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Nouvelles

Conférence internationale du travail: fin des travaux
  Selon le directeur général de l’Organisation internationale du travail, le Britannique Guy Ryder, la 110e Conférence internationale du Travail s’est achevée sur « une remarquable moisson de réalisations », en particulier sur la sécurité et la santé désormais inscrites en tant que droits fondamentaux. La réunion s’est tenue sous forme hybride, entre le 27 mai et le 11 juin, avec la participation de 4 000 délégués, représentant des gouvernements, des organisations de travailleurs et d’employeurs de 177 États membres de l’Oit. Première Conférence, depuis 2019, à laquelle les délégués ont pu assister en personne en raison de la pandémie de Covid-19, la Cit a été qualifiée d’historique pour avoir décidé d’élever un environnement de travail sûr et sain au rang de principe et de droit fondamentaux au travail. L’Oit inscrit désormais la santé et la sécurité sur la liste des droits fondamentaux au travail. Cette décision va obliger les pays à envoyer des rapports réguliers rendant compte des progrès et obstacles nationaux. Cette inscription dans la Déclaration des droits fondamentaux était une demande de longue date des syndicats à travers le monde. La Confédération syndicale internationale s’est réjouie de ce changement, «première extension des droits humains fondamentaux des travailleurs depuis un quart de siècle. » Elle a rappelé dans un communiqué de presse que « plus de trois millions de travailleurs meurent chaque année à cause de leur travail, et des dizaines de millions d’autres se blessent au travail ou rencontrent des problèmes de santé ». La dernière séance plénière a adopté les conclusions concernant l’élaboration d’une nouvelle recommandation sur les apprentissages de qualité, qui devrait fournir des orientations sur la promotion des apprentissages et la protection adéquate des apprentis. Des discussions fructueuses sur la politique de l’emploi, l’économie sociale et solidaire et le travail dans les pays les moins avancés se sont également tenues. Le rapport de la Commission de l’application des normes a examiné 22 cas individuels de pays liés au respect des conventions de l’Oit et a étudié un rapport de la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations sur l’assurance d’un travail décent au personnel infirmier et travailleurs domestiques. Il a été noté que le secteur infirmier et le travail domestique sont extrêmement féminisés : dans le monde, 89 % du personnel infirmier et 76,3 % du personnel domestique sont composés de femmes. La commission s’est déclarée profondément préoccupée par la pénurie alarmante de personnel infirmier dans le monde, notant que cette pénurie devrait doubler d’ici à 2030, ce qui se traduirait par un déficit mondial de quelque 13 millions d’infirmières/infirmiers. On espère que l’Étude d’ensemble pourrait fournir des informations et des orientations utiles pour la discussion générale sur le travail décent et l’économie du soin qui se tiendra à la 112e session de la Conférence, en juin 2024. Evènement parallèle Vice-président gouvernemental durant la 110e Conférence, le ministre du Travail du Qatar, le Dr Ali bin Smaikh Al Marri, participait à un séminaire organisé en marge de la réunion internationale. En présence de la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (Csi), Sharan Burrow, du Directeur général adjoint de l’Oit pour les opérations de terrain et les partenariats, Moussa Oumarou, et du Secrétaire général de l’Organisation internationale des employeurs (Oie), Roberto Suárez Santos, les progrès réalisés par le Qatar en matière de droits des travailleurs, à l’approche de l’organisation de la Coupe du monde de football 2022, ont été salués. Grâce à l’appui de l’Oit, Doha semble se transformer en pionnier de la région en supprimant le système de la Kafala, facilitant la mobilité des travailleurs, introduisant un salaire minimum, des mécanismes de santé et de sécurité, créant un fonds social et mettant en place des négociations collectives. Lors de la cérémonie de clôture, le président de la Conférence, Claudio Moroni, a déclaré aux délégués qu’ensemble, ils avaient élargi les horizons de leur travail avec la discussion sur le travail décent et l’économie sociale et solidaire. Après 10 ans au poste de directeur général de l’Oit, Guy Ryder quittera ses fonctions fin septembre. Le Togolais Gilbert Houngbo, débutera son mandat à la tête de l’organisation le 1er octobre. International 14 juin 2022


Régulation des médias au Bénin: la Haac évaluée par son homologue belge
  La Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (Haac) accueille depuis ce lundi 13 juin 2022, une mission de «revue par les pairs» constituée d’experts du Conseil supérieur de l'audiovisuel (Csa) de la Belgique. « Transparence et auto-nomie» et « excellence et l’innovation ». Ce sont là les deux thématiques autour desquelles se déroule au siège de la Haac une mission d’évaluation par les pairs. Les travaux de cette session ont été lancés, hier 13 juin, par le président de l’institution, Rémi Prosper Moretti. « La session qui s’ouvre vient conclure un processus qui a démarré en septembre 2021. Pour une démarche strictement volontaire basée sur le principe de réciprocité, nous avons accepté de nous faire évaluer par le Conseil supérieur de l’audiovisuel de la Belgique en vue d’améliorer nos capacités d’action et de faire progresser la régulation indépendante dans nos pays », a-t-il souligné. En effet, lors de la 5e Conférence des présidents du Réseau francophone des régulateurs des médias (Refram) tenue en 2017 à Genève, les présidents ont exprimé le besoin de développer un mécanisme structuré et opérationnel de collaboration entre membres à travers le principe de la revue par les pairs. Les choses ont beaucoup évolué depuis lors. Cette revue consiste à faire appel à des représentants expérimentés d’autres autorités de régulation afin que ceux-ci apportent un regard éclairé sur l’activité de l’institution bénéficiaire et lui soumettent des suggestions utiles pour des améliorations dans des secteurs préalablement définis. « Au regard des objectifs, la pertinence de cet exercice pour le régulateur béninois n’est plus à démontrer. Le bien-fondé d’une telle démarche et les avantages que l’institution pourrait en tirer notamment en ce qui concerne l’amélioration de la pratique de la régulation et la gestion internes seront évidents », a précisé Rémi Prosper Moretti. Partage d’expériences L’exercice est conduit par une délégation d’experts en matière de politique publique, de régulation et de stratégie dans le secteur des médias et de l’économie numérique. Ce sont des cadres du Conseil supérieur de l’audiovisuel de la Belgique. « Nous sommes des spécialistes de la régulation. Nous venons partager entre collègues ce que chacun fait de mieux au bénéfice de notre travail respectif », a indiqué Paul-Eric Mosseray, directeur de la Coopération internationale et de la transition numérique du Csa belge. La thématique liée à la transparence et l’autonomie a été développée par Thi Minh Giang Do, secrétaire d'instruction au Csa belge. « Il s’agira de voir quelles règles ont été mises en place pour assurer l’indépendance de nos instances, c’est-à-dire les règles de transparence des décisions et celles d’autonomie qui sont mises en place, par exemple en termes d’incompatibilité des différents membres. Il s’agit aussi des règles de conflits d’intérêts, de comment les membres peuvent être révoqués ou comment ils doivent se déporter eux-mêmes. En ce qui concerne le Csa, son indépendance est inscrite dans un décret, qu’il bénéficie d’un financement pluriannuel qui ne dépend pas, année, par année d’un financement gouvernemental. Ce sont toutes ces règles-là qui vont être abordées de manière plus approfondie », a-t-elle dévoilé. La Haac aura donc un regard professionnel sur sa situation actuelle. Des suggestions concrètes fondées sur les expériences sont attendues «pour une Haac indépendante, moderne et apte à accomplir sa mission en toute transparence ». Actualités 14 juin 2022


An 1 Talon 2/ Petites et moyennes entreprises: réforme structurelle et des milliers d’emplois créés
  Modeste Kérékou, ministre des Petites et moyennes entreprises (Pme) et de la Promotion de l’emploi, a passé en revue les actions menées sous Patrice Talon dans les sous-secteurs dont il a la charge. Sur l’émission «Gouvernement en action», dimanche dernier, il laisse entrevoir des perspectives heureuses au terme du second quinquennat. 1,3 million d’emplois à créer au terme du second Programme d’action du gouvernement à travers la réalisation de 342 projets. Modeste Kérékou, ministre des Petites et moyennes entreprises (Pme) et de la Promotion de l’emploi, indique que l’emploi des jeunes est au cœur de la politique gouvernementale. Il rappelle que sur un objectif de 500 000 emplois directs et indirects, 600 000 ont été créés avec les réformes et des projets phares mis en oeuvre en l’espace de 4 ans, en 2020, avant la fin du premier quinquennat. Le gouvernement ne voulant laisser personne en rade, selon Modeste Kérékou, s’exprimant sur l’émission « Gouvernement en action », il est mis en œuvre un Projet d’inclusion des jeunes dénommé Prodji qui a vocation à accompagner les jeunes peu ou pas instruits. Environ 25 000 d’entre eux sont pris en charge à l’emploi salarié, 6 000 formés dans le secteur de l’entrepreneuriat, 4 000 en vue de l’acquisition d’un diplôme via une formation aux métiers issus des secteurs phares du Programme d’action du gouvernement dont le tourisme, l’agriculture et le transport. Sur l’émission « Gouvernement en action » sur la télévision nationale, dimanche dernier, le ministre Kérékou fait savoir que l’État s’est positionné comme un facilitateur et non plus comme le principal pourvoyeur de richesse et d’emplois, afin que le secteur privé puisse laisser éclore son potentiel. « La création de la richesse, de l’emploi est prioritairement du rôle du secteur privé. L’Etat est aujourd’hui repositionné dans son rôle régalien, et nous souhaitons créer toutes les conditions attractives, incitatives pour permettre aux entrepreneurs de pouvoir laisser éclore leurs talents, leur génie, de pouvoir créer de l’emploi et de la richesse », a-t-il déclaré. Au profit des petites et moyennes entreprises et des jeunes, il est conçu un Programme spécial d’insertion dans l’emploi (Psie). « Pour les recrutements en nombre suffisant et en qualité, le gouvernement s’est dit que nous nous substituons aux entreprises, dans un programme spécifique que nous avons conduit sur 5 ans, où le gouvernement doit faciliter l’insertion de 2 000 jeunes par an pour plus de 6 milliards de francs l’an », explique le ministre Modeste Kérékou avant d’ajouter: « C’est pour permettre aux entreprises d’atteindre un niveau de croissance, de maturité suffisant en les accompagnant sur 1, voire 2 ans, afin de les voir voler de leurs propres ailes. Cela permet aux jeunes d’avoir des opportunités réelles pour faire valoir leurs compétences, en milieu professionnel, en entreprise et d’être rémunérés au juste prix ». A en croire le ministre des Petites et moyennes entreprises (Pme) et de la Promotion de l’emploi, plusieurs lois ont été votées et des réformes engagées pour faciliter la vie aux Pme. Il mentionne notamment qu’en moins de 4 ans, la Tps est passée de 400 000 obligatoires pour toutes les petites et moyennes entreprises à presque 10 000 francs pour les établissements, et réduite à 2, voire 5 % pour les entreprises. Les innovations de la loi portant Code des investissements, celles de la loi portant promotion des petites et moyennes entreprises, de la loi sur le crédit-bail, la réforme du Code général des impôts et autres sont favorables aux Pme, selon Modeste Kérékou. Il relève aussi qu’en termes de réforme, un Guichet unique de promotion des petites et moyennes entreprises est en cours d’opérationnalisation depuis le mois de mars. Ce guichet mettra en place des mesures d’accompagnement financier et non financier ainsi que des mécanismes innovants. Si en dépit des actions mises en œuvre par le gouvernement, la demande d’emploi reste une préoccupation, le ministre Kérékou indique que c’est en raison de la récurrente problématique de l’offre et de la demande. « Un stock important de profils qui ne sont pas demandés. Sur nos différentes plateformes, nous avons des emplois qui sont immédiatement disponibles et pour lesquels nous n’avons pas les profils. Cela pose la question de l’inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi. Et pour pallier cela, nous avons des programmes spécifiques de requalification, de reconversion, d’information et de sensibilisation sur les réalités du marché », a-t-il souligné. Il est également promu la mise en place des unités locales de promotion de l’emploi afin que le jeune n’ait plus besoin de faire une sorte d’exode vers les centres urbains pour chercher de l’emploi, ou être accompagné dans son projet. « Il nous faut creuser, fouiller, dénicher, faire ressortir toutes les potentialités d’insertion d’emploi qui existent au niveau de nos communes », a conclu Modeste Kérékou. Actualités 14 juin 2022


Bepc session de juin 2022 : Le Ceg 2 de Natitingou abrite le lancement dans l’Atacora
Le lancement des épreuves du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) session unique de juin 2022 pour le compte du département de l’Atcacora s’est déroulé au Collège d’enseignement général 2 de Natitingou, hier lundi 13 juin. Les candidats sont invités à la sérénité durant les trois jours de composition. L’examen du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) se tient depuis hier lundi 13 juin. C’est le centre du Collège d’enseignement général 2 de Natitingou qui a servi de cadre au lancement des épreuves pour le compte du département de l’Atacora. Il compte 343 candidats répartis dans 11 salles de composition. À la salle n° 10 où les épreuves ont été lancées par les autorités, les candidats ont été invités à la sérénité. Dans son adresse, docteur Cissé Bawa K., chargé de mission, représentant le préfet de l’Atacora, a encouragé les candidats et les a invités au calme pendant toute la durée de l’examen. « Les épreuves auxquelles vous serez soumis sont à la hauteur de l’élève moyen, c’est dire que vous avez déjà vu ça. Je remercie les enseignants pour tout le sacrifice consenti pour que l’examen se déroule dans de très bonnes conditions », a-t-il indiqué. Taté Ouindéyama, maire de la commune de Natitingou, se réjouit pour sa part du choix porté sur sa commune pour abriter le lancement sur le plan départemental. Selon lui, les candidats ont travaillé durant toute l’année scolaire sans aucune perturbation. Les professeurs se sont sacrifiés pour la cause des enfants, c’est une année de plein exercice qui a profité aux enfants, ajoute le maire selon qui, ils ont reçu le maximum pour bien rendre au cours de ces trois jours de composition. « Les enfants sont rassurés, ils sont sûrs d’eux, cela ne nous a pas empêchés de leur demander de ne pas paniquer, de lire et de relire leurs copies pour produire de bons résultats », détaille Taté Ouindéyama. Les surveillants de salles ont reçu les consignes nécessaires pouvant faciliter le bon déroulement des épreuves, souligne Abdou Maguidi Adissa Adédiran, chef centre du Ceg 2. «La première épreuve a été bien lancée. On a mis les candidats en confiance. Les surveillants ont été instruits sur les conduites à tenir pour que tout se passe bien. Ils ne sont pas envoyés en salle pour stresser davantage les candidats, mais pour les aider à se concentrer. Ils ne doivent pas entraver le déroulement des compositions », rappelle le chef centre. Il faut dire qu’au centre du Ceg 1 de Natitingou, 674 candidats dont 341 filles composent. Ils sont répartis dans 22 salles tandis qu’au complexe scolaire Saint Augustin, ils sont 470 candidats, soit 207 garçons et 263 filles à plancher. Education 14 juin 2022


Rapports Cours constitutionnelles et juriditions communautaires: les droits humains pour sortir de l’impasse
Comment résoudre le délicat mais récurrent rapport de force entre les juridictions communautaires et les hautes juridictions constitutionnelles si toutes deux se prévalent d’une légitime suprématie? Sur la question, les droits humains apparaissent comme la boussole qui permet d’éluder cette rivalité et de faire focus sur l’essentiel. Mais là encore, il faut savoir raison garder ! La primauté des Cours communautaires doit-elle s’imposer aux hautes juridictions constitutionnelles dont les décisions sont pourtant sans recours ? La Cour africaine des droits de l’Homme peut-elle remettre en cause une décision pourtant sans recours du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire ? Pourquoi la Cour constitutionnelle du Bénin ne se soumet-elle pas aux arrêts de la Cour de justice de la Cedeao qui a une compétence supranationale ? Le sujet est de plus en plus prégnant au regard de sa récurrence, en l’occurrence en Afrique de l’Ouest. Ces dernières années, le rapport de force entre les cours communautaires et les hautes juridictions constitutionnelles s’est en effet illustré à maintes reprises dans la sous-région. L’on a pu assister à des décisions motivées des Cours constitutionnelles du Bénin ou du Togo sur des questions tranchées par la Cour de justice de la Cedeao d’une part et à l’indifférence du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire et d’autres hautes juridictions constitutionnelles de la sous-région sur des injonctions ou arrêts de la Cour africaine des droits de l’homme d’autre part. Juridiquement, la question est difficile à résoudre tant chaque partie peut se prévaloir d’une absolue prééminence. La classique et traditionnelle hiérarchie des normes ne suffit plus à résoudre cette dualité. Dans sa présentation inaugurale sur le thème «Les rapports entre les Cours constitutionnelles et les juridictions communautaires » lors de la table ronde organisée dans le cadre de la célébration des 30 ans de la justice constitutionnelle du Bénin, la professeure Dandi Gnanmou dépeint un rapport presque viril entre les Cours constitutionnelles et les juridictions communautaires. Un rapport de force qui se fonde d’une part sur la suprématie reconnue à la Constitution sur l’ordre juridique interne ; et d’autre part la primauté inconditionnelle du droit communautaire sur l’ordre juridique des Etats membres. L’agrégée de droit public fait remarquer qu’aussi longtemps que la souveraineté des Etats sera inaliénable, la Constitution restera la plus haute norme ; la loi fondamentale en qui toutes les autres lois trouvent leurs sources. Aucun pays dans le monde, malgré les conventions et traités dont il est partie ne renonce à sa Constitution. Lors de la même table ronde, Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, précise que le droit communautaire se distingue du droit international, car le premier résulte du processus d’intégration qui impose aux Etats qui y adhèrent, de sacrifier une partie de leurs compétences au profit de la communauté. Et par là-même, l’Etat qui adhère à une communauté devrait obéir aux règles qui régissent la communauté dans la matière objet de l’intégration. Un fil d’Ariane Au cœur de cette délicate opposition, il y a des alternatives qui permettent aux hautes juridictions constitutionnelles et communautaires de coexister dans une certaine complémentarité. Selon Dandi Gnanmou, cette opposition de force, peut trouver des solutions dans le dialogue entre les cours constitutionnelles et les juridictions communautaires à travers les recours préjudiciels et en interprétation, dans la recherche du meilleur standard qui offre le plus de droits et dans la conscience du juge qu’il soit constitutionnel ou communautaire. Mais pour Me Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, il n’y a pas de rapport de force à trancher, il y a plutôt à tenir compte de trois données que sont : le citoyen, le politique et les droits humains. L’ancien bâtonnier soutient que le juge, qu’il soit communautaire ou constitutionnel, ne devrait pas laisser ni le politique ni le citoyen l’influencer ou le manipuler mais devrait plutôt rendre son jugement en tenant compte de la nécessaire protection des droits de l’homme. Pour Théodore Holo, le juge constitutionnel a un mandat et devrait rester attaché à la préservation des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Droits de l’homme ou intérêt général ? Jusqu’où s’attacher aux droits de l’homme ? Est-ce au mépris de l’intérêt général et du bon fonctionnement des institutions? Ancien président de la Cour suprême du Bénin, Abraham Zinzindohoué, fait observer que le respect des droits d’un seul homme ne devrait pas amener à sacrifier l’intérêt général et paralyser le bon fonctionnement des institutions. Ce n’est pas parce qu’un potentiel candidat à une élection a déposé un recours devant la Cour africaine des droits de l’homme qui a fait injonction de surseoir au processus électoral, qu’il faut indéfiniment faire entorse à la démocratie et attendre la décision de ladite Cour. Le président du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire est tout aussi préoccupé par cette pratique qui pourrait amener les hautes juridictions constitutionnelles à ne pas respecter les délais constitutionnels du fait d’un sursois dont l’échéance est indéfinie. Mais il relève une autre question, celle du mode de publication des décisions des Cours communautaires. La Cour constitutionnelle répond à une préoccupation soit en étant saisie, soit en s’autosaisissant. Mais quand la Cour africaine rend une décision et ne la notifie pas à la haute juridiction constitutionnelle du pays concerné, l’on ne devrait pas s’attendre à ce que les hautes juridictions constitutionnelles réagissent sur la base de décisions qui circulent sur les réseaux sociaux. Sur la question, l’ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin est clair: « Qui est le garant de l’exécution des conventions et traités ? Pour le cas du Bénin, c’est le chef de l’Etat. Si la Cour constitutionnelle n’est pas saisie, elle n’est pas concernée! ». Il apparait la nécessaire mise en place d’un mécanisme de coopération liant les juridictions communautaires aux hautes juridictions constitutionnelles. Actualités 14 juin 2022


Championnat de football féminin D1 : espoir Fc enlève le trophée
Le championnat de football féminin D1-2021-2022 a connu son épilogue, samedi 11 juin dernier, avec la victoire (3-0) d’Espoir Football Club sur Aïnonvi Fc en finale. Le doublé de Bossè Ayo Aladé aux 8e et 63e minutes et le but de Yasmine Fayomi à la 83e minute ont permis à Espoir Fc de conserver son titre.
Terminus, tout le monde descend. Le championnat de football féminin D1-2021-2022 s’est achevé, samedi 11 juin dernier, avec le sacre d’Espoir Football Club. En finale de la compétition, le champion en titre s’est débarrassé d’Aïnonvi Fc par le score de 3-0. C’est d’ailleurs cette formation qui a lancé les hostilités dans cette partie en ouvrant le score par le biais de Bossè Ayo Aladé à la  8e minute. C’est sur cette avance d’Espoir Fc que les deux équipes vont retourner aux vestiaires.
A la reprise, les dames d’Espoir vont corser la note par l’intermédiaire de Bossè Ayo Aladé qui va réussir son doublé à la 63e minute. Aïnonvi Fc va finir par concéder le troisième but en fin de partie marqué par Yasmine Fayomi à la 83e  minute. Avec ce score de 3-0, les dames d’Espoir Fc conservent leur couronne à la grande satisfaction des autorités qui ont eu droit à une belle partie de football.
Chantal Ahyi, présidente de la Commission féminine de football,  se félicite du travail qui se fait au niveau des clubs de football féminin et s’engage à les accompagner davantage. « Nous n’allons pas dormir sur nos lauriers», a-t-elle promis. Elle a salué les encadreurs et tous ceux qui travaillent avec les filles dans les clubs. Pour elle, la construction de l’Académie de football féminin de Lokossa va corriger les déficits physiques au niveau des footballeuses. « Après la mise sur pied de ce centre à Lokossa, la préparation physique ne sera plus un problème », a-t-elle rassuré.
Vainqueur de la compétition, Espoir Fc a  reçu un chèque de 3 millions F Cfa tandis que  l’équipe vice-championne Aïnonvi est repartie avec un chèque de 1 million 500 mille F Cfa. De l’écurie du club champion, Espoir Fc, la meilleure buteuse du championnat féminin d’élite, Gnammi Yolande (27 buts en 17 matches) et  Ogoun Diane,  meilleure gardienne, ont été félicitées par Mathurin de Chacus, président de la Fédération béninoise de football, qui a encouragé les joueuses qui ont animé les championnats féminins D1 et D2.
A noter qu’avant cette grande finale, Cefos a fini champion de la D2.
Sports 13 juin 2022


Soutenance de thèse à l’Uac: Félix N’Pocha désormais docteur en droit public
A l’issue de la soutenance de sa thèse, samedi 11 juin dernier, Félix Sabi-Kanni N’Pocha est élevé au grade de docteur en droit de l’Université d’Abomey-Calavi, par le jury international constitué à cet effet. Ses réflexions ont porté sur la gouvernance financière des collectivités territoriales entre 2003 et 2019. « Le jury, après vous avoir entendu, et après en avoir délibéré, vous élève au grade de docteur en droit public de l’Université d’Abomey-Calavi (…). Le jury reconnait la grande qualité du travail abattu et décide que votre thèse sera déposée à la bibliothèque…». C’est par ces mots que le président du jury international, Professeur Eloi Diarra de l’Université de Rouen (France), a validé la thèse de Félix Sabi-Kanni N’Pocha, fonctionnaire d’Etat et ancien secrétaire général de la mairie de Glazoué. L’impétrant a, en effet, mené des « réflexions sur la gouvernance financière des collectivités territoriales locales au Bénin ». Ses travaux de recherche ont duré six ans. La préoccupation centrale du travail est de voir quel est l’arrimage nécessaire que l’on peut avoir entre la gouvernance financière et le développement local. Face aux membres du jury, Félix Sabi-Kanni N’Pocha a démontré que l’équilibre apparent au moment de l’élaboration et du vote du budget primitif dans les communes, vole en éclats à la phase d’exécution, du fait des dépenses locales croissantes face à des ressources locales difficiles à mobiliser. « L’assistance financière de l’Etat central devient alors une panacée indispensable et incontournable à la survie de ces entités infra-étatiques. Pourtant, dans la normalité des choses, aucune structure ne peut effectuer des dépenses au-delà des ressources dont elle dispose. Ce qui constitue, entre autres situations, des raisons pour lesquelles le contrôle tutélaire budgétaire est très prégnant, avec des pouvoirs assez larges accordés aux préfets », révèle l’impétrant. Il note également que le contrôle juridictionnel, censé être le dernier rempart, est aussi très insuffisant. Au regard de tout ceci, la pérennisation du processus de décentralisation à travers des collectivités locales véritablement autonomes requiert, selon lui, une amélioration de la gouvernance financière locale. Cette dernière peut être effective grâce à la modernisation de l’administration locale, à l’implication réelle des acteurs, à l’obligation de reddition de comptes et à la promotion du développement au sein des communes, suggère l’impétrant. Félix Sabi-Kanni N’Pocha n’a pas manqué de faire une ouverture sur la réforme de la décentralisation avec l’avènement du secrétaire exécutif de commune. A l’en croire, le point central de la réforme est la gestion budgétaire qui est aujourd’hui confiée à un cadre technique plutôt qu’à un politique. Et la question soulevée à ce niveau est de savoir si, sur le plan doctrinal, cela ne pose pas un certain nombre de problèmes dans la mesure où la libre administration des collectivités locales s’entend être faite par les élus. La thèse a été rédigée sous la direction du professeur Nicaise Mede, directeur du Centre d’études et de recherches sur l’Administration et les Finances (Ceraf). Education 13 juin 2022


Chronologie des événements du mois de Mai 2022
2 mai : Célébration du ramadan. A l’occasion, les fidèles musulmans ont prié pour la paix, le retour des valeurs morales et l’acceptation des uns et des autres. 3 mai : Organisation par la délégation de l’Union européenne au Bénin et ses Etats membres de la journée de l’Europe 2022. Plusieurs activités ont été prévues dont des visites de projets qu’ils ont financés. A Parakou qui constitue la première étape de leur périple, ils se sont enquis de la mise en œuvre du Projet d’appui à l’opérationnalisation de la Police républicaine financé par le Royaume de Belgique. 4 mai : En Conseil des ministres, le gouvernement met en œuvre le plan d’action de réinstallation des personnes affectées par les travaux de protection du segment de côte Hillacondji-Grand-Popo de même que le projet « Lumière du Bénin ». -Commémoration en différé par le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, et ses collaborateurs de la fête du travail à travers une campagne de don de sang, au profit de l’Agence nationale pour la transfusion sanguine (Ants). -Atelier de deux jours des responsables de l’Université d’Abomey-Calavi sur la gestion des deniers publics. 5 mai : Réception par le président Patrice Talon des lettres de créance des nouveaux ambassadeurs des Etats-Unis d’Amérique et du Niger. Un rituel fort simple mais qui symbolise la consolidation des relations diplomatiques du Bénin avec ces pays. -Approbation par les députés de quatre accords de crédits, le tout pour un montant de près de 183 milliards F Cfa, déjà ratifiés par le président de la République, conformément aux dispositions de l’article 145 de la Constitution révisée du Bénin. -Lancement de la première session de formation des tractoristes, au titre de l’année 2022, au Centre technique expérimental de la mission chinoise d’appui à la production cotonnière sur la route de l’Okpara à Tchaourou. Outre la maîtrise de la conduite des tracteurs, elle portera aussi sur leur maintenance et les outils techniques d’application aux champs. 6 mai : Plus de rois et chefs traditionnels sur les lieux de meetings et autres rencontres politiques. C’est une décision du Haut conseil des rois du Bénin à travers une déclaration. Occasion pour les rois de prier pour la paix et d’apporter leur soutien indéfectible aux différentes réformes du président Patrice Talon. -Célébration de la fête du travail à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip). Bertin Sowakoudé est disposé à satisfaire les diverses revendications des travailleurs. Mais avant, il les a exhortés à plus de productivité. -En prélude à la tournée gouvernementale sur la cherté de la vie, des échanges ont eu lieu dans plusieurs départements entre les ministres, les maires et les préfets. -Rencontre entre le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, et les directeurs départementaux de la Donga. Au cours de cette rencontre qui a mobilisé les maires à la préfecture de Djougou, il était question de la tenue de la tournée gouvernementale sur la cherté de la vie. 9 mai : Visite du secrétaire exécutif du Conseil de l’Entente, Marcel Amon-Tanoh, au palais de la Marina où il a été reçu par le maître des lieux. Les questions concernant la vie de l’institution étaient au cœur des discussions entre lui et Patrice Talon. -Réception par le Bénin du prix de la meilleure opération financière 2022 pour sa réussite exceptionnelle à l’émission d’Eurobond. 11 mai : En conseil des ministres, le gouvernement adopte des décrets relatifs à la représentation de trois Confédérations syndicales de travailleurs représentatives et des deux organisations d’employeurs au sein des instances nationales bipartites et tripartites de consultation, de concertation et de négociations collectives. Il met aussi en place une commission chargée de l’élaboration du cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Bénin. Il transmet aussi à l’Assemblée nationale pour examen et vote le projet de loi portant création de la Cour spéciale des affaires foncières. - Passation de charges entre Dandi Gnamou et André Sagbo. Ce dernier, magistrat de grade hors hiérarchie, devient ainsi secrétaire général de la Cour suprême. Il a pris les rênes de ce service des mains de son prédécesseur promue présidente de la Chambre du contrôle des comptes des entreprises publiques de la Cour des comptes. 12 mai : Tournée d’explication sur la cherté de la vie du ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou et son collègue de la Culture et des Arts, Jean Michel Abimbola, à Kétou puis à Pobè. A chacune des étapes, la délégation gouvernementale en a appelé à la solidarité nationale afin de permettre au Bénin de surmonter cette crise mondiale. -Dans le département de l’Alibori, c’est par Malanville que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Séidou, a commencé sa tournée gouvernementale d’explication sur la cherté de la vie. L’occasion lui a permis d’expliquer les réelles causes de la crise économique qui secoue le monde entier dont le Bénin aux forces vives de cette commune. Il est aussi revenu sur les mesures d’atténuation prises par le gouvernement. -Dans les moindres détails, la délégation gouvernementale en séjour dans l’Atacora a expliqué aux populations de Boukoumbé et de Natitingou, les raisons de la cherté de la vie et les fortes actions du gouvernement pour en réduire les impacts. 15 mai : La délégation dépêchée dans le Borgou pour la sensibilisation aux mesures d’atténuation des effets de la cherté de la vie a posé sa valise à Parakou. Composée entre autres du ministre en charge de l’Eau, Samou Séidou Adambi, et de sa collègue du Numérique et de la Digitalisation, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, puis du secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Léandre Houngbédji, elle s’est évertuée à lever l’équivoque. 16 mai : Présentation par les membres de la Commission béninoise des droits de l’homme des implications et perspectives de l’accréditation de l’institution au statut « A » des Nations unies. Occasion pour faire le bilan de 40 mois d’exercice. 17 mai : Inauguration par le ministre d’Etat chargé du Développement, Abdoulaye Bio Tchané et son collègue Dona Jean-Claude Houssou de l’Energie, de la plateforme pédagogique de formation réseau transport et distribution. Cet ouvrage, réalisé dans le cadre du Projet Padsbee avec l’appui de Vinci Energies, est exclusivement dédié à des fins pédagogiques. -Signature par le gouvernement et la National Basket-ball Association (Nba) d’un mémorandum d’accord pour le développement du basket-ball au Bénin. L’objectif est d’encadrer la formation des encadreurs, athlètes, officiels mais aussi de soutenir les initiatives de développement de la discipline à la base au Bénin. 18 mai : Fin de la spéculation sur le prix de l’huile végétale raffinée. Son prix est désormais fixé à 1300 F Cfa le litre et son exportation ou réexportation interdite pour le bonheur des consommateurs. -Célébration par la promotion classe 95/2 des Forces armées béninoises de leurs 25 ans de parcours. Une messe d’action de grâce a ouvert les festivités au camp Guézo à Cotonou. 19 mai : Rencontre entre une délégation du gouvernement et la communauté universitaire du Campus d’Abomey-Calavi et des étudiants des universités privées. C’est dans le cadre de la sensibilisation des populations aux mesures prises par le gouvernement contre la cherté de la vie. -Echanges entre les ministres Jean Michel Abimbola du Tourisme, de la Culture et des Arts et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, du Numérique et de la Digitalisation, avec les promoteurs d’hôtels et lieux d’hébergement sur la connectivité de leurs établissements. L’objectif est de permettre à ces professionnels de l’hôtellerie de disposer d’une connexion internet performante afin d’offrir à leurs hôtes un séjour confortable. 22 mai : Clap de fin pour l’exposition publique diptyque au palais de la Marina. Le voyage dans le passé et le présent démarré le 20 février dernier a pris fin dimanche 22 mai comme prévu. 23 mai : Déclaration conjointe du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, et de la Police républicaine sur la sortie frauduleuse des intrants agricoles du Bénin. Selon lui, ces manœuvres visent à mettre le pays à genoux. -Tenue à Cotonou d’un cours régional sur la sécurité des matières radioactives en cours d’utilisation et d’entreposage. Cette session de formation qui a réuni plusieurs pays africains a été ouverte par Erick Jean-Marie Zinsou, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. 24 mai : Célébration de la Journée internationale de la biodiversité. Occasion pour le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, d’appeler à plus d’engagement pour faire face au déclin de la faune et de la flore. -Démarrage de l’examen pour l’obtention du diplôme de technicien session de mai 2022. Au nombre des centres retenus dans ce cadre, figure le Lycée technique et professionnel de Bopa qui présente des candidats pour la toute première fois. -Dénonciation par le Syndicat national des travailleurs de l’audiovisuel public du Bénin (Syntrap Bénin) de son exclusion dans le cadre du toilettage des textes qu’effectue l’Assemblée spéciale des faîtières des professionnels des médias. 27 mai : Descente d’une délégation du corps diplomatique conduite par Aurélien Agbénonci au Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution à Ouidah et sur le site du projet «Prosel » à Djègbadji en vue de toucher du doigt leurs réalisations. -Présentation par Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, du bilan de l’an 1 du second quinquennat de Patrice Talon. Démocratie, emploi des jeunes, mesures sociales, énergie électrique, cherté de la vie, diplomatie… tout y est passé en une heure d’émission sur la télévision nationale. -Installation par le président de la République de la commission chargée de l’élaboration du cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Bénin. A l’occasion, il a fait part de ses attentes à l’équipe dirigée par le professeur Bienvenu Akoha. 31 mai : Mises en garde du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Séidou, à l’endroit des personnes malintentionnées qui procèdent à de faux enlèvements à des fins d’arnaque de leurs proches. -Adoption par le Parlement de deux nouvelles lois, en l’occurrence la loi organique sur la Cour des comptes et le statut des magistrats de la Cour des comptes. Ces textes viennent huiler davantage l’opérationnalisation de la Cour des comptes, la plus haute juridiction de l’Etat en matière de contrôle des comptes publics. Société 13 juin 2022


Dak’art 2022 : La forge des bâtisseurs
Dakar. Entre le ciel haut, enturbanné par un bleu gris et la fraicheur du soir alimentée par le vent de la mer, la ville vit la fièvre de la biennale. Les artistes, comme des enfants chéris, écument les différents lieux d’exposition, les yeux peuplés d’étincelles. Normal : Ils sont les plus courtisés de ce rendez-vous. Leurs œuvres, objet de mille attentions, s’affichent dans les institutions étatiques, galeries, espaces publics, plage. À l’épisode 14 de cette fête des arts, I’«Indaffa», terme en langue sérère, se décline sur tous les tons : forger, inventer, obtenir des dieux la force de la responsabilité créatrice pour féconder la vie, l’installer dans la grande épopée humaine. Festif et coloré… Au Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose, ce 19 mai, le président Macky Sall explique la portée anthropologique de l’expression: « chez les Sérères, dit-il, le forgeron est le générateur de la vie, celui qui offre à sa communauté les outils indispensables à la réalisation du monde ». Avant lui, d’autres créateurs s’étaient relayés sur la scène. Les héritiers du maître percussionniste Doudou N’diaye Rose, ont fait trembler les murs de l’établissement. A suivi, l’inoubliable orchestre le Baobab, animé par les sexagénaires heureux de remonter le temps. Puis, la nouvelle génération, Hervé Samb, un jazz man au style mixte de Richard Bona. Enfin, Sidiki Diabaté, l’enfant terrible de la scène malienne, porteur d’un message de paix à l’endroit du président Macky Sall. Entre deux prestations de ces artistes, s’est effectuée l’annonce des prix. Portés par le Sénégalo-Québécois Boukar Diouf, un humoriste qui n’hésite pas à charrier le président – parenté à plaisanterie oblige – ces moments solennels ont permis de connaître le palmarès de cette édition du Dak’Art. Le Bénin, présence majestueuse… D’Achille Adonon, notre compatriote distingué meilleur sculpteur, à l’Ethiopien Tegene Senbeto, Grand Prix du président, le jury a récompensé divers talents dont les œuvres étaient exposées dans l’ancien tribunal de Dakar, le siège de l’exposition. La nouvelle du prix d’Adonon a suscité l’enthousiasme de la délégation béninoise. Etoffée d’artistes connus, elle a investi tous les lieux, à l’exemple de la Librairie aux 4 vents où la Galerie Vallois a organisé «le Bénin en Majesté ». Treize artistes, sélectionnés parmi les plus audacieux, ont donné à voir leurs œuvres avec une scénographie où les beaux livres tiennent compagnie aux pièces. Dominique Zinkpè, Kifouli Dossou, Marius Dansou, Euloge Glèlè ont fait voyager les visiteurs dans leurs univers faits de prières, d’interrogations, mais surtout de références à la cosmogonie vodun. Autant je ne me suis pas lassé de voir les performances de Prince Toffa, avec ses capes faites d’objets récupérés, autant je suis séduit par les courbes voluptueuses des sculptures féminines de Franck Zanfonhouédé. L’exposition « Art du Bénin» à Dakar Si les œuvres d’art sont capables de produire les émotions, il est certain que ceux qui peuvent en décrypter les sens ont besoin d’être là pour articuler, en termes accessibles, l’informulé de leurs discours et leur donner de la lisibilité. Les critiques d’art, invités au « African Art Bookfair » de la biennale, se sont rencontrés, de façon informelle pour échanger sur les défis communs auxquels la corporation est confrontée. À la place de Souvenir africain, halte balnéaire balayée par le vent du large, s’est ouvert ce salon. Le Bénin, porteur d’une dynamique artistique institutionnelle à travers l’exposition diptyque Art patrimonial art contemporain, est à l’honneur en cette matinée du 20 mai. Le catalogue qui accompagne cette exposition est présenté au public. Il donne les éléments à la fois historique, sociologique et esthétique de l’exposition. C’est l’occasion pour Véronique Savoy, auteur du très médiatique rapport coécrit avec Felwine Sarr (Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain), la directrice artistique et commerciale de la Galerie nationale, Yassine Lassissi, la chargée de mission du chef de l’Etat à la culture et aux arts, Coline Toumson et l’auteur de ces lignes, de développer la pluralité et les convergences des regards sur l’exposition. Cette table ronde chorégraphiée par Franck Hermann Ekra, membre de l’Aica international, a permis des échanges « vifs et instructifs » selon certains spectateurs. Elle a surtout offert aux artistes présents l’occasion de témoigner de leurs expériences sur leurs pratiques artistiques et sur l’interprétation des œuvres restituées. Si Véronique Savoy a fait le narratif de la commande qui a débouché sur le retour des vingt-six œuvres, Yassine Lassissi, elle, a montré la pertinence de la composante contemporaine de l’exposition. Idelphonse Affogbolo du Conseil artistique de la Galerie nationale, également présent, va alors mettre en évidence tout le travail des médiateurs dans la chaine des opérateurs culturels; une chaine qui organise, crée des synergies, insuffle le dynamisme qui permet aux artistes de créer et d’exister. Pays invités : Côte d’Ivoire et Chine Pendant ce temps, la programmation officielle du Dak’Art 2022, poursuit son cours. Depuis l’ouverture, les vernissages se succèdent, des lieux s’ouvrent et les visiteurs, venus du monde entier, découvrent et apprécient les offres artistiques. Dans le magnifique Musée des civilisations noires, des pavillons entiers sont dédiés aux deux pays invités, la Chine et la Côte d’Ivoire. Les œuvres racontent avec force les histoires individuelles et collectives de ces sociétés. On retrouve des éléments du patrimoine dans la plupart des tableaux, la Chine avec, dans les formes et les couleurs, l’exubérance et le minimalisme des expressions de ses artistes; la Côte d’Ivoire avec les thématiques récurrentes à l’histoire de ses communautés, personnages de récits, traces des objets liés au sacré. On aurait aimé poursuivre l’exploration en profondeur des pavillons du « in » de l’exposition. Mais les espaces réservés sont si réduits que le déploiement des œuvres et la présentation des talents ont été limités. Sur les plages qui bordent la corniche de la ville, depuis les hauteurs de la statue de la Renaissance africaine, dans les quartiers populaires, Dak’Art continue à écrire son histoire. Toujours porté par son besoin de s’ouvrir aux horizons divers, il garde cependant son ancrage africain, répondant ainsi aux vœux d’Amadou Hampâté Bâ, l’écrivain malien : « si l’arbre étale fièrement ses branches au ciel, c’est parce que ses racines sont profondément ancrées dans la terre ». La terre, c’est la forge, le lieu d’incubation. Et les forgerons, moulés dans la tradition de bâtisseurs, sont là pour arracher aux dieux la force qui permet de construire le monde. C’est cela, l’Indaffa, le récit de Dak’Art 2022. Achille Adonon Quand il dit qu’il est né en Mauritanie, à Nouakchott, on le prendrait bien pour un citoyen de ce pays tant il leur ressemble avec sa silhouette longiligne, ses traits fins, cette humilité si caractéristique des peuples du désert. Achille Adonon s’excuserait presque d’être là dans le monde des arts. Tant il veut passer inaperçu et laisser seule son œuvre parler à sa place. C’est que, autodidacte dans le métier, il a dû, à coups d’endurances et de sacrifices, apprendre à la force du poignet. Né à Nouakchott en 1987, il vient au Bénin deux ans plus tard et est pris en charge par sa famille d’adoption. S’il a gardé des liens avec son père Félix qui exerce dans le monde pétrolier, il ne parle guère de sa mère. Au Bénin, Achille Adonon vit à Ouidah, puis, plus tard, s’installe à Abomey-Calavi. Il fréquente le collège Camara Laye. C’est un élève assidu, plutôt brillant. Plusieurs fois major de sa promotion, il ne comprend pas pourquoi il échoue à l’examen du baccalauréat. Déçu, il prend la décision irrévocable de devenir artiste. Malgré le désaccord de son père, il se consacre à sa passion vieille de plusieurs années. Il aime dessiner, peindre, faire des assemblages, monter des pièces. Il estime que pour se frayer un chemin dans ce métier, il faut innover, aller plus loin que ce que les autres ont fait. Ses mentors, ce sont deux figures importantes de la profession. Ludovic Fadaïro et Charly d’Almeida : « ils me conseillent beaucoup, ces deux tontons », explique-t-il ; « ils m’apprennent les ficelles du métier ». S’il s’est orienté vers la sculpture à partir des objets récupérés, c’est parce que c’est sa manière de donner vie à ces pièces utilisées que l’on pense dénuées d’intérêt. « Chaque chaussure pour moi est une histoire », articule-t-il, « une vie qui a porté pendant longtemps celui qui l’a utilisée. Si elle est jetée sur les décharges, c’est qu’on pense qu’on en a fini avec alors qu’elle renferme encore une énergie que je réveille, que je mets à contribution pour construire une nouvelle identité». L’artiste superpose une, deux, trois, quatre chaussures. Selon la forme qu’il veut leur donner , il les ajuste à sa manière, colle les unes aux autres ou utilise le fil pour les attacher. Les volumes, naturellement, se font, les creux se dessinent, les aspérités se construisent, donnant à voir les sculptures les plus improbables : selon les termes utilisés par l’artiste, elles sont « gothiques et fantastiques». En tout cas, elles traduisent, par leur existence même, la situation de précarité dans laquelle vivent les gens. En 2019, Achille Adonon effectue sa première sortie officielle. Il participe à la Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (Biso). Au terme de cette rencontre, il est lauréat d’une bourse de résidence à Paris. Sélectionné par Dak’Art pour figurer dans le « in », le voilà distingué Meilleure sculpture de l’édition 14. Culture 13 juin 2022


Crise économique en Afrique : La menace, les conseils de Wadagni
Le ministre d’État, chargé de l’Économie et des Finances a fait une série de propositions, dans une interview accordée à Rfi et Jeune Afrique, qui doivent permettre à l’Afrique de surmonter la crise économique. Aux dirigeants africains, l’un des meilleurs argentiers du continent met la puce à l’oreille. « La vraie menace est que lors de la prochaine campagne, la production agricole ne soit pas au rendez-vous », souligne Romuald Wadagni. Tel un visionnaire, le ministre d’État voit venir le risque de famine. « Si rien n’est fait pour que les pays africains disposent d’intrants, et là, c’est probablement un peu tard pour la campagne 2022-2023, les prix des récoltes seront encore plus élevés », a-t-il averti à travers Jeune Afrique et Rfi. Le Bénin qui prend très au sérieux la menace n’a pas attendu 2022 pour donner l’alerte. L’incertitude liée à la Covid-19, l’évolution des cours et les problèmes logistiques au niveau mondial ont conduit le pays à anticiper. Une réunion d’urgence des ministres en charge de l’Agriculture et du Commerce s’est même tenue sur le sujet mi-décembre à Cotonou. « La menace de famine vient essentiellement de l’absence d’intrants qui pourrait pénaliser la production agricole. Les vraies difficultés viendront l’année prochaine. Mais pour le Bénin, et c’est une situation unique, nous avons réussi, en anticipant dès 2021, à nous assurer que nos paysans puissent bénéficier d’intrants pour la campagne 2022-2023 », a-t-il martelé. Des mesures à prendre Le grand invité de Rfi et de Jeune Afrique ne s’est pas contenté de faire des alertes et des constats. Le ministre d’État Romuald Wadagni propose quatre mesures fortes. La première consiste à renoncer aux prélèvements fiscaux et douaniers pour permettre que le prix soit accessible aux populations. « Il faut un renoncement total ou partiel à ces prélèvements sur la plupart des produits de grande consommation, tout en veillant à ne pas pénaliser les industries locales », a-t-il fait savoir. Mais à côté, il faut des subventions directes de certains produits importés comme les carburants. Et c’est ça la deuxième mesure proposée. « L’ensemble des engins de chantier, des tracteurs, les usines, les transports en commun utilisent le gasoil. Si nous n’agissions pas, les conséquences sur la productivité et la création de richesse seraient désastreuses. Nous mettons donc de l’argent sur la table pour ralentir l’effet de la hausse des prix », a informé Romuald Wadagni. « Il y a tellement à faire » Les deux autres types de mesures consistent à réglementer et à surveiller les prix des produits subventionnés et à mettre en place des filets sociaux. « Une partie de notre population est extrêmement pauvre et nous devons nous assurer que ces personnes ont accès au minimum pendant la période de crise », insiste le ministre des Finances et de l’Économie qui se consacre chaque jour à rechercher des solutions. La présidentielle 2026 ? Romuald Wadagni n’y pense pas. Il est plutôt absorbé par les préoccupations de l’heure : « Il y a tellement à faire, tellement d’attentes des populations que c’est totalement indécent pour moi de penser à ça ». La tête alors dans la crise, le ministre de l’Économie et des Finances garde néanmoins espoir. « Nous allons tenir le temps qu’il faudra, car il s’agit de la vie de nos populations. Quoiqu’il en coûte. La bonne nouvelle, si je puis dire, c’est qu’il s’agit d’un phénomène global. Nous discutons avec les différents membres de la communauté internationale. Nous ne sommes pas isolés », dit-il avec foi. Actualités 13 juin 2022


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