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Nouvelles

Développement de la filière cunicole au Bénin: La FAO lance un projet d’appui à la professionnalisation des acteurs

La Représentation nationale au Bénin de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lance le projet « d’Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud Bénin ». C’était à la faveur d’un atelier qui a regroupé les acteurs de la filière le jeudi 9 juillet dernier au palais des Congrès de Cotonou suite à la requête du gouvernement du Bénin.

Le relâchement que connait depuis 2010 les activités autour de la filière lapin devrait relever du passé avec le lancement jeudi dernier, du projet "Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud-Bénin". Financé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce projet qui a été lancé jeudi 9 juillet dernier, a fait l’objet d’un atelier du gouvernement, le même jour.

En organisant l’atelier du jeudi dernier, la FAO vise à atteindre des résultats précis. Il s’agit de vulgariser les objectifs et l’approche d’intervention du projet. C’est ainsi qu’au terme des travaux qui se sont déroulés en plénière et en travaux de groupe, les acteurs de la filière ont pris connaissance du cadre logique et du mode d’intervention du projet qu’ils ont validé.
Le projet en effet a pour objectif d’aider à assainir l’environnement administratif et institutionnel de l’élevage de lapins. Pour ce faire, il va œuvrer à améliorer la productivité et la compétitivité de la filière et créer de meilleures conditions pour rendre le sous-secteur rentable et attractif, capable de constituer une source d’auto-emplois.
Le directeur général du développement agricole et de la nutrition, Adanou Boukaneïny, s’est réjoui de l’initiative qui, à terme, doit déboucher sur la professionnalisation de la filière. Ce projet, souligne-t-il, vise à contribuer à l’amélioration du niveau d’alimentation en protéines animales de la population et favoriser la création ou la stabilisation des emplois de jeunes et de femmes basés sur la production et la valorisation des produits à base de viande de lapin.
Bien que la filière cunicole ait pris son envol dans les années 1990 au Bénin, elle connait une baisse de forme liée notamment à la concurrence déloyale des viandes surgelées fortement subventionnées importées depuis 2010. La mise sur le marché de la viande de lapin est devenue l’une des contraintes de la filière.

Les constats du représentant résident

Le représentant résident de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Bénin, Tièmoko Yo, rappelle que 60% de la population sont concentrés sur une petite portion du territoire au Sud avec des exploitations agricoles de très petites tailles, souvent de moins d’un hectare. De ce constat, il déduit que seul l’élevage d’animaux de cycle court pourrait permettre d’apporter de la protéine animale à l’alimentation. Or, constate-t-il, cette activité est confrontée à la concurrence des produits congelés qui empêche le développement de la filière viande.
Afin de mieux exploiter le potentiel de production et de génération de revenus que constitue la filière lapin, le gouvernement a sollicité la FAO pour appuyer la filière cunicole au Bénin. Grâce à la mise en œuvre du projet "Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud-Bénin", la capacité technique et managériale des acteurs le long des chaînes de valeurs sera renforcée.
En effet, une étude diagnostique de la filière conduite en octobre 2014 a montré le faible niveau d’organisation des acteurs. La baisse des performances des reproducteurs et le faible niveau de maîtrise technique et de gestion des exploitations constituent, selon le rapport de l’étude, des entraves au développement des chaînes de valeurs dans le sous-secteur.
Les acteurs de cette filière auront, grâce au projet, la capacité de mieux organiser les circuits de commercialisation, grâce à l’appui, à l’administration pour l’édiction et le contrôle des normes de qualité des intrants d’élevage.
Le représentant du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Salami Ténaka a exprimé sa reconnaissance à cet appui de la FAO qui, selon lui, rentre dans le cadre des objectifs du Plan stratégique de relance du secteur agricole, qui encourage le développement des filières agricoles. Au nom de son ministre empêché, il a pris l’engagement d’accompagner l’initiative du projet.
À noter que le projet couvre 7 communes dans 5 départements au Sud du Bénin.

Société 12 juil. 2015


Développement de la filière cunicole au Bénin: La FAO lance un projet d’appui à la professionnalisation des acteurs

La Représentation nationale au Bénin de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lance le projet « d’Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud Bénin ». C’était à la faveur d’un atelier qui a regroupé les acteurs de la filière le jeudi 9 juillet dernier au palais des Congrès de Cotonou suite à la requête du gouvernement du Bénin.

Le relâchement que connait depuis 2010 les activités autour de la filière lapin devrait relever du passé avec le lancement jeudi dernier, du projet "Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud-Bénin". Financé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce projet qui a été lancé jeudi 9 juillet dernier, a fait l’objet d’un atelier du gouvernement, le même jour.

En organisant l’atelier du jeudi dernier, la FAO vise à atteindre des résultats précis. Il s’agit de vulgariser les objectifs et l’approche d’intervention du projet. C’est ainsi qu’au terme des travaux qui se sont déroulés en plénière et en travaux de groupe, les acteurs de la filière ont pris connaissance du cadre logique et du mode d’intervention du projet qu’ils ont validé.
Le projet en effet a pour objectif d’aider à assainir l’environnement administratif et institutionnel de l’élevage de lapins. Pour ce faire, il va œuvrer à améliorer la productivité et la compétitivité de la filière et créer de meilleures conditions pour rendre le sous-secteur rentable et attractif, capable de constituer une source d’auto-emplois.
Le directeur général du développement agricole et de la nutrition, Adanou Boukaneïny, s’est réjoui de l’initiative qui, à terme, doit déboucher sur la professionnalisation de la filière. Ce projet, souligne-t-il, vise à contribuer à l’amélioration du niveau d’alimentation en protéines animales de la population et favoriser la création ou la stabilisation des emplois de jeunes et de femmes basés sur la production et la valorisation des produits à base de viande de lapin.
Bien que la filière cunicole ait pris son envol dans les années 1990 au Bénin, elle connait une baisse de forme liée notamment à la concurrence déloyale des viandes surgelées fortement subventionnées importées depuis 2010. La mise sur le marché de la viande de lapin est devenue l’une des contraintes de la filière.

Les constats du représentant résident

Le représentant résident de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Bénin, Tièmoko Yo, rappelle que 60% de la population sont concentrés sur une petite portion du territoire au Sud avec des exploitations agricoles de très petites tailles, souvent de moins d’un hectare. De ce constat, il déduit que seul l’élevage d’animaux de cycle court pourrait permettre d’apporter de la protéine animale à l’alimentation. Or, constate-t-il, cette activité est confrontée à la concurrence des produits congelés qui empêche le développement de la filière viande.
Afin de mieux exploiter le potentiel de production et de génération de revenus que constitue la filière lapin, le gouvernement a sollicité la FAO pour appuyer la filière cunicole au Bénin. Grâce à la mise en œuvre du projet "Appui à la professionnalisation de la filière cunicole dans le Sud-Bénin", la capacité technique et managériale des acteurs le long des chaînes de valeurs sera renforcée.
En effet, une étude diagnostique de la filière conduite en octobre 2014 a montré le faible niveau d’organisation des acteurs. La baisse des performances des reproducteurs et le faible niveau de maîtrise technique et de gestion des exploitations constituent, selon le rapport de l’étude, des entraves au développement des chaînes de valeurs dans le sous-secteur.
Les acteurs de cette filière auront, grâce au projet, la capacité de mieux organiser les circuits de commercialisation, grâce à l’appui, à l’administration pour l’édiction et le contrôle des normes de qualité des intrants d’élevage.
Le représentant du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Salami Ténaka a exprimé sa reconnaissance à cet appui de la FAO qui, selon lui, rentre dans le cadre des objectifs du Plan stratégique de relance du secteur agricole, qui encourage le développement des filières agricoles. Au nom de son ministre empêché, il a pris l’engagement d’accompagner l’initiative du projet.
À noter que le projet couvre 7 communes dans 5 départements au Sud du Bénin.

Société 12 juil. 2015


Crime d’assassinat (9e dossier): Kolézan Sabi Aboudou écope de 15 ans de réclusion criminelle

Le sieur Kolézan Sabi Aboudou, 48 ans, célibataire avec quatre enfants, a été jugé coupable d’assassinat et condamné à 15 ans de réclusion criminelle, vendredi 10 juillet dernier, par la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. C’est la 9e affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de ladite Cour au titre de l’année 2015.

Amour, quand tu nous tiens ! Econduit par une femme qui lui avait pourtant promis le mariage, il cherche à comprendre les mobiles de son revirement brusque. Un malentendu naît et les deux ex-amoureux en viennent à s’agripper. Une paire de gifles administrée, et la femme tomba raide, à en croire l’homme qui sera accusé d’assassinat. C’est donc pour ce chef d’accusation que le nommé Kolézan Sabi Aboudou a été renvoyé devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Au terme de l’audience, Kolézan Sabi Aboudou, est reconnu coupable et condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

La Cour qui a connu du dossier est présidée par Saturnin D. Afaton assisté de Malick Nourou Dine Bakary et de Karimi Laziwolé Adéoti ; les jurés ont noms : Kénou Troukassa Orou, François K. Gbaguidi, Mêmounatou Bio Tchané et Clarisse Mandopa P. Dogo. L’avocat général à l’audience s’appelle Bernardin Hounyovi. Le greffe est assuré par Me Brice F. M. Dossou-Yovo. Me Safiatou Bassabi Issifou est le conseil de l’accusé.

Retour sur les faits

Courant mai 2002, la nommée Kila Démon Guerra a quitté Kida-Kpérou (commune de Kalalé) où elle est mariée, pour se rendre à Morou, son village natal (Sokotindji, commune de Ségbana). Au cours de son séjour, elle fit la connaissance du nommé Kolézan Sabi Aboudou. Leurs relations amoureuses se sont intensifiées au point où les deux en sont arrivés à concocter un projet de mariage. Kila devrait se rendre à Kalalé pour ramasser ses affaires et emménager avec Kolézan. Mais une fois au domicile conjugal à Kida-Kpérou, la dame passera plus de temps que convenu avec son amant. Pis, de retour à Morou où l’attendait son amoureux, elle changea d’avis et fit savoir qu’elle ne l’aimait point et que leur projet de mariage ne pourrait plus prospérer. Blessé dans son orgueil par ce revirement, l’homme se résout à proférer des menaces à l’encontre de celle qui refuse de vivre avec lui et ce, après quelques actions de séduction et de bons offices sans succès.
Dans la matinée du 11 novembre 2002, Kolézan rejoint Kila dans le champ de coton de cette dernière. Celle-ci était occupée à la récolte. Une discussion engagée entre les deux a tourné au vinaigre. Mort s’en est suivie : le corps en état de putréfaction avancée de Kila sera retrouvé dans un trou de termitière à 100 mètres environ du champ cinq jours plus tard, soit le 16 novembre. Kolézan Sabi Aboudou sera interpellé puis écroué le 28 novembre 2002, soit près de 13 ans de détention aujourd’hui.
Hier à la barre comme à toutes les étapes de la procédure, Kolézan Sabi Aboudou a reconnu les faits mis à sa charge. « Je me suis rendu dans le champ pour m’enquérir de la raison de son changement d’avis au sujet de notre projet de mariage. Elle m’a répondu que je l’embête. Puis, elle a voulu me saisir par le cou et j’ai esquivé. Je me suis rappelé de toutes les souffrances que j’endure dans cette affaire. Enervé, je lui ai donné une paire de gifles et elle s’est écroulée. Je l’ai prise dans mes bras et j’ai constaté quelques minutes après qu’elle ne vivait plus...Je l’ai tiré sur une certaine distance pour la déposer dans un trou mitoyen à une termitière», raconte l’accusé acculé de questions. Dans sa version des faits, il réfute l’intention criminelle et confie qu’il ne voulait que «corriger» cette femme à qui il affirme avoir donné 2000 F CFA pour lui témoigner son affection, puis 5000 F CFA pour aller chercher ses effets, et plus tard 35 000 F CFA pour s’acheter des choses, en dehors des libéralités en direction de sa mère à travers des dons d’ignames. «Je regrette vraiment mon acte et je ne souhaite pas que cela arrive à personne, même pas à mon ennemi », laisse entendre Kolézan Sabi Aboudou pris de remords.
Il dit avoir été troublé après son acte, raison pour laquelle il n’a alerté personne, et que l’idée de se suicider lui serait même passée par la tête. Selon des personnes interrogées à l’enquête préliminaire, Kolézan s’est confié à un charlatan dans un village voisin pour avoir un remède afin de chasser l’esprit hantant d’une femme qu’il dit avoir tuée. Aucun témoin n’était présent hier à l’audience.
L’enquête de moralité n’est guère favorable à l’accusé. Le sieur Kolézan Sabi Aboudou serait de moralité douteuse ; il fréquenterait des jeunes accros de chanvre indien et serait souvent en état d’ébriété. Toutefois, le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.

L’infraction d’assassinat retenue

Pour Bernardin Hounyovi, représentant le ministère public, l’accusé Kolézan Sabi Aboudou a bel et bien commis un acte d’assassinat et doit être puni conformément aux dispositions des articles 296 à 298 et 302 du Code pénal. Ne souffrant d’aucune anomalie mentale ou psychologique et donc lucide au moment de l’action aux termes du rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique, il est accessible à la sanction pénale, conclut l’avocat général.
Coupable, il sera condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour la répression que mérite son acte, requiert le jeune magistrat.
Me Safiatou Bassabi Issifou défendant les intérêts de l’accusé, plaide une disqualification des faits d’assassinat et penche plutôt pour un meurtre parce que, selon elle, son client « n’a rien prémédité ». La défense estime que c’est l’amour qui a mal tourné et a conduit à cette situation déplorable qui a causé mort d’homme. Sur ce, l’avocat demande la clémence de la Cour pour que son client retrouve enfin sa famille après près de 13 ans déjà passé en tôle. En vain !
Sa plaidoirie n’aura modifié outre mesure la conviction des membres de la Cour puisqu’au délibéré, et statuant publiquement en matière criminelle non seulement elle retient le chef d’accusation d’assassinat, mais surtout corse la sanction suggérée par l’avocat général en portant la peine à 15 ans de réclusion criminelle. Ainsi, le quinquagénaire aux cheveux tout grisonnants, Kolézan Sabi Aboudou, passera encore deux ans et quatre mois avant de recouvrer sa liberté.

Société 12 juil. 2015


Crime d’assassinat (9e dossier): Kolézan Sabi Aboudou écope de 15 ans de réclusion criminelle

Le sieur Kolézan Sabi Aboudou, 48 ans, célibataire avec quatre enfants, a été jugé coupable d’assassinat et condamné à 15 ans de réclusion criminelle, vendredi 10 juillet dernier, par la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. C’est la 9e affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de ladite Cour au titre de l’année 2015.

Amour, quand tu nous tiens ! Econduit par une femme qui lui avait pourtant promis le mariage, il cherche à comprendre les mobiles de son revirement brusque. Un malentendu naît et les deux ex-amoureux en viennent à s’agripper. Une paire de gifles administrée, et la femme tomba raide, à en croire l’homme qui sera accusé d’assassinat. C’est donc pour ce chef d’accusation que le nommé Kolézan Sabi Aboudou a été renvoyé devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Au terme de l’audience, Kolézan Sabi Aboudou, est reconnu coupable et condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

La Cour qui a connu du dossier est présidée par Saturnin D. Afaton assisté de Malick Nourou Dine Bakary et de Karimi Laziwolé Adéoti ; les jurés ont noms : Kénou Troukassa Orou, François K. Gbaguidi, Mêmounatou Bio Tchané et Clarisse Mandopa P. Dogo. L’avocat général à l’audience s’appelle Bernardin Hounyovi. Le greffe est assuré par Me Brice F. M. Dossou-Yovo. Me Safiatou Bassabi Issifou est le conseil de l’accusé.

Retour sur les faits

Courant mai 2002, la nommée Kila Démon Guerra a quitté Kida-Kpérou (commune de Kalalé) où elle est mariée, pour se rendre à Morou, son village natal (Sokotindji, commune de Ségbana). Au cours de son séjour, elle fit la connaissance du nommé Kolézan Sabi Aboudou. Leurs relations amoureuses se sont intensifiées au point où les deux en sont arrivés à concocter un projet de mariage. Kila devrait se rendre à Kalalé pour ramasser ses affaires et emménager avec Kolézan. Mais une fois au domicile conjugal à Kida-Kpérou, la dame passera plus de temps que convenu avec son amant. Pis, de retour à Morou où l’attendait son amoureux, elle changea d’avis et fit savoir qu’elle ne l’aimait point et que leur projet de mariage ne pourrait plus prospérer. Blessé dans son orgueil par ce revirement, l’homme se résout à proférer des menaces à l’encontre de celle qui refuse de vivre avec lui et ce, après quelques actions de séduction et de bons offices sans succès.
Dans la matinée du 11 novembre 2002, Kolézan rejoint Kila dans le champ de coton de cette dernière. Celle-ci était occupée à la récolte. Une discussion engagée entre les deux a tourné au vinaigre. Mort s’en est suivie : le corps en état de putréfaction avancée de Kila sera retrouvé dans un trou de termitière à 100 mètres environ du champ cinq jours plus tard, soit le 16 novembre. Kolézan Sabi Aboudou sera interpellé puis écroué le 28 novembre 2002, soit près de 13 ans de détention aujourd’hui.
Hier à la barre comme à toutes les étapes de la procédure, Kolézan Sabi Aboudou a reconnu les faits mis à sa charge. « Je me suis rendu dans le champ pour m’enquérir de la raison de son changement d’avis au sujet de notre projet de mariage. Elle m’a répondu que je l’embête. Puis, elle a voulu me saisir par le cou et j’ai esquivé. Je me suis rappelé de toutes les souffrances que j’endure dans cette affaire. Enervé, je lui ai donné une paire de gifles et elle s’est écroulée. Je l’ai prise dans mes bras et j’ai constaté quelques minutes après qu’elle ne vivait plus...Je l’ai tiré sur une certaine distance pour la déposer dans un trou mitoyen à une termitière», raconte l’accusé acculé de questions. Dans sa version des faits, il réfute l’intention criminelle et confie qu’il ne voulait que «corriger» cette femme à qui il affirme avoir donné 2000 F CFA pour lui témoigner son affection, puis 5000 F CFA pour aller chercher ses effets, et plus tard 35 000 F CFA pour s’acheter des choses, en dehors des libéralités en direction de sa mère à travers des dons d’ignames. «Je regrette vraiment mon acte et je ne souhaite pas que cela arrive à personne, même pas à mon ennemi », laisse entendre Kolézan Sabi Aboudou pris de remords.
Il dit avoir été troublé après son acte, raison pour laquelle il n’a alerté personne, et que l’idée de se suicider lui serait même passée par la tête. Selon des personnes interrogées à l’enquête préliminaire, Kolézan s’est confié à un charlatan dans un village voisin pour avoir un remède afin de chasser l’esprit hantant d’une femme qu’il dit avoir tuée. Aucun témoin n’était présent hier à l’audience.
L’enquête de moralité n’est guère favorable à l’accusé. Le sieur Kolézan Sabi Aboudou serait de moralité douteuse ; il fréquenterait des jeunes accros de chanvre indien et serait souvent en état d’ébriété. Toutefois, le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure.

L’infraction d’assassinat retenue

Pour Bernardin Hounyovi, représentant le ministère public, l’accusé Kolézan Sabi Aboudou a bel et bien commis un acte d’assassinat et doit être puni conformément aux dispositions des articles 296 à 298 et 302 du Code pénal. Ne souffrant d’aucune anomalie mentale ou psychologique et donc lucide au moment de l’action aux termes du rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique, il est accessible à la sanction pénale, conclut l’avocat général.
Coupable, il sera condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour la répression que mérite son acte, requiert le jeune magistrat.
Me Safiatou Bassabi Issifou défendant les intérêts de l’accusé, plaide une disqualification des faits d’assassinat et penche plutôt pour un meurtre parce que, selon elle, son client « n’a rien prémédité ». La défense estime que c’est l’amour qui a mal tourné et a conduit à cette situation déplorable qui a causé mort d’homme. Sur ce, l’avocat demande la clémence de la Cour pour que son client retrouve enfin sa famille après près de 13 ans déjà passé en tôle. En vain !
Sa plaidoirie n’aura modifié outre mesure la conviction des membres de la Cour puisqu’au délibéré, et statuant publiquement en matière criminelle non seulement elle retient le chef d’accusation d’assassinat, mais surtout corse la sanction suggérée par l’avocat général en portant la peine à 15 ans de réclusion criminelle. Ainsi, le quinquagénaire aux cheveux tout grisonnants, Kolézan Sabi Aboudou, passera encore deux ans et quatre mois avant de recouvrer sa liberté.

Société 12 juil. 2015


Tiburce Hounkonnou, trésorier général de la Fédération béninoise de scrabble: « Nous allons en Belgique pour défendre la renommée du scrabble béninois »

Qualifié pour prendre part aux 44è Championnats du monde de scrabble francophone en Belgique, le Bénin se prépare activement. Il a conscience que le titre de champion du monde de scrabble classique qu’il détient fait l’objet de convoitise. Le trésorier général de la Fédération béninoise de scrabble, Tiburce Hounkonnou, apporte à travers cette interview des précisions sur l’évènement.

La Nation : Il y a un évènement important en vue pour votre Fédération.

Tiburce Houkonnou : Je confirme. Le Bénin se prépare pour les 44è Championnats du monde de scrabble francophone qui se tiendront du 18 au 25 juillet prochain à Louvain- la- neuve en Belgique.

Comment le Bénin s’est-il qualifié ?

Pour être qualifié aux championnats du monde, la Fédération avait participé durant toute la saison 2014 des simultanés panafricains et nationaux. C’est à l’issue de ces compétitions que nous avons dégagé les 20 meilleurs joueurs du Bénin. Le 15 juin dernier, nous avons fait une sélection à Cotonou afin de dégager les représentants du Bénin pour ces championnats du monde de scrabble francophone.

Qui sont ceux qui représentent le Bénin et dans quelles catégories ?
Sept joueurs représentent le Bénin au cours de ce championnat. En termes de catégorie, nous en avons deux : le duplicate et le classique. Je vous rappelle qu’en classique, le Bénin est champion du monde en titre. Nous avons donc intérêt à mieux nous armer pour une bonne prestation. Et surtout à revenir au bercail avec le titre. Nous sommes d’ailleurs conscients que ce ne serait pas chose facile. Car, le Bénin sera la bête à abattre à ces championnats. Pour rappel, il a été trois fois vice-champion du monde, avant de prendre le titre.

Vous voudriez expliquer aux lecteurs la différence entre le jeu classique et celui duplicate.

Le scrabble classique, c’est le jeu que nous jouons tous à la maison où nous piochons tous dans le même sac. Dans ce scrabble, il y a le facteur chance qui joue. C’est donc un jeu de tu pioches, je pioche. Là, les joueurs sont face à face. Lorsque nous allons au championnat du monde, nous jouons au total 17 rounds. Ce n’est qu’après ces 17 rounds que se dégagent ceux qui vont jouer la finale.
Et la finale se joue en deux manches : aller-retour.
Pour ce qui concerne le scrabble duplicate, c’est le jeu où tout le monde s’asseoit, on pioche les mêmes jetons et on joue avec. Mais à ce niveau, il n’y a plus le facteur chance.
Comment préparez-vous la compétition ?

Chaque année, le ministère des Sports nous accompagne à travers une subvention qui est normalement allouée à notre Fédération. Mais à l’heure actuelle, la communication n’est pas encore passée en Conseil des ministres, donc le ministère n’a pas encore dégagé les moyens pour aider la Fédération à pouvoir représenter dignement le pays à cette compétition. Toutefois, le ministère nous a donné son accord de principe pour nous aider à acquérir les billets en attendant que la communication passe en Conseil des ministres.

On peut donc dire que tout est fin prêt pour que le Bénin soit vaillamment représenté ?

Tout est fin prêt. Car, depuis fin juin dernier, l’équipe béninoise est mise au vert au siège de la Fédération. Nous nous préparons donc activement pour représenter dignement le pays.

Un mot pour conclure l’entretien

Nous demandons au peuple béninois d’être en union de prière pour nous. Nous promettons de ne pas faire piètre figure. Aussi voudrais-je demander au ministère d’essayer de traiter notre dossier avec célérité afin que nous fassions le déplacement dans de bonnes conditions.

Sports 12 juil. 2015


Cour d’assises de Parakou / Assassinat et vol à main armée (8e dossier): Réclusion criminelle à perpétuité pour Joël Ladédji

Il passera le reste de sa vie en prison. Lui, c’est Joël Ladédji, 47 ans, soudeur-peintre-tôlier, qui a abattu froidement le supposé amant de sa femme à qui il a tendu une embuscade, avant de s’emparer de son véhicule qu’il tenta de vendre. Il s’agit du jugement de la huitième affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou qui s'est déroulé hier jeudi 9 juillet.

Réclusion criminelle à perpétuité, c’est la sentence retenue contre le sieur Joël Ladédji reconnu coupable d’assassinat sur le sieur Gustave Dessoh, alors chef d’usine de la Compagnie cotonnière du Bénin à Kandi (CCB-Kandi), et de vol à main armée pour s’être emparé par la suite du véhicule de la victime.

Les faits tels que présentés à l’audience se présente ainsi qu’il suit. «Monsieur Joël Ladédji et dame Ruth Kouagou sont des époux et vivent ensemble. Dans la journée du lundi 18 mai 2009 sur la base d’une ruse convenue entre eux, Ruth M’po Kouagou prit rendez-vous avec Gustave Dessoh, chef d’usine CCB-Kandi. A l’heure convenue, elle prit place à bord du véhicule Toyota Hilux 4x4 immatriculé AE 7167 RB conduit par le chef d’usine. Arrivé à un niveau à la sortie Nord de Kandi, le véhicule s’immobilisa. Les amants n’eurent le temps de savourer leur appétit sexuel, lorsque le nommé Joël Ladédji surgit et abattit froidement Gustave Dessoh d’un coup de feu tiré à partir d’un pistolet de calibre 12 mm qui l’atteignit à la cage thoracique et d’un autre coup dans le crâne à partir d’un pistolet de calibre 9 mm. Il déshabilla ensuite le corps inanimé, le tira et le glissa sous un ponceau avant de le recouvrir de sable. Ensuite, il dépouilla le véhicule de tous les biens qui s’y trouvaient, fit brûler les habits et documents appartenant à la victime. Le véhicule s’est retrouvé à Malanville et la plaque d’immatriculation initiale fut changée en IPF 8228 RB avant qu’il ne soit proposé en vente à un ressortissant nigérian». C’est ce qui a motivé le renvoi de l’accusé Joël Ladédji devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Sa concubine Ruth M’po Kouagou, mineure au moment des faits et avec qui les actes ont été perpétrés, avait été jugé par la juridiction des enfants.

A l’audience

La Cour qui a connu hier du dossier, est composée du président Ignace Edouard Gangny, des assesseurs Claude Montcho et Fortunato E. Kadjègbin et des jurés Clarisse Mandopa P. Dogo, Kénou Troukassa Orou, Oumar Baparapé et François K. Gbaguidi. Géry Akuesson représentant le ministère public, défendait les intérêts de la société. Guillaume N’Soyènou est l’avocat-conseil de l’accusé et Gilbert Y. Houédan assure les intérêts de la partie civile. Cosme Dègla est greffier de l'audience.
C’est un homme chauve, de taille courte, tout de blanc vêtu auréolé de son gilet bleu indigo, claudiquant du membre inférieur gauche qui apparaît à la barre. Dans ses chaussettes et une tapette, il paraît décontracté à l’entame du procès. Joël Ladédji puisque c’est de lui qu’il s’agit, reconnaît d’emblée d’avoir perpétré un homicide avec préméditation sur le sieur Gustave Dessoh et d’avoir frauduleusement soustrait le véhicule de ce dernier. Tout en avouant son crime, il prononce à plusieurs reprises : «Je n’étais pas en moi-même». Il dit «regretter amèrement» aujourd’hui son acte et implore la clémence de la Cour. Mais l’accusé a varié dans ses premières déclarations. Il tente de faire croire qu’il a épié puis surpris la victime et celle qu’il appelle son épouse : Ruth M’po Kouagou enceinte de quatre mois, en pleins ébats non loin du goudron à bord du véhicule de l’amant. «Il a essayé ensuite de me prendre un des deux pistolets que je portais sur moi mais j’ai réussi à me débarrasser de lui pour lui tirer un coup dans la poitrine et un autre dans la tête», laisse entendre le prévenu. Avec la sagacité du président de la Cour, cette thèse de légitime défense que l’accusé voulait faire entendre a été balayée. Joël Ladédji reconnaîtra par la suite alors avoir fomenté le coup avec la jeune Ruth M’po Kouagou qui est allée prendre rendez-vous avec le nommé Gustave Dessoh. Les deux mettent le plan en exécution et une fois la victime à terre, Joël Ladédji le cache sous un ponceau en prenant soin d’y mettre du sable afin que, justifie-t-il, les passants ne découvrent tôt le cadavre. Tandis que Cosme Dègla est le greffier de l'audience.
Une dizaine de témoins a défilé à la barre. Au nombre de ceux-ci, il y a le beau-frère de l’accusé, chauffeur de profession, qui l’a aidé à amener le véhicule de Kandi à Malanville pour l’opération de changement frauduleux de la plaque et la proposition de vente de la voiture à un Nigérian.

Appréciations et verdict

Les autres sont pour la plupart des agents de la CCB-Kandi au moment des faits. Le mis en cause avait cité un certain nombre d’entre eux comme commanditaires de l’assassinat de leur chef. Aucun d’eux ne s’est reconnu dans les allégations du prévenu.
Pour l’avocat de la partie civile, Me Glibert Y. Houédan, les faits sont abominables. Les deux infractions d’homicide avec préméditation et de soustraction frauduleuse de la voiture au préjudice de Gustave Dessoh qui est en légitime propriétaire, sont constituées. Au regard des faits, il a invité la Cour à « appliquer la loi dans toute sa rigueur en rendant une décision en toute impartialité, non pas par vengeance mais par justice, pour mettre hors d’état de la société cet individu d’une cruauté et d’un cynisme révoltants».
Le ministère public s’attèle à démontrer l’établissement des actes positifs du tueur, de son intention délictueuse en concevant un guet-apens et en agissant délibérément pour ôter la vie à sa victime et s’approprier son véhicule. Il rappelle les articles 295 à 298, 302, 379, 381 du Code pénal, sièges des infractions d’assassinat puis de vol à main armée, avant de souligner que l’accusé bien qu’il ait déjà fait objet de poursuite judiciaire pour émission de faux billets, a un casier judiciaire encore vierge. L’enquête de moralité lui est favorable. Puisqu’il n’était pas dément au moment des faits suivant le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique de Dr Francis Tchégnonsi Tognon, l’avocat général en déduit qu’il est accessible à la sanction pénale. Il requiert qu’il plaise à la Cour de le déclarer coupable pour les infractions d’homicide volontaire avec préméditation et de soustraction volontaire de bien d’autrui avec usage d’arme à feu et de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Il demande également à la Cour d’ordonner la confiscation et la destruction des deux pistolets ayant servi à la commission du crime.
Me Guillaume N’Soyenou assurant la défense de l’accusé, plaide coupable. Il implorera en vain la clémence de la Cour pour une réduction de la peine suggérée par le ministère public en faveur de son client. Hélas ! La réclusion criminelle à perpétuité est retenue par la Cour.
A la fin du procès, quand le jeune garçon encore dans le ventre de sa mère au moment de l’incarcération de cette dernière et de son père, sourit dans les bras de son géniteur condamné à la prison à vie, la scène émeut plus d’un.

De la constitution de partie civile

La veuve Joseline Tollo épouse Dessoh a aussi déposé à la barre et se constitue partie civile. Elle réclame la somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour pouvoir s’occuper d’elle-même et de ses deux enfants. Dans une déclaration lue à la Cour, le père de la victime qui accuse par ailleurs la veuve de complicité de l’assassinat de son fils au regard des antécédents en famille au cours desquels la dame aurait déclaré « vous allez perdre Gustave », se constitue aussi partie civile. Il n’était pas présent hier à l’audience. Quant à la femme, elle dit n’avoir pas vu le corps de son mari. Elle ne s’est pas rendue non plus à l’enterrement de son mari.
Après une brève suspension, la Cour donne acte à Joseline Tollo épouse Dessoh de sa constitution de partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure et réserve les dépens. En effet, plusieurs éléments justificatifs manquent au dossier, notamment l’acte de mariage intervenu entre la veuve et la victime en 2003, les actes de naissance des enfants. Aussi, le conseil de famille ne s’est-il pas réuni pour décider de la clé de répartition des dommages et intérêts.

Société 10 juil. 2015


Cour d’assises de Parakou / Assassinat et vol à main armée (8e dossier): Réclusion criminelle à perpétuité pour Joël Ladédji

Il passera le reste de sa vie en prison. Lui, c’est Joël Ladédji, 47 ans, soudeur-peintre-tôlier, qui a abattu froidement le supposé amant de sa femme à qui il a tendu une embuscade, avant de s’emparer de son véhicule qu’il tenta de vendre. Il s’agit du jugement de la huitième affaire inscrite au rôle de la première session ordinaire de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou qui s'est déroulé hier jeudi 9 juillet.

Réclusion criminelle à perpétuité, c’est la sentence retenue contre le sieur Joël Ladédji reconnu coupable d’assassinat sur le sieur Gustave Dessoh, alors chef d’usine de la Compagnie cotonnière du Bénin à Kandi (CCB-Kandi), et de vol à main armée pour s’être emparé par la suite du véhicule de la victime.

Les faits tels que présentés à l’audience se présente ainsi qu’il suit. «Monsieur Joël Ladédji et dame Ruth Kouagou sont des époux et vivent ensemble. Dans la journée du lundi 18 mai 2009 sur la base d’une ruse convenue entre eux, Ruth M’po Kouagou prit rendez-vous avec Gustave Dessoh, chef d’usine CCB-Kandi. A l’heure convenue, elle prit place à bord du véhicule Toyota Hilux 4x4 immatriculé AE 7167 RB conduit par le chef d’usine. Arrivé à un niveau à la sortie Nord de Kandi, le véhicule s’immobilisa. Les amants n’eurent le temps de savourer leur appétit sexuel, lorsque le nommé Joël Ladédji surgit et abattit froidement Gustave Dessoh d’un coup de feu tiré à partir d’un pistolet de calibre 12 mm qui l’atteignit à la cage thoracique et d’un autre coup dans le crâne à partir d’un pistolet de calibre 9 mm. Il déshabilla ensuite le corps inanimé, le tira et le glissa sous un ponceau avant de le recouvrir de sable. Ensuite, il dépouilla le véhicule de tous les biens qui s’y trouvaient, fit brûler les habits et documents appartenant à la victime. Le véhicule s’est retrouvé à Malanville et la plaque d’immatriculation initiale fut changée en IPF 8228 RB avant qu’il ne soit proposé en vente à un ressortissant nigérian». C’est ce qui a motivé le renvoi de l’accusé Joël Ladédji devant la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou pour être jugé conformément à la loi. Sa concubine Ruth M’po Kouagou, mineure au moment des faits et avec qui les actes ont été perpétrés, avait été jugé par la juridiction des enfants.

A l’audience

La Cour qui a connu hier du dossier, est composée du président Ignace Edouard Gangny, des assesseurs Claude Montcho et Fortunato E. Kadjègbin et des jurés Clarisse Mandopa P. Dogo, Kénou Troukassa Orou, Oumar Baparapé et François K. Gbaguidi. Géry Akuesson représentant le ministère public, défendait les intérêts de la société. Guillaume N’Soyènou est l’avocat-conseil de l’accusé et Gilbert Y. Houédan assure les intérêts de la partie civile. Cosme Dègla est greffier de l'audience.
C’est un homme chauve, de taille courte, tout de blanc vêtu auréolé de son gilet bleu indigo, claudiquant du membre inférieur gauche qui apparaît à la barre. Dans ses chaussettes et une tapette, il paraît décontracté à l’entame du procès. Joël Ladédji puisque c’est de lui qu’il s’agit, reconnaît d’emblée d’avoir perpétré un homicide avec préméditation sur le sieur Gustave Dessoh et d’avoir frauduleusement soustrait le véhicule de ce dernier. Tout en avouant son crime, il prononce à plusieurs reprises : «Je n’étais pas en moi-même». Il dit «regretter amèrement» aujourd’hui son acte et implore la clémence de la Cour. Mais l’accusé a varié dans ses premières déclarations. Il tente de faire croire qu’il a épié puis surpris la victime et celle qu’il appelle son épouse : Ruth M’po Kouagou enceinte de quatre mois, en pleins ébats non loin du goudron à bord du véhicule de l’amant. «Il a essayé ensuite de me prendre un des deux pistolets que je portais sur moi mais j’ai réussi à me débarrasser de lui pour lui tirer un coup dans la poitrine et un autre dans la tête», laisse entendre le prévenu. Avec la sagacité du président de la Cour, cette thèse de légitime défense que l’accusé voulait faire entendre a été balayée. Joël Ladédji reconnaîtra par la suite alors avoir fomenté le coup avec la jeune Ruth M’po Kouagou qui est allée prendre rendez-vous avec le nommé Gustave Dessoh. Les deux mettent le plan en exécution et une fois la victime à terre, Joël Ladédji le cache sous un ponceau en prenant soin d’y mettre du sable afin que, justifie-t-il, les passants ne découvrent tôt le cadavre. Tandis que Cosme Dègla est le greffier de l'audience.
Une dizaine de témoins a défilé à la barre. Au nombre de ceux-ci, il y a le beau-frère de l’accusé, chauffeur de profession, qui l’a aidé à amener le véhicule de Kandi à Malanville pour l’opération de changement frauduleux de la plaque et la proposition de vente de la voiture à un Nigérian.

Appréciations et verdict

Les autres sont pour la plupart des agents de la CCB-Kandi au moment des faits. Le mis en cause avait cité un certain nombre d’entre eux comme commanditaires de l’assassinat de leur chef. Aucun d’eux ne s’est reconnu dans les allégations du prévenu.
Pour l’avocat de la partie civile, Me Glibert Y. Houédan, les faits sont abominables. Les deux infractions d’homicide avec préméditation et de soustraction frauduleuse de la voiture au préjudice de Gustave Dessoh qui est en légitime propriétaire, sont constituées. Au regard des faits, il a invité la Cour à « appliquer la loi dans toute sa rigueur en rendant une décision en toute impartialité, non pas par vengeance mais par justice, pour mettre hors d’état de la société cet individu d’une cruauté et d’un cynisme révoltants».
Le ministère public s’attèle à démontrer l’établissement des actes positifs du tueur, de son intention délictueuse en concevant un guet-apens et en agissant délibérément pour ôter la vie à sa victime et s’approprier son véhicule. Il rappelle les articles 295 à 298, 302, 379, 381 du Code pénal, sièges des infractions d’assassinat puis de vol à main armée, avant de souligner que l’accusé bien qu’il ait déjà fait objet de poursuite judiciaire pour émission de faux billets, a un casier judiciaire encore vierge. L’enquête de moralité lui est favorable. Puisqu’il n’était pas dément au moment des faits suivant le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique de Dr Francis Tchégnonsi Tognon, l’avocat général en déduit qu’il est accessible à la sanction pénale. Il requiert qu’il plaise à la Cour de le déclarer coupable pour les infractions d’homicide volontaire avec préméditation et de soustraction volontaire de bien d’autrui avec usage d’arme à feu et de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. Il demande également à la Cour d’ordonner la confiscation et la destruction des deux pistolets ayant servi à la commission du crime.
Me Guillaume N’Soyenou assurant la défense de l’accusé, plaide coupable. Il implorera en vain la clémence de la Cour pour une réduction de la peine suggérée par le ministère public en faveur de son client. Hélas ! La réclusion criminelle à perpétuité est retenue par la Cour.
A la fin du procès, quand le jeune garçon encore dans le ventre de sa mère au moment de l’incarcération de cette dernière et de son père, sourit dans les bras de son géniteur condamné à la prison à vie, la scène émeut plus d’un.

De la constitution de partie civile

La veuve Joseline Tollo épouse Dessoh a aussi déposé à la barre et se constitue partie civile. Elle réclame la somme de 100 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour pouvoir s’occuper d’elle-même et de ses deux enfants. Dans une déclaration lue à la Cour, le père de la victime qui accuse par ailleurs la veuve de complicité de l’assassinat de son fils au regard des antécédents en famille au cours desquels la dame aurait déclaré « vous allez perdre Gustave », se constitue aussi partie civile. Il n’était pas présent hier à l’audience. Quant à la femme, elle dit n’avoir pas vu le corps de son mari. Elle ne s’est pas rendue non plus à l’enterrement de son mari.
Après une brève suspension, la Cour donne acte à Joseline Tollo épouse Dessoh de sa constitution de partie civile, renvoie la cause à une session ultérieure et réserve les dépens. En effet, plusieurs éléments justificatifs manquent au dossier, notamment l’acte de mariage intervenu entre la veuve et la victime en 2003, les actes de naissance des enfants. Aussi, le conseil de famille ne s’est-il pas réuni pour décider de la clé de répartition des dommages et intérêts.

Société 10 juil. 2015


Audience à la présidence de la République: Lilianne Ploumen reçue par Boni Yayi

Le président de la République s’est entretenu, hier jeudi 9 juillet, avec Lilianne Ploumen, ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement. Cette dernière effectue depuis le 8 juillet dernier, une visite de travail au Bénin.

L’audience de la ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement avec le président de la République, a pris l’allure d’une séance de travail. Sans doute que l’affaire de détournement des fonds relatifs au Programme pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA) s’est invitée au débat. Mais la coopération entre le Bénin et les Pays-Bas ne se limite pas seulement au programme d’hydraulique. Les deux personnalités ont aussi fait un tour d’horizon du partenariat qui lie les deux pays.

La revue conjointe de la coopération bilatérale tenue en octobre 2013, a permis aux Néerlandais de revoir à la hausse leurs engagements pour le programme pluriannuel de coopération 2014-2017. D’un montant total de 139 millions d’euros, soit 91 milliards de francs CFA, ce financement est orienté vers les secteurs Eau/ assainissement, sécurité alimentaire, santé repr oductive/droits sexuels et développement du secteur privé. Le royaume des Pays-Bas assure également le rôle de chef de file des Partenaires techniques et financiers dans le domaine du développement du secteur privé. Ce partenariat se déploie à travers plusieurs instruments dont notamment ORIO (appui aux PME), CBI (renforcement de la compétitivité des entreprises béninoises), MMF (création des joint-ventures d’entreprises béninoises et néerlandaises), PSI (appui aux projets d’investissements innovants), et PUM (Programme d’assistance technique des experts séniors néerlandais). L’arrivée de Lilianne Ploumen va donner au gouvernement l’occasion de rassurer les partenaires néerlandais par rapport aux mesures engagées pour assurer une meilleure gouvernance des programmes.

Actualités 10 juil. 2015


Conséquences des supposées malversations du PPEA 2: Les Pays-Bas suspendent leur partici-pation au programme Eau au Bénin

La visite au Bénin ces dernières heures du ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement du Royaume des Pays-Bas, Lilianne Ploumen a permis de situer les uns et les autres sur le sort des relations que ce pays entrevoit désormais avec le Bénin, surtout en ce qui concerne les programmes et projets en cours, et singulièrement celui relatif à l’eau. Avant de partir de Cotonou hier, jeudi 9 juillet, elle a eu un bref échange avec les médias. Objectif principal, les informer du retrait de son pays du programme Eau au Bénin.

« C’est une décision douloureuse et même dommageable pour les populations béninoises qui n’y sont pour rien, mais nous avons été obligés de la prendre ». C’est ainsi qu’on pourrait synthétiser les propos tenus devant des hommes des médias hier, par Lilianne Ploumen, ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement du Royaume des Pays-Bas. En tournée dans quelques pays africains, elle a également foulé le sol béninois, mais à la différence qu’ici, elle était porteuse d’un message spécifique. Un message qu’elle dit avoir porté au chef de l’Etat et au Premier ministre avec qui elle a eu de longs échanges. Doit-on rappeler ici que les relations entre le Bénin et les Pays-Bas ont été grippées dernièrement, du fait de supposées malversations dans le cadre de la gestion du Programme pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA)

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, au cours de sa conférence de presse tenue dans les locaux de l’ambassade de son pays hier, en présence de l’ambassadeur Jos van Aggelen, Lilianne Ploumen a clairement notifié que son pays se retirait dudit programme. Mais en plus d’ «arrêter le programme Eau», les Pays-Bas entendent revoir les autres programmes en cours. «Le gouvernement doit prendre ses responsabilités», dira par ailleurs, le ministre néerlandais qui dit devoir elle aussi à son peuple, une obligation de reddition de comptes, puisque ledit programme a été financé « avec l’argent du contribuable néerlandais ». Des échanges qu’elle a eus avec le chef de l’Etat et le Premier ministre, on retient le vœu de ceux-ci de se plier à la volonté du bailleur, tout en faisant en sorte que la lumière soit faite sur cette affaire. Au-delà de la lumière qui doit y être faite, Lilianne Ploumen attend du gouvernement béninois qu’il prenne ses responsabilités, agisse aussi bien au plan politique que juridique et évite que de telles situations se reproduisent à l’avenir. «Je suis navrée de constater que ceux qui doivent bénéficier du programme n’en bénéficient pas vraiment », fera-t-elle par ailleurs savoir, avant de souligner qu' « une fois que ce problème sera réglé de manière satisfaisante, nous pouvons revoir comment relancer notre coopération qui a été jusque-là très fructueuse ».
Comment envisager alors les rapports futurs entre les deux pays ? Qu’en sera-t-il de la troisième phase du programme ? Plutôt diplomatique, le ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement du Royaume des Pays-Bas ne nie pas que le futur tiendra compte de la situation actuelle. Autrement, « on fera plus attention» et les Pays-Bas attendent aussi de voir la gestion qui sera faite du dossier. En tout cas, «le partenariat (entre les deux pays NDRL) pourra recevoir un coup», a-t-elle explicitement dit.

Actualités 10 juil. 2015


Vol à main armée (7e dossier): Cinq ans de réclusion criminelle pour Abdou K. Mouhamadou

Coupable de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal, le nommé Abdou Karim Mouhamadou, Nigérien, cultivateur, 31 ans, a été condamné mercredi 8 juillet dernier à cinq ans de réclusion criminelle. L’audience de son jugement présidée par Aboudou Ramanou Ali s’inscrit dans le cadre de l’examen de la 7è affaire inscrite au rôle de la première session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou au titre de l’année 2015.

A deux, ils s’en prennent à un taxi-moto dont ils ont sollicité les services un jour du marché de Tsamiga (Ségbana), pour lui arracher sa motocyclette sous la menace d’un coupe-coupe. Bien mal leur en a pris : les braqueurs sont rattrapés dans une course-poursuite par les populations alertées, puis conduits à la gendarmerie. Inculpés pour le chef d’accusation de vol à main armée, crime prévu et puni par l’article 381 du Code pénal paragraphe 1, les sieurs Abdou Karim Mouhamadou et Amidou Aboudou, tous deux Nigériens, sont traduits devant la justice. Le cas d’Amidou Aboudou, mineur au moment des faits, a été disjoint ; le garçon a été jugé par le tribunal pour enfant statuant en matière correctionnelle et relaxé purement et simplement l’année dernière.
C’est ainsi qu’Abdou Karim Mouhamadou s’est retrouvé seul hier dans le box des accusés. Ses intérêts sont défendus par Me Jean de Dieu Houssou face au ministère public représenté par Delphin Chibozo. La Cour qui a examiné le dossier est composée du président par Aboudou Ramanou Ali, des assesseurs Aleyya Gouda Baco et Mathieu Assogba Kakpo et des jurés Justin Franck Kanchémey, Azaratou Guerra Bagri, Poulo Amadou Sambo et Clarisse Madopa Dogo. Me Ambroise Alassane a tenu le secrétariat de l’audience pour le greffe.
A la barre, l’accusé n’a pas nié les faits. «C’est moi qui ai eu l’idée d’arracher une moto et l’a partagée avec mon ami que je connaissais depuis le Niger. Mon ami a dit que si nous pouvons réussir, ce serait bien. Nous ne faisons pas partie d’un groupe », confie l’accusé. Il dit avoir sur lui un coupe-coupe ce 19 avril 2012 où les faits se sont déroulés, mais n’en a pas fait usage. Devant le magistrat instructeur, lui et son jeune compagnon avaient nié être armés de coupe-coupe. Hier, il a reconnu formellement ladite machette mise sous scellé.
En plus du coupe-coupe, il dit avoir sur lui un litre d’essence qu’il allait mettre dans la moto au cas où l’opération réussirait et qu’en chemin le carburant finissait. «Je suis cultivateur. Je souffre. Je n’ai rien. Je suis marié à deux femmes et père de quatre enfants. C’est pour ça l’idée m’est venue», avance-t-il pour justifier son forfait. C’est la première fois que j’ai fait ça et ça n’a pas réussi. S’il plaît à Dieu, ce serait la dernière fois», promet le braqueur qui implore la clémence de la Cour.

Cinq ans de réclusion criminelle

Dans ses réquisitions, l’avocat général démontre que les éléments matériel, légal et intentionnel relatifs à l’infraction de vol à main armée sont constitués. Car, non seulement, les deux individus reconnaissent avoir frauduleusement soustrait la motocyclette du sieur Sanoussi Noma qu’ils ont sollicité pour les amener de Tsamiga à Ségbana, mais aussi avec la circonstance que l’un deux, Abdou Karim Mouhamadou en l’occurrence, portait sur lui une arme : un coupe-coupe et en a fait même usage. Le ministère public fait observer que l’enquête de moralité réalisée auprès de ses codétenus n’est pas favorable à l’accusé. En effet, le prévenu est décrit comme agressif, impulsif, bagarreur en prison. Il signale que le bulletin n°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique réalisé par le médecin psychiatre Francis Tchégnonsi Tognon montre qu’il possédait toutes ses facultés au moment des faits. Etant lucide au moment de l’action, le mis en cause est accessible à la sanction pénale, en déduit Delphin Chibozo qui requiert sept ans de travaux forcés contre lui.
Son avocat, Me Jean de Dieu Houssou, soutient dans sa plaidoirie qu’Abdou Karim Mouhamadou n’a pas fait usage du coupe-coupe parce que rien ne le prouve dans le dossier et la victime n’a eu aucune blessure. Pour cela, il suggère la disqualification des faits de vol à main armée et une requalification en vol simple pour une correction exemplaire à son client. Il demande à la Cour de lui accorder le pardon par ces temps de carême musulman, afin de ne pas créer d’autres délinquants à travers les quatre enfants abandonnés à la charge de leur mère par l’accusé en détention depuis le 20 avril 2012. La réplique du ministère public ne s’est pas fait attendre. Delphin Chibozo insiste qu’il y a eu bel et bien usage de l’arme puisqu’elle a servi à faire peur à la victime qui s’est enfuie pour abandonner la moto aux ravisseurs.
Après en avoir délibéré conformément à la loi, la Cour déclare le sieur Abdou Karim Mouhamadou coupable de crime de vol qualifié, le condamne à cinq ans de réclusion criminelle et aux frais envers l’Etat, ordonne la confiscation et la destruction du coupe-coupe sous scellé. Elle avise qu’il dispose de trois jours francs pour pourvoir en cassation. Abdou Karim Mouhamadou est donc retourné en prison pour y passer encore un an neuf mois et quelques jours.

Société 10 juil. 2015


1508 - 1584