La Nation Bénin...
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Le chef de l'Etat s'est une fois encore rendu, samedi 17 octobre dernier, sur le chantier du nouveau siège de l'Assemblée nationale. Objectif: s'enquérir du niveau actuel des travaux et rappeler les entrepreneurs au respect du délai du 30 novembre, pour la livraison provisoire du chantier.
Le président de la République, Boni Yayi n'entend pas donner du répit aux entrepreneurs en charge du chantier de l'Assemblée nationale. C'est ce qui justifie sa nouvelle descente samedi dernier sur le site pour évaluer les travaux effectués depuis sa dernière visite, il y a moins d'un mois. Le constat fait et les explications recueillies sur place ne plaident guère à l'optimisme. «Nous avons fini le gros œuvre, restent les pilastres. Nous sommes en train d'envisager une nouvelle organisation. Il est encore possible de terminer le 30 novembre, si tout ce que nous envisageons se met en place effectivement», tempère Victor Gbagudi, président du comité ordonnancement-pilotage-coordination. Bonventure Medji-Vigan, directeur général du Génie rural, évoque quant à lui l'impossibilité matérielle de terminer tout le chantier à la date convenue. Il plaide alors pour la mobilisation des forces en vue de l'achèvement de l'hémicycle et des deux bâtiments annexes, au plus tard à fin décembre, notamment à l'occasion du discours du chef de l'Etat à la Nation. Le directeur technique de Serhau Sa, maître d’ouvrage délégué, relativise en promettant au chef de l'Etat la possibilité de respecter ce délai du 30 novembre, mais à condition que les ressources conséquentes soient mises à disposition. De toute évidence, l'achèvement de cette infrastructure à fin novembre relève d'un casse-tête pour les entreprises. Mais Boni Yayi maintient la pression sur ces dernières et s'oppose à toute transgression du calendrier préétabli. «Nous voulons que vous en finissiez à fin novembre. Nous verrons quelles sont les mesures d'accompagnement à mettre en place. Il vous faut une feuille de route qui tienne compte de vos besoins. S'il faut renforcer les équipes, mobiliser les ressources, pour que vous puissiez tenir dans le délai. On ne change pas de date », prévient Boni Yayi qui promet prendre des mesures draconiennes en cas de non respect de ce délai.
Satisfecit sur la route Akassato-Bohicon
Le chef de l'Etat s'est également rendu sur les chantiers de construction des routes Akassato-Bohicon et Comè-Lokossa-Dogbo. Sur le premier site, les travaux avancent à un rythme satisfaisant, ce qui présage d'une ouverture au trafic de cet important axe d'ici à fin décembre. S'agissant du second chantier, l'entrepreneur dit faire face à des factures trop salées en matière de déplacement des réseaux. La Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), par exemple, demanderait 2 milliards alors qu'il n'est prévu que 200 millions dans le contrat. Idem pour la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) et Bénin Télécoms qui exigeraient des montants sans commune mesure avec les prévisions. Boni Yayi promet étudier la question avec tous les acteurs au cours d'une réunion qui se tiendra incessamment au palais de la République. Pour que d'ici janvier-février, ce chantier soit livré à la circulation.

Le Centre de perfectionnement de police judiciaire (CPPJ) basé à Porto-Novo a clôturé vendredi 16 octobre dernier, le 24è stage de directeurs d’enquêtes de 23 gendarmes et policiers africains organisé avec l’appui financier de la CEDEAO. Ils ont chacun reçu leur parchemin matérialisant l’effectivité de leur formation. La cérémonie officielle de clôture a été rehaussée par la présence du directeur général de la Gendarmerie nationale, le colonel Emile Elomon qui a baptisé les stagiaires «Promotion Mathieu Kérékou».
La légende se poursuit au Centre de perfectionnement de police judiciaire (CPPJ) à Porto-Novo. Il a mis à la disposition des gendarmeries et polices africaines, 23 gendarmes et policiers stagiaires du 24è stage de directeurs d’enquêtes. Ils proviennent de 12 pays d’Afrique francophone à savoir le Niger, le Mali, le Togo, le Tchad, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Conakry, le Congo-Brazzaville, le Burundi, le Sénégal et le Bénin puis des Iles Maurice. Les stagiaires baptisés promotion «Mathieu Kérékou» pour immortaliser en avant première l’ancien président de la République décédé, ont suivi la formation du 21 septembre au 16 octobre dernier. Pendant quatre semaines, ils ont été formés pour assurer efficacement l’animation d’une enquête d’envergure au plan interne ou dans le cadre d’une mission de maintien de la paix de la CEDEAO, de l’Union Africaine ou de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ils ont été préparés à comment mener la direction d’une enquête judiciaire d’envergure ou de grande ampleur. Ils se sont familiarisés avec la procédure judiciaire dans le fond comme dans la forme, les techniques propres aux différents actes de l’enquêteur, certaines notions dans le domaine de gestion de crime et de médecine légale. «Ce stage a été dispensé par des officiers, des sous-officiers, des magistrats, des professeurs d’université et s’est axé principalement sur la police judiciaire avec beaucoup d’ouverture en termes de collaboration, de relation avec d’autres corporations qui agissent pour la concrétisation des enquêtes judiciaires en la matière», a précisé le directeur des Etudes au CPPJ, le chef d’escadron Jiles Yèkpè. «Les stagiaires ont appris à diriger une enquête de manière théorique et pratique, à interagir avec le procureur, à tirer le meilleur qui peut exister chez le médecin légiste ou toute autre personne pouvant les aider à aboutir dans leur investigation», poursuit-il pour montrer que l’Officier de police judiciaire (OPJ) ne travaille pas en vase clos. Jiles Yèkpè a félicité les stagiaires pour le très bon comportement et leur sérieux durant les quatre semaines de formation. Ce qui a été d’ailleurs traduit dans les résultats qui ont sanctionné les différentes évaluations où les stagiaires ont obtenu une moyenne supérieure à 10 sur 20. La plus faible moyenne est 13, 03 et la plus élevée est 16, 44, note le directeur des Etudes du CPPJ qui encourage les stagiaires pour avoir décroché avec brio leur certificat qui fera d’eux des enquêteurs chevronnés de leurs pays respectifs. Jiles Yèkpè les a conseillés de ne pas dormir sur leurs lauriers. Car, un diplôme se mérite dans la pratique surtout quand on parle de police judicaire, laisse-t-il entendre. Il a invité les lauréats à approfondir et à actualiser les cas généraux et exercices pratiques développés au cours de la formation à l’aune de leur code de procédure pénale de leurs pays respectifs.
Les stagiaires par la voix de leur porte-parole, l’Ivoirien Franck Arnaud Zahoui, ont promis de continuer à honorer leur promotion en mettant en œuvre sur le terrain de façon excellente les instructions reçues.
Augustin Sagna, représentant de la CEDEAO qui a financé cette formation, a félicité les 23 stagiaires. Et leur a demandé que la communauté compte beaucoup sur eux pour la lutte contre la grande criminalité et le terrorisme auxquels est confrontée la sous-région ouest africaine.
Le directeur général de la Gendarmerie, le colonel Emile Elomon, a pour sa part, vanté les mérites de ce centre aussi bien dans le cadre de la formation des agents de sécurité et de défense que de sécurité intérieure et de maintien de la paix. Il a invité les récipiendaires à maintenir le cap pour permettre à leurs pays respectifs de gagner le pari sécuritaire tant attendu des populations et la recherche d’une véritable tranquillité. «Il faut servir loyalement vos pays respectifs et œuvrer au renforcement de la démocratie à l’échelon national et international», a souligné le directeur général de la Gendarmerie nationale.

Plusieurs acteurs culturels n’hésitent plus à se réfugier derrière une pseudo-misère pour lancer des appels à l’aide en vue de faire face, soit à leurs besoins vitaux, soit à des soucis de santé. Bien qu’étant en droit de leur porter secours et assistance, il faut néanmoins y lire une vaste escroquerie et de la mendicité à peine voilée.
C’est souvent par le biais des médias sociaux ou même des médias conventionnels que certaines personnes se réclamant du milieu culturel, pour ne pas dire des ‘’acteurs culturels’’ lancent des appels à l’aide pour implorer clémence et pitié, en vue de faire face à des situations souvent difficiles et critiques. Le fait est devenu récurrent et frise même un effet de mode. «Un artiste aurait un souci de santé, a été abandonné dans le dénuement… SOS au profit de tel… Tel autre se meurt faute de médicament ou de soins…» Les formules ne manquent pas pour alerter l’opinion publique sur le sort de X ou Y. Il est ainsi souvent, demandé à la population et même aux autorités, notamment celles en charge de la Culture de se mobiliser pour prêter mains fortes à ces personnes. On pouvait se passer d’accorder une quelconque attention à ce fait qui, quoiqu’on dise, relève du vécu quotidien et peut se comprendre comme une manière de secourir son prochain. Mais on n’en est pas là. Bien plus qu’un simple appel à l’aide, certains esprits mal éclairés usent de ce canal pour escroquer (n’ayons pas peur des mots). Parfois pour un «rien», pour un accès palustre ou même une petite grippe, certains « artistes » n’hésitent pas à crier à l’aide et au secours et c’est bien là qu’au-delà de la mode, il faut y voir de l’escroquerie déguisée.
Conséquence d’une vie artistique mal organisée
Il est d’une évidence de cristal aujourd’hui que le secteur culturel au Bénin est grippé par une mal organisation profonde dont les solutions ne sont pas encore à portée de main. Les éternelles questions posées depuis des lustres à savoir : Qui est artiste? Comment devient-on artiste? Comment organiser une carrière artistique ? Et bien d’autres encore sont demeurées sans réponses. Les réformes apparemment sincères introduites dernièrement dans le secteur, lesquelles ont connu un début d’application, n’ont pas suffi à changer la situation. Conséquence, tout le monde est artiste, si non, qui veut est artiste.
A cette situation, il faut ajouter le fait des artistes eux-mêmes, du moins tous ceux qui se réclament comme tel et qui n’ont pas vraiment le souci de la réussite d’une quelconque carrière à même de leur procurer vie et survie. Cette maldonne s’est même accentuée ces derniers temps. Car, s’il y a peu, on ne déplorait que la vente des productions phonographiques sans homologation du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins (BUBEDRA). Ce qui ne garantissait pas la perception des droits, et pouvait être source de pertes énormes pour les artistes. Il faut également, et de plus en plus, s’insurger contre la vente à la sauvette par les artistes eux-mêmes de leurs œuvres, aux coins de rue, dans les bars et sur les places publiques et ceci à des prix sacrifiés. Certains parmi eux n’hésitent même pas à arguer de leurs difficiles conditions de vie, de la précarité qui sévirait chez eux, ou alors de leurs difficultés à se nourrir pour supplier des passants de leur acheter des œuvres, peu importe le prix, juste pour les aider à avoir quelques pécules. Si certains citoyens succombent à la chose en tendant souvent des billets aux auteurs de ces œuvres, d’autres par contre se livrent à un sévère réquisitoire contre eux, les renvoient à la limite et les exhortent à se chercher un travail décent.
Mode opératoire
Il y a quelques jours, une des artistes parmi les plus âgées du pays s’est laissée aller à ce jeu. Après avoir couru en vain et sondé sans succès plusieurs structures pour mobiliser des fonds dans l’expectative, disait-elle, d’organiser ses 40 ans de vie artistique (si vie artistique elle en a vraiment eu), grande a été la surprise des acteurs du milieu du showbiz, d’apprendre qu'elle avait de graves soucis de santé, depuis plus de vingt jours. Stupéfaction ! «Comment la dame qui était venue dans mon bureau, il y a seulement cinq jours, peut-elle être alitée depuis trois semaines?, s’est interrogée l’une des sources avec qui elle a été en contact. Pendant ce temps, retranchée dans son coin, l’artiste devrait, pour sa part, rire des réseaux sociaux et certains médias qui amplifiaient la nouvelle de son supposé état très critique de santé et qui demandaient d’aller à son secours, afin qu’elle ne sombre.
Avant elle, bien d’autres artistes ont emprunté le même sentier, jouant presqu’au faux malade, histoire d’obtenir la clémence de la population et la générosité du ministère en charge de la Culture, soit pour subvenir à leurs besoins, soit pour régler d’autres situations compromettantes liées à leurs personnes. Mais la dernière mayonnaise n’a pas pris. Beaucoup se sont rendus à l’évidence de ce qu’il ne s’agissait que d’une supercherie.
Quand les vices suppléent l’absence de talent
Le dimanche 23 août dernier au palais des sports du stade de l’Amitié de Kouhounou, pour le compte de la quatrième édition du festival «Hanlissa», plusieurs anciennes gloires et grands noms de la musique béninoise ont presté sous les ovations du public.
On notait entre autres, la présence de Blucky d’Alméida qui, malgré le poids de l’âge et sa canne, a su se départir de sa vieillesse apparente pour offrir un spectacle digne du nom. Idem pour Assa Sica dont la prestation aura épaté plus d’un. Mais la palme d’or de l’attraction de cette soirée restera sans aucun doute, la prestation de Hoonon Hounlovo. A peine audible, du haut de ses 94 ans, le vieil homme dont les débuts artistiques remontent à 50 ans en arrière, a su exécuter majestueusement des pas de danse. On ne peut pas dire de ces artistes avec leur âge avancé, qu’ils vivent de la pitié des autres et de la quête. Pourtant, au regard du talent immense dont ils ont fait montre aux heures chaudes de leurs carrières, un SOS en leur direction aurait été très bien vu et favorablement accueilli. Mais ils se sont soustraits à cette forme de vie, préférant se contenter d’une retraite paisible, arrosée par le fruit du labeur abattu précédemment. On peut alors aisément comprendre, que c’est en l’absence de talent à même de faire d’eux des artistes de renom que certains acteurs culturels usent de supercherie et de tricherie, se reconvertissent en mendiants pour négocier la pitance quotidienne, ce qui n’est pas sans conséquences pour la réputation du milieu du showbiz.

Engagée pour la protection des droits des enfants, des jeunes et des femmes, l’Ong Autre Vie est préoccupée par la qualité du système éducatif béninois. Avec l’aide de ses partenaires financiers, elle a entrepris dans le cadre de son projet dénommé Ecotous «Ecole pour tous», la construction d’infrastructures scolaires dans quatre écoles primaires publiques de l’Ouémé-Plateau. Les responsables à divers niveaux du projet étaient sur le terrain hier jeudi 15 prochain pour s’enquérir de l’évolution des différents chantiers.
Contribuer à l’accès universel de l’éducation de base au Bénin. C’est l’objectif global du projet Ecotous « Ecole pour tous » initié par l’Ong Autre Vie au profit de quatre écoles primaires dans quatre communes de l’Ouémé-Plateau. Il s’agit de façon plus spécifique de favoriser l’accès à l’éducation primaire des enfants les plus vulnérables et défavorisés dans les villages de Dotinkanmè à Ifangni, Ahouandji à Akpro-Missérété, Kpankoun à Kétou et Assagamè à Sakété. L’Ong a entrepris la construction de quatre modules d’une classe et de quatre latrines plus équipements dans les quatre écoles primaires publiques ciblées par le projet. Elle mène cette action avec l’appui financier de la Fondation de Lions club international (LCIF) qui a contribué à hauteur de 55 934 dollars soit 28 millions FCFA environ. Le reste du financement évalué à 31 943 dollars soit à 16 millions FCFA, est apporté par les autres partenaires du projet dont les communes et l’Ong Autre Vie.
Deux équipes composées des responsables de l’Ong et des représentants du Partenaire étaient sur le terrain hier pour voir à quel rythme évoluent les chantiers. Elles se sont scindées en deux. Une première équipe a visité le chantier d’Akpro-Missérété puis celui de Kétou. La seconde équipe dans laquelle faisait partie le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie, Romuald Djivoessou a visité le chantier de l’école primaire publique d’Assagamè dans la commune de Sakété et celui de l’école primaire publique de Zoungodo dans la commune d’Ifangni.
Des entretiens
A chacune des étapes, la délégation s’est entretenue avec la mairie. A Sakété, c’est le maire même de la commune, Pierre Adéchi qui a reçu la délégation pour louer l’initiative de l’Ong et donner toute sa caution au projet. Il a promis de libérer la contrepartie de sa commune pour garantir l’achèvement des travaux à Assagamè et l’équipement des classes. La délégation s’est ensuite ébranlée vers le site d’Assagamè. Elle a constaté avec déception que les travaux piétinent. L’entrepreneur est encore à l’étape de démarrage de la fondation. Des recommandations fermes ont été faites pour que le chantier soit libéré dans le délai contractuel afin que les écoliers qui étudient dans des appâtâmes puissent en jouir dans un bref délai.
A l’EPP Zoungodo, la réalité n’est pas la même. Ici, le chantier évolue à grands pas. L’entrepreneur est déjà au niveau de chaînage. Seulement quelques malfaçons ont été relevées au niveau du ferraillage des poteaux par le cabinet de contrôle des travaux. L’entrepreneur n’a pas respecté le dosage nécessaire. Il a été instruit de procéder à des correctifs pour respecter le plan de construction qu’il a lui-même souscrit.
Avant d’aller sur le chantier, la délégation a fait un tour à la mairie d’Ifangni. Le secrétaire général de la mairie, Rodrigue Kotounou a assuré de la quote part de la commune qui ne fera pas défaut.
Au terme de la descente, le directeur exécutif de l’Ong Autre Vie se dit satisfaite de cette visite qui lui a permis de toucher du doigt l’évolution des différents chantiers d’infrastructures scolaires mises en œuvre par sa structure. Ce qui permettra in fine de réduire le taux de déperdition scolaire et de la déscolarisation des enfants et de participer à l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la scolarisation de la petite enfance dans les quatre communes concernées, a précisé Romuald Djivoessou qui était accompagné de Emmanuel Ahissou, Past président de la zone 351 de Lions club international et de Fortuné Dadjo, Past président de Lions club Porto-Novo Caïlcédrat.

La nouvelle du décès de Mathieu Kérékou a été pour moi une surprise en même temps qu’elle m’inspire de la tristesse. Et à cette occasion, mes pensées vont à toute sa famille qui pleure aujourd’hui un être cher.
La tristesse parce qu’il s’agit même de l’homme qui a présidé aux destinées de ce pays pendant près de trois décennies et qui s’en est allé emportant avec lui tout un pan de l’histoire de notre pays. Mais ma tristesse a été surtout grande qu’il ait pu disparaître sans devoir répondre de tous les crimes commis sous ses différents pouvoirs de 1972 à 2006. Car le général Mathieu Kérékou, il ne faut pas l’oublier, c’est l’homme des geôles de Ségbana, des lieux de tortures de PLM-Alédjo, PCO, Camp Ghézo et du petit palais.
Mathieu Kérékou, c’est l’incarnation du chantage et de l’impunité. Sous menace des armes, battu aux élections présidentielles par Nicéphore D. Soglo en 1991, il recourut au chantage pour arracher l’impunité personnelle votée par le HCR en avril 1991.
Tout le monde voit que ce qui constitue le fléau qui plombe le Bénin et qu’il a entrainé dans les enfers où il est actuellement, c’est l’impunité et cela est incarné par Mathieu Kérékou. L’impunité des crimes politiques, voilà le système Kérékou.
Propos recueillis par Pintos GNANGNON.

«Avant tout, je voudrais dire qu’il s’agit de la chute d’un très grand baobab. Même s’il est affaibli, quand on sait qu’il est là, on sait qu’il est là. Et ça inspire. Je voudrais présenter mes condoléances à sa famille biologique et à sa famille très large.
De l’homme lui-même, je dirai simplement qu’il est un grand citoyen. On l’appelait « grand camarade » mais il est un grand citoyen. Tout chef d’Etat qu’il était, il se considérait d’abord comme un citoyen. Quand il a déclenché la Révolution avec ses camarades, on a voulu lui ériger une statue en son honneur, mais il a rejeté fermement. Ensuite, il y a eu des manifestations à Cotonou organisées par des femmes dont mesdames Ballè, Ayité et autres. Elles ont été à la présidence avec le mot d’ordre «Kérékou, Kérékou Baba wè gni wé kpo kan kpo djè» (Kérékou, Kérékou, tu es un grand chef avec toute la majesté). Quand il a entendu ce nouveau mot d’ordre qu’elles lançaient, il a demandé d’arrêter et leur a expliqué que ce sont ceux qui glorifient de cette façon qui sont les premiers à abattre mes statues. Donc il ne voulait pas qu’on le particularise.
Chose amusante, au début de son règne, il se sentait à l’étroit dans ses fonctions de président de la République. Il aimait être libre. C’était quelque part un rebelle. Il aimait jouer «adji» (Jeu appelé domino) dans un coin non loin de la Banque Béninoise du Développement (BBD) proche de sa résidence. Chef d’Etat, il sortait les soirs tranquillement pour regarder les autres jouer. Mais un jour, il s’est mis derrière un joueur et le jeu l’a pris et il a indiqué à ce dernier en envoyant son doigt comment il devait jouer. Mais ne sachant pas qui c’était, ce joueur lui a tapé le doigt. Mais quand l’adversaire de celui qu’il aidait s’était rendu compte que c’était lui, il s’était levé et les autres ont fait aussi de même. Kérékou les invitait à revenir jouer avec lui.
Par ailleurs, c’était l’homme du raisonnable. Un homme d’humilité et de paix. Il a été un homme qui respecte le droit. Quand les autorités du Ghana lui avaient demandé de lui extrader l’un de ses citoyens du nom d’Anderson, le président Mathieu Kérékou a respecté le droit et a tout simplement éconduit l’équipe venue récupérer l’intéressé.»
Propos recueilli par Alain ALLABI
Actualités 15 oct. 2015

Le général Mathieu Kérékou est le premier président à associer les femmes à la gestion des affaires de la cité. La promotion de la femme, était l’une de ses priorités. Pour la première fois dans l’histoire du Bénin, il a eu la volonté politique de faire intégrer une femme à un gouvernement de la République. Les femmes béninoises lui doivent cela.
Tous les gouvernements qui l’ont succédé après 1989 ont pris ce pli. Il est impossible aujourd’hui pour un chef d’Etat de former un gouvernement sans qu’il n’y ait de femmes. Le général Mathieu Kérékou est un grand patriote et il l’a montré durant toute sa vie. Il détient des informations très importantes qu’il ne pouvait révéler au risque d’embraser tout le pays. Avant son avènement au pouvoir, les méfaits du régionalisme étaient perceptibles au Dahomey. Il a su calmer tout cela durant ses différents régimes. La nation béninoise doit lui reconnaitre ce mérite. J’ai beaucoup travaillé avec lui et je retiens qu’il était un chef, un vrai chef, un baobab. Il est vrai que le Bénin peut compter encore des gens de sa trempe, mais ils très sont rares. Son décès est une grosse perte pour le pays. Nous n’avons pas de volonté devant la mort, mais nous aurions souhaité avoir beaucoup d’autres Mathieu Kérékou pour diriger le Bénin. Voyez-vous à quel moment il disparaît ? C’est une grande préoccupation, parce qu’il part à la veille d’une échéance très importante pour le pays. Quand bien même il n’intervient plus physiquement, il suffisait juste qu’il prodigue quelques conseils ou qu’il donne des orientations à certaines personnes pour que tout se passe bien dans le cadre de ces consultations électorales. Dieu seul sait pourquoi il l’a rappelé à ce moment précis. Peut-être que sa disparition va amener les acteurs sociopolitiques à se ressaisir, à s’asseoir autour d’une même table pour dialoguer sérieusement sur l’état de la nation, car la situation actuelle n’augure pas d’un lendemain meilleur pour le pays. Il nous faut maintenant nous ressaisir pour éviter que le pays vole en éclats. Son décès est un grand signe au regard des ambitions qu’affichent certains acteurs aujourd’hui. Sa disparition doit donc amener les acteurs à divers niveaux à penser autrement l’avenir du pays.
Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO
Actualités 15 oct. 2015

Le président de la République a reçu, hier mardi 13 octobre, le serment de six nouveaux députés appelés à servir comme juge à la Haute Cour de Justice. Il soutient la nécessité de réformer l’institution.
Candide Azannaï, Adam Bagoudou, Benoît Dègla, Valentin Djènontin, Sacca Lafia, Edmond Zinsou, tous issus de la 7è législature font leur entrée à la Haute Cour de Justice. Ces nouveaux juges ont dit, conformément à la Constitution du 11 décembre 1990, leur serment devant le bureau de l’Assemblée nationale et le président de la République. Ils ont promis «de remplir leurs fonctions, de l'exercer en toute impartialité, de garder le secret des délibérations et des votes, de ne prendre aucune position publique, et de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence de la HCJ».
Après avoir reçu leur serment, le chef de l’Etat a réitéré aux nouveaux juges la ferme détermination de son gouvernement à poursuivre la lutte contre la corruption. Mais Boni Yayi déplore l’inaction de cette institution constitutionnelle chargée de juger le président de la République et les ministres, en cas d’infraction commise dans l’exercice de leur fonction. La raison, la complexité de la procédure de mise en accusation dans laquelle le Parlement joue un rôle essentiel. Il en veut pour preuve les six dossiers transmis par son gouvernement qui, en dépit des efforts de l’Exécutif, sont restés sans suite. «Nous réalisons qu’en l’état actuel de ses textes, les missions sont difficiles à accomplir. Cette procédure complexe et tributaire en bonne partie du bon vouloir des députés, donne à penser que l’accomplissement de la mission de la Haute Cour de Justice est une gageure», souligne-t-il.
Pour le président de la République, il y a nécessité d’opérer des réformes pour simplifier la procédure et permettre aux juges de la HCJ de disposer des éléments pour accomplir leur mission. «L’heure est venue pour que la réforme se fasse sans délai. Il faut introduire des amendements dans la loi fondamentale», conclut-il.

Le jeudi 8 octobre dernier, le monde entier a célébré la Journée mondiale pour la vue. Il s’est agi pour les différentes associations impliquées pour la cause de la vue, de mener des actions pour prévenir la cécité. L’accent a été mis sur l’initiative «Vision 2020» de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de ses partenaires.
Afin de prévenir la cécité dans le monde, l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale contre la cécité, et d’autres institutions, des gouvernements, des organisations de soins oculaires, des professionnels de santé, des institutions philanthropiques a initié «Vision 2020», qui a pour objectif principal le droit à la vue.
En effet, selon les statistiques, une personne devient aveugle dans le monde toutes les cinq secondes et un enfant devient aveugle toutes les minutes. On estime à plus de sept millions le nombre de personnes qui deviennent aveugles chaque année.
La cécité évitable touche souvent des personnes pauvres, qui n’ont pas accès à des services de soins oculaires de qualité. Elle est plus courante chez les plus pauvres, les femmes et les groupes marginalisés. 90% des aveugles dans le monde vivent dans des pays en développement et on compte au moins 9 millions d’aveugles en Inde, six millions en Chine et sept millions en Afrique. Le risque de cécité est de cinq à dix fois plus élevé chez les habitants des pays en développement que chez les personnes qui vivent dans des pays hautement industrialisés.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 300 millions de personnes sont malvoyantes, "un chiffre d'autant plus insupportable que 80 % des causes de cécité sont évitables".
«La Journée mondiale de la vue est consacrée chaque année au problème de la cécité dans le monde», selon l’Organisation mondiale de la Santé. Cette Journée vise à sensibiliser davantage l’opinion à la prévention et au traitement de la perte de l’acuité visuelle. Elle est axée sur l’engagement des gouvernements à faciliter l'accès aux services de santé pour la prévention et le traitement des affections oculaires.
Les principales actions de «Vision 2020» consistent à sensibiliser l'opinion. Il est préconisé à cet effet, de mobiliser des ressources supplémentaires, maîtriser les principales causes de cécité évitable, former des ophtalmologues et assurer la technologie et les infrastructures appropriées.
Les objectifs de «Vision 2020»
L'objectif de l'équipe de la Prévention de la Cécité à l'OMS est d'aider efficacement les Etats membres à prévenir ce mal et rendre la vue, quand c'est possible. La cible est d'arriver à réduire la prévalence de la cécité à moins de 0,5% dans tous les pays, ou moins de 1% dans n'importe quel pays.
En premier lieu, l'objectif concerté de l'élimination de la cécité évitable d'ici 2020 permettra à tous les partenaires de travailler de façon ciblée et coordonnée. La campagne concertée aidera à mieux sensibiliser le monde au problème de la cécité et à mobiliser des ressources supplémentaires pour prévenir ou traiter la cécité évitable.
En deuxième lieu, «Vision 2020» aidera à affiner et renforcer l'approche soins de santé oculaires primaires du problème de la cécité évitable, et ce sur la base de l’expérience déjà acquise aux niveaux national et international par les programmes en cours dans les pays.
En dernier lieu, l'Initiative cherchera à forger de vastes alliances régionales et, en dernière analyse, un partenariat mondial pour la santé oculaire. Ces partenariats sont indispensables si l'on veut affirmer dans le monde entier le droit fondamental à la vue et épargner ainsi aux générations futures le drame de la cécité évitable. Cette mission de lutte mondiale contre la perte définitive de la vue causée par les maladies oculaires prioritaires est faite à travers des objectifs principaux. Il est primordial de faire connaitre aux publics visés les causes et les solutions des maladies oculaires pouvant causer la cécité irréversible. Les ressources mondiales indispensables dans la mise en œuvre de cette action doivent ensuite être identifiées. Le but est finalement de faciliter la planification, l’essor et l’accomplissement des stratégies d’actions. Ces stratégies sont établies entre autres, pour la lutte contre les maladies oculaires prioritaires, le développement des ressources humaines ainsi que la dotation en infrastructures et technologies appropriées. Le but global est de rendre facile en terme d’accessibilité et de disponibilité les soins oculaires à travers les pays du monde concernés.

Le Syndicat des cheminots de l’Organisation commune Bénin-Niger (Syncobeni) a organisé hier lundi 12 octobre, une assemblée générale. Occasion pour les militants qui tirent le diable par la queue depuis quelques années, d’être informés sur la disparition, dans quelques jours, de l’OCBN leur employeur de toujours au profit d’une nouvelle structure dénommée Bénirail.
C’était en présence du ministre des Transports et des Travaux publics en sa qualité de président du Comité de direction de l’OCBN et des représentants de plusieurs Confédérations syndicales.
Souriants, l’air heureux et visiblement détendus, les agents de l’OCBN qui ont souffert le martyr et qui ont été, privés de leurs salaires pendant vingt mois vivent des moments d’espoir. Le représentant de l’Intersyndical de l’OCBN, Arsène Adjovi leur a annoncé officiellement la bonne nouvelle : «la fin des activités de l’OCBN, et le démarrage de celles de Bénirail». Une nouvelle accueillie par une ovation nourrie de l’assistance. Dans les ateliers de la structure hier, le temps était donc à la fête avec des chants et danses.
Après le rappel du chemin parcouru pour en arriver à cette étape, le syndicaliste salue la clairvoyance des gouvernements du Niger et du Bénin, et exhorte ses camarades au travail bien fait. «Réveillez les vieux génies et mettez-les au service du notre nouvel outil de travail», a-t-il conseillé.
A la tête de la structure depuis 18 mois, celui qu’on peut désormais appeler le dernier directeur général de l’OCBN, Soulémane Issakou a salué l’endurance des employés par rapport à la misère vécue, avant de rappeler que la nouvelle situation est la concrétisation du rêve des chefs d’Etat du Niger et du Bénin. Il a ensuite appelé à la conscience professionnelle pour sauver l’image de marque de la nouvelle structure qui est leur outil de travail.
Pour sa part, le directeur général de Bénirail, Benoît du Souich se réjouit de prendre un premier contact avec ses futurs employés. «Nous aurons l’occasion de nous voir très prochainement pour parler, discuter autour de ce nouveau projet. », a-t-il indiqué précisant pouvoir compter sur le professionnalisme légendaire des cheminots béninois.
«Je suis heureux de vous voir constater par vous-mêmes la fin des activités de l’OCBN. C’est l’aboutissement d’un long processus qui consacre la volonté de deux chefs d’Etat de réunir leurs peuples par les rails», a-t-il avancé. Puis, il a conseillé aux syndicats de travailler avec la nouvelle direction dans un esprit de syndicalisme de participation.
Tour à tour, Dieudonné Lokossou de la CSA-Bénin, Pascal Todjinou de la CGTB et Noël Chadaré de la Cosi-Bénin sont montés au créneau pour fustiger la mauvaise gestion de l’OCBN par les politiques. «Ce sont les différents régimes politiques qui ont mis ce fleuron de l’économie du pays dans cet état pitoyable» a révélé Dieudonné Lokossou. «Ne croyez pas au philanthropisme d’un repreneur a ajouté Pasal Todjinou pour qui le groupe Bolloré n’est pas là que pour les aider. «C’est un capitaliste comme tout autre qui est venu pour ses affaires». Il prévient toutefois de toute intention éventuelle de licenciement abusive
Quant à Noël Chadaré, il a appelé tous les travailleurs de l’OCBN devenue Bénirail, au professionnalisme». «C’est désormais votre gagne-pain», a-t-il dit.
Même message avancé par le président d’honneur à vie de l’OCBN, Albérick Ahoyo. Appelé à faire valoir ses droits à la retraite depuis maintenant 31 ans, cet ancien de l’OCBN a salué la solidarité et surtout l’endurance des travailleurs. Puis, il les a appelés à la vigilance. «Partout où passent les rails des vies naissent», conclut l’octogénaire.