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Le cancer du sein est de plus en plus observée chez beaucoup de femmes béninoises, notamment celles qui vivent dans les villes. Mais il peut être évité ou guéri lorsqu’il est très vite détecté et pris en charge. A ce sujet, Dr Freddy Gnangnon, cancérologue-chirurgien au Centre national hospitalier universitaire-Hubert K. Maga (Cnhu-Hkm) de Cotonou nous donne des explications.
La Nation : Qu’est-ce que le cancer de sein ?
Dr Freddy Gnangnon : Avant de définir le cancer du sein, il faut d’abord dire ce que c’est que le cancer tout court. Il faut savoir que notre corps est composé de milliards de cellules qu’on ne peut pas voir à l’œil nu, mais qui pourtant fonctionnent de manière parfaite. On parle de cancer lorsque certaines cellules de notre organisme deviennent folles et se multiplient de manière anarchique, de manière incontrôlée et détruisent les organes du corps humain.
Le cancer du sein, c’est le cancer qui commence au niveau du sein. Sachez que la particularité du cancer, c’est qu’il commence toujours au niveau d’un organe donné et cette cellule malade migre vers d’autres organes et crée des problèmes dans ces organes. Le cancer du sein, naît au niveau du sein mais les cellules cancéreuses peuvent rentrer dans le sang, dans la lymphe, aller par exemple au niveau du poumon, le détruire et empêcher le malade de respirer, aller au niveau du foie empêcher le foie de fonctionner ou aller au niveau du cerveau et peut-être créer le décès du malade.
Quelle est la tranche d’âge à partir de laquelle une femme peut être affectée par le cancer de sein ?
Toutes les femmes en âge d’activités génitales peuvent souffrir du cancer du sein. Généralement, il est plus fréquent chez les femmes âgées et déjà ménopausées. Mais on a constaté qu’en Afrique et précisément au Bénin, beaucoup de femmes jeunes sont atteintes du cancer du sein. Sinon en Europe, on le constate souvent chez les femmes âgées. Une étude menée au Cnhu de Cotonou a montré que l’âge moyen des femmes atteintes du cancer de sein tournait autour de 40 ans, ce qui est très jeune par rapport aux pays occidentaux. Donc, il n’y a pas un âge exact pour souffrir du cancer du sein. Moi particulièrement, la patiente la plus jeune que j’ai vu avait 18 ans et la plus âgée avait 86 ans.
Quelles sont les causes du cancer du sein ?
Le cancer fait partie des maladies qu’on appelle les maladies non transmissibles. A l’opposé des maladies infectieuses qui ont des causes très précises, les maladies non transmissibles comme le cancer n’ont pas de causes précises, elles ont plutôt ce qu’on appelle les facteurs de risque. Le facteur de risque est quelque chose qui peut augmenter votre risque de faire une maladie donnée, mais ce n’est pas parce que vous avez ce facteur de risque que vous avez automatiquement la maladie. Et il faut remarquer aussi que certaines personnes peuvent ne pas avoir le facteur en question et faire la maladie. Mais quand on regarde, on sait que quand vous avez tel facteur, vous courez dix fois, quinze fois plus de risque que toutes autres personnes de faire cette maladie. Je vous donne un exemple plus simple. Vous avez deux villages, dans le village A les gens fument la cigarette et dans le village B personne ne fume la cigarette. Vous laissez les deux villages et vous revenez dix ans plus tard dans le village où les gens fument la cigarette, vous aurez peut-être dix cas de cancer du poumon et dans le village où les gens ne fument pas vous aurez deux cas de risque de cancer de poumons. Vous allez dire que le fait de fumer la cigarette multiplie par cinq le risque de développer un cancer de poumon. Mais dans le village des fumeurs, il y a des gens qui ont fumé mais n’ont jamais développé un cancer. Alors que dans le village des non-fumeurs, il y a des gens qui n’ont jamais fumé mais ont le risque du cancer du poumon. Mais vous direz que la cigarette est un facteur de risque pour le développement du cancer de poumon parce que quand vous fumez vous multipliez par cinq le risque de faire le cancer du poumon. Donc, c’est ce qu’on appelle un facteur de risque. Les cancers ont des facteurs de risque c’est-à-dire les choses qui augmentent le risque chez la personne de faire la maladie. Alors les facteurs de risque sont de diverses natures. En ce qui concerne le cancer du sein, on a d’abord les facteurs de risque concernant la vie reproductive de la femme. Les femmes qui ont eu leurs premières règles très tôt avant 12 ans ont plus de risque de développer un cancer de sein que celles qui l’ont eu après 12 ans. Mais ça ne veut pas dire que si vous avez vos règles avant 12 ans, automatiquement vous aurez le cancer du sein mais vous avez plus de risque qu’une autre femme. De même, les femmes qui ont eu leur ménopause tardivement ont plus de risque que les autres femmes d’avoir le cancer du sein. Les femmes qui ont eues leur premier enfant après 30 ans ont plus de risque que les autres femmes de développer un cancer, les femmes qui ont peu ou pas d’enfants (peu c’est moins de deux enfants) ont plus de risque que les autres femmes de développer un cancer du sein ; les femmes qui ont utilisé des pilules contraceptives sans surveillance de leur gynécologue pendant plus de six ans. Il faut dire que les pilules contraceptives sont très utiles pour la santé de la femme mais elles doivent être administrées sous surveillance médicale.
Ensuite, nous avons les facteurs génétiques. Il y a des gènes et quand vous les avez, cela vous condamne de manière plus ou moins inévitable à avoir le cancer du sein. Donc, si dans votre famille, votre mère ou votre sœur a eu le cancer du sein, vous avez plus de risque qu’une autre femme d’avoir le cancer du sein. Si c’est votre sœur et votre mère qui l’ont eu, votre risque est multiplié par un chiffre très élevé. Plus vous avez des parents qui ont eu le cancer du sein, plus vous courez le risque de l’avoir aussi. Nous avons aussi les facteurs environnementaux et comportementaux. Plus une femme consomme l’alcool, les aliments riches en graisse et les viandes rouges, plus elle court le risque d’avoir le cancer du sein. Il faut aussi noter que les femmes obèses ont une forte chance de souffrir de ce mal.
Est-il vrai que les femmes citadines sont les plus exposées ?
Oui. C’est ce que j’ai appelé les facteurs environnementaux et même à l’échelle mondiale, vous allez constater que les femmes des villes sont plus sédentaires ; elles consomment beaucoup de nourritures de type fast-food, elles font moins d’activités physiques et ne font pas beaucoup d’enfants. Mais pendant ce temps, les femmes rurales mangent des produits naturels, des fruits et légumes, ont des activités physiques et ont beaucoup d’enfants qu’elles allaitent. Toutefois, les femmes rurales peuvent aussi développer le cancer du sein.
Quels sont les signes d’alerte du cancer du sein ?
Les signes annonciateurs du cancer du sein ne sont pas malheureusement spécifiques car d’autres maladies se manifestent de la même manière et lorsque les signes apparaissent, il est souvent tard déjà. Pour les signes, nous pouvons avoir toutes modifications du sein chez la femme, un sein plus gros que l’autre, des boules dans le sein, l’aspect de la peau d’orange, l’écoulement de liquide par le sein parfois ensanglanté, le changement de couleur d’un sein par rapport à l’autre, des ganglions au niveau des aisselles. Ces signes peuvent annoncer le cancer du sein.
Faut-il attendre ces signes avant d’aller en consultation chez un médecin ?
Il ne faut pas attendre ces symptômes pour consulter un médecin. Dès l’apparition de ces signes et avant même que les signes n’apparaissent, il faut consulter un médecin. Il est à retenir que le cancer en Europe se traite avec de très fortes chances de guérison quand il est très vite dépisté. Le dépistage peut se faire par la jeune fille elle-même qui, à la fin de ses menstrues, se palpe les seins. Chaque mois, elle doit palper ses seins pour voir s’il y a des anomalies, se faire examiner les seins au moins une fois par an. A partir de 50 ans, toute femme doit faire la mammographie ; la mammographie étant une radiographie qui permet de détecter le cancer du sein alors que celui-ci a la taille d’une épingle. Le dépistage précoce du cancer du sein permet de traiter la maladie sans pour autant amputer le sein et de guérir totalement que le cas où le cancer est dépisté tardivement et que les femmes ont de fortes chances de mourir.
Comment les patientes sont-elles prises en charge ?
Le traitement du cancer doit être exécuté par plusieurs spécialistes tout simplement parce que ce n’est pas un seul traitement mais plusieurs traitements que la même patiente peut subir pour le cancer. Le premier traitement c’est la chirurgie ; c’est-à-dire enlever la maladie. Si la maladie est détectée très tôt, on peut enlever seulement la partie atteinte afin de pouvoir conserver le sein : c’est la chirurgie conservatrice. Mais si la femme vient très tard et que tout le sein est pris et que la boule est déjà grosse, il faut enlever entièrement : c’est la mastectomie. Nous pratiquons cette chirurgie au Bénin et plus précisément au Cnhu.
Le deuxième traitement, c’est la chimiothérapie : c’est l’utilisation des médicaments injectés ou pris par la bouche pour tuer les cellules cancéreuses qui ont pu s’échapper avant ou après la chirurgie mais c’est un traitement qui est cher et qui a beaucoup d’effets secondaires mais très utile pour le traitement.
Le troisième traitement, c’est la radiothérapie : c’est l’utilisation des radiations urgentes pour tuer les cellules cancereuses. C’est généralement un traitement qu’on pratique après l’opération. Ce traitement n’existe pas encore au Bénin et les malades sont obligés de se rendre à l’extérieur du pays pour le suivre. La radiothérapie permet d’empêcher la maladie de repousser éventuellement sur la même partie. C’est un traitement qui coûte aussi cher.
Le quatrième traitement, c’est la thérapie ciblée. C’est un traitement voisin de la chimiothérapie. Ce traitement est généralement administré par voie injectable et qui permet d’attaquer de manière spécifique une cellule cancéreuse pour la tuer. C’est un très bon traitement mais qui coûte extrêmement cher. Une seule prise peut couter plus d’un million F Cfa et une malade peut avoir besoin de dix-huit (18) tuyaux. Ce qui fait que beaucoup de femmes n’arrivent pas à suivre ce traitement.
Le cinquième, c’est l’hormonothérapie. C’est un traitement qui permet de bloquer la sécrétion des hormones par l’organisme. Il faut noter que le cancer du sein est un type de cancer qui se multiplie quand il y a des hormones. Donc ce traitement bloque la sécrétion d’hormones par l’organisme afin d’empêcher la multiplication du cancer. Ce traitement est en général sans effets secondaires notables et coûte moins cher que les autres. Malheureusement, les femmes noires (africaines) ne répondent pas souvent à ce type de traitement.
Quelles sont les mesures préventives du cancer du sein ?
Les mesures préventives sont diverses. La toute première étape est d’empêcher le cancer d’arriver. C’est-à-dire d’éviter la consommation d’alcool, manger beaucoup de fruits et légumes, faire des activités physiques pour ne pas grossir, éviter de prendre trop de sucre. Et quand le cancer est déjà là, la femme doit venir très tôt pour être traitée afin de pouvoir garder son sein en état normal. Mais il est constaté que six femmes sur dix laissent la maladie venir au stade terminal avant de se rendre à l’hôpital et cela leur est souvent fatal. Pour cela, il faut dépister le cancer tôt. Il faut prendre des pilules contraceptives seulement sous la surveillance d’un gynécologue. La dernière mesure est celle que nous appelons les soins palliatifs. C’est le soin que nous faisons aux malades quand elles viennent nous voir lorsque le cancer a déjà atteint la phase terminale.
Certains affirment que le traitement traditionnel est plus efficace pour guérir une patiente atteinte du cancer du sein. Qu’en pensez-vous ?
Certes, la pharmacopée est très riche au Bénin. Mais il est capital que les guérisseurs traditionnels testent suffisamment leurs produits avant de les administrer aux malades. Il y a une dizaine d’années, les malades du cancer du sein dans notre pays étaient obligées d’aller en Occident pour se faire traiter. Mais le tir a été corrigé, car il existe chez nous ces traitements qui emmenaient les patientes à voyager. Et gardez-vous bien, ces traitements ont été testés pendant des dizaines d’années sur des milliers de patients, avant que les malades n’y aient accès. Alors je trouve qu’il est inadmissible que n’importe qui prétend guérir un mal à l’aide des plantes sans en avoir les preuves au préalable. Il est exigé au Cnhu que les médecins aient sept à douze ans d’études avant de toucher un malade. Le cancer du sein est une maladie très grave. Donc la moindre erreur observée au niveau du traitement est fatale. Nous recevons chaque jour de nombreux malades trompés et arnaqués par des guérisseurs traditionnels qui viennent mourir à l’hôpital. C’est cette ignorance qui pousse les gens à affirmer que les médecins sont incapables de guérir les malades.
Il existe bien des cas où la médecine moderne se sert de celle traditionnelle (plantes) pour établir des remèdes. C’est le cas du cancer, il faut l’avouer. Mais il faut franchir un certain nombre d’étapes pour avoir la garantie que les plantes peuvent guérir un mal. Il urge que les mentalités changent pour que le taux de décès dû à ce mal baisse.
Votre mot de fin pour conclure cet entretien
Je demande aux femmes de s’auto-palper pendant dix minutes au plus, trois à quatre jours après leurs menstrues. Lorsqu’elles ressentent le moindre changement au niveau d’un sein, elles doivent immédiatement se rendre dans un centre de santé pour consulter un médecin. Cela leur permettra de savoir s’il s’agit ou non d’un cancer du sein. Aux hommes qui sont minoritairement concernés par le problème, je demande aussi qu’ils se rendent à l’hôpital dès qu’ils remarquent un problème au niveau de leurs seins. Parce que plus tôt le mal est détecté, plus il existe de chances de sauver le malade.
Chacun doit s’éloigner des facteurs de risques suscités pouvant multiplier les chances de contracter cette maladie. Car selon des études, une femme sur onze à une femme sur huit, aura le cancer du sein dans sa vie.
Propos recueillis par Roméo KPATCHA (Stag)
Santé 12 sept. 2017

Que faire pour réduire la fréquence des flammes sur le site des palais royaux d’Abomey, à défaut d’y mettre définitivement un terme ? Sur la question, les approches ne manquent pas et les avis techniques sont tout aussi variés.
« Il faut absolument associer les familles royales et la mairie d’Abomey à la gestion du musée. Ces deux structures doivent jouer un rôle plus important à un niveau de responsabilité plus élevé sur la base d’un cahier des charges qui définit le rôle de chacun. Il faut également un investissement important pour sécuriser l’espace muséal, un renforcement du personnel d’entretien… ». C’est ce que préconise Didier Houénoudé, directeur du Patrimoine culturel au ministère du Tourisme et de la Culture, face aux incendies répétés dans les palais royaux d’Abomey. Il propose également la mise en place de « mécanismes d’alerte qui peuvent prévenir les risques d’incendie ». La finalisation du plan de gestion et du plan de gestion des risques peuvent aussi amoindrir les risques, pense ce docteur en histoire de l’art.
Pour Franck Ogou, spécialiste et expert en gestion de patrimoine culturel en service à l’Ecole du Patrimoine africain (Epa) à
Porto-Novo, en tenant compte de la nature et des causes de ces incendies, on peut être amené à faire trois observations. La première, c’est que « les communautés ne se reconnaissent plus dans leur bien et ne trouvent aucun intérêt à contribuer à leur préservation ». Cela implique, note-t-il, la mise en application de « l’une des recommandations de la mise en œuvre de la convention de 1972 à savoir l’implication des communautés dans la gestion des biens patrimoniaux ». Secundo, il relève la défectuosité des installations et la vétusté des matériels, sans oublier le faible effectif du personnel qui n’arrive pas à avoir le regard sur toute l’étendue du site. Selon lui, la résolution de ces trois problèmes constituera un début de solution aux incendies répétés à Abomey.
« Il est possible de remédier à cette catastrophe », pense aussi Pacôme Alomakpé, gestionnaire de patrimoine culturel, qui suggère comme « solution ultime », le respect du plan de gestion de ce bien patrimonial. Lequel, indique-t-il, intègre dans ses mesures, un code de sécurité stricte. « C’est ce qui est d’ailleurs universel et relève du bon sens quand il est question de la vie, de la protection et de la valorisation d’un bien culturel de reconnaissance mondiale », explique-t-il.
Au-delà de ces solutions plutôt techniques, le directeur du patrimoine culturel va en appeler aussi à la responsabilité des Béninois. Il s’agit, dit-il, « d’un bien qui appartient à tous les Béninois. L’Etat n’est pas le seul à devoir participer à la gestion et à la sécurité du site ». Pour Didier Houénoudé, accuser l’Etat ou encore le ministère en charge de la Culture n’aidera en rien à résoudre les problèmes des musées (fréquentation et autres difficultés). « Très peu de Béninois se soucient de leur fonctionnement et également très peu les fréquentent », déplore-t-il.
Risques de déclassement ?
La question de la fréquence des incendies sur le site va de pair avec les interrogations sur le déclassement ou non de ce site, le premier du Bénin classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur la question, les techniciens n’ont pas toujours une convergence de points de vue. Pour Franck Ogou, le risque de déclassement est permanent sur tous les sites inscrits au patrimoine mondial, seulement que ce n’est pas le même degré de risque partout.
S’agissant du cas d’Abomey, « le risque pourrait être plus élevé qu’ailleurs pour les nombreux problèmes de gestion du site, pas seulement à cause des incendies qui ne sont que la partie visible de l’iceberg ». Ce site « doit attirer plus l’attention des pouvoirs publics si nous voulons garder ce label », poursuit ce spécialiste du patrimoine à qui on doit, entre autres, la réfection du Jardin des plantes et de la nature de Porto-Novo. Aussi, révèle-t-il qu’un un plan de gestion des risques pour le site d’Abomey existe et résulte d’un atelier organisé en 2013. Un plan qui met l’accent sur les risques liés aux incendies et propose des solutions.
L’autre chose qui pourrait menacer le site et conduire vers son déclassement, analyse-t-il, ce sont les informations véhiculées à propos, « en des termes très alarmants et ambigus ». Son appel : « restons positifs et travaillons tous à préserver l’image de notre pays par la protection et la valorisation de nos patrimoines ». Didier Houénoudé, lui, pense que « pour l’instant il n’y a pas de risques de déclassement » car « l’incendie est mineur et n’a pas touché les collections, ni les réserves, ni les espaces d’exposition permanente et temporaire ». L’origine des flammes sur le site ne préoccupe pas moins ces techniciens et c’est sans mettre des gants que Pacôme Alomakpé soutient que « le défi du feu sur les sites des palais royaux d’Abomey sort de l’ordinaire et on peut croire que le mal provient de l’acte humain… le feu destructeur n’est pas anodin ».
Toujours est-il que le patrimoine culturel béninois ne se porte pas si mal que cela, affirme le directeur du patrimoine culturel. « Certaines pratiques rituelles et festives permettent de préserver le patrimoine immatériel. Des municipalités et des équipes du ministère en charge de la Culture travaillent à inventorier ce patrimoine culturel afin de pouvoir le rendre plus visible à l’international. Mais ce travail ne peut porter de fruits que si les populations elles-mêmes s’approprient leurs biens et décident de les protéger. Ce ne sont pas tous les éléments du patrimoine culturel qui ont besoin de grands moyens pour l’entretien ou la sauvegarde. Parfois, certains gestes simples de respect sont suffisants pour aider à une meilleure conservation du patrimoine culturel », certifie Didier Houénoudé n

Le président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), Mathieu Adjovi, a effectué, ce jeudi 7 septembre, une visite de terrain dans le bassin cotonnier du Bénin. C’est pour se rendre compte de l’effectivité de la mise en œuvre du programme d’intensification de la culture cotonnière lancé par sa structure. Avec les membres de sa délégation, il a pu constater l’engouement des cotonculteurs, dans les communes de l’Alibori, notamment Gogounou, Kandi et Banikoara.
Sans tambour ni trompette, l’Aic fait bouger les lignes grâce au professionnalisme de ses responsables. Elle est décidée à battre le record de 451 000 tonnes de production réalisée l’année dernière. Et les effets positifs du programme d’intensification en expérimentation au niveau d’un certain nombre d’exploitations, sont déjà perceptibles sur le terrain, notamment dans le bassin cotonnier où sa délégation était, ce jeudi 7 septembre. Le clou de cette descente effectuée dans l’Alibori aura été la séance de travail qui a eu lieu à Kandi avec les producteurs.
Faisant le bilan à mi-parcours de la campagne dans l’Alibori, le coordonnateur départemental du dispositif technique de l’Aic mis en place, Alassane Manin Amadou, s’est voulu rassurant. Il a fait observer un déroulement normal des activités de production.
Avec les réformes qui sont désormais mises en œuvre, le coton se porte mieux, a reconnu le maire de Banikoara, Bio Sarakou Tamou. Comme lui, les producteurs de coton à travers la Fédération nationale des Coopératives villageoises de coton et l’Union départementale des Coopératives villageoises de coton ont témoigné leurs reconnaissances à l’Aic pour leur avoir permis de recevoir les intrants et des semences de très bonne qualité et en quantité suffisante à temps. Tous sont unanimes que le programme d’intensification est une mesure salutaire.
Pour le président de l’Aic, Mathieu Adjovi, le coton consomme énormément de matières nutritives du sol. La terre n’étant pas extensible, la superficie du Bénin ayant toujours été de 112 622 km2, il faudra chercher désormais à procéder autrement, si nous voulons augmenter la production cotonnière, souhaite-t-il. Il a rappelé que la capacité des usines installées au Bénin est actuellement de 612 000 tonnes. « Pour leur permettre de fonctionner à plein régime, nous avons besoin d’augmenter la production sans augmenter les superficies cultivées. D’où la nécessité du programme d’intensification », a expliqué le président de l’Aic. Il s’agit, selon lui, d’amener les producteurs à passer de moins d’une tonne à plus de deux à l’hectare. Aussi a-t-il salué l’initiative de faire de 2017, une année test pour la mise en expérimentation du programme.
Suite à la visite de quelques exploitations effectuée dans les localités de Gounarou, Thui et Sompérékou, respectivement dans les communes de Gogounou, Kandi et Banikoara, Mathieu Adjovi s’est réjoui de constater l’adhésion des producteurs. « Ils ont totalement adopté le programme et sont conscients qu’ils peuvent produire sur les mêmes superficies et avoir de grands rendements », a poursuivi le président.
En effet, à Gogounou, le producteur de l’exploitation visitée a reconnu que c’est 150 kg de Npk qu’il mettait par hectare et 50 kg d’urée. Aujourd’hui, il a facilement accepté d’aller à 250, voire 300 et 350 kg de Npk à l’hectare. Il a donc constaté qu’en mettant plus d’intrants sur la même superficie qu’il a l’habitude d’emblaver, ils ont un rendement à l’hectare plus important et pourront gagner plus d’argent. Sur deux superficies voisines, il a fait 2,5 ha de coton en production intensifiée et 8,63 ha en conventionnelle. Il attend 2 à 3 tonnes de rendement à l’hectare sur le premier et à peine 1,5 tonne sur la deuxième superficie.
Le président Mathieu Adjovi satisfait a souhaité que l’expérience des trois producteurs visités soit capitalisée, afin qu’il y ait plus d’adhésion au cours de la prochaine campagne. « Avec ce que je vois, nous allons dépasser l’objectif de faire 550 000 tonnes. Les trois communes visitées aujourd’hui sont des communes pilotes. Que ce soit à Gogounou, Kandi ou Banikoara, avec l’état végétatif que les plantes affichent et le nombre de capsules qu’elles portent, franchement tout augure d’une très bonne campagne, la nature étant à nos côtés », a-t-il insisté.
Par rapport aux doléances soulevées et qui sont relatives aux crédits-récoltes, la réfection des pistes rurales et l’insuffisance des agents d’encadrement, il a également tenu à rassurer les uns et les autres. Toutes les dispositions sont en train d’être prises par l’Aic afin que des solutions puissent leur être trouvées?

Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a réuni, ce jeudi 7 septembre, les préfets des douze départements du
Bénin, à Allada dans le cadre de la première conférence des préfets pour le compte de l’année 2017. Au cours de ce conclave présidé par le ministre Barnabé Dassigli, il a été question de faire le bilan des différentes préfectures après la création de nouveaux chefs-lieux de départements, il y a un an.
Le préfet du département de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, au nom de ses collègues des autres départements réaffirme leur détermination à assumer la mission qui leur a été assignée. A l’ouverture de la première conférence des préfets au titre de l’année 2017 hier, il a fait un bref bilan de tout ce qui a été fait au niveau des départements depuis la prise de décret ayant créé les nouveaux chefs-lieux de départements et les nouvelles préfectures, il y a un an. Toutefois, il déclare qu’il est temps que la tutelle cesse d’être, en raison de la modicité de ses moyens, une menace, un poids mort pour les communes dont elle se retrouve souvent à son corps défendant à solliciter paradoxalement des moyens à des fins personnelles. Toutes choses qui, dit-il, entachent sa crédibilité. C’est pourquoi il demande que des moyens soient mis à leur disposition pour jouer correctement leur rôle.
Le maire de la commune
d’Allada, Michel Acléhinto, s’est réjoui du choix porté sur sa ville, chef-lieu du département de l’Atlantique, pour abriter cette importante rencontre. Il souhaite qu’il soit pris, au terme de cette première conférence, des décisions allant dans le sens d’une politique de refinancement des collectivités locales.
Michel Acléhinto a demandé qu’il soit revu aussi les lourdeurs administratives qui pénalisent les communes en ce qui concerne le décaissement des fonds à leur profit.
Procédant à l’ouverture des travaux de la conférence, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli, a souligné que le processus de la décentralisation est perçu comme un impératif de justice territoriale. Un impératif qui, poursuit-il, doit aboutir à la responsabilisation des collectivités locales, à une administration de proximité capable de produire des services publics à moindre coût et à l’accès amélioré aux services de base de qualité. Mais toutes ces ambitions et tous ces efforts, à son avis, risquent d’être hypothéqués s’ils ne sont pas accompagnés de concertation régulière du personnel de commandement mis en place à cet effet.
En effet, la première conférence des préfets qui s’est déroulée hier, rentre dans le cadre des concertations périodiques qui réunissent autour du ministre en charge de la Décentralisation, les responsables de l’administration territoriale en vue d’échanger sur le fonctionnement de leurs administrations en lien avec les missions qui leur sont confiées.
A l’ordre du jour
Pour Barnabé Dassigli, cette rencontre se penche prioritairement sur la situation intérieure des départements, la gouvernance au niveau desdits territoires. Elle offre également, ajoute-t-il, l’occasion de parler de préoccupations diverses et des comportements attendus des responsables départementaux, en vue de renforcer et de rehausser le rôle de dépositaire de l’Etat au niveau des préfets.
Le ministre en charge de la Décentralisation a cité au titre des questions diverses, les préoccupations relatives à la qualité des ressources humaines, et des effectifs insuffisants, au renforcement des capacités du personnel, à l’amélioration de la qualité des services aux usagers et aux mesures à prendre pour répondre efficacement aux sollicitations des communes. « Nous ne devons pas perdre de vue le principal rôle des préfectures », a insisté Barnabé Dassigli. Il rappelle que ce rôle consiste à organiser les services publics de manière à être en mesure de contrôler la légalité des actes des autorités communales et de leur fournir l’assistance- conseil nécessaire à l’exercice réel de leurs compétences.
« Les défis qu’impose l’enracinement de la décentralisation au Bénin sont nombreux et semblent parfois insurmontables », a dit le ministre qui conclut qu’il faut que les acteurs du processus à tous les prennent la mesure des efforts et des sacrifices à consentir pour mériter davantage la confiance des populations.

Il n’y a plus aucun doute. Le 18 septembre prochain, élèves et enseignants reprendront le chemin des classes. C’est qu’ont confirmé les ministres en charge des Enseignements primaire et secondaire, Jean Lucien Kocou et Slimane Karimou, lundi dernier lors d’une conférence de presse conjointe animée à Cotonou.
La date du démarrage de l’année scolaire 2017-2018 a connu un léger changement par rapport aux précédentes années scolaires. Le Gouvernement a fixé la date du 18 septembre prochain pour la rentrée et a pris des dispositions matérielles et financières pour son effectivité. Des dispositions à travers lesquelles les préoccupations des syndicats et autres partenaires sociaux ont été prises en compte.
Le ministre en charge de l’Enseignement secondaire, Lucien Kokou, a confirmé que les problèmes liés au redéploiement du personnel, au paiements des primes de rentrée, d’arriérés aux enseignants nouvellement recrutés, et au reclassement des agents permanents de l’Etat, puis de l’actualisation de la formation des professeurs de comptabilité conformément aux textes de l’Ohada, ont été déjà été réglés.
En ce qui concerne l’enseignement primaire, des dispositions sont en cours pour l’adoption des statuts des enseignants du primaire. Mais, le ministre en charge de l’Enseignement primaire, Salimane Karimou, a rassuré qu’il n’y a aucun problème pour ce qui est des statuts particuliers. Tout le nécessaire sera fait pour la prise des arrêtés, mais il y a certains cas qui nécessitent l’arbitrage du ministère des Finances, et la création d’une commission paritaire ministère des Finances, ministère de la Fonction publique et ministères des Enseignements, a-t-il souligné.
Les deux ministres ont rassuré quant à la volonté du Gouvernement de procéder au déblocage à temps des subventions au niveau des collèges publics en ce qui concerne la gratuité de l’enseignement pour les filles.
Il y a seulement quelques jours, le Gouvernement réuni en Conseil des ministres a annoncé le déblocage de plusieurs centaines de millions au titre des arriérés dus aux syndicats. Surtout, des fonds ont été dégagés pour l’effectivité et le bon fonctionnement des cantines scolaires sur tout le territoire national.
Au vu de ces nombreux efforts fournis par le Gouvernement, il ne devrait plus y avoir de handicap au démarrage de la rentrée scolaire 2017-2018 dont la date est maintenue pour le 18 septembre prochain. La pré-rentrée est prévue pour le lundi 11 septembre prochain?

Le conseil municipal de Parakou a tenu, ce lundi 4 septembre, sa troisième session ordinaire. Sous la présidence du maire Charles Toko, plus de onze points étaient inscrits à l'ordre du jour, dont l’étude et le vote du deuxième collectif budgétaire, exercice 2017, de la mairie.
Le conseil municipal de Parakou a à cœur la tenue régulière et à temps de ses sessions ordinaires, dans les conditions fixées par la loi. Au nombre de vingt-cinq, ses conseillers ont répondu présents, ce lundi 4 septembre, à la rencontre convoquée par le président du conseil municipal, le maire Charles Toko. La présente session a été focalisée sur l’étude et le vote du deuxième collectif budgétaire, exercice 2017, de la ville. Il a été justifié par la réalisation de quelques performances en matière de mobilisation des recettes propres, la notification complémentaire de certains fonds et la nécessité de réajuster certaines dépenses, a expliqué le maire.
Selon le premier adjoint au maire, Ibrahim Chabi Mama, ce collectif a permis au budget de connaître une augmentation de près de 271 millions de francs Cfa.
Quelque onze points étaient inscrits à l’ordre du jour de la session. Outre l’adoption du compte rendu de la session ordinaire du 15 juin dernier et du rapport d’activités du maire Charles Toko pour la période du 16 juin au 29 août dernier, les conseillers se sont penchés sur le voyage d’une délégation de la ville, du 9 au 17 septembre prochain à Orléans, en France. Ils ont également adopté le montant de la dette de la commune à titrisation au 31 juillet dernier, ainsi que certaines dépenses effectuées dans le cadre de la foire de l’indépendance, édition 2017.
« Les dettes proposées à titrisation au titre de cette toute première série, se rapportent à des questions essentiellement vitales pour la commune de Parakou », a indiqué Charles Toko. Dans un premier temps, explique-t-il, il s’agissait de régler la dette de la commune relative à l’acquisition du domaine qui abrite actuellement le parking de Kikparé du fait des intérêts bancaires. La seconde préoccupation a consisté en l’acquisition de matériels lourds pour la voirie, en vue d’accroître la capacité d’intervention de la ville et d’améliorer ses ressources locales.
Par ailleurs, les conseillers ont autorisé la réalisation d’une étude sur le baptême des carrefours, rues, places et infrastructures publics de la ville.

Le challenge de danse « Moov dance crew » initié par le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin était, samedi 2 septembre dernier à sa dernière étape. La finale âprement discutée par les groupes en compétition s’est soldée par le sacre du groupe « Street king », gagnant du trophée mis en jeu et d’une enveloppe financière de trois millions de francs Cfa.
Toutes les six équipes parvenues en phase finale du « Moov dance crew » 2017 voulaient repartir avec le gros lot du vainqueur misé par le réseau de téléphonie mobile Moov Bénin. Déjà quatre ans que ce réseau, à la faveur de la période des vacances, offre aux jeunes garçons et filles de Cotonou (particulièrement) et des autres villes du Bénin d’avoir des loisirs sains à travers une compétition de danse. « Moov dance crew », c’est le nom de cette compétition qui, cette année, pour sa phase finale a drainé un nombre impressionnant de spectateurs venus s’égayer et/ou pour soutenir les danseurs en compétition.
« Pro set », « Free back », « Street king », « Les descendants de Béhanzin », « Soldats bénis », « Miwa ke » sont les six groupes ont pu se hisser en phase finale à la suite des challenges antérieurs. L’une des innovations apportées à l’édition de cette année, la cinquième, c’est que les challengers ont été sélectionnés, non plus seulement à Cotonou, mais également dans d’autres villes comme Parakou, Bohicon et Porto-Novo.
Aïssatou Diallo, directrice marketing et communication de Moov Bénin, rappelle également, au titre des innovations que la Fondation du réseau a été mise à contribution. « Dans chacune des villes parcourues, nous avons posé des actions sociales pour impacter la vie des populations », déclare-t-elle. Autrement, signifie-t-elle, l’utile a été joint à l’agréable.
Sur le dance floor !
Le concours « Moov dance crew » s’est déroulé en plusieurs étapes. A la suite des présélections, se sont déroulés à Cotonou, notamment au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou, les quarts de finale et les demi-finales qui ont permis de dégager les groupes finalistes. Samedi dernier, face aux public et aux membres du jury, les danseurs de ces groupes se sont succédé sur le dance floor pour faire parler leur génie et leur talent. A l’issue des premières confrontations, « Les descendants de Béhanzin » et « Miwa ke » ont perdu le droit d’accès au carré d’as parce que battus lors des confrontations en occupant respectivement la cinquième et la sixième place.
Deux confrontations entre « Pro set », « Free back », « Street king » et « Soldats bénis » vont à nouveau permettre de connaître les deux finalistes. Ici, ce sont « Free back » et « Street king » qui ont eu le dessus sur leurs adversaires. Le combat pour la troisième place opposera alors « Pro set » et « Soldats bénis ». Sans difficulté, le groupe « Soldats bénis » s’impose et s’arroge la troisième.
Le derby final a mis aux prises « Free back », « Street king ». Deux groupes qui lorgnaient la grosse cagnotte de 3 millions de francs Cfa et qui, pour cette raison, ont rivalisé d’ardeur et d’innovation.
Tout a été mis en œuvre de part et d’autre pour susciter l’adhésion du public et l’admiration du jury. Finalement, très bien inspirés et assez engagés sur scène, les danseurs de « Street king » sont parvenus à se défaire de leurs adversaires en devenant l’équipe championne de « Moov dance crew », cinquième édition. Une édition dont la finale a connu la présente et la prestation de nombreux artistes de renom comme Fanicko, Tyaff, l’humoriste ivoirien Agalawal et son compatriote Dj Arafat.
Plusieurs millions distribués
En plus du trophée dont ils héritent en tant que champions, les danseurs de « Street king » ont empoché un chèque de 3 millions F Cfa. Ceux de « Free back » sont repartis avec 2 millions F Cfa. Le groupe « Soldats bénis » arrivé en troisième position a été récompensé avec 1,5 million F Cfa alors que « Pro set » s’est vu gratifié avec un million. « Les descendants de Béhanzin » et « Miwa ke », respectivement cinquième et sixième, ont reçu des enveloppes financières 500 000 F Cfa et 300 000 F Cfa. C’est aussi là, une autre innovation révélée par directrice marketing et communication de Moov Bénin. Pour elle, récompenser chacune des équipes finalistes est une manière de les encourager et de les inciter à poursuivre dans le travail.
Au terme de la remise des lots, les danseurs n’ont pas caché leur émotion et surtout leur admiration à l’endroit du réseau Moov Bénin. Le porte-parole de l’équipe finaliste « Free back », Cédric Glèlè, justifie la participation et surtout le rang occupé par son équipe. Pour lui, il faut y voir une manière « pour des jeunes sans moyens de se mettre ensemble et de travailler dans l’union » pour produire le meilleur ». Ses sentiments, poursuit-il, sont à la joie, même s’ils sont teintés de tristesse.
Côté vainqueur, le ton est à la satisfaction. Au nom de « Street king », Joseph Adango s’est dit débordé de joie. « Cela n’a pas été facile du tout, mais nous y sommes parvenus à force de nombreuses séances de répétitions et d’entraînement », souligne-t-il. Enfin, se réjouit-il, Moov Bénin a pensé de bonnes choses pour les jeunes.
« Moov dance crew » est le plus grand challenge de danse entre les jeunes du Bénin. Sa première édition a eu lieu sur l’esplanade de la place-des-martyrs. L’engouement suscité par la compétition au sein de la jeunesse avait alors obligé les organisateurs à la délocaliser sur l’esplanade du stade de l’Amitié.

Encore des grincements de dents en perspective au ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp). Comme en 2016, le ministre Salimane Karimou a encore sorti son couperet pour sanctionner tous les directeurs et directrices d’écoles primaires publiques qui ont fait preuve d’incompétence notoire et dont les établissements ont enregistré 00% de taux de réussite à l’examen du Certificat d’études primaires (Cep), session de juin 2017.
Ils sont plusieurs dizaines de directeurs ou directrices à réunir cette année ce taux néant. Et ceci en dépit de nombreuses dispositions prises par le ministère pour améliorer de façon substantielle cette année les résultats du Cep 2017. Lesquels résultats ont donné cette année 65,15% contre 41,98% en 2016. Ces responsables d’écoles primaires publiques concernés sont désormais dans le collimateur du ministre. Ils seront purement et simplement déchargés à l’instar des 618 de leurs collègues en 2016. Le nouvel arrêté n°0104/MEMP/DC/SGM/SE--CSDS/DAF/SA/101/SGG 17 du 29 août 2017 portant attributions et modalités de nomination des directeurs d’écoles maternelles et primaires a été d’ailleurs on ne peut plus clair. L’acte ne vise pas que les directeurs ou directrices ayant réuni 00% au CEP. Il va plus loin. L’arrêté vise également les directrices d’écoles primaires publiques ayant réuni moins de 20% au Cep sur une période de trois années consécutives c’est-à-dire 2015, 2016 et 2017. C’est dire qu’il y a encore du rififi au Memp après la publication très bientôt de la liste de nominations des nouveaux directeurs ou directrices d’écoles maternelles et primaires publiques.
Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Education 03 sept. 2017

La communauté musulmane de la cité des Kotafon vit, comme c’est le cas un peu partout au Bénin ce vendredi 1er septembre, l’ambiance de l'Aïd-el-Kébir ou la fête de mouton. Une ambiance marquée, dans la matinée de ce jour chômé, par des prières dites sur les différentes places Idi de la commune.
Les fidèles musulmans qui se sont recueillis à la place Idi, située à l’entrée de la ville, ont été entretenus par l’imam de la mosquée centrale de Lokossa, Abdoulaye Torhir. Son prêche a fait un bref rappel de la vie de dévotion d’Ibraham en mettant l’accent sur le symbole de l’acte de sacrifice de bélier qui caractérise la fête de l’Aïd-el-Kébir. Cet acte sera répété par l’imam, lui-même en présence du chargé de mission du préfet du Mono, sur la place Idi donnant le top de l’immolation du mammifère quadrupède par tout fidèle de la communauté. S’agissant des intentions pieuses de cette célébration, les musulmans et leur imam ont prié pour la restauration de la santé du chef de l’Etat, le bien-être de ses collaborateurs et du peuple tout entier sur lequel Allah a été également invoqué en vue de faire jaillir des bénédictions de prospérité et de paix.
La célébration s’est déroulée autour des mêmes intentions au quartier Zongo, à Lokossa, où la réalisation du Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021) a été confiée à Allah. La communauté de ces musulmans et leur chef Abdou Nouhou alias Babavi, ont été honorés de la présence du préfet du Mono, Komlan Zinsou.
Politique 01 sept. 2017

A l'instar du monde entier, la communauté musulmane de Porto-Novo commémore ce vendredi 1er septembre la fête de Tabaski ou l’Aïd el-Kebir ou encore la fête de moutons. Le top de la célébration a été donné ce matin à la Place Idi d’Agbokou à la faveur d’une grande prière et d’action de grâce à Allah. La prière a été présidée par le doyen des Alphas (professeurs de l’islam) de Porto-Novo, Amidou Ibikanmi Igbayolola, assurant l’intérim de l’iman de Porto-Novo, Houzéifat Amzat et président de l’Union islamique du Bénin, parti à la Mecque.
Dans son sermon en langues arabe, yoruba, française et anglaise, le célébrant a surtout rappelé aux fidèles musulmans, les prescriptions de l’islam avant le sacrifice de l’animal. Ils doivent bien se comporter au mieux avec la bête. Ils doivent la tuer, l’égorger de manière parfaite. Ils doivent s’assurer que le couteau à utiliser est bien aiguisé capable de tuer d’un seul trait et sans maltraiter l’animal qui est aussi un être vivant et une créature divine. Aussi, insiste le doyen des alphas de Porto-Novo, les fidèles musulmans doivent-ils s’assurer que l’animal à sacrifier est âgé d’au moins six mois s’il s’agit d’un mouton, deux ans au moins pour la chèvre ou le bovin et cinq ans pour le chameau. La viande de la bête tuée sera partagée en trois parties : une partie pour la famille musulmane et les deux autres parts sont à distribuer aux proches et aux pauvres, rappelle Amidou Ibikanmi Agbayolola qui a immolé à titre symbolique sur place quatre béliers. Le célébrant a par ailleurs fustigé le comportement de certains fidèles musulmans qui, sans attendre son top, ont déjà procédé à l’immolation de leurs bêtes. Il dit en avoir constaté dans la ville lorsqu’il venait à la Place Idi. Cette façon de faire est une violation des recommandations du prophète Mahomet, a insisté l’iman intérimaire de Porto-Novo. Il n’a pas manqué de prier pour la paix au Bénin, sur le chef de l’Etat, Patrice Talon et les autres autorités du pays.
La grande prière a connu la participation des autorités politico-administratives de Porto-Novo dont le maire de la ville capitale, Emmanuel Zossou et le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy. Au nom du Gouvernement, le préfet a souhaité bonne fête à tous les musulmans du département. Que celle-ci apporte la paix et la sérénité au sein de la communauté musulmane de Porto-Novo et du Bénin. Joachim Apithy a salué la consistance du message du sermon et de la prière du célébrant avant de prier Allah pour que les compatriotes qui sont partis à la Mecque pour Hadj dont l’iman de Porto-Novo puissent revenir sains et saufs.
Il faut signaler que la fête de Tabaski marque la fin du Hadj. Selon la tradition islamique, cette fête commémore la soumission au Dieu d’Ibrahim qui a accepté d’égorger, sur l’ordre de Dieu, son unique fils Ismaël. Après son acceptation de l’ordre divin, Dieu envoie l’archange Gabriel qui, au dernier moment, substitue à l’enfant, un mouton qui servira d’offrande sacrificielle. C’est donc en souvenir de cette soumission totale d’Ibrahim à son Dieu, que les fidèles musulmans qui en ont les moyens tuent un animal pour rendre grâce à Dieu à chaque fête de Tabaski.
Société 01 sept. 2017