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Le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty, est descendu, ce jeudi 1er février, sur des chantiers de construction, d’aménagement et de bitumage de routes dans les départements du Littoral et de l’Atlantique. Après une visite des chantiers de la Route des pêches, de Kpota-Calavi-Ouèdo-Hêvié-Cococodji, puis Misséssinto-Zinvié-Zè, il dit être satisfait de l’évolution des travaux avant d’inviter les entreprises en charge à maintenir le cap pour le respect des délais.
Les chantiers ouverts dans le cadre du Programme d’action du gouvernement reçoivent la visite du ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty. Accompagné des cadres dudit ministère, il était sur le terrain pour s’enquérir du niveau d’évolution des chantiers de la Route des pêches, de la voie Kpota-Calavi-Ouèdo-Hêvié-Cococodji, puis celle de Misséssinto-Zinvié-Zè.
Initié par le gouvernement d’alors entre 2013 et 2015 dans le cadre du développement de la Route des pêches, le premier chantier visité avait connu une suspension des travaux de la part des autorités actuelles qui ont voulu y voir clair avant la poursuite. En raison de l'option des nouvelles autorités, le projet a connu un léger retard qui, selon le chef de mission de contrôle du chantier, Mama Idrissou, pourra être rattrapé.
Avec un budget de 29 milliards de francs Cfa, ce chantier de la Route des pêches d’une longueur de 13 kilomètres exécuté par l’entreprise Adéoti à plus de 23 % s’étend du carrefour devant le supermarché Erevan jusqu’au village Adounko, arrondissement de Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi.
Avant d'étendre le projet jusqu’à Ouidah, le directeur général des Infrastructures, Jacques Ayadji, a expliqué que le gouvernement actuel a initié une deuxième étape du projet dont les travaux sont confiés à une entreprise chinoise.
Quant au tronçon Calavi Kpota-Ouèdo-Hêvié-Cococodji, long de 21 kilomètres en double voie, les travaux sont exécutés par l’entreprise Ebomaf. Ici, la libération des emprises est achevée. Ce qui facilite à l’entreprise, un déroulement normal des travaux dont le taux d’exécution est de 31,20%. Il n’y a plus de résistance des populations, se réjouit Cyr Koty qui salue ce comportement des populations riveraines. Lesquelles ont compris, selon lui, l’importance de cette route.
La réalisation de cette route, à en croire le ministre, permettra aux populations de bien développer les activités génératrices de revenus, et par ricochet le développement de la commune d’Abomey-Calavi.
Après Calavi-Kpota-Ouèdo-Hêvié-Cococodji, le ministre et sa délégation sont allés sur le chantier de Missésinto-Zinvié-Zè long de 32 kilomètres. Ici aussi, les travaux confiés à l’entreprise Ebomaf sont exécutés à 52,17 %. Sur les deux chantiers, Ebomaf a atteint un taux d’exécution global de
41,68 % pour un taux de consommation de délai de 50,08 %.
Sur les trois chantiers, le ministre Cyr Koty dit être satisfait des entreprises qui ont la charge des travaux. Car, elles sont en train de tout mettre en œuvre pour que les retards enregistrés au démarrage des chantiers soient rattrapés dans les délais impartis. Il les a félicitées et encouragées à rester toujours aux côtés du gouvernement pour que les objectifs fixés soient atteints.
L’aménagement et le bitumage des routes sont des projets phares qui s’inscrivent dans le cadre du Pag. Ils permettent de faciliter la mobilité des populations riveraines.
La visite des chantiers se poursuit aujourd’hui sur les chantiers Porto-Novo-Akpo-Missérété et Pobè-Adja-Ouèrè-Ouinhi?
Aéroport de Glo-Djigbé : les formalités pour le dédommagement
Après la visite des chantiers de construction et de bitumage des routes, le ministre des Infrastructures et des Transports est allé à l’arrondissement de Glo-Djigbé dans la commune d’Abomey-Calavi où se déroulaient les formalités des personnes affectées par le projet aéroportuaire de la localité.
Selon Clémentine Dohou, membre de la Commission interministérielle chargée de dédommagement et de relogement des personnes affectées par le projet, il s’agit d’une séance de négociation avec lesdites personnes. Avec ces personnes, souligne-t-elle, la commission calcule les droits pour les terrains et les constructions à dédommager. Selon elle, si dès le premier jour de l’opération, il n’y avait pas eu d’affluence, c’est parce que l’information n’était pas bien passée. Mais à partir de ce jeudi, la commission commence à enregistrer une affluence importante. Elle a invité les autorités à les aider à communiquer autour de cette opération pour que les personnes concernées viennent se faire enregistrer.
Un appel auquel le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty, entend apporter un écho favorable. Avec les constats, il estime que la satisfaction est totale avant de promettre que des dispositions sont en train d’être prises pour trouver les solutions qu’il faut afin de démarrer effectivement dans un bref délai ce projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, un projet phare du gouvernement du Nouveau départ?
B. S.
Actualités 02 févr. 2018

En dépit de son handicap, Faïsal Atchiba, médaillé de bronze aux derniers Jeux de la Francophonie n'a jamais abandonné son désir d’atteindre le haut niveau. Pétri de talent, il raconte ce qui a transformé son rêve de footballeur en athlète paralympique.
Fière allure, athlétique, le regard pétillant, Faïsal Atchiba est de nature très calme. A 26 ans, d'une taille de 1,78 m pour 62 kg, il croque la vie à pleine dent, malgré son handicap consécutif à un accident dans sa onzième année.
« J’ai été amputé du bras gauche à l'âge de 11 ans à la suite d’un accident au marché de Bassila. J’aime m’amuser avec les poissons quand un jour, j’ai été piqué par les rayons épineux d’une carpe ». raconte-t-il avec une voie pleine émotion.
Ironie du sort, cet incident s’invitait dans sa vie à une semaine de son Certificat d’études primaires. C’est ainsi que Faïsal Atchiba a fait une croix sur son rêve de devenir footballeur, lui qui était le garçon adulé par des milliers de fanatiques du football lors des tournois de vacances dans son Bassila natal.
« Non seulement ce mal m’a fait rater mon examen mais m’a également écarté du football, mon sport favori » se désole-t-il.
Le natif de Bassila va retrouver de nouveau le goût pour le sport, mais cette fois-ci en athlétisme. Il a transcendé son handicap et sa reconversion est accomplie au bout de quelques années grâce à ses parents et surtout à cause de sa rencontre avec Ambroise Adanhoumè, coach de Guépard Handisport, qui lui a donné sa chance.
« En 2015, j’ai été détecté par le coach Ambroise Adanhoumè qui a décidé de faire de moi un athlète complet. C’est ainsi que j’ai fait un chrono de 12 secondes au 100 mètres au Championnat national paralympique du Bénin », se souvient-il.
La confirmation
Faisal Atchiba commence par croire en ses capacités de réussir et participe aux mêmes compétitions que les athlètes ‘’normaux’’, ce qui lui a permis d’être l’année dernière finaliste du 200 mètres au championnat national d’athlétisme à Porto-Novo », confie-t-il.
Après une année de carrière, le jeune athlète reste constant dans ses performances. Il affole les chronomètres lors des meetings et fait retentir l’hymne national à Abidjan lors des derniers Jeux de la Francophonie en août 2017.
L’année 2017 a été une année de confirmation pour Faïsal Atchiba. Au dernier championnat national paralympique, il confirme sa marque aux championnats départementaux. « De retour d’Abidjan, j’ai pris part au championnat national paralympique où j’ai été respectivement médaillé d’or en saut en longueur avec une performance de 5 m 45 et médaillé d’or sur 200 m avec une performance de 23 secondes 52 tierces.
Aujourd’hui comme hier, il reste un passionné du sport. Il s’entraîne plusieurs fois par semaine pour rester au top, afin de côtoyer le sommet, de quoi susciter l’admiration de tous.
Toujours souriant, l'enfant de Bassila revient sur ce qu’est aujourd’hui son existence, et le plaisir qu’il y trouve. « Le handicap n’est pas un frein en soi. Nul ne sait ce que la vie lui réserve. C’est pourquoi je ne me compare pas aux autres. J’ai été comme eux avant d’être malade », a-t-il déclaré avec un brin d’espoir.
Dominer le handicap et vivre son art
La pratique du sport a permis à ce jeune homme de trouver son équilibre mental, du plaisir, une passion et une certaine intégration sociale. Une manière d’embrasser non seulement une carrière d’athlète, mais aussi continuer mes études. « Je suis motivé à briller dans le sport mais aussi à finir mes études » jure-t-il. Faïsal Atchiba est en année de licence en marketing technique et communication à l’Université polytechnique international du Bénin (Upib-Onm) et en deuxième année du droit à la Faculté de droit à l’Université d’Abomey-Calavi.
Mais, où ce jeune athlète paralympique puise-t-il la motivation, vu qu’il a découvert tardivement l’athlétisme ? Sa force réside simplement dans sa volonté de réussir dans la vie. Et pour cela, il se donne au quotidien. « J’essaye de dominer le regret d’avoir perdu un bras. Je m’en soucie moins. Ce qui me préoccupe reste ma carrière en athlétisme et ma vie », ajoute-t-il. C’est pourquoi après son sacre aux Jeux de la Francophonie, il a continué à persévérer. Il pense porter haut l’étendard du sport national partout où besoin sera. A ce prix, Faïsal Atchiba mérite plus d’attention de la part des autorités et du public sportif béninois?

La loi de finances 2018 a donné lieu à beaucoup de conjectures dans le secteur privé, notamment en ce qui concerne la réforme de la Taxe professionnelle synthétique (Tps). Nicolas Yènoussi, directeur général des Impôts, revient ici sur les innovations apportées à cette taxe et le coup de pouce apporté aux micro et petites entreprises.
La Nation : A quoi sert la taxe professionnelle synthétique et quel a été le contexte de sa mise en œuvre ?
Nicolas Yénoussi : En 2015, le législateur béninois a mis en place une fiscalité adaptée aux micro et petites entreprises. Cela fait suite au constat selon lequel la fiscalité des micro qui existait ne cadrait plus avec le contexte. La taxe professionnelle unique (Tpu) qui avait court prenait en compte dans son mode de calcul, la valeur locative. La valeur locative n’est rien d’autre que le montant annuel du loyer payé par l’entrepreneur dans le cadre de l’exercice de sa profession. Vous pouvez occuper un petit espace pour lequel vous payez un faible montant de loyer, mais avoir une activité qui vous permet de réaliser un chiffre d’affaires suffisamment élevé. Je prends l’exemple des prestataires de service qui n’ont pas besoin forcément d’un grand immeuble, ou d’un grand espace avant de faire leur activité. Aujourd’hui, il y a des activités liées au développement des Tic qui vous permettent juste d’avoir un ordinateur et faire vos affaires. Alors que celui qui exerce des activités qui nécessitent du stock, utilise assez d’espace et est pénalisé dans le calcul de l’impôt. C’est pour assurer plus de justice et plus d’équité qu’on a décidé d’abandonner l’imposition des micro et petites entreprises fondée sur la valeur locative pour se conformer au chiffre d’affaires. On estime que le chiffre d’affaires est le dénominateur commun de toutes les entreprises, quelle que soit l’activité exercée. En outre, les bonnes pratiques au plan international aujourd’hui veulent qu’on puisse utiliser le chiffre d’affaires pour faire une imposition simple. C’est ce qui a été fait en 2015, dans le but aussi d’aider les micro et petites entreprises à se formaliser.
N’y avait-il pas aussi un besoin de simplification de la taxation de ces micro et petites entreprises ?
Bien sûr que oui ! En 2015, au moment où la législation avait été mise en place, le leitmotiv était la simplification pour permettre à l’entreprise elle-même de pouvoir appréhender les règles de calcul. Mais en pratique, il s’est révélé que la simplification tant souhaitée n’était pas au rendez-vous. Il y avait plusieurs barèmes, plusieurs taux, et les règles d’appréciation du chiffre d’affaires n’étaient pas suffisamment claires. Il fallait par exemple que les agents se déplacent sur le terrain pour recueillir le chiffre d’affaires, ce qui donnerait lieu à des marchandages, à de l’arbitraire et développerait la corruption.
Le ministre de l’Economie et des Finances a apprécié à sa juste valeur les difficultés liées à la mise en œuvre de la Taxe professionnelle synthétique, jusqu’à l’année dernière. Il y a eu également les plaintes des collectivités locales qui ne se retrouvaient plus dans la réforme Tps qui est un impôt à ressources partagées entre l’Etat et les collectivités locales. L’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) a fait plusieurs requêtes parce que par rapport à la situation antérieure, la mise en œuvre de la Tps a généré beaucoup de difficultés au niveau des finances locales. Je dois aussi ajouter l’exclusion des contribuables de la Tps du système de Tva. Pour corriger toutes ces insuffisances, une nouvelle législation a été proposée et validée par l’Assemblée nationale, ce qui a donné lieu à la nouvelle taxe professionnelle. Donc, c’est toujours la même taxe synthétique qui est en vigueur à partir du 1er janvier 2018 avec quelques modifications.
Effectivement, il a été dit que la nouvelle loi a procédé à une augmentation, en tout cas, à un relèvement des tarifs. Qu’est- ce qui explique cela ?
C’est juste une impression. Il n’y a pas eu de relèvement de la Tps. Contrairement à la législation antérieure, nous avons, dans la nouvelle, donné beaucoup plus de précision sur les règles de calcul. Là où les dispositions pouvaient prêter à confusion, on les a clarifiées. Par exemple, pour calculer la nouvelle Tps, nous avons retenu un seul barème pour les micro entreprises au lieu de deux. Pour les petites entreprises, nous avons retenu un taux unique au lieu des deux qui distinguent activité de négoce et autres activités. Il y avait des activités comme les petites industries qui ne se retrouvaient pas, parce que disant qu’on ne pouvait pas être des petites et micro industries (Pmi) et se voir appliquer un taux de 2 %, un taux plus élevé comme celui des prestataires de services. Alors qu’elles sont appelées à transformer des matières premières, donc valoriser la production et développer l’économie locale. L’idéal, c’était d’aller à un taux unique, de clarifier les choses. Nous avons simplifié dans la mesure où aujourd’hui on a généralisé le système déclaratif de sorte que c’est le contribuable lui-même qui déclare ce qu’il a fait et vient payer sur cette base. Plus tard, l’administration fiscale pourra faire le contrôle. C’est un gros avantage pour le contribuable.
Les dispositions relatives à la réduction progressive sur trois ans ne figurent plus dans les avantages dont bénéficient les entreprises. Est-ce à dire que cet allègement n’existe plus du tout ?
C’est vrai qu’on nous a reproché d’avoir modifié les exonérations accordées aux nouvelles entreprises dès leur création sur trois ans. Mais cet allègement n’a pas été supprimé. La nouvelle législation permet de rester dans la logique qu’on avait définie, à savoir que nous devons mettre en place aujourd’hui une fiscalité qui ne sert pas de refuge aux fraudeurs. Nous avons constaté que la Tps a, malheureusement, été récupérée par les fraudeurs. C’est devenu un régime refuge. Au départ, les exonérations pour les nouvelles entreprises étaient de 100%, la première année. Mais, on a remarqué que beaucoup de contribuables utilisaient abusivement cette facilité, créaient une entreprise, et la refermaient rapidement. On a alors étalé la mesure sur trois ans. En effet, lorsque vous restez fidèles à l’administration fiscale, vous bénéficierez de toutes les exonérations. La fidélité va se jouer sur trois ans, et la grosse réduction vous sera accordée à la fin de la troisième année donc 25, 25, 50 %. On est resté dans cette logique en retenant que lorsque vous êtes une entreprise à la Tps, étant donné que nous avons simplifié le système qui est devenu déclaratif, vous y entrez et quand votre chiffre d’affaires va évoluer au-delà de 50 millions, les exonérations de 25, 25 et de 50% sont toujours là.
La nouvelle Tps exclut les entreprises qui sollicitent d’attestation fiscale de ce régime. Quel type d’attestation doivent-elles s’attendre à recevoir ? Est-ce que cette exclusion vaut d’office pour le paiement de la Tva ?
Là aussi, c’est un gros point de confusion qui est véhiculé. Les entreprises qui postulent pour des marchés publics et qui souhaitent avoir une attestation fiscale ne sont pas du tout exclues de la Tps. La Tps a deux compartiments. Le premier, c’est le régime des micro de zéro à 20 millions, le second, c’est de 20 millions à 50 millions. Mais la loi dit que lorsque vous demandez une attestation, on ne peut pas vous considérer comme micro entreprise mais vous êtes une petite entreprise. Donc vous êtes légèrement déclassé. On ne vous met pas au régime du réel simplifié, mais on vous met au régime des petites entreprises. Cela fait 2% de votre chiffre d’affaires.
En outre, cela n’emporte pas d’office l’assujettissement à la Tva, parce que la règle de la Tva que la loi de finances 2018 a énoncée, c’est qu’on a maintenu l’ancien seuil d’assujettissement qui était de 50 millions. Mais avant, il n’y avait pas la possibilité pour les entreprises de la Tps d’opter pour la Tva. Cela les pénalisait. Toute l’année dernière,nous avons géré ces plaintes des entrepreneurs. Aujourd’hui, le législateur les a libérés et donne la possibilité d’opter pour la Tva lorsque le chiffre d’affaires a atteint 20 millions’’. Donc une entreprise qui a la Tps et demande une attestation sera au régime des petites entreprises, mais ne pourra opter pour la Tva que lorsque son chiffre d’affaires sera de 20 millions de francs Cfa.
En cas de dépassement de chiffre d’affaires de 50 millions, est-ce que les chiffres d’affaires réalisés avant le dépassement est soumis à la Tva ?
Non. Avant le dépassement de 50 millions, les affaires réalisées antérieurement ne sont pas soumises à la Tva. Mais à partir du moment où vous dépassez le seuil de 50 millions, vous devenez assujettis à la Tva à partir du premier jour du mois suivant.
Les entreprises qui demandent les attestations fiscales payaient avant 150 000 F Cfa par an. Mais elles disent que c’est passé à 400 000 F Cfa…
C’est également une grosse confusion. Ce qui est regrettable, c’est que lorsqu’une nouvelle mesure est votée, beaucoup de personnes ne prennent pas le temps de lire les textes, de demander les informations requises aux administrations concernées. Chacun va dans son sens et fait ses interprétations. Avant la loi des finances 2018, aucun impôt n’était figé à 150 000 F Cfa. La Tps était fondée sur le chiffre d’affaires. Cette année, elle est toujours fondée sur le chiffre d’affaires. Il y a en réalité, un minimum de 400 000 francs qui est indiqué dans la loi. Mais de quoi s’agit-il ? J’ai dit tout à l’heure qu’au niveau de la Tps, nous avons deux compartiments : les micro et les petites. Les micro, c’est de zéro à 20 millions et les petites de 20 à 50 millions. Lorsqu’on prend le seuil minimum des petites entreprises qui est de 20 millions multiplié par le taux unique applicable aux petites entreprises qui est de 2 %, cela donne 400 000 francs. Mais dans l’ancienne législation, on avait également le taux de 2% qui s’appliquait aux autres activités, avec toujours les mêmes compartiments. La seule différence aujourd’hui, c’est que nous avons retenu un seul taux et nous avons généralisé le système déclaratif.
Est-ce que les entreprises soumises à la Tps doivent également payer l’Aib ?
Bien sûr ! Depuis 1997 où les premiers prélèvements ont été institués, l’objectif de l’Aib, c’est d’appréhender ou de fiscaliser progressivement le secteur informel. Lorsque vous êtes à un régime forfaitaire, vous payerez toujours l’Aib et vous n’avez pas la possibilité d’imputer cela. Cela nous permet d’avoir une base de données pour recouper les informations sur les entreprises qui ne déclarent pas ou qui continuent dans l’informel.
Un message à l’endroit des micro et petites entreprises ?
Je voudrais sincèrement rassurer nos partenaires, notamment les micro et petites entreprises qui constituent aujourd’hui une priorité pour la direction générale des Impôts. Ce qui a été mis en place est dans l’intérêt des entreprises. Il s’agit d’assurer plus de justice et de transparence. Il faut que tout le monde puisse le savoir. La grosse particularité, c’est que lorsque les entreprises vont déclarer leur chiffre d’affaires prévisionnel, il n’y aura pas, comme par le passé, un système de correction automatique et les contrôles interviendront plus tard. Donc elles peuvent être à l’aise. Lorsque vous demandez une attestation fiscale, cela ne signifie pas que vous payerez le tout immédiatement. La loi a prévu les modalités de paiement à savoir le 31 janvier et le 30 avril. Donc personne n’exigera l’intégralité du paiement de l’impôt lorsque vous demandez une attestation fiscale, c’est important. Je voudrais également rassurer tous les promoteurs de micro et petites entreprises pour dire que nous sommes à leur écoute. La réforme est dans leur intérêt, pour assurer plus de transparence dans nos relations. Nous sommes là pour les accompagner?
Propos recueillis par Sabin Loumedjinon
Actualités 01 févr. 2018

Le nonce apostolique au Bénin et au Togo, Mgr Brian Udaigwe, a ouvert les assises de l’assemblée des parties prenantes du programme « Accompagnement de proximité personnalisé-Développement institutionnel et renforcement organisationnel (A2p-Diro », ce mercredi 31 janvier à Cotonou. La rencontre vise à renforcer les capacités des associations Caritas de l’Afrique francophone et de l’Océan indien.
Les évêques-présidents des associations Caritas de l’Afrique francophone et de l’Océan indien, ainsi que la soixantaine de participants attendus par Caritas Bénin dans le cadre de l’assemblée des parties prenantes du programme « Accompagnement de proximité personnalisé - Développement institutionnel et renforcement organisationnel (A2p-Diro) », sont à Cotonou depuis hier. Ils ont été accueillis par leurs homologues du Bénin dont le président de l’association Caritas Bénin, Monseigneur Aristide Gonsallo.
Ce dernier, à travers son allocution de bienvenue, a fait part de l’honneur pour le Bénin d’abriter ces assises dont les retombées seront autant favorables au bien-être des bénéficiaires des œuvres de charité de l’Eglise catholique qu’à l’amélioration de la visibilité des Caritas passant par leur structuration et leur rigueur.
« Dynamiser les sociétés civiles d’Afrique francophone et de l’Océan indien via le développement des associations Caritas », tel est le thème qui réunira jusqu’au 2 février prochain les représentants de quatorze associations Caritas engagées dans le programme A2p-Diro. L’objectif de ce programme est de « mettre l’homme debout », a indiqué Mgr Mathieu Madega, venu du Gabon pour le compte du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (Sceam).
Mgr Nicodème Barrigah, président de l’Organisation de la charité pour un développement intégral (Ocdi) Caritas Togo, abonde dans le même sens que Mgr Mathieu Madega. « L’enjeu, c’est que la Caritas en Afrique puisse devenir beaucoup plus opérante, c’est-à-dire que ce soit l’Eglise elle-même qui motive dès la base tous les fidèles à prendre en charge les pauvres, pour que ce ne soit pas seulement quelques agences qui viennent développer des projets qui ne sont peut-être pas les plus pertinents pour nous », détaille-t-il. « C’est à nous d’identifier les besoins que nous avons et de renforcer les capacités de ceux que nous utilisons au niveau de la Caritas pour qu’ils soient aptes à présenter des projets qui puissent être financés, exécutés ; et que ce soit des projets dont on peut rendre compte, afin que les Caritas sortent un peu de l’informel, soient plus dynamiques et se positionnent en ayant des activités qui sont beaucoup plus en conformité avec les lois de la gestion de ces structures », a ajouté Mgr Nicodème Barrigah.
Représentant du pape François, le nonce apostolique au Bénin et au Togo, Brian Udaigwe, a prononcé le discours d’ouverture des échanges. Il a remercié le Secours catholique Caritas France (Sccf), représenté à la cérémonie d’ouverture par Bernard Thibaud ; et l’Agence française de développement, pour l’accompagnement technique et financier qu’ils renouvellent à l’égard des Caritas basées en Afrique. Rappelant que les activités de l’assemblée sont d’une grande importance pour la réussite de la troisième phase du programme Diro, il a invité les participants à accorder une attention particulière à cette rencontre du donner et du recevoir. « L’expérience du Diro en cours induit déjà une dynamique des Caritas qui permet à l’Eglise de s’affirmer davantage dans nos pays par des propositions visant à soulager les souffrances des plus nécessiteux, de défendre la cause des immigrés, des déplacés, des victimes de catastrophes et d’injustice. Si grâce au programme Diro et au leadership actif des évêques-présidents, nos Caritas peuvent se structurer et affermir en dynamisme qui les positionnent au premier rang des organisations de la société civile, elles dynamiseront implicitement l’ensemble de nouveaux dicastères du service de développement humain intégral », a affirmé le nonce apostolique.
Signalons que ces assises étaient prévues pour avoir lieu au Togo, en novembre dernier. Mais suite à l’instabilité socio-politique qui y règne depuis plusieurs mois, cela n’a pu être effectif.

Les membres du Comité d’orientation et de pilotage du Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement du Bénin (Undaf) ont tenu, ce mercredi 31 janvier à Cotonou, la quatrième session de ce cadre de coopération entre le Bénin et le Système des Nations Unies. Cette session qui se tient au cours de l’année de clôture de ce plan a été une occasion pour faire le point des résultats enregistrés en 2017 avant de projeter les grandes lignes pour le prochain Undaf.
« L’évaluation du Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement du Bénin (Undaf) 2014-2018 menée de manière indépendante a révélé la pertinence et l’efficacité des choix stratégiques opérés », a déclaré hier, le coordonateur résident du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly. C’était à l’ouverture des travaux de la quatrième session du Comité d’orientation et de pilotage de l’Undaf. Cependant, cette évaluation a montré que des actions doivent être menées pour assurer la durabilité des résultats acquis.
L’Undaf 2014-2018 adopté en 2013, selon le directeur général du Financement du développement, Victorin Yaovi Edeh, est une réponse commune du Bénin et du Système des Nations Unies (Snu) suite à un diagnostic effectué pour le développement du Bénin.
En effet, le dispositif de suivi- évaluation de l’Undaf a prévu cette session annuelle pour, d’une part examiner les principaux résultats enregistrés au cours de l’année 2017, et d’autre part dégager les orientations pour l’année 2018 qui représente la dernière année de sa mise en œuvre.
Selon le coordonateur résident du Snu, Siaka Coulibaly, l’année 2017 a été marquée par des résultats positifs. Ainsi, dans le domaine de la croissance inclusive et durable, des milliers de jeunes Béninois de 15-35 ans et des femmes ont été appuyés pour la création d’entreprises. Plus de 5000 ménages vivant dans les zones pauvres et reculées du Bénin ont été appuyés pour la mise en place des activités génératrices de revenus, contribuant ainsi à une amélioration de leurs conditions de vie.
Siaka Coulibaly a salué les résultats enregistrés également dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection sociale et au niveau de la gouvernance avec la mise en place des outils pour la modernisation de l’administration publique.
Volonté et engagement
Les agences du Snu ont, au cours de l’année 2017 appuyé aussi le gouvernement pour la mise en œuvre de sa feuille de route sur les Objectifs du développement durable (Odd). Mais pour faire face aux défis liés à la mise en œuvre de ces Odd, et permettre à l’Onu de jouer son rôle stratégique; le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a engagé de profondes réformes au sein de l’Organisation, selon le coordonnateur résident. Ces réformes, souligne-t-il, visent un repositionnement de l’Onu pour une mise en œuvre de l’Agenda 2030.
Sur la base des priorités nationales déclinées dans le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) et au regard des avantages comparatifs du Snu, Siaka Coulibaly promet que les actions que viseront les Nations Unies pour le prochain cycle s’inscriront dans les priorités du Pag et les perspectives du Plan national de développement 2018-2025.
Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, s’est réjoui des avancées notées avant de rappeler les différents domaines dans lesquels des résultats positifs ont été enregistrés en 2017. Il a salué le volontarisme et l’engagement des différents acteurs dans la mise en œuvre de ce plan qui a permis d’aboutir à ces résultats. Il a invité tout le monde à œuvrer à ce que l’objectif commun soit atteint dans le cadre de l’élaboration du prochain Undaf.
La présentation des principaux résultats du Plan de travail annuel de l’Undaf 2017 et les principales conclusions de son évaluation ont permis de savoir les défis qui restent à relever pour une bonne clôture de ce plan avant l’élaboration du prochain Undaf.

Le Fonds africain de Garantie et de Coopération économique (Fagace) a eu, mardi 30 janvier dernier, à son siège à Cotonou, une séance de travail avec les directeurs généraux de quelques banques et structures financières. A l’occasion, Mme Minafou Fanta Coulibaly-Koné, directeur général du Fagace, après avoir fait une brève présentation de l’institution, leur a déroulé la nouvelle stratégie d’intervention du Fonds.
Première institution financière spécialisée dans la garantie des crédits bancaires, le Fagace, a contribué pendant 40 ans au financement des projets de développement dans ses quatorze Etats membres à hauteur de plus de 1 500 milliards de francs Cfa injectés dans divers secteurs stratégiques de leurs économies.
Fort de son expérience, le Fagace s’engage aujourd’hui dans une nouvelle dynamique avec pour objectif principal de redynamiser ses relations de partenariat avec les banques et établissements de crédit et de mieux contribuer au financement des projets initiés par les opérateurs économiques publics et privés de ses Etats membres.
Le directeur général du Fagace, Mme Minafou Fanta Coulibaly-Koné, a souhaité rappeler quelques points essentiels pour le Fonds sur cette rencontre avec les banques. «Les banques prêteuses ont besoin des garants institutionnels tels que le Fagace pour mitiger le risque de défaut de paiement des promoteurs de projets », indique-t-elle. Elle ajoute : « De même, les garants ont besoin des banques pour accomplir leur mission de facilitateur de mobilisation de ressources financières. »
C’est donc à travers un alignement d’intérêts que les banques et les garants pourront mobiliser les ressources financières au profit des opérateurs économiques. D’où l’organisation de cette rencontre qui permettra à terme, de faciliter des interventions conjointes Fagace- banques prêteuses au Bénin.
Au cours des échanges,la nouvelle stratégie d’intervention du Fagace et ses implications pour le secteur bancaire ont été présentées.
Cette nouvelle stratégie exposée par le directeur général du Fonds est désormais basée sur le recentrage des activités de l’Institution exclusivement autour de son cœur de métier qu’est la garantie, l’orientation des interventions vers les Tpe et les Pme, l’adoption d’un cadre prudentiel en ligne avec les standards internationaux, le renforcement des fonds propres de l’institution, un mode de distribution exclusif des produits à travers les banques et les institutions de microfinance, l’engagement du Fonds à régler tous les appels de garanties dans les conditions requises.
Le directeur général du Fagace, par l’organisation de cette rencontre, a tenu à rappeler l’intérêt stratégique que revêt une collaboration franche entre les banques et les Fonds de garantie en vue de l’accompagnement des Pme-Pmi qui constituent 80 % du tissu économique de nos Etats.
Les responsables des banques et structures financières ayant pris part à la rencontre (Banque Atlantique Bénin, Orabank Bénin, Bsic Bénin, Finadev, Asusu SA Bénin, Diamond Bank, Coris Bank Bénin) ont accueilli avec intérêt la nouvelle stratégie du Fonds et ont manifesté leur disponibilité à collaborer avec le Fagace en vue d’une meilleure contribution au financement des Pme / Tpe ?
Pour plus d’information : courriel.fagace@le-fagace.org ; www.le-fagace.org
Economie 01 févr. 2018

Atterré presque par le phénomène de l’alcool sur la santé de ses populations, Sorikoua Sambiéni, maire de la commune de Matéri, évoque le drame dans cet entretien et sollicite l’attention des pouvoirs publics au plus haut niveau. Sans désemparer dans la lutte contre le fléau, il confie toutefois ses limites.
La Nation : Monsieur le maire, vous êtes confronté à un phénomène qui décime la couche juvénile à Matéri : le problème de l’alcool frelaté. Comment se présente la situation dans cette commune qui est la plus peuplée de l’Atacora ?
Sorikoua Sambiéni : C’est vraiment un fléau qui gangrène et ronge notre société. Et le conseil communal n’a pas tardé à réagir en prenant des mesures pour essayer d’endiguer les effets de ce phénomène sur les populations. Nous avons pris des mesures pour réglementer la mise en vente de l’alcool à travers une réduction du nombre de vendeurs. Nous sommes arrivés à rehausser un peu le prix de vente de l’alcool pour empêcher n’importe qui d’aller en acheter. Cela, en faisant des contrats avec les grossistes, semi-grossistes et ceux qui vendent dans les villages et en instituant des taxes à payer. Les grossistes devraient payer 400 000 F Cfa par mois ; les semi-grossistes 200 000 F Cfa et les détaillants 25 000 F Cfa. Ça devrait réduire le nombre de ceux qui vont amener la boisson ici à Matéri. Nous avons fait en sorte qu’on ait un vendeur par village dans les 77 villages de la commune. Quand nous avons fait le recensement, nous avons trouvé près de 800 vendeurs établis dans notre commune. Dans certains petits villages, nous avons parfois recensé 42 postes de vente. Nous avons voulu réduire le nombre de vendeurs à un grossiste ; six semi-grossistes et un détaillant. Quand ils ont compris, ils se sont opposés à la signature de ce contrat.
Qu’avez-vous fait par la suite ?
Après moult sensibilisations, nous étions obligés de passer à la répression. A partir de ce moment-là, ceux qui n’ont pas signé de contrat avec la mairie se retrouvent en difficulté. Dès que nous avons l’information qu’ils vendent de l’alcool, nous déployons les conseillers et les forces de l’ordre pour arrêter leurs produits. Nous avons arrêté d’importantes quantités d’alcool qui sont stockées dans les bureaux d’arrondissement. Nous nous retrouvons aujourd’hui devant les tribunaux pour répondre des plaintes portées par certaines bonnes dames qui estiment être brimées dans leurs droits. Nous n’avons voulu qu’appliquer les mesures prises par le conseil communal pour réglementer la vente de l’alcool dont la qualité pose des problèmes de santé au niveau de notre commune. Elles n’ont pas voulu signer les contrats en s’appuyant sur leurs relations dans certaines sphères. Les saisies opérées à leur niveau constituent les motifs de notre assignation. C’est vrai que nous n’avons pas refusé la commercialisation du ‘’sodabi’’ dans notre commune mais notre souci majeur, c’est de nous assurer que les produits que ces bonnes dames amènent sont de bonne qualité. L’alcool est déjà dangereux pour la santé et en consommer de frelaté est un problème pour nos populations. Avec nos efforts, le produit qui était à 600 F le litre est passé désormais à 1000 F le litre. Nous souhaitons que le produit puisse aller à 1500 F le litre afin de décourager les populations qui en abusent.
...Le produit entre clandestinement à Matéri et nous n’avons aucune force pour le contrôler. Notre seule possibilité, c’est d'imposer des taxes aux vendeurs pour que le prix connaisse une augmentation.
La justice a été saisie du dossier, a-t-on appris. Qu’en est-il exactement ?
Actuellement, nous avons été saisis par le tribunal suite à des plaintes formulées à l’encontre des autorités locales par une dame dont la cargaison d’alcool a été saisie par nos services. Plusieurs fois de suite, nous avons été au tribunal et jusque-là, il n’y a pas eu de décision rendue. Les faits qu’ils ont qualifiés au début de vols ont été requalifiés et ils parlent de violences et voies de faits et depuis longtemps, nous sommes devant les juridictions. Nous souhaitons que le tribunal nous accompagne dans notre lutte, car ce que nous faisons va dans l’intérêt de nos populations. Nous avons voulu qu’ils signent des contrats avec la mairie afin de nous assurer que le produit qu’ils vendent est de qualité. Nous avons appris que des vendeuses de ‘’sodabi’’ s’approvisionnent à Savè mais qu’elles font des mélanges au produit originel, y mettent un produit puis ajoutent de l’eau dans l’alcool ainsi disponible à domicile et c’est ce qui est vendu aux populations sur place. Nous avons saisi la direction de l’Alimentation et de la Nutrition appliquée (Dana) avec quelques échantillons. Nous pensons qu’au moment opportun, nous allons présenter ces échantillons-là au tribunal comme preuve. Cette affaire nous tracasse énormément. Ça fait mal de se retrouver dans de pareilles circonstances avec les pouvoirs publics censés protéger les populations. Nous sommes confiants qu’un jour nous aurons gain de cause. Ici, le sodabi tue plus que les médicaments frelatés. A Matéri, à cause du sodabi, il y a beaucoup de personnes physiquement mal en point, voire ‘’frelatées’’ si je pus m’exprimer ainsi. Les populations consomment du pastis et d’autres boissons dont la qualité pose problème. Quand j’ai commencé la répression, Madame le préfet a dépêché une équipe sur le terrain et ils ont retrouvé à Tanguiéta chez un individu, cinq fûts de pétrole. Selon les indiscrétions, ce pétrole servirait à fabriquer du pastis. Les jeunes qui devraient contribuer à l’accroissement de la culture du maïs et autres cultures vivrières sont là et ne font que vous demander 100 F ou 200 F pour acheter de l’alcool. Ils en sont accros et ne peuvent plus s’en passer. Dans notre commune, il y a beaucoup de victimes de l’alcool frelaté. Des enseignants ne vont même plus à l’école, car alcooliques.
Il y en a parmi ces dames qui, fortes de leurs relations au plus haut niveau, nous narguent, sachant bien qu’il s’agit d’un problème de santé, d’un danger pour les populations.
Le tableau que vous présentez est bien sombre et à cette allure, l’espoir de voir le phénomène endigué semble vain. Qu’envisagez-vous finalement comme perspectives dans votre lutte ?
J’attends beaucoup des décisions du tribunal. Si de telles décisions pouvaient contraindre cette dame qui nous a assignés à signer le contrat, alors ce sera une première victoire et la preuve que nous ne nous trompions pas de combat. Si nous arrivons à obtenir gain de cause, je pense que ça va être un bon début pour nous et nous pourrions imposer nos règles de fonctionnement et protéger nos populations. Si nous ne gagnons pas le procès, nous ferons recours à nos partenaires pour les convaincre de nous faire faire l'analyse des échantillons de l’alcool retrouvé sur le terrain ; cela nous permettra de disposer des éléments de base scientifiques susceptibles d’être exhibés auprès des députés et même au ministère de l’Intérieur pour attirer davantage l’attention des pouvoirs publics sur ce problème. Que quelqu’un qui doit aller au champ n’y aille pas pour cause d’ébriété, je pense que cela devrait interpeller tous les partenaires qui s’investissent à nos côtés pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Lorsqu’une femme boit de l’alcool, elle ne peut pas préparer correctement. Ce sont des situations qui influent sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans nos communes. Lorsque vous buvez de l’alcool, cela a des effets néfastes sur votre sécurité alimentaire et nutritionnelle et par ricochet sur votre état de santé. Le foie est là à digérer de l’alcool que vous avez consommé en lieu et place des nutriments alimentaires.
On entend dire que c’est une tradition dans l’Atacora de voir les populations s’adonner à l’alcool. Qu’est-ce qui justifie réellement aujourd’hui cette addiction des jeunes à l’alcool à Matéri ?
C’est vrai que le phénomène date de longtemps mais il faut pouvoir l’analyser avec les effets culturels et scientifiques. Mon explication du phénomène de l’alcool vient du fait que la saison sèche dure six mois. Dès qu’ils finissent les labours en janvier ou février au plus tard, ils ne font plus rien. De janvier jusqu’en mai, le paysan est en train de se promener. Quand on cherche des activités récréatives en cette période-là, ce sont des moments de cérémonie. Vous allez voir que les marchés s’animent bien, en cette période. Celui qui ne fait rien se livre à la boisson parce qu’il a le temps de s’en préoccuper. Il y a des gens qui, à cause de l’islam, ne boivent pas. Si vous allez dans les milieux musulmans, vous allez voir que le niveau de vie est plus élevé. Ils ont de belles constructions ; ils s’habillent décemment. Quand on observe ces situations, on pense que c’est culturel mais c’est loin d’être ça. Avec nos partenaires, nous menons également les réflexions pour pouvoir trouver des occupations aux populations pendant la saison sèche. Beaucoup de jeunes sont partis pour Ouèssè, car là-bas il pleut. S’il y a possibilité de favoriser de tels mouvements saisonniers pour amener nos bras valides à s’occuper sainement, pourquoi pas ? On a besoin des jeunes pour créer de la richesse. Qu’allons-nous faire alors si nous n’avons pas de forces vives actives ?
Parfois, ce sont les hommes politiques mêmes qui encouragent la chose en donnant de l’argent pour des beuveries au terme des meetings ?
On n’apporte pas du sodabi lors des meetings. Mais que certaines élites politiques le fassent n’est pas bien et il va falloir les sensibiliser par rapport à cette situation. Leur dire que le sodabi décime nos populations à Matéri ne peut que nous rendre service. Nous avons le ‘’tchoukoutou’’ qui est une boisson saine et assez nutritive à promouvoir et ce n’est pas bien méchant d’en servir quelques gorgées aux populations juste pour étancher leur soif lors de grands rassemblements. Le tchoukoutou n’est donc pas aussi nocif pour la santé. Vous pouvez boire tout un sceau sans être saoulé?
Actualités 31 janv. 2018

Le sous-secrétaire d’Etat adjoint par intérim des Etats-Unis chargé des Affaires africaines, Robert Scott, s’est entretenu, ce mardi 30 janvier avec la presse, dans le cadre d’une visite officielle de quarante-huit heures au Bénin. Au terme de son séjour, il rassure des bonnes relations entre les deux pays et indique les prochains axes de coopération.
L’axe bénino-américain se renforce et augure de belles perspectives. C’est du moins la substance de la rencontre hier entre la presse et le sous-secrétaire d’Etat adjoint par intérim au bureau des Affaires africaines, en charge des Affaires de l’Afrique de l’Ouest et des Affaires économiques et régionales du département des Usa. Au terme de son séjour de quarante-huit heures au Bénin, Robert Scott confirme que les relations entre les deux pays sont au beau fixe. « Les relations bilatérales entre les Etats-Unis et le Bénin sont très renforcées. Nous avons effectué cette visite dans le but de soutenir le Bénin dans ses relations avec les Usa », souligne-t-il.
Il dévoile les grands chantiers qui vont prochainement meubler la coopération bilatérale entre les Etats-Unis et le Bénin. Dans le secteur de l’énergie, il annonce les travaux de production et de distribution de l’énergie solaire et hydroélectrique dans tout le Bénin, avec une attention particulière sur Cotonou et Porto-Novo en vue d’assurer une distribution générale de l’énergie électrique. Ces travaux qui s’inscrivent dans le cadre du deuxième compact du Millennium challenge account (Mca II), viendront en complément au premier compact qui s’est focalisé sur les transports et le Port autonome de Cotonou.
« L’Afrique est au cœur des programmes de développement des Usa. J’ai rencontré les responsables du Millennium challenge corporation (Mcc) et les gens qui s’occupent de l’implémentation de la mise en œuvre du Mca », explique-t-il. Il assure que le financement de ce programme américain est déjà disponible et qu’un point de son évolution sera fait dans les jours à venir aux populations.
Relativement au développement du secteur de l’énergie, il sera organisé en septembre prochain aux Etats-Unis, le Salon du solaire qui permettra à la délégation béninoise et d’autres, « de découvrir le nouveau système d’énergie hors réseau » en vue de son expérimentation dans leurs différents pays.
Dans le domaine économique, l’hôte du Bénin a exploré les possibilités de collaboration entre les membres de la Chambre du commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) et les entrepreneurs béninois avec ceux des Usa. Ceci permettra de développer des relations dans le secteur du commerce et des opportunités d'affaires entre les deux pays, développe-t-il.
Droits de l’Homme, sécurité et santé
Concernant la question du respect des droits de l’Homme, Robert Scott dit avoir échangé avec les autorités béninoises sur la nécessité pour le Bénin de lutter contre la traite des êtres humains. Il espère que la loi y relative sera vite votée par l’Assemblée nationale en vue des avancées dans ce domaine.
La sécurité maritime était également inscrite dans l’agenda du sous-secrétaire d’Etat par intérim chargé des Affaires africaines du département des Usa. Il a visité le centre des opérations maritimes au Bénin. Selon lui, cette démarche permettra de mieux contrôler les côtes béninoises, le trafic, les opérations en mer et toutes les activités illicites. Dans ce cadre, il annonce une opération d’envergure sous-régionale en mars prochain visant à assurer la protection des côtes. Toutefois, il rassure que le Bénin n’est pas menacé par l’insécurité maritime.
Robert Scott était également dans les locaux de la Centrale d’achat des médicaments essentiels (Came). Cette visite s’inscrit, selon lui, dans le cadre du programme dirigé par l’Usaid et l’initiative présidentielle contre le paludisme au Bénin.
Membre du Service extérieur des Etats-Unis, Robert Scott a été auparavant directeur des Affaires économiques et régionales au bureau Afrique du département d’Etat, chef de mission adjoint au Zimbabwe et en Tanzanie et directeur adjoint du Bureau des Affaires de l’Afrique de l’Ouest.
Après le Bénin, il a mis le cap sur la Sierra Leone?

Cotonou abrite du 31 janvier au 2 février prochain, une rencontre internationale des associations Caritas d’Afrique francophone subsaharienne et de l’Océan indien, dénommée « Assemblée des parties prenantes du programme Accompagnement de proximité personnalisé – Développement institutionnel et renforcement organisationnel (A2p-Diro) ».
Selon Mgr Aristide Gonsallo, président de Caritas Bénin, cette rencontre s’inscrit dans une logique de développement des associations Caritas, au moyen du renforcement de leurs capacités. Elle est « un espace d’échange, de réflexion et d’apprentissage mutuel entre les Caritas et leurs partenaires, sur l’organisation du service de la charité au profit des plus pauvres et marginalisés en Afrique et Océan indien », a-t-il expliqué.
Quelque 70 participants dont 15 évêques-présidents des Caritas nationales d’Afrique et de l’Océan indien, parties prenantes du programme, sont attendus au Chant d’Oiseau pour les assises qui vont durer trois jours. « D’autres personnalités telles que l’évêque-président de la région Afrique et vice-président de Caritas Internationnalis, Mgr Gabriel Justice Anokye, et son éminence Mgr Brian Udaigwe, nonce apostolique représentant le pape au Bénin et au Togo, rehausseront la rencontre de leur présence », a-t-il ajouté.
Outre l’amélioration de la gouvernance et du leadership des Caritas, cette rencontre permettra, entre autres, le développement des capacités de mobilisation des ressources, et l’amélioration des rapports avec les Partenaires techniques et financiers. « Caritas est la main tendue de l’Eglise. Et de ce fait, elle soutient les pauvres, les vulnérables, les personnes marginalisées, indépendamment de leur race, (...) », souligne le président de Caritas-Bénin.
La deuxième phase du programme A2p-Diro qui connaîtra son épilogue au terme de cette année, a pour thème « Dynamiser les sociétés civiles d’Afrique francophone et de l’Océan indien, via le développement des associations Caritas ». Elle a pour partenaire technique et financier l’Agence française de développement.
En prélude à cette rencontre, le président de Caritas Bénin, Mgr Aristide Gonsallo, a animé, vendredi 26 janvier dernier, une conférence de presse à Cotonou, avec à ses côtés le père Philippe Sanhouékoua, directeur national de Caritas Bénin, et Pierre Efoé, son coordinateur.
Par Darie da SILVA (stag)
Société 31 janv. 2018

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Me Joseph Djogbénou, a reçu, ce mardi 30 janvier à Cotonou, le rapport de la Commission de relecture du statut des greffiers et officiers de justice. C’était en présence des cadres du département et de ses proches collaborateurs.
Le ministre de la Justice et de la Législation, Me Joseph Djogbénou, a reçu, hier, le rapport sur la relecture du statut des greffiers et officiers de justice des mains du président de la Commission mise en place le 20 novembre dernier par arrêté n° 2007/MJL/DC/SGM/DSJ/SA. Il a félicité les membres de la commission pour le travail abattu. Pour lui, l’étape suivante porte sur les amendements à recueillir de la part des syndicats qui ont, selon lui, leur mot à dire sur le contenu du document. Ce qui permettra, après intégration de ceux-ci, la production d’un rapport définitif.
Selon Eric Montcho Agbassa, président de la commission, au lieu d’une relecture, il s’est plutôt agi d’une réécriture. Il a témoigné sa reconnaissance aux membres, anciens greffiers en chef et à la touche particulière de ceux qui ont été consultés dans le cadre de l’élaboration du document. « On ne mange pas le gombo avec un seul doigt », a déclaré le président pour traduire l’importance et la délicatesse du texte proposé à l’autorité.
C’est le rapporteur de la Commission, Dominique S. Kouton qui a dévoilé la méthode de travail adoptée, les résultats et les recommandations.
S’agissant de la méthode de travail, les prises de contact, la revue documentaire et les entretiens sont, entre autre éléments qui ont permis de sortir la mouture du document proposé. La Constitution du Bénin, de nouveaux articles en termes de propositions et surtout l’exploitation de textes des pays amis ont contribué au travail abattu, révèle le rapporteur.
S’agissant des résultats, ils ont été retenus dans les tableaux annexes. La première colonne dudit tableau porte des dispositions pertinentes, la deuxième rapporte des propositions de texte de la commission, puis la troisième recueille la justification des divers choix opérés puis on note la colonne des recommandations.
Recevant hier le rapport, le garde des Sceaux s’est d’abord réjoui de la qualité du travail abattu. Ensuite il a expliqué et justifié le contexte qui, selon lui, est approprié pour retenir des résultats, car « On ne doit pas oublier l’objectif que le gouvernement s’est assigné. Ce n’est pas que d’élever la qualité des conditions de vie et de travail mais d’élever le niveau de responsabilité des agents publics ».
Pour lui, le président de la République s’est engagé dans des réformes parce qu’il considère que les services rendus aux citoyens doivent être de qualité. La finalité, relève-t-il, ce sont les citoyens et les justiciables. « En dépit des obstacles et difficultés circonstancielles, le gouvernement ne reculera pas, car le président de la République a été élu pour améliorer les conditions de travail », a-t-il insisté.
Le dépôt du rapport ne libère pas la commission de ses prérogatives dans la mesure où elle devra intégrer prochainement les amendements des syndicats en vue de l’élaboration d’une version définitive du statut spécial du corps des greffiers en République du Bénin, conçoit le ministre.
« Nous sommes là pour anticiper, pas pour mettre notre caméra sur le présent », a soutenu Me Joseph Djogbénou avant de déclarer que « les fenêtres sont ouvertes » pour les autres travailleurs du secteur.