La Nation Bénin...
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L’ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Jos Van Aggelen, a offert, hier mardi 4 février, en sa résidence, un déjeuner de presse, en l’honneur des patrons des médias. Le président du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA) Malick Gomina, le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin, Franck Kpochémè y étaient aussi entourés de certains directeurs de publication.
A l’occasion, les échanges ont porté, entre autres, sur le rôle et l’importance des médias dans une démocratie, le récent vote de la loi sur le Code de l’information et de la communication, l’actualité dans les médias, l’expertise en matière d’eau et d’assainissement et le professionnalisme.
Pour Jos Van Aggelen, c’est la première fois que l’ambassade des Pays-Bas organise un déjeuner de presse et il a informé que cela fait partie de la politique d’ouverture de sa chancellerie. Selon le diplomate, ce n’est pas un déjeuner d’adieu mais une activité qu’il aurait bien voulu organiser depuis le mois de janvier. Il est clair, avoue-t-il, que la presse joue un rôle très important et qu’elle constitue un partenaire incontournable dans le cadre du développement. Raison pour laquelle Jos Van Aggelen entend se rapprocher d’elle pour la visibilité de ses actions.
A ce sujet, il a fait part de l’appui que son pays apporte au Bénin et s’est réjoui des efforts déployés dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Ce qui lui fait dire que le pays est sur la bonne voie dans ce domaine précis.
Par rapport au récent vote de la loi portant Code de l’information et de la communication, Jos Van Aggelen estime que cela constitue une avancée qui se rapproche des progrès ou étapes déjà franchies par son pays ; ce qui est à encourager, relève-t-il.
Des propos confirmés par Gérard Agognon, secrétaire général du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel qui a reconnu et exposé les possibilités de coopération et de collaboration qu’offre Radio Nederland dans le cadre du renforcement des capacités des professionnels des médias. Il a ajouté qu’il a également été question au cours desdits échanges de professionnalisme dont les hommes des médias doivent faire montre au cours de la période des élections que le pays aborde.
Des échanges corroborés par Franck Kpochémè, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin qui a expliqué avoir abordé avec le diplomate, la question de la ligne éditoriale des organes qui opèrent au Bénin, les possibilités d’accompagnement de l’ambassade des Pays Bas dans le domaine portuaire où ils détiennent une expertise avérée. Il s’est appesanti sur l’appui éventuel que pourrait apporter l’ambassade par rapport à la vulgarisation du code récemment voté, donc de son appropriation par les professionnels des médias.

Le nouveau directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Coovi Célestin Ahonon était en tournée les mardi 3 et mercredi 4 février derniers dans les agences régionales de sa structure à Abomey et à Lokossa. Il a rencontré le personnel desdites agences ainsi que certains usagers pour s’enquérir des conditions de travail.
La descente du directeur général de la CNSS et d’une délégation dans certaines agences a pour but de s’imprégner des conditions dans lesquelles les agents travaillent puis, de les motiver face aux nouveaux défis qui s’imposent à la structure. A Abomey comme à Lokossa, les chefs d’agence, respectivement Samuel Koffi Hounkpatin et Marcel Noutévi n’ont pas manqué de féliciter leur hôte pour sa nomination à la tête de cette importante structure et espèrent surtout qu’il mettra au service du développement de la CNSS, sa compétence, sa clairvoyance et son sens de discernement.
Ils ont également émis le vœu que cette visite sur le terrain lui permette de véritablement prendre le pouls des agences régionales afin d'apprécier leurs implications dans la mise en œuvre des dispositions législatives et règlementaires en matière de sécurité sociale, ce qui témoignerait de l’engagement à se mettre à l’écoute de tous les acteurs que sont les partenaires sociaux sans aucune discrimination. Les assurés sociaux rencontrés à Abomey et à Lokossa par le directeur général et sa suite, ont fustigé la lenteur dans la délivrance des cartes d’assurance et la lourdeur administrative. Ils réclament un meilleur traitement des dossiers. Sans oublier les autres préoccupations relatives à l’amélioration, la sécurisation et l’assurance pour la garantie d’un meilleur cadre de travail.
Augmenter les allocations familiales
En affichant l’important rôle que jouent les agences régionales, les responsables font remarquer que celle de Lokossa gère toutes les communes du Mono-Couffo et celle d’Abomey, les 15 communes du Zou-Collines avec 7500 allocataires actifs, 2489 pensionnés et 360 rentiers. Sans oublier que les agences régionales procèdent régulièrement au recouvrement des cotisations sociales et au paiement à bonne date des prestations.
Si à Abomey, les uns et les autres ont plaidé pour l’augmentation du SMIG et des allocations familiales, à Lokossa, le représentant des travailleurs a déploré l’effectif réduit surtout au niveau du Centre médico-social qui fonctionne avec une seule sage-femme. Il a aussi évoqué l’épineux problème d’insuffisance de matériel de travail. Pour preuve, quand il y a coupure d’électricité, le groupe électrogène ne parvient même pas à prendre le relais parce qu’en panne depuis un bon moment. C’est dire que les conditions de travail ne sont pas toujours aisées.
A chacune des étapes, Coovi Célestin Ahonon et son équipe ont tenu à rassurer aussi bien les agents que les usagers. Il a promis d’œuvrer dans la mesure du possible à donner satisfaction aux doléances formulées par les uns et aux autres. «La nouvelle année nous réserve des surprises surtout qu’on ne contrôle pas la providence.
Ce qui est sûr, nous sommes ensemble pour construire un nouveau pan de la CNSS. Elle a vécu quelques soubresauts qui lui imposent un nouveau challenge. Nous allons le relever. Car les outils, les moyens et les hommes sont là », a répété Coovi célestin Ahonon à ses agents pour les rassurer sur l’avenir de la Caisse. Mieux, il ambitionne l’informatisation et la modernisation du système de gouvernance en vue d’atteindre les objectifs fixés dans une démarche de gestion participative. D’ailleurs, assure-t-il, le Plan de travail tout comme le budget 2015 ont été déjà adoptés par le Conseil d’administration. «En tout cas, les perspectives sont très bonnes, ensemble nous allons réussir», devait-il laisser entendre avec un air rassurant.
Actualités 05 févr. 2015

La présidente de l’Institut national pour la promotion de la femme (INPF), Vicentia Boco, était hier mercredi 4 février, l’invité du journal privé l’Evènement précis. Dans un entretien à bâton rompu de plus d’une heure avec les journalistes venus de plusieurs rédactions, elle a fait le tour des préoccupations liées à la vie de son institution et à la promotion de la femme au Bénin.
«Plus de 17 études, suivies de recommandations et d’actions, ont été déjà réalisées dans différents secteurs d’activités par l’Institut national pour la promotion de la Femme (INPF) depuis bientôt quatre années d’activités. Il est donc un outil utile, une manière de faire, une voie qui, à terme, va apporter des changements qualitatifs significatifs sur la situation de la femme au Bénin ».
C’est par ces mots que la présidente de l’INPF, Vicentia Boco, a démarré, hier mercredi 4 février au siège du journal privé, l’Evènement précis, son entretien avec les journalistes.
Selon ses explications, l’institut identifie à travers des études spécifiques, les souhaits de la gent féminine et propose à travers des recommandations, des actions dont il veille à la prise en compte. Soulignant l’importance de ces études, Vicentia Boco a signifié que l’étude sur l’apport des femmes aux revenus des ménages a permis de savoir que 47% desdits revenus sont assurés par la femme. Néanmoins, l’ancien ministre a déploré que les structures qui travaillent sur les mêmes thématiques voient l’institut comme une structure concurrente. Pour Vicentia Boco, plus des femmes seront élues maires, mieux la gouvernance sera. Et c’est pour les encourager à s’intéresser à la gestion de la chose publique, que son institution a identifié les femmes potentielles candidates, les a formées en leur faisant toucher du doigt les réalités politiques, les contraintes, les exigences et les potentialités requises pour réussir une carrière politique dans le contexte béninois.
«Dans ce combat permanent, l’INPF a également travaillé avec les chefs de partis politiques sur la question», a-t-elle signalé au passage. Au sujet du projet de loi sur l’égalité entre l’homme et la femme reporté sine die par les députés, Vicentia Boco croit que cette loi n’était pas formulée pour être votée. «Dans ce texte de loi, on devait montrer aux femmes leur place et les inciter à la prendre», déplore la présidente. Cependant, elle garde espoir que ce texte de loi sera revu et voté pour donner la chance aux 52% des femmes à participer à la gestion de la chose publique. Quant à l’utilisation des femmes pour les marches, et manifestations grand public, elle condamne et estime que la pratique est regrettable. «Car, cette façon de faire s’appuie sur la fragilité de la femme. Et la solution, c’est de mettre la femme à l’abri du besoin et d’inviter les auteurs de ces pratiques manipulatrices à rompre radicalement», a-t-elle conclu.
Actualités 05 févr. 2015

Le secteur du tourisme au Bénin, est, vante-t-on au ministère de la Culture, de l’Artisanat, de l’Alphabétisation et du Tourisme (MCAAT) promis à un rôle moteur dans le développement économique du Bénin. Du coup, on attend de lui de grandes retombées. Une ambition qui oblige à lui impulser une nouvelle dynamique.
Pour le moment, bien que le tourisme constitue avec l’artisanat et la culture, le 5ème pôle de développement du Bénin, «nous faisons la politique des moyens que nous avons», constate El-Kir Moudachirou Babio, conscient que «des goulots d’étranglement restent à lever». Pour lui, le secteur paraît encore diffus et pas suffisamment perçu. Le transport, le guidage et la restauration devraient y être intégrés par exemple, mais se retrouvent ailleurs au niveau des agrégats économiques. Le directeur du Développement et de la Promotion touristique pense qu’il faut tenir compte du contexte socioculturel pour promouvoir le tourisme intérieur, avec un rôle de premier plan pour les communes.
Celles-ci, comme à Kandi ou à Bohicon, se plaignent de ne pas disposer d’assez de ressources. Promouvoir le tourisme intérieur, c’est ce qu’entend réaliser l’agence Mamou Voyages qui a lancé le programme « A la découverte du Bénin» depuis quelques mois. Mais l’initiative prend timidement, nous a-t-on expliqué à son antenne de Parakou; les populations venant généralement, pour le moment, s’informer des tenants et aboutissants du programme, même si à Cotonou, des colonies ont été organisées en direction du nord, notamment pour les meilleurs élèves admis aux différents examens. Mais si les populations marquent le pas, ce n’est pas toujours faute d’envie.
Peu d'engouement
«Comment dépenser plus de cent mille, ou deux cents mille pour une expédition touristique de cinq jours à peine, connaissant le pouvoir d’achat du Béninois?», s’étonne Karimou Agani, salarié qui se réclame de la classe moyenne. «Cela représente bien une petite fortune, qui pourrait être utilement investie dans une autre cause», renchérit Madinath Amoussa, qui se verrait «plutôt doper son fonds de commerce d’alimentation générale à Parakou, plutôt que de se livrer à ce gaspillage». De fait, on comprend pourquoi le programme, aussitôt lancé, n’a pas suscité l’engouement escompté. Mais à Mamou Voyages, on a foi, qu’à terme, ce programme va connaître un intérêt certain de la part des populations.
«En attendant, les agences de voyages et de tourisme ne vivent, en réalité, que de la billetterie», lâche Elodie D., gestionnaire d’une de ces agences à Cotonou. Qui pointe du doigt « la faiblesse de la règlementation sur le tourisme», invitant «l’Etat à mettre en place un cadre incitatif pour amener les privés à s’y lancer réellement». El-Kir Moudachirou Babio concède ce besoin de règlementation hardie, confessant que «pour le moment chacun fait ce qu’il veut».
Cette règlementation permettra au secteur qui «commence à bien se porter, de se porter davantage mieux». Et si le Bénin veut vraiment tirer parti de son secteur tourisme, il n’a pas d’autre choix, semble dire le directeur du Développement et de la Promotion touristiques pour qui «il faut comprendre que ce secteur est un infuseur de développement et une niche de ressources où le produit d’exploitation n’est pas exporté». Selon les statistiques de l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT), démontre-t-il, derrière chaque personne qui voyage, il y en a dix-sept (17) qui travaillent. C’est dire que le potentiel est énorme en termes de création d’emplois et de promotion de la croissance économique.
Or, relève-t-il, «le Bénin jouit de trois atouts majeurs pour dynamiser son tourisme:balnéaire, culturel et naturel». Reste maintenant à réorganiser et schématiser le secteur pour en faire un réel moyen de développement local; la stabilité dont jouit le pays étant un ingrédient fondamental. D’ici là, à ceux qui se plaignent de la cherté des prix dans le cadre du tourisme intérieur qui reste cependant à développer, El-Kir Moudachirou Babio oppose que «ce que nous gaspillons dans les cérémonies mortuaires, nous pourrions l’orienter vers le tourisme».
Quand le terrorisme nuit...
Bien que n’étant pas affecté directement par la vague de terrorisme qui secoue le monde, et la sous-région ouest africaine, notamment le Nigeria, le Bénin semble payer un lourd tribut à ce phénomène. Ses effets induits se ressentent ainsi sur les chiffres du tourisme. En réalité, si les statistiques évoquées supra incitent à l’optimisme, il y a aussi qu’elles sont menacées. Car, ces chiffres constants cachent le fait, préoccupant s’il en est, que les arrivées internationales aient baissé de 18% en 2012 ; le gap n’étant comblé que par les arrivées intra-régionales, souligne El-Kir Moudachirou Babio.
Tendance confirmée par Arimi Soglo, guide sur le site archéologique et touristique d’Agongointo, qui observe que «les arrivées d’étrangers ont baissé» et impute directement cette tendance baissière «au terrorisme» et, depuis peu, «à Ebola». Tout ceci conforte bien dans l’idée qu’un accent particulier doit être mis sur le développement du tourisme intérieur. A ce propos, «un leadership fort doit se manifester de la part du gouvernement, ou de grands promoteurs privés à l’instar d’Atouts France en France, pour impulser une dynamique irrésistible à cette branche du tourisme. On assisterait ainsi à des vagues de colonies traversant le pays de part en part, toute l’année et particulièrement pendant les congés et vacances scolaires», analyse un observateur.
Culture 04 févr. 2015

Le greffier en chef du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou, Me Abou Séidou a rencontré lundi 2 février dernier les hommes des médias. C’était pour informer l’opinion publique des agissements d’un réseau de faussaires démantelé qui y opère en délivrant de faux actes. Les membres dudit réseau seront présentés au procureur de la République dans les jours qui suivent.
Contre les agissements déviants de certains individus qui s'illustrent par la délivrance de faux actes : casiers judiciaires, certificats de nationalité, certificats de faillite et bien d’autres, selon la demande à prix d’or (jusqu’à soixante-dix mille francs au lieu de mille cinq cents francs normalement, Me Abou Séidou, greffier en chef du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou alerte les usagers et les populations en les appelant à la vigilance. Il s’agit d’actes dépourvus d’authenticité parce que non enregistrés, indique-t-il. Sept faussaires organisés en bande qui se livrent à cette sale besogne séjournent actuellement dans les locaux de la brigade des recherches.
Le réseau a été démantelé et ses membres seront présentés au procureur de la République dans les prochains jours.
Mais pour contrer ces agissements, Me Abou Séidou a annoncé des réformes qui vont dans le sens de l’information divulguées à l'endroit des populations. Lesquelles visent à conférer au secteur de la justice, plus de crédibilité, d’efficacité et à la mettre sur l’orbite du développement. Selon le greffier en chef, lesdites réformes ont retenu une lutte implacable et permanente contre les faussaires qui s’amusent à imiter la signature des juges, greffiers et greffiers en chef dans l’établissement des actes précités.
Il est envisagé dans ce cadre, la mise en place d’un logiciel pour enregistrer les décisions et apposer un sceau afin de mettre davantage d’assurance par rapport à l’authentification.
Expliquant le mode opératoire des présumés délinquants, Me Abou Séidou a confié qu’il s’agit d’un réseau qui opère avec un bureau, un imprimeur et des cachets, bref tout le dispositif qui leur permet de délivrer de faux actes non revêtus d’authenticité, parce que non enregistrés. Selon lui, ils se présentent aux justiciables comme des agents du tribunal en leur proposant leurs services contre de fortes sommes d’argent. Raison pour laquelle Me Abou Séidou appelle à la vigilance en demandant de s’entourer de précautions en s’adressant désormais aux agents porteurs de badges, à l’accueil et d’exiger un reçu de caisse. Ce qui permet de s’assurer de l’authenticité de l’acte dont on est demandeur.
Poursuivant ses explications, Me Abou Séidou a soutenu que les perquisitions ont permis de retrouver des cachets des greffiers de Cotonou, Calavi et Allada pour la certification des actes qu’ils délivrent alors que normalement, il aurait fallu que les actes établis soient enregistrés et classés de sorte qu’on en retrouve les traces 5, 10 ou 20 ans après. Ce qui fait malheureusement défaut.
Le défaut de traces des faux actes fait, a confié le greffier en chef, qu’on accuse la justice de faux et de corruption.
Les faussaires et sûrement leurs complices sont passibles de peines allant jusqu’à dix ans d'enprisonnement pour faux en écriture.

Rigoureuse. Mais aussi chrétienne fervente. Mihami Régina Byll-Cataria a su se servir de son caractère pour mettre au service de ses étudiants son savoir-faire. Elle fut la première béninoise professeur d’histoire à l’Université nationale du Bénin (UNB), devenue aujourd’hui Université d’Abomey-Calavi (UAC).
L’universitaire est restée égale à elle-même. Régina Mihami Byll-Cataria est la première enseignante béninoise à intégrer l’Université nationale du Bénin (UNB), aujourd’hui Université d’Abomey-Calavi (UAC) en qualité de professeur d’histoire. Elle y a été admise pendant la période révolutionnaire vers les années 1975-1977 et garde jusqu'à ce jour, sa réputation de femme de rigueur. Bien qu’étant en retrait de l’enseignement aujourd’hui, elle demeure soucieuse de la formation des étudiants et fait toujours de la rigueur son breviaire. Ce caractère a pendant longtemps fait d’elle l’une des femmes les plus «redoutées» de l’université. Mais cela semble être son dernier souci, puisqu’elle, dit-elle, se fiait très peu aux préjugés et appréciations parfois "erronées" de ses collègues et des étudiants qui ont tôt fait de la surnommer «la dame de fer de l’université».
Du talent y est caché
Elancée, teint clair, svelte, regard discret, style vestimentaire simple, Régina Mihami Byll-Cataria a gravé son nom dans les annales de l’université, dans les cœurs et mémoires des étudiants et des autres enseignants. Son physique et son apparence calme contrastent pourtant bien avec la rigueur qui lui a valu ce surnom. A première vue, les incrédules hésiteront avant de lui concéder son titre d’enseignant à l’Université. Tant, son air effacé et sa discrétion ont tendance à cacher ses valeurs et potentialités. Elle regorge pourtant de talents et déborde d’énergie, surtout lorsqu’il s’agit de dispenser le savoir aux étudiants. Il ne saurait en être autrement, puisqu’elle a fait de l’enseignement, sa vocation, son sacerdoce, sa joie, sa fierté, bref sa vie.
Elle raconte qu’elle a su barrer la route à toutes les embûches notamment d’ordres "professionnelles" pour se hisser dans le domaine de l’enseignement qui semblait être l’apanage des hommes. Ceci avec fermeté, dynamisme, courage et attachement aux valeurs religieuses.
Régina Mihami Byll-Cataria est titulaire d’un doctorat d’Etat en histoire. A l’Université, elle incarnait une sorte de bibliothèque car elle enseignait l’évolution du temps et les évènements qui ont marqué le monde. «J’ai fait des études comme tout le monde et je forme les étudiants pour l’obtention de la thèse d’Etat en histoire», confie-t-elle.
Hasard ou coup de chance ? Elle-même ne peut y répondre aisément. Tout compte fait, elle a été la première femme béninoise, professeur d’histoire à intégrer l’UNB d’alors. Mais avant son admission, les étudiants pouvaient bénéficier du savoir-faire des coopérants et des étrangères.
Pour autant, elle ne s’attarde pas sur son titre et cela ne lui fait pas bomber le torse non plus. «C’est un devoir républicain d’enseigner et je n’avais pas de raisons de faillir», dit-elle avec fermeté.
Pour elle, il est très difficile de parler de soi. C’est une question de tempérament que l’on ne saurait exposer, estime-t-elle.
Fidélité à Dieu
L’autre valeur chère à cette femme reste l’engagement et la fidélité à Dieu. Elle fait de la parole divine son délice et ne manque pas souvent les rendez-vous religieux. Elle y trouve un cadre idéal pour communiquer avec le Seigneur. Après avoir fait ses adieux à l’enseignement, elle consacre davantage de temps à Dieu. Pas besoin d’aller dans tous les sens avant de la rencontrer. Un seul endroit sûr pour la voir : l’église catholique St Michel de Cotonou. Elle a confié s’y rendre au moins quatre fois par semaine pour prier.
La preuve en est que dans le cadre de cet entretien, nous nous sommes rendus dans ladite église avant d’échanger avec elle, bien que le rendez-vous fut programmé plusieurs jours à l’avance. «Je suis catholique pratiquante et je mourrai comme telle. Je suis convaincue qu’aucun être humain ne peut rien faire sans celui qui l’a créé quel que soit le nom que prend ce créateur », affirme-t-elle.
Sa présence quasi permanente dans la maison du Seigneur serait-elle une manière pour voiler la rigueur trop poussée que lui reprochent ses étudiants ? Loin s’en faut. Dieu n’a rien à voir avec ma rigueur, répond-elle.
C’est d’ailleurs ce caractère qui l’oblige à lui demeurer fidèle. «Depuis que j’ai compris le vrai sens de la vie, je me suis confortée dans cette position et je ne le regrette aucunement», a-t-elle laissé entendre avec un léger sourire.
Pour elle, il fallait simplement s’accrocher à Dieu non seulement pour respecter l’éducation reçue des parents, mais aussi pour vaincre la méchanceté des hommes.
Sur la question, elle refuse d’aller du dos de la cuillère. Elle même reconnait qu’elle est très sévère et rigoureuse, mais ces caractères ne l’empêchent pas d’être juste, a-t-elle nuancé. Pour former l’être humain à devenir un homme exemplaire, il faut faire montre de certaines qualités, soutient-elle. Selon elle, la rigueur aide à former des citoyens dignes. «Je suis fière de ma rigueur et je ne changerai jamais ; je ne connais ni Adam, ni Eve en matière de travail», souligne-t-elle avec fermeté. Certains membres de sa famille ont eu à lui faire des procès d’intentions à propos, mais en matière de travail, clarifie-t-elle, «je ne mélange pas les relations familiales». Son seul souci, dit-elle, est qu’au-delà de la formation reçue, les apprenants aient une formation de qualité et non juste un diplôme.
Les vrais dividendes qu’elle tire aujourd’hui des fruits de son labeur et de sa ‘’rigueur autrefois contestée’’ sont les témoignages de ses anciens étudiants sur la qualité de ses enseignements.
Enseignante à l’université ?
Aucune œuvre humaine n’est exempte de difficultés. Régina Mihami Byll-Cataria a eu également son lot. Elle raconte qu’en intégrant l’Université nationale du Bénin, elle a rencontré d’énormes difficultés de collaboration avec ses collègues hommes. Il était inconcevable pour certains compatriotes, qu’une femme prétende à ce poste. Face à cette situation, elle explique qu’elle a dû affronter les rancunes, pressions et menaces de toutes sortes pour s’imposer. Il est arrivé, se souvient-elle, qu’un professeur d’université soit allé lui demander ouvertement ce qu’elle est venue chercher à l’université, après lui avoir fait comprendre que l’université n’avait pas besoin d’une enseignante et que ses promotionnaires femmes ont trouvé leur place dans les collèges, l’invitant par conséquent à leur emboîter les pas.
"Cette provocation" a été plutôt un motif de persévérance et le moteur de son ascension. Elle confie avoir sué sang et eau avant de s’imposer dans ce "monde" marqué par les vices de toutes sortes. «Trois fois de suite, le doyen de la Faculté des lettres, Arts et Sciences humaines (FLASH) d’alors avait déchiré mes dossiers d’admission à l’université», se souvient-elle.
Toutefois, elle doit son salut à un autre professeur d’histoire de la même université, Félix Iroko, au doyen de la Faculté de droit d’antan, Robert Dossou et au recteur de l’UNB à l’époque, Nathanaël Mensah, qui ont très tôt cru en ses potentialités en l’aidant à intégrer la Faculté de droit, en lieu et place de la FLASH où elle devrait normalement dispenser des cours d’histoire. C’est pour faire honneur à ces professeurs qu’elle a donné le meilleur d’elle-même afin de mériter pleinement leur confiance, selon son témoignage.
Bien que son caractère (de femme rigoureuse) était peu apprécié, son admission au titre de professeur à l’université a contribué quelque peu à l’adoucissement de certains caractères. «Il est arrivé lors des conseils des professeurs, que les discussions se soient soldées par des coups de poing. Mais ma seule présence suffisait parfois pour un retour au calme», se rappelle-t-elle.
En tant que femme enseignante à l’Université, il fallait bien faire montre de rigueur pour s’imposer dans ce monde où force ne reste pas toujours au respect des normes et à la culture des valeurs.
Il «m’a fallu m’imposer dès le départ au regard des comportements des étudiants qui avaient tendance à trouver une certaine fragilité en un enseignant de sexe féminin. C’est pourquoi, lors des premiers contacts, j’ai compris que je devais mettre les balises pour ne pas me laisser dominer par les étudiants. «Ma rigueur m’a été très avantageuse parce que je n’avais plus besoin de fournir assez d’efforts pour l’inculquer aux autres générations d’étudiants qui, connaissant déjà de quel bois je me chauffe, se chargeaient de prévenir leurs camarades d’amphi à ce sujet. C’est après plusieurs années que certains ont réalisé que ma rigueur était la clé de leur réussite académique et professionnelle», se réjouit-elle.
L’autre principe qui lui confère davantage sa réputation, est le "refus d’achat de conscience" par des étudiants. Les universités publiques étant faites de tout, certains étudiants ne lésinent pas souvent sur les moyens lorsqu’il s’agit de négocier les notes. Cette méthode est contraire aux principes de madame Byll-Cataria. «Je ne sais quel montant un étudiant peut me donner pour m’aider à résoudre mes problèmes financiers ; les enveloppes financières ne m’intéressent aucunement», dit-elle avec fermeté. En plus d’être rigoureuse avec ses étudiants, elle a aussi pratiquement lutté toute sa carrière durant contre les réseaux de fraude lors des examens.
Des conseils surtout
Fait naturel, mais parfois paradoxal et à la limite comique ! «Il m’est arrivé de tomber sur des étudiants qui au lieu de suivre les cours, passaient leur temps à contempler mon charme», raconte-elle. «Je suis tombée sur certains à qui j’ai prodigué des conseils». Cœur de mère, oblige !
Après l’effort, le réconfort, dit-on. Régina Mihami Byll-Cataria est fière aujourd’hui d’avoir accompli un "sacerdoce". «Je suis heureuse d’avoir passé une bonne carrière», note-t-elle. A l’heure où elle passe d’agréables moments de retraite en compagnie de ses petits-enfants, elle adresse ses reconnaissances à Dieu qui, dit-elle, «l’a illuminée tout au long de sa carrière et l’a préservée contre les embûches».
C’est fort de son expérience qu’elle invite d’ailleurs les jeunes à faire de l’intégrité, de la justice et du travail bien fait et désintéressé, leur bréviaire. «La démocratie, c’est une compétition et chacun doit jouer sa partition, en vue de son rayonnement, sans chercher à jeter de mauvais sorts ou à tendre des pièges à son prochain», a-t-elle conseillé.
Nous en étions à ces conseils quand la musique de la chorale a commencé par retentir au sein de l’église St Michel de Cotonou. C’est l’heure de la messe et Régina Mihami Byll Cataria doit y participer. «On ne pourra plus continuer l’entretien parce que la messe a commencé», dit-elle en souriant. Une autre preuve sans doute de son attachement et de sa crainte de Dieu. M. A.

Un jeune homme de 35 ans prénommé Emmanuel, soudeur de profession, qui ferait partie d’un réseau de braqueurs spécialisés dans le vol à main armée de motos, a été arrêté et présenté hier mardi 3 février à la presse au commissariat de police de Parakou.
L’individu a été appréhendé dans la nuit du 28 janvier dernier vers 2 heures alors qu’il tentait de déposséder un conducteur de sa moto au quartier Okédama non loin de l’hôpital d’instruction des armées. Accusé de tentative de vol qualifié, il ne nie pas les faits à lui reprochés.
« J’étais à Bohicon quand un ami qui me devait 70.000 F CFA, m’a appelé. Quand je suis venu, j’ai cru que c’est l’argent qu’il voulait me remettre. On s’est rencontré à Bio Guéra et il m’a remis une arme (NDLR : de fabrication artisanale) en me disant qu’il va faire arrêter un Zém. et je vais monter. Il m’a dit qu’arrivés à un endroit de lui pointer l’arme dessus, qu’il aura peur et il va laisser la moto que je vais lui ramener. C’est ainsi que je suis parti et ils m’ont pris… Il n’a pas mis de balle dans l’arme... C’est la première fois, je n’ai jamais fait ça », confie le présumé braqueur.
Six cas ont été enregistrés ces derniers temps à Parakou, signale le commissaire central de police de la ville de Parakou, Saliou Koda, qui dévoile le modus operandi des braqueurs.
« Voilà des gens qui se pointent devant le CHD-Borgou à partir de 23 heures, ciblent les motocyclistes qu’ils doivent attaquer, principalement les conducteurs de taxi-moto « zémidjan ». Ils font croire qu’ils ont un malade en agonie et qu’ils sont à court d’argent. Les conducteurs de taxi-moto les prennent en direction d’Okédama ou de Titirou et dès qu’ils arrivent dans des coins obscurs, ils pointent l’arme sur les victimes pour les déposséder de leur moto », explique-t-il.
L’ami du présumé braqueur en question serait le cerveau de la bande. Il a pris la clé des champs depuis et est toujours activement recherché par la police.
CUP
Société 04 févr. 2015

Les responsables, enseignants et étudiants de l’Institut universitaire bilingue Rehoboth de Porto-Novo ont vécu une matinée cauchemardesque hier mardi 3 février. Ils ont vu leur école fermée par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur qui a bénéficié de l’appui technique d’un huissier de justice et d’un contingent de gendarmes conduit par le capitaine Martial Dégbessou, commandant de la compagnie de gendarmerie de Porto-Novo.
Après la phase de sensibilisation, le ministère en charge de l’Enseignement supérieur passe désormais à la vitesse supérieure avec les écoles et instituts universitaires privés illégalement ouverts. Il a mené une opération coup de poing hier à l’Institut universitaire bilingue Rehoboth situé en face du Musée Adandé à Porto-Novo. Cette école privée a été purement et simplement fermée parce que non autorisée à ouvrir ses portes.
Selon le directeur des Etablissements privés d’Enseignement supérieur, Dodji Amouzouvi, le ministère a été obligé de prendre cette décision draconienne suite au jusqu’au boutisme des promoteurs de cette école privée d’enseignement supérieur.
Il ressort de ses explications, que depuis plusieurs mois, sa structure était en pourparler avec les promoteurs de Rehoboth pour trouver un terrain d’entente afin que cet institut se mette en règle. Malheureusement, ceux-ci n’ont pas voulu entendre raison. C’est donc face à leur entêtement, que le ministère a décidé de saisir la justice pour obtenir une autorisation de fermeture de cette école privée, explique-t-il. Ce qui a été chose faite hier avec l’aide du cabinet de l’huissier Me Hortense Bankolé de Souza qui a apposé les scellés sur la porte d’entrée principale de cet institut après avoir pris soin de vider tous les occupants. Le directeur des Etablissements privés d’enseignement supérieur regrette qu’on en arrive là avec l’institut Rehoboth composé en grande partie d’étudiants nigérians.
Car, la mission de sa direction n’est pas de fermer les écoles privées tous azimuts mais plutôt de les accompagner. Seulement cet accompagnement doit se faire dans le respect de la loi, insiste Dodji Amouzouvi avant de rappeler que cette opération s’inscrit en droite ligne avec les recommandations des députés en direction du ministère lors du passage du ministre François Abiola au Parlement. Le ministre avait été invité à faire le ménage pour mettre fin à la floraison des écoles supérieures ouvertes dans l’illégalité avec une attention particulière sur la grande filière nigériane qui est en train d’envahir le système éducatif béninois.
C’est pourquoi, il invite tous les promoteurs d’établissements supérieurs privés encore dans le cas à une franche collaboration pour éviter le scénario de l’institut Rehoboth.
Grosse machine d’arnaque
Les responsables de Rehoboth ne sont pas sur la même longueur d’onde que le ministère en charge de l’Enseignement supérieur. Ils brandissent un arrêté signé du ministre François Abiola en date de 5 février 2014. Lequel arrêté les autoriserait à opérer sur le terrain. Faux rétorque Dodji Amouzouvi qui crie à une grosse machine d’arnaque et de faux et usage de faux auxquels se livreraient beaucoup de promoteurs d’écoles privées d’enseignement supérieur. Il a saisi l’occasion pour rappeler les conditions d’ouverture d’un établissement privé d’enseignement supérieur.
La toute première étape est l’obtention d’une autorisation de création. Laquelle autorisation n’engage pas le bénéficiaire à ouvrir une école. L’autorisation d’ouverture est donnée au requérant, explique Dodji Amouzouvi, lorsque le promoteur satisfait aux dispositions prévues par la loi telles que la présentation au ministre en charge de l’Enseignement supérieur des filières à ouvrir, les capacités de l’école en terme d’infrastructures disponibles, en terme de programmes et en terme d’enseignants. «Sans l’autorisation d’ouverture, l’école n’est pas autorisée à opérer.
L’autorisation de création n’autorise pas à ouvrir. Et c’est le cas ici avec l’Institut universitaire bilingue Rehoboth autorisé certes à créer mais qui n’est pas autorisé à ouvrir », nuance Dodji Amouzouvi. Il rassure les promoteurs de cet institut que dès qu’ils se mettront en règle administrativement, l’autorité ministérielle et la justice pourraient revenir sur leur décision.
Le directeur des Etablissements privés d’Enseignement supérieur invite par ailleurs les étudiants et les parents d’élèves à la vigilance avant de faire une inscription dans une université privée. Il faut qu’ils cherchent d’abord à consulter la liste des établissements privés d’enseignement supérieur autorisés avant de s’y engager, propose-t-il. Cette liste est disponible partout et même sur le site Internet de la direction générale de l’Enseignement supérieur et au ministère chargé de l’Enseignement supérieur, rappelle Dodji Amouzouvi.

Un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles. C’est le bilan de l’affrontement sanglant survenu hier lundi 2 février entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants.
La crise latente entre la population de Gangban dans la commune d’Adjohoun et les peulhs transhumants qui se regardaient en chiens de faïence depuis quelques jours, a fini par dégénérer hier lundi 2 février. Les deux protagonistes se sont affrontés pendant plusieurs heures, avec comme bilan un mort et plusieurs personnes grièvement blessées par balles.
L’affrontement serait né de ce que les populations de Gangban, exploitants agricoles, ont surpris les troupeaux des peulhs transhumants en train de détruire leurs cultures. Voyant leur richesse en péril, ces agriculteurs ont décidé d’en finir avec ces peulhs transhumants qui seraient coutumiers du fait. Mais c’était sans compter avec la force de ces peulhs qui étaient plus aguerris au combat qu’eux. Coupe-coupe, gourdins et fusils de fabrication artisanale, rien n’a été omis par les peulhs au cours de l’affrontement qui serait d’une violence inouïe. En témoigne le bilan. Un décès a été enregistré dans le rang de la population de Gangban.
Le corps est déposé à la morgue de l’hôpital d’Adjohoun où sont également évacués certains des blessés. D’autres blessés dont les cas sont plus critiques ont été évacués sur l’hôpital de zone de Sakété pour une meilleure prise en charge. Face au bilan de l’affrontement, les peulhs transhumants ont pris la poudre d'escampette. Ils se seraient repliés vers la commune de Bonou.
Selon le premier adjoint au maire d’Adjohoun, Célestin Azonhoumon, contacté par téléphone, la situation serait actuellement sous contrôle. Il dit avoir réquisitionné des éléments parmi les Forces de l’ordre pour assurer la sécurité de la localité.
Un calme relativement précaire règne dans la localité où les gens sont toujours sous le choc dû au décès d’un des leurs.

Les militants du Syndicat des travailleurs de la Justice (Syntra-Justice) ont assiégé hier, lundi 02 février, la cour du ministère de la Justice. Au bout de deux heures de siège, ils ont annoncé une grève de 72 heures à compter de ce jour. Ce sit-in fait suite à celui organisé le 26 janvier dernier.
Les travailleurs du secteur de la justice affiliés au Syntra-Justice observent dès ce jour, une cessation de travail de 72 heures renouvelable par tacite reconduction. L’annonce de ce débrayage à été faite au terme d’un sit-in organisé par le syndicat hier, lundi 02 février, dans l’enceinte du ministère en charge de la Justice. Vuvuzela embouchés et sonorisation à fond, les militants du Syntra-Justice ont tambouriné, dansé et animé dans la cour du ministère deux heures durant. Scandant des slogans hostiles aux autorités qu’ils accusent de mépris envers eux, les manifestants brandissaient également des cartons rouges.
Ils reprochent à l’autorité ce qu’ils ont appelé «le mépris, la provocation, l’intimidation, les violences verbales, les injures et les injustices flagrantes envers les valeureux agents de la maison justice». Selon le secrétaire général du Syntra-Justice, Kuassi Cakpo Bessé, ce syndicat réclame la signature en bonne et due forme de l’arrêté consacrant la prime d’audience qui doit être généralisée à tous les fonctionnaires de la Justice et dénonce la répartition discriminatoire de la dotation en carburant aux agents du ministère.
Le syndicaliste reproche aussi l’inaction de l'autorité tutélaire face à ce qu'il qualifie de dérives du secrétaire général du ministère et surtout la non satisfaction des promesses pourtant solennelles faites par le Garde des Sceaux, Valentin Djènontin, lors du sit-in du 26 janvier dernier. Ils ont reçu à cette occasion le soutien de la Confédération des Syndicats des travailleurs du Bénin (CSTB), représentée par son secrétaire général, Paul Essè Iko. Recevant leur motion, le directeur de cabinet, Denis Ogoubiyi a fait savoir que l’administration du ministère de la Justice a joué entièrement sa partition quant à la satisfaction de leurs revendications.
En effet, a t-il expliqué, l’arrêté interministériel qui devrait être signé par les ministres de la Justice, du Travail et des Finances a été déjà signé par le Garde des Sceaux en ce qui le concerne. « Et l’autre acte administratif en cours pour régler les problèmes est le décret qui doit être adopté en Conseil des ministres et le ministère a également joué sa partition», a martelé le directeur de cabinet à l'endroit des manifestants. Toute chose automatiquement récusée par les manifestants qui relèvent une contre vérité de la part des autorités de leur ministère. «Nous ne serons jamais fatigués tant que nos revendications ne seront pas satisfaites car la Justice réclame justice», a clamé Paul Essè Iko haranguant la foule.
Société 03 févr. 2015