforts conjugués de tous afin de continuer à relever les défis du développement qui se présentent.
Sur les places Idi de Dokparou et d’Albarika, les fidèles ont été invités à ne pas abandonner les bons comportements qu’ils ont adoptés au cours du mois de jeûne. Après les deux Rackats prévues pour la circonstance, c’est la principale substance du sermon développé par les imams Ibrahim Souleyman et Malick Souleiman qui ont respectivement dirigé les prières.
A la place Idi de Titirou où ils étaient, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané et le maire de Parakou, Charles Toko, ont prié pour le bien-être des populations béninoises. Ils ont également profité de cette occasion pour remettre entre les mains d’Allah, l’âme du regretté Mohamed Nonsou, ancien premier adjoint de la mairie de Parakou, précédemment conseiller municipal de la ville et coordonnateur communal de l’Alliance Abt. A Titirou, c’est l’imam Hamidoulaye Tchéou qui a dirigé la prière.
Société 16 juin 2018

Les épreuves de l’évaluation intellectuelle et pédagogique des enseignants dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’amélioration de la qualité de l’éducation dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire se déroulent, ce samedi 16 juin, sur toute l’étendue du territoire national.
Selon les chiffres de l’Institut national pour la formation et la recherche en éducation (Infre) du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp), en charge de l’organisation pratique de cette composition, les enseignants, sont au total, 31 302 à être attendus à cette composition dont 29 351 pour le secteur public et 1951 pour le privé. Les écoles privées participent à cette évaluation diagnostic avec un échantillon de 10% sur le plan national. Les enseignants du niveau maternel du secteur public sont au nombre de 2040 contre 27 311 pour le primaire. Les 31 302 enseignants dont 5492 dans l’Ouémé/Plateau sont répartis dans 85 centres de composition sur toute l’étendue du territoire national, à raison d’un centre par circonscription scolaire. Ils seront évalués dans trois disciplines à savoir : Mathématique qui se déroule de 8h à 10h, Compréhension de l’écrit de 10h 30mn à 12h et l’épreuve de l’Etude de cas en pédagogie appliquée qui dure de 13h à 14h30mn. La mise en place de tous les enseignants concernés est rigoureusement attendue pour 7h du matin de ce samedi 16 juin pour un bon déroulement de cette évaluation obligatoire pour tous les instituteurs et institutrices agents permanents de l’Etat ainsi que contractuels de l’Etat.
Education 15 juin 2018

Le président de l’Assemblée nationale a honoré, par sa présence, la grande prière musulmane qui s’est déroulée, ce vendredi 15 juin, à la Place Idi d’Agbokou à Porto-Novo, dans le cadre de la fête du Ramadan encore appelée Aïd el Fitr. Me Adrien Houngbédji avait, à ses côtés, le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy et des autorités municipales de la ville de Porto-Novo.
Il est resté à la tribune officielle spécialement réservée aux personnalités non musulmanes, jusqu’à la fin de la prière dite par l’iman de Porto-Novo, Houzéifa Amzat et président de l’Union islamique du Bénin (Uib). Celui-ci, dans son sermon successivement en langues arabe, yoruba et française, n’a pas passé sous silence cette marque de solidarité du président de l’Assemblé nationale. Il a prié Allah de tonifier Me Adrien Houngbédji et le président de la République, Patrice Talon ainsi que tous les autres responsables à divers niveaux de l’organisation sociopolitique et économique du Bénin, pour qu’ils aient l’énergie nécessaire pour concrétiser leurs ambitions pour le développement de notre pays. A l’endroit des fidèles musulmans chichement habillés, le muezzin les a invité à cultiver les vertus de la paix, du pardon, de la tolérance, de l’harmonie et de l’humilité afin d’être en harmonie avec Allah et bénéficier de ses grâces. La culture de ces valeurs est gage de la consolidation de la cohésion au sein de la communauté musulmane et de son épanouissement, insiste l’iman Houzéifa Amzat.
Société 15 juin 2018

Géronime Tokpo, présidente de la Fédération des associations des personnes handicapées du Bénin (Faphb) s’en est allée. Elle a tiré sa révérence, ce jeudi 14 juin, à Cotonou. De sources proches de l’illustre disparue, elle a perdu la vie en voulant la donner. Géronime Tokpo a été rappelée à Dieu en plein accouchement. Elle ne fera parler désormais d’elle que par ses nombreux actes, fruits de ses engagements en faveur des personnes handicapées au Bénin. L’un des couronnements de sa détermination est la décision Dcc 12-106 du 3 mai 2012 de la Cour constitutionnelle dont elle a été la requérante. Laquelle décision permet aujourd’hui aux personnes handicapées de participer aux concours de recrutement dans la Fonction publique au même titre que les personnes valides.
Géronime Tokpo est perçue, pour ceux qui l’ont côtoyée, comme une tête bien faite malgré son handicap visuel. Elle marque toujours positivement les esprits aux ateliers et autres foras auxquels elle prend part par sa participation active pour la promotion des droits des personnes handicapées. La désormais ex-présidente de la Faphb était même la semaine dernière à Sègbohouè dans la commune de Kpomassè, où elle a participé à un atelier sur la collecte de données dans le cadre de l’élaboration du rapport alternatif sur la mise en œuvre au Bénin de la Coalition des défenseurs des personnes handicapées. « L’heure est grave. Notre chagrin est immense. Nos cœurs sont habités de vive douleur. Nous pleurons à chaudes larmes l’une des nôtres, l’une des plus illustres parmi nous qui s’en est allée trop tôt. Elle (Géronime Tokpo, ndrl) était dans le ciel des droits de l’homme une étoile brillante, un visage connu et incontournable. Quelle perte ! Quel vide elle cause dans nos cœurs ! », témoigne Serge Prince Agbodjan, président de la Coalition béninoise des défenseurs des droits humains, un réseau dont l’illustre disparue était une membre active.
Société 15 juin 2018
Tous ensemble pour une réforme inclusive du code électoral[/caption]Les différentes composantes de la société sont en discussion ce jeudi 14 juin à Cotonou sur la réforme du code électoral. C’est une initiative de l’Assemblée nationale qui a opté pour une adoption inclusive de cette réforme en raison de son importance.
L’adoption d’un code électoral est, selon le président du Parlement, Adrien Houngbédji, un acte majeur, un facteur de paix et de développement. C’est pourquoi l’Assemblée nationale a choisi de le faire dans une démarche inclusive. Les assises ont alors réuni des représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, des représentants des leaders traditionnels et religieux, des représentants des partis politiques et de la société civile... Après avoir rappelé que le Bénin, de 1990 à ce jour, en est à sa 27ème loi électorale, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur l’importance de réfléchir à l’élaboration de mesures plus adaptées qui garantissent la crédibilité, la fiabilité, la transparence et la représentativité. Pour le représentant du gouvernement, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, la réforme du Code électoral s’impose non pas comme une option mais une nécessité au regard des enjeux de paix et de croissance. Tous deux ont souhaité que les participants quelle que soit leur connotation politique ou leu rang, s’impliquent dans le débat avec le souci de l’intérêt général.
Ces assises devront permettre d’obtenir des propositions et des avis pour améliorer de façon inclusive le code électoral afin de disposer d’un avant projet de loi qui organise mieux les élections et la vie politique au Bénin, dans le respect de la démocratie. Il faudra aussi réfléchir sur le calendrier électoral et l’actualisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) qui pèsent sur le fonctionnement de l’Etat et les activités de développement en raison de la fréquence des échéances électives. « A l’instar de l’Exécutif, la 7ème Législature se veut une mandature de réformes », a indiqué le président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji.
Actualités 14 juin 2018
Mohamed Al Sahlawi de l’Arabie Saoudite[/caption]Deux joueurs sortent du lot dans ce duel entre le pays hôte, la Russie, et l’Arabie Saoudite. Il s’agit de Mohamed Al Sahlawi de l’Arabie Saoudite et de Fyodor Smolov de la Russie, tous deux attaquants attendus de ce derby. Mohamed Al Sahlawi évolue au poste d’attaquant avec 33 sélections, 26 buts. Bien qu’inconnu en Europe, Mohamed est une star dans son pays. Le redoutable avant-centre d'Al Nasr, l’un des meilleurs buteurs des éliminatoires du Mondial dans la zone Asie, est capable d’inquiéter la défense russe dans ce match.
Quant à l’attaquant russe Fyodor Smolov, deuxième meilleur buteur du championnat russe (30 sélections, 12 buts) pourra pallier l'absence d'Aleksandr Kokorin, forfait pour cette compétition. Très rapide, cet avant-centre de métier qui avait inscrit 63 buts en 97 matchs en championnat aura la lourde responsabilté de conduire la Sbornaja à la victoire devant les 80 000 spectateurs du Loujniki Arena?
Ch. H.

Le trio Etats-Unis-Canada-Mexique organisera la Coupe du Monde 2026. L’issue du vote lors du soixante-huitième congrès de la Fédération internationale de football associations (Fifa), ce mercredi 13 juin à Moscou, n’a pas été favorable au Maroc qui a totalisé 65 voix contre 134 voix pour le trio.
Le Maroc n’accueillera pas la Coupe du monde 2026. C’est ce qui ressort du vote émis par les représentants des pays participants à la soixante-huitième congrès de la Fifa. Avec 134 voix, le trio États-Unis-Canada-Mexique, infernal réuni sous la bannière “United 2026”, a obtenu l’adhésion de la majorité des représentants des fédérations affiliées à la Fifa.
Pour la première fois, 203 membres ont voté en toute transparence pour éviter les faits de corruption soulevés ces dernières années. Car, jusque-ici, l’attribution de cette compétition relevait de l’autorité du comité exécutif de l’instance, composé d’une vingtaine de personnes. Ainsi, quelques heures plus tard, la Fifa a dévoilé le résultat des votes. On remarque que la plupart des pays africains ont voté pour le Maroc sauf onze fédérations : le Bénin, le Botswana, le Cap-Vert, la Guinée, le Lesotho, le Liberia, la Namibie, le Mozambique, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe.
En dehors du vote des autres fédérations africaines, le Maroc a obtenu le soutien du Brésil, de la Belgique, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, du Qatar et de la Palestine. Déçu de l’issue du vote, le président de la Confédération africaine de football, Ahmad Ahmad, n’a pas hésité à dénoncer les pressions politiques au micro d’Arryadi : « On a fait ce qu’on pouvait. Apparemment, 45 pays en Afrique ont voté (en faveur du Maroc), je pense que c’est honorable. C’est ce que j’ai toujours dit, avoir 100 % actuellement c’est très difficile et puis, vu les fortes pressions politiques de certains chefs d’Etat en Afrique, ce n’était pas évident… », a-t-il déclaré. Le royaume chérifien vient ainsi d’échouer pour la cinquième fois, après 2010, 2006, 1998 et 1994.
Beaucoup d’éléments ont milité en faveur du trio. Non seulement les menaces du président Donald Trump auraient pesé mais aussi l’argument financier du trio américain promettant d’organiser le Mondial le plus prolifique de l’histoire avec dix-sept stades prêts, aurait compté.
le général Nazaire Hounnonkpè, directeur général de la Police républicaine[/caption]Des conducteurs en excès de vitesse, ce jeudi 14 juin, sur la voie Comé– Grand-Popo auront maille à partir avec les éléments de la Police républicaine. Ces derniers déclencent, ce jour sur l’axe, une opération de répression contre l’excès de vitesse, à 500 m, à la sortie de Comé en direction de la ville balnéaire de Grand-Popo, commune du Mono. Avis donc aux usagers de cette voie et à ceux qui vont emprunter les autres routes du département. Dès à présent, indiquent des sources proches de la police, les conducteurs peu attentifs aux panneaux signalétiques et à leur vitesse de circulation peuvent tomber dans le dispositif de traque dont le déploiement peut varier.
A rappeler que pour mieux mener cette activité, la Police républicaine s’est dotée des cinémomètres lasers tru Cam II qui, selon les explications de l’officier de police Vincent Oloukou, sont des radars mobiles d’une technologie de pointe permettant de mesurer les excès de vitesse sur les voies. Ces appareils enregistrent, entre autres données, la vitesse à laquelle roule un véhicule, capturent son immatriculation, la photo du véhicule et celle du conducteur. Ces renseignements édités servent, aux dires de l’officier de police, à établir les procès-verbaux dans les cas d’infraction portant sur l’excès de vitesse. « Lesquels renseignements constituent des preuves inaltérables pour confondre tous ceux qui tenteraient de contester cette infraction constatée au cours des opérations de contrôle », a indiqué l’officier de police, Vincent Oloukou.
Vendredi 30 mars dernier, deux lots de radars mobiles munis de lampes infrarouges ont été remis à Comé, par le général Nazaire Hounnonkpè, directeur général de la Police républicaine.
Remise symbolique des dons à la prison civile de Porto-Novo[/caption]Les bras chargés de vivres et autres matériels de prière musulmane, la Jama’at islamique Ahmadiyya du Bénin est allée partager la joie de la fête de l’Aïd el-fitr encore appellée Ramadan avec les couches pauvres et en situation difficile dans l’Ouémé. L’association était à Porto-Novo et à Avrankou, mardi 12 juin dernier, où elle a procédé à la distribution des dons, pour permettre à ces populations de bien festoyer demain.
Le centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé/Plateau, la prison civile de Porto-Novo et le centre de traitement des malades mentaux saint Camille Oasis d’amour d’Avrankou ont accueilli, mardi 12 juin dernier, une délégation de la Jama’at islamique Ahmadiyya du Bénin conduite par son président, Rana Farooq Ahmad. Elle est allée communiquer par anticipation la joie de la fête du Ramadan encore appelée Aïd el-fitr à ces personnes démunies, après une visite de courtoisie aux autorités de la préfecture de l’Ouémé. La délégation n’a pas effectué sa tournée les mains vides. Elle avait les bras chargés de vivres tels que des sacs de riz, des cartons de pâtes alimentaires, de savons, des bidons d’huile d’arachide, de cartons de boîtes de conserve de tomate, des cartons de sucre, des nattes et autres gourdes habituellement utilisées pour la prière musulmane. Les dons ont été symboliquement remis à chacune des étapes du périple.
Pour le président de la Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin, Rana Farooq Ahmad, cette action charitable s’insère dans le cadre de la vision de son association depuis 1967 dans notre pays à savoir partager l’amour de Dieu avec son prochain pour qu’il soit aussi en joie. Selon lui, 30 millions F Cfa ont été déboursés au total cette année par l’association pour l’opération de dons aux couches pauvres et vulnérables sur toute l’étendue du territoire national qu’elles soient musulmanes ou non.
A la prison civile de Porto-Novo où séjourne 1008 prisoniers pour une capacité d’au plus de 500 détenus, le régisseur de cette maison d’arrêt, le capitaine Jean-Eudes Etchiha, a remercié la Jama’at islamique Ahmadiyya pour ces œuvres humanitaires à la veille des fêtes du Ramadan et de la Tabaski. Il a saisi l’occasion pour inviter la délégation à aller encore plus loin dans ces œuvres afin de mieux impacter le cœur des pauvres et atteindre ses objectifs. Le régisseur propose que l’association musulmane pense par exemple à aider certains prisonniers déjà jugés et condamnés à payer des cautions mais qui, faute d’argent, sont encore en prison. Très sensible à cette doléance, Rana Farooq Ahmad a remis, séance tenante, une enveloppe de 150 000 francs Cfa au régisseur pour régler la caution de trois prisonniers condamnés au paiement de la somme de 50 000 francs Cfa chacun. Le président de la Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin promet de faire bientôt un don de trente machines à coudre à la prison civile avec le recrutement d’un formateur pour la réinsertion sociale des prisonniers qui désirent se faire former en taillerie. Il a pris rendez-vous à cet effet avec la direction générale de l’Agence pénitentiaire à Cotonou pour finaliser ce projet comme beaucoup d’autres qui tiennent à cœur, afin de soulager la peine des détenus après leur libération.
Le régisseur de la maison d’arrêt de Porto-Novo a remercié les membres de la communauté Ahmadiyya pour leur sollicitude à l’endroit des couches en détresse. Il a prié Dieu de le leur rendre au centuple.
Le directeur du centre des malades mentaux saint Camille d’Avrankou, Innocent Amadji, implore également la bénédiction de Dieu sur les membres de l’association et leurs activités professionnelles.
L'ancien système éducatif comparé au nouveau système LMD[/caption]
Roi LMD International, tel est le titre de la pièce théâtrale, créée par les étudiants du département des Lettres modernes de la Faculté des Lettres, Langues, Art et Communication (Fllac) de l’Université d’Abomey-Calavi. Lancée le vendredi 1er juin 2018 à la bibliothèque du campus universitaire et présentée en spectacle le 2 juin à l’espace Mayton, cette pièce de théâtre porte un regard désabusé sur le système Lmd (Licence-Master-Doctorat), mis en application dans une certaine impréparation en Afrique depuis plus d’une décennie.
Parue à Cotonou à Perma Editions en 2018, la pièce théâtrale intitulée Roi LMD International se présente comme un drame social. « Fruit d’une initiative artistique entre un enseignant et ses étudiants », cette pièce, dont la première a eu lieu le 27 décembre 2017, est une création collective d’un groupe d’étudiants du département des Lettres modernes, inscrits en Licence, Semestre 6, au cours de l’année académique 2016-2017, notamment Jérôme Gbèwa, Prisca Aurore Godonou, Césaire Houindo et Patrice Ogou, sous la coordination de Fernand Nouwligbèto, chef adjoint du département, comédien, dramaturge, metteur en scène et critique littéraire, dans le cadre de son cours de Mise en scène.
« Des Atlas portant le monde...»
Roi LMD International s’ouvre par une didascalie locative qui plante le décor de la pièce et situe le lecteur/spectateur sur un campus universitaire, dans un pays africain imaginaire. L’action se déroule dans un « amphithéâtre bondé d’étudiants ». Visiblement, ils attendent leur enseignant qui tarde à venir, tandis que dans les coulisses, résonne une chanson en langue nationale « fon ». Cette chanson annonce le sujet de la pièce, déjà explicite à travers le titre de l’œuvre. En outre, il fonctionne comme une mise en garde qui révèle l’intention satirique des auteurs.
« En? hw? zéé
B? gb? ? bi m? xa wéé
Ahizin? ma xo hun xa wéé
Nu a h?n gbé lé oo »
« Voici que tu l’as choisi
Et tout le monde en est témoin
Prends garde
Que les intrigants ne s’en prennent à toi
Et ne t’incitent à le détruire »1 ...
On le devine assez aisément, le pronom personnel « l’ » mis pour « le » dans le premier verset de ce chant est une allusion directe au système Lmd en vigueur dans la plupart des pays africains depuis quelques années.
Lorsque l’action commence dans l’espace confiné de cet amphithéâtre à l’atmosphère surchauffée, quatre étudiants apparaissent, chacun portant à bout de bras, un morceau de brique en guise de siège. Pendant qu’ils attendent Monsieur le Professeur, tels les personnages de la pièce En attendant Godot2 de Samuel Beckett, ils exposent, pour meubler leur attente et tromper leur ennui, les différents problèmes qui corrodent le monde universitaire. Ces problèmes se révèlent, au fil du dialogue théâtral, au travers de l’histoire dramatique du brillant étudiant Koffi, qui peine à se faire recruter après avoir soutenu brillamment deux thèses de doctorat, l’une en sociologie et l’autre en droit ; des récits tragiques d’enseignants, « ces Atlas portant le monde », croulant sous le poids du nombre astronomique de copies à corriger et qui meurent à la tâche par excès de travail, à l’instar du Professeur Titulaire Kanxoto ou du jeune enseignant du département d’Architecture. Lorsqu’arrive enfin le Professeur tant attendu, député et expert du Lmd de son état, il passe son temps à discourir au téléphone plutôt que de dispenser son cours avant de s’en aller, au bout de quelques instants, pour participer à une session organisée par l’Assemblée nationale sur le système Lmd. Pendant que le Lmd est sacré roi de l’enseignement supérieur et que les autorités passent leur temps à organiser des séminaires pour en expliquer le fonctionnement, les étudiants et leurs enseignants font l’amère expérience de ses limites et subissent ses effets pervers. La grève, déclenchée par les étudiants, sur fond de manipulations politiques, est violemment réprimée par la police. Les étudiants radicalisent leur position et usent de tous les moyens pour se faire entendre : incendie de véhicules, épandage de matière fécale dans les amphithéâtres et autres endroits du campus, défiant ainsi les autorités et la police comme en témoignent les versets suivants :
« Ils sont venus ce soir
Les babines dégoulinant de sang !
Ils sont venus tester leurs canines
Essayer leurs griffes mortelles
Dans la chair des étudiants !
[...]
Nos cailloux sont prêts
David contre Goliath
Pot de terre contre pot de fer
Nous vaincrons ! »3
En dépit de leur détermination, la crise se solde par l’invalidation de l’année académique ainsi que par le renvoi des responsables des étudiants, meneurs du mouvement de protestation. Au dénouement de la pièce, la voix de Séra Agba, qui symbolise la voix de la conscience, situe les responsabilités et tente de ramener les étudiants à la raison en les sensibilisant sur les vertus de la non-violence tandis qu’un grand orage éclate, comme pour purifier non seulement l’Université et ses acteurs, mais aussi le LMD de leurs souillures, de leurs tares, pour un renouveau de l’enseignement supérieur. Retentit alors la chanson rituelle de clôture: « O un l? we see O see un l? we... Je te lave complètement. Complètement je te lave. Pour la faute commise par ignorance...», qui corrobore cette idée.
Frissons sur les campus africains
D’un volume total de 86 pages, la pièce, Roi LMD International rompt avec l’esthétique de la dramaturgie classique et présente une structure ternaire, novatrice. Chaque séquence correspond en effet à l’un des niveaux de formation ou à l’un des trois diplômes sanctionnant le parcours de formation des étudiants dans le système Lmd : Licence-Master-Doctorat. Cette structuration donne l’impression que l’action évolue suivant le parcours de formation des étudiants mais en réalité, chaque séquence présente l’un des aspects des difficultés auxquelles enseignants et étudiants sont confrontés dans le contexte du LMD et la situation de crise engendrée par sa mauvaise application. Si la première séquence, intitulée « Frissons Licence », montre les conditions matérielles désastreuses dans lesquelles le système Lmd a été mis en œuvre dans les universités africaines, la deuxième séquence, « Zone Master » fait un zoom sur l’absence d’accompagnement pédagogique et documentaire, la situation de crise qui prévaut sur le campus et la répression policière qui en découle. La troisième et dernière séquence, « Cap Doctorat », montre le sacre du Roi Lmd, pose le diagnostic des maux qui le rongent et propose des remèdes. De plus, elle expose l’exacerbation de la situation de crise et l’échec du mouvement de grève.
Cette structure est renforcée par deux discours d’escorte, le premier, intitulé « En lever de rideau », est centré sur le contexte de création de la pièce et le second, « Exit » présente un bref historique du système Lmd et son mode de fonctionnement.
Satire sociopolitique, la pièce Roi LMD International est construite autour du sujet des difficultés de mise en œuvre du système Lmd et les conséquences perverses qu’il engendre. Elle dénonce, par le truchement d’images, de procédés de la caricature, de la parodie, de l’ironie et de l’humour caustique, l’impréparation qui a caractérisé l’adoption de ce système dans les pays africains où toutes les conditions de sa réussite sont loin d’être réunies: manque d’infrastructures adéquates, effectif pléthorique des étudiants, pénurie d’enseignants qualifiés, conditions de travail difficiles des enseignants, inexistence ou vétusté des laboratoires et bibliothèques... La pièce développe également en filigrane d’autres thèmes secondaires relatifs à la militarisation des campus en situation de crise et à la violation des franchises universitaires, à la répression policière des mouvements de grève, à la violence sur les campus universitaires, à l’exclusion de l’éducation des priorités de développement, à l’absence manifeste de visions et stratégies politiques en matière d’éducation, à la politisation à outrance des universités ainsi qu’on le note à travers la réplique suivante de l’Etudiant n°1 : « Ici à l’université, tout le monde fait la politique : les enseignants, le personnel administratif, les autorités rectorales et puis les étudiants ! Tout le monde, même le vent qui circule ! Même les grains de sable ! Tout est politisé ! »4
Roi LMD International est non seulement l’expression de la détresse d’une jeunesse estudiantine sacrifiée et promise à un sombre avenir mais aussi et surtout une tribune d’interrogations sur la pertinence du choix du système Lmd dans les pays africains aux ressources limitées et une critique acerbe des politiques de développement. La pièce analyse sans concession la situation critique dans laquelle sombrent les universités africaines et pose un diagnostic sans appel. En effet, plusieurs affections graves altèrent l’organisme de « Sa Majesté Lmd International », notamment des « lésions cérébrales, (une) arthrose, (une) arthrite rhumatoïde, (une) anémie sévère, (un) cancer des yeux » qui risquent de la conduire à une fin fatale. C’est pourquoi, les auteurs préconisent une thérapie de choc pour sauver l’université d’autres « séismes » que ce « Roi » malade peut encore engendrer : « Achetez immédiatement ces médicaments si vous tenez à la respiration de Sa Majesté LMD International. Et faites vite, car il pourrait être secoué par d’autres séismes, par d’autres crises qui contamineront toute l’université. Personne n’y échappera [...] Même les hommes politiques et les décideurs n’auront pas le temps de ramasser leurs sandales pour détaler devant l’avalanche des crises en bourgeonnement ! »5, avertissent les auteurs.
Cette thérapie consiste à administrer à ce Roi grabataire :
« Trois cents boîtes d’amphithéâtraline
Deux cents comprimés de professeuriciline, à renouveler chaque année
Une plaquette de bibliothéciline, dose adulte
Une anti-politiciline
Une anti-policiline
Beaucoup de vitamines anticorruptives, à prendre tous les jours! »6 .
Sensibiliser à la non-violence
A l’analyse, la pièce Roi LMD International dépeint un tableau réaliste de l’application désastreuse de ce système en Afrique et rappelle étrangement la grève qui a secoué le campus d’Abomey-Calavi au cours de l’année académique 2015-2016.
Les pays africains sont-ils contraints de calquer leur modèle éducatif sur celui des pays occidentaux et d’appliquer le Système Lmd dans un contexte de précarité extrême ? Quelle qualité d’éducation est, dans ces conditions, offerte aux apprenants et quelle est leur chance réelle d’intégration socioprofessionnelle à la fin de leurs études ? Que faire pour améliorer la situation et offrir de meilleures conditions d’études et de travail aux étudiants et enseignants ? Telles sont les interrogations angoissantes qui se dégagent de cette pièce qui constitue un cri d’alarme visant à attirer l’attention des décideurs politiques africains sur les maux qui minent l’enseignement supérieur afin qu’ils repensent les systèmes éducatifs de leurs pays.
L’œuvre constitue un premier regard artistique, un regard original et désabusé sur le Système Lmd et bouleverse l’esthétique théâtrale classique en présentant une structure originale qui ne tient plus compte des subdivisions traditionnelles en actes et scènes ou tableaux. Elle convoque des personnages sans identité, réduits à leurs fonctions (Etudiant n°1, Etudiant n°2, Etudiante n°3, Etudiant n°4, le Professeur, le Médecin, etc.) comme dans la plupart des pièces théâtrales contemporaines. En outre, elle renouvelle la thématique du théâtre béninois contemporain même si elle véhicule en filigrane le thème classique de la satire sociopolitique.
Roi LMD International est conçue comme un spectacle total intégrant tous les langages artistiques : chants en langue nationale « fon », danses, panégyrique, poésie qui permettent d’ancrer la pièce dans son contexte culturel et de l’inscrire dans la dramaturgie identitaire, avec une mise en scène à l’italienne et une esthétique entre identification et distanciation.
En définitive, la pièce remplit une fonction didactique en ce sens qu’elle sensibilise les étudiants à la non-violence et les invite à un éveil de conscience, au respect des aînés, au sérieux et à l’abnégation car « des études menées avec rigueur et sérieux te font ami des étoiles »7, conseille la voix de Séra Agba.
Il faut noter que la démarche artistique de Fernand Nouwligbèto vise à initier les étudiants des Lettres modernes à la pratique théâtrale en les plaçant au cœur du dispositif théâtral. Il s’agit, de façon plus spécifique, de leur faire vivre une expérience théâtrale participative qui leur permette de découvrir les différentes étapes de création d’un spectacle de théâtre depuis le choix du sujet jusqu’à la représentation devant le public/spectateur en passant par le travail de casting des acteurs, d’élaboration du scénario ou d’écriture du texte, de conception du décor, de régie son et lumière, le choix des costumes, les répétitions, la formation au jeu d’acteurs, à la direction d’acteurs, à la production du spectacle, etc. Si tout le processus de réalisation a été marqué par des contraintes, l’expérience semble couronnée de succès.
Il convient également de rappeler que le système Lmd dont l’objectif principal est, sans doute, de faciliter la mobilité et l’intégration des étudiants, a été lancé le 25 mai 1998, à l’occasion du 800e anniversaire de la Sorbonne par les ministres de l’Enseignement supérieur de quatre pays européens (l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie) avant d’être adopté en 1999 à Bologne en Italie par 29 ministres européens de l’Education. A partir de 2005, le Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (Reesao) en fait la promotion dans la plupart des pays africains francophones de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Il a été officiellement adopté par le gouvernement béninois par le décret n°2010-272 du 11 juin 2010 portant adoption du système Licence-Master-Doctorat (Lmd) dans l’enseignement supérieur en République du Bénin.
Par Dr Rose Ablavi AKAKPO*
Enseignante à l’Institut
national des Métiers
d’Art, d’Archéologie et de la Culture de l’Université d’Abomey-Calavi (INMAAC/UAC)