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Nouvelles

Réforme curriculaire en français et en mathématiques aux Ci et Cp: Salimane Karimou fait le point aux acteurs de l’école
Le ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou, a fait aux acteurs de son sous-secteur, notamment les cadres de l’administration, Partenaires techniques et financiers, syndicats et Ong, le point de la réforme curriculaire en français et en mathématiques dans les Cours d’initiation (Ci) et Cours préparatoire (Cp). C’était vendredi 3 septembre dernier, à Porto-Novo. Les programmes d’enseignement du français et de mathématiques du Cours d’initiation (Ci) changent désormais avec l’introduction de nouveaux documents dont des cahiers d’activités et des manuels scolaires. Ils seront généralisés dans toutes les écoles dès la rentrée scolaire du 20 septembre prochain, après une phase pilote qui s’est révélée concluante à l’évaluation. C’est du moins ce qu’il faut retenir du point fait par le ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou, aux acteurs de son sous-secteur à la faveur d’une rencontre d’échanges, vendredi 3 septembre dernier, à Porto-Novo. Selon lui, cette réforme curriculaire était nécessaire pour corriger les difficultés qu’éprouvent les écoliers du Ci et du Cp en français et en mathématiques. Notamment, ces apprenants ne savent ni lire, ni écrire ni compter. Toutes les évaluations à l’interne comme à l’externe ont révélé que le problème se situe à plusieurs niveaux, mais beaucoup plus à travers les curricula en termes de contenu des formations. Les programmes d’études basés sur les compétences, précise l’autorité ministérielle, n’ont pas été remis en cause dans les écoles primaires mais plutôt le contenu des formations en français et en Mathématiques jugé trop complexe, trop ambitieux pour le niveau 1 du primaire. Le contenu des formations, poursuit Salimane Karimou, était à la fois complexe pour les apprenants que pour les enseignants qui n’étaient pas suffisamment outillés et ne pouvaient pas enseigner efficacement tout le contenu tel qu’il est présenté jusque-là (Pse 2018-2030). Il fallait donc agir pour corriger le tir. La révision curriculaire a donc été initiée pour effectuer cette correction, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le Partenariat mondial de l’éducation phase 3 (Pme3) et le budget national. Deux consultants dont un international ont été recrutés et mis à la disposition du Bénin pour accompagner les experts nationaux dans cette réforme, explique le ministre. Les produits de cette révision sont là, se réjouit-il. Les écoles privées prises en compte Salimane Karimou a expliqué que le processus a suivi trois étapes. Le premier niveau a concerné l’état des lieux où il a fallu mettre en place le dispositif requis pour apporter les corrections nécessaires aux différents documents, notamment le programme d’études. Il y a eu ensuite la phase expérimentale qui a permis de voir si ce qui est fait, correspond aux besoins à la fois des apprenants et des enseignants. Dans ce cadre, 36 écoles pilotes ont abrité la mise à l’essai des différents documents pédagogiques révisés au cours de l’année scolaire 2020-2021. Pour une comparaison objective et intelligente, il a été mis en place 36 autres écoles témoins qui ne sont pas dans le bassin expérimental pour voir si la voie choisie est meilleure à celle qui existe. Cette évaluation, à en croire le ministre, a montré une nette progression des apprenants des écoles pilotes dans les deux matières en cause par rapport à ceux des écoles témoins ciblées dans les mêmes contextes. Le processus est actuellement en train de franchir la troisième étape, celle de la généralisation. Ainsi, informe le ministre, à partir de l’année scolaire 2021-2022, les apprenants du Ci auront de nouveaux programmes en français et en mathématiques avec de nouveaux outils (manuels et cahiers d’activités). En ce qui concerne le Cp, le processus expérimental est déjà avancé. La phase expérimentale va se dérouler dès la rentrée prochaine dans les mêmes conditions que celle du Ci avec 36 classes pilotes l’année scolaire écoulée, indique le conférencier. Selon Salimane Karimou, comme changements fondamentaux dans les classes du Ci, les programmes qui étaient complexes en français et en mathématiques sont simplifiés à la fois pour les apprenants que pour les enseignants. Les manuels et cahiers d’activités seront donnés gratuitement à chaque apprenant, tant dans les écoles publiques que privées. L’écolier a la possibilité de rentrer chez lui avec le manuel et de continuer à s’exercer à la maison. Ce qui n’était pas le cas jusqu’ici où il y avait un manuel pour deux apprenants, lequel est retiré aux enfants par l’enseignant après le cours. Le ministre rassure que tous les enseignants concernés seront formés à l’usage des nouveaux outils pédagogiques aussi bien en français qu’en mathématiques. La série de formations a déjà démarré avec 600 inspecteurs et conseillers pédagogiques. Ils seront des super-formateurs qui iront à leur tour outiller 22 000 directeurs d’écoles et 150 000 enseignants du Ci des écoles publiques et privées. L’impression des livres est en cours avec une imprimerie retenue suite à un appel d’offres international. Les ouvrages seront disponibles d’ici à là, assure le ministre avant d’informer que toutes les dispositions sont prises pour leur distribution. Une agence sera recrutée pour assurer l’opération sous la houlette du ministère afin que les livres soient mis en place dans toutes les écoles publiques et privées au même moment. Education 06 sept. 2021


Crue du fleuve Mono: Des villages inondés à Athiémé
Le fleuve Mono a atteint 7 m de hauteur, samedi 4 septembre dernier, avec pour conséquence le débordement des eaux dans des exploitations agricoles et habitations. Plusieurs villages sont sous les eaux dans la commune d’Athiémé. Togblo, Adhamè et quelques autres villages de l’arrondissement d’Athiémé centre sont sous les eaux depuis quelques jours où le barrage hydroélectrique de Nangbéto a entrepris de déverser son trop plein dans le bassin du fleuve Mono en plus de ce que celui-ci recevait déjà de dame nature. Les lâchers du barrage sont si importants qu’au niveau de l’ancien port d’Athiémé, les instruments de mesure indiquaient, samedi dernier, 7 m de hauteur pour le fleuve. Le constat a été fait par le préfet du département du Mono, Bienvenu Milohin, en compagnie du maire de la commune et la directrice départementale en charge du Cadre de vie. Pour ce qui est du constat des dégâts liés au débordement du fleuve, c’est à Lonou dans l’arrondissement de Dédékpoè que la délégation s’est rendue au moyen d’une barque motorisée de la Police républicaine. Ce hameau d’environ 250 habitants fait partie des premières localités où la crue du fleuve était source de grande désolation. «Presque toutes les habitations y étaient démolies et les animaux décimés. Lonou est l’indicateur du sinistre cyclique qui frappe Athiémé », explique Célestin Amouzounvi, président des chefs de village de la commune. Contrairement à ce tableau, on a pu constater, samedi dernier, que les eaux fluviales n’ont pas quitté leur bassin. Aucune habitation n’est encore inondée à Lonou. La communauté des pêcheurs y était plutôt sereine. Néanmoins le préfet puis le maire se sont employé à la sensibilisation aux bons comportements en appelant à la vigilance dès un revirement de la situation. Au plan communal, retient le maire Saturnin Dansou, « La situation est au rouge, dans la mesure où le niveau de l’eau a atteint 7 m ». A l’en croire, l’on doit s’inquiéter notamment pour les habitants de Togblo dans l’arrondissement d’Atchannou où les informations reçues, dit-il, font état de ce que ce village est pratiquement sous l’eau. Il y a aussi, poursuit le maire, le cas du village d’Adhamè dans le même arrondissement où les exploitations agricoles sont déjà envahies par les eaux fluviales. Dans l’arrondissement d’Adohoun, ajoute-t-il, deux villages sont en souffrance. Ici, l’eau dicte sa loi dans les champs. L’arrondissement d’Athiémé centre n’est pas épargné même si l’eau n’est pas encore dans les habitations. « ous devons continuer de sensibiliser les populations qui s’entêtent à rester dans le lit du fleuve afin qu’elles comprennent que c’est déjà trop tard d’aller faire des récoltes dans les champs », conseille l’autorité communale. Le groupement de sinistrés écarté Président de la plateforme départementale de réduction des risques de catastrophe et d’adaptation au changement climatique, Bienvenu Milohin soutient qu’il était important d’effectuer cette descente sur le terrain en vue d’apprécier le niveau de risque pour déclencher, au besoin, l’alerte au niveau de cette plateforme mais aussi mettre en branle toutes les diligences requises dans ce genre de situation. «Nous avons quatre pluviomètres ici. Trois sont déjà dans l’eau », précise-t-il. Mais, selon le préfet, la grande satisfaction réside dans le fait que la situation reste sous contrôle comparativement aux années antérieures où à ce même niveau d’eau, le sinistre touchait déjà beaucoup de villages à partir de Lonou pris comme indicateur. Pour cela, il a tenu à saluer tous les acteurs de l’atténuation des nuisances de la crue du fleuve Mono. A leur tête, il retient le ministère du Cadre de vie pour avoir débouché la bouche du Roy à Grand-Popo. Le préfet défend que « La satisfaction que nous avons aujourd’hui est due en grande partie à cette ouverture de l’embouchure. On a pu l’observer sur la vitesse d’écoulement des eaux qui fait qu’on n’a pas une concentration à Athiémé ». Ceci, ajoute-t-il, pourrait être un important facteur de réduction des risques cette année. Par contre, les présentes inondations surviennent dans un contexte où le Bénin connaît une troisième vague de la pandémie de la Covid-19. Au regard de ce paramètre, l’autorité projette des mesures spéciales. « Nous sommes en train d’écarter la possibilité de déplacer les sinistrés pour les regrouper dans un centre ». Dans sa nouvelle approche, des familles d’accueil sont en cours de recensement pour que si déplacement il devrait en avoir, les sinistrés soient référés vers ces familles. Il est envisagé aussi d’accompagner ces familles pour leur permettre de garantir les besoins fondamentaux et offrir des conditions pour le respect des gestes barrières. Le préfet entend également privilégier dans ce cadre, une campagne de vaccination afin que les mesures qui seront prises ne soient pas des portes ouvertes à la Covid-19. Actualités 06 sept. 2021


Protocoles additionnels de la Convention d’Abidjan: Les enjeux présentés aux députés
Le Réseau des parlementaires pour le climat, l’environnement et le développement durable s’est penché, du 2 au 4 septembre à Grand-Popo, sur les protocoles additionnels de la Convention d’Abidjan, dans la perspective des débats de ratification à l’Assemblée nationale. Cet atelier organisé par le secrétariat de la Convention d’Abidjan en collaboration avec le projet Waca-Resip et d’autres partenaires a été possible grâce au soutien financier de la Banque mondiale. En prélude à leur ratification, les quatre protocoles additionnels de la Convention d’Abidjan mobilisent les députés membres du Réseau des parlementaires pour le climat, l’environnement et le développement durable. Cette rencontre de trois jours a permis d’entretenir les parlementaires sur la genèse et les enjeux aux plans national et sous régional desdits protocoles adoptés à Abidjan en juillet 2019. Il s’agit du protocole de Pointe Noire sur la gestion intégrée de la zone côtière de l’Afrique du Centre et du Sud, du protocole de Grand Bassam sur la régulation des sources de pollution terrestre et aérienne puis du protocole de Malabo relatif à la gestion des risques liés à la pollution causée par les activités d’exploitation pétrolière et gazière et enfin, du protocole de Calabar sur la conservation et la protection des mangroves. En décidant de renforcer, à la faveur de la présente rencontre, les capacités des parlementaires sur les protocoles additionnels, les organisateurs de l’atelier poursuivent plusieurs objectifs. Lesquels ont été révélés par le professeur Constant Houndénou, représentant du ministre du Cadre de vie et du Développement durable au lancement des travaux. Le principal objectif, dit-il, est de permettre aux parlementaires de définir les activités devant conduire au vote favorable du Parlement. Ce qui, ajoute-t-il, devra être assorti d’une feuille de route avec la spécification des rôles de chacune des différentes parties prenantes. Cette rencontre, à l’en croire, constitue également l’occasion pour mettre sur pied un groupe d’experts chargé de la rédaction des motifs et d’autres documents utiles au processus de ratification. Préserver les ressources marines Réussir la ratification, retient-il, permettra au Bénin de disposer d’un peu plus d’outils pour préserver ses ressources marines surtout celles menacées et booster le potentiel économique que constitue l’Océan. L’océan, souligne-t-il, reste un excellent pôle stratégique de développement du pays. Au nom des députés de la huitième législature réunis en réseau pour soutenir les problématiques relatives à la gestion des ressources marines et côtières, Jérémie Adomahou promet que les protocoles seront ratifiés mais, poursuit-il, « Il était impératif pour les parlementaires de mieux cerner les objectifs de la Convention d’Abidjan et ceux de ses protocoles additionnels en vue d’apprécier la nécessité de les ratifier ». Pour lui, le processus de cette ratification est une nouvelle occasion offerte « aux parlementaires de démontrer à la face du monde leur indéfectible engagement à bien servir le Bénin ». Mieux, estime-t-il, « le Parlement doit prendre désormais une part importante dans les actions de lutte contre les catastrophes telles que l’érosion côtière et l’inondation ». Des outils supplémentaires Saluant l’engagement du député Adomahou et ses collègues du réseau, le coordonnateur Waca-Resip/Convention d’Abidjan, Barthélémy Batieno, s’est félicité d’avoir organisé cette rencontre financée par la Banque mondiale. Pour lui, «l’atelier constitue une étape clé pour accompagner le processus de ratification ». Il était important de l’organiser, soutient-il, pour permettre aux représentants du peuple béninois de s’imprégner, à leur tour, de ce que le Bénin tirerait des protocoles additionnels. Lesquels protocoles, dit-il, constituent des outils que l’Assemblée nationale mettrait à la disposition du pays pour l’engager un peu plus efficacement dans la dynamique sous-régionale de sécurisation des ressources marines et côtières. La nécessité pour le Bénin de protéger et valoriser ses écosystèmes marins et côtiers a été relevée dans le mot de bienvenue du directeur général de l’Environnement et du Climat. Pour Martin Pépin Aïna, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la qualité des services écosystémiques (pêche, tourisme, transport, etc.) dépend de la résilience des écosystèmes. Aujourd’hui, mieux qu’hier, retient-il, le pays a tout intérêt à s’y consacrer un peu plus, surtout que ses dirigeants nourrissent l’ambition d’investir dans la création des cités balnéaires n Actualités 06 sept. 2021


Lutte contre la grippe aviaire: D’importantes actions entreprises
Depuis quelques jours, l’influenza aviaire encore appelée grippe aviaire a refait surface dans des localités du sud Bénin. Alerté, le gouvernement a entrepris des actions urgentes pour contrer le mal. Après la Côte d’Ivoire et le Togo, le Bénin a enregistré le 20 août dernier, un foyer de grippe aviaire au Sud du pays notamment dans les communes de Sèmè-Kpodji et Abomey-Calavi. Les résultats de l’analyse au Laboratoire national vétérinaire ont révélé la présence du virus H5N1 de l’influenza aviaire hautement pathogène. Selon les chiffres fournis à l’Organisation mondiale de la Santé animale, on dénombre à la date du 20 août, 6 626 têtes de volaille décédées. Dans un communiqué en date du 25 août, Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, a invité les acteurs de la filière avicole à renforcer les mesures de biosécurité et à signaler aux services vétérinaires ou aux autorités locales toute mortalité de volaille. Lors du Conseil des ministres de ce mercredi 1er septembre, d’autres mesures drastiques sont prises. «Comme il est indiqué en pareille situation, des actions urgentes doivent être entreprises afin d’atténuer les chocs ressentis par les aviculteurs, d’apaiser les communautés victimes, d’endiguer les foyers identifiés et de favoriser la prise en charge médicale des cas contacts », souligne le relevé du Conseil des ministres. En approuvant ces dispositions urgentes, le Conseil a notamment autorisé l’acquisition et la mise en place des matériels d’abattage, d’incinération et de désinfection. Le gouvernement précise aussi qu’il sera procédé au renforcement de la surveillance épidémiologique passive et active ainsi qu’à la sensibilisation des acteurs directs et indirects de la filière avicole et, plus généralement, de l’ensemble de la population. Le Conseil a profité de l’occasion pour instruire le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche d’assurer un suivi régulier de la situation en vue de la contenir. Actualités 03 sept. 2021


Meilleures conditions d’études à Cotonou: Un programme de construction de salles de classe lancé
Ce mardi 31 août 2021, la mairie de Cotonou a procédé au lancement d’un vaste programme de construction de salles de classe sur tout le territoire de la ville. Dans le souci d’offrir aux apprenants de meilleures conditions de travail et d’études, la mairie de Cotonou a lancé, mardi 31 août 2021, la construction de plusieurs salles de classe. D’un coût total de 835 464 395 francs Cfa, ce projet vise la construction de quinze modules de trois salles de classe plus des bureaux et magasins, six modules comprenant six salles de classe plus bureaux et magasins, quatre clôtures d’écoles ainsi que la réfection d’un module de trois salles de classe dans vingt-six écoles primaires publiques et maternelles réparties sur toute l’étendue de la ville de Cotonou. Les travaux ont officiellement été lancés par Luc Atrokpo, maire de la ville de Cotonou, en présence des entreprises adjudicataires. Un délai de six mois leur a été donné pour que les infrastructures soient fin prêtes pour usage. Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Education 03 sept. 2021


Elevage de porcs en milieu lacustre : la biosécurité, une solution pour contenir la peste porcine africaine
Dans la panoplie des solutions qui s’offrent pour contenir la peste porcine africaine figure en bonne place la biosécurité. Pour cela, éleveurs et autorités locales ont un rôle à jouer, selon une étude de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi. Une solution à l’expansion de la peste porcine africaine qui sévit dans les milieux lacustres de plusieurs pays dont le Bénin : la biosécurité. Elle vient du Béninois Dr Ignace Ogoudanan Dotché, chercheur au Laboratoire de Biotechnologie Animale et de Technologie des Viandes du Département de Production et Santé Animales de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi (Epac). C’est le fruit de ses recherches intitulées : Comment concevoir la biosécurité des élevages porcins des milieux lacustres du sud Bénin pour réduire le risque de maintien et de dissémination de la peste porcine africaine?? Cette étude prend en compte les trois types d’élevage de porc que sont l’élevage en claustration totale, l’élevage en claustration partielle et l’élevage en liberté. « La peste porcine africaine est une maladie qui est déjà présente sur toute l’étendue du territoire. Elle ne peut plus être circonscrite et nous ne disposons pas de vaccin pour protéger les porcs. Le renforcement de la biosécurité dans les élevages reste le moyen de lutte qu’on peut proposer aux éleveurs », informe Dr Dotché. Seulement, nuance-t-il, la présence d’eau en milieu lacustre fait que les mesures classiques de biosécurité nécessitent des adaptations afin d’être applicables dans les élevages de cette zone. « Les mesures de biosécurité à mettre en œuvre dans ce milieu exigent des actions de la part des éleveurs, mais aussi des autorités locales. Les éleveurs des trois types devraient ainsi traiter les ressources alimentaires utilisées et éviter de jeter les cadavres dans l’eau du fleuve et dans l’environnement. Les sous-produits agricoles et les restes d’aliments utilisés dans l’alimentation des porcs doivent être suffisamment chauffés afin d’inactiver le virus », recommande l’étude. De plus, il est déconseillé aux éleveurs d’utiliser les fourrages dans les endroits occupés par l’eau de crue pour nourrir les porcs. Et selon l’auteur de la recherche, « les pédiluves utilisés dans les élevages sur terre ferme ne peuvent pas être utilisés en milieu lacustre?; il faudrait que les éleveurs lacustres construisent des boites à pédiluve amovibles à fixer à l’entrée des logements des porcs ».

Tenir compte des spécificités

D’autres recommandations de la recherche, si elles sont bien suivies par les éleveurs en milieu lacustre, pourront leur permettre de mieux protéger leurs porcs contre ce mal qui fait des ravages. Surtout qu’ils vivent dans un environnement particulier. « La limitation des contacts entre l’élevage et le matériel roulant, souvent recommandée dans les mesures de biosécurité classiques, est irréalisable en milieu lacustre, car pour avoir accès à l’élevage pour la distribution d’aliments, la vente des animaux, le nettoyage de la loge, etc., l’éleveur doit accéder jusqu’à l’entrée de l’élevage en claustration (partielle et totale) avec sa pirogue. Il faudrait alors désinfecter régulièrement ce matériel multi-usage”, conseille Dr Dotché. Egalement, les éleveurs utilisant la claustration partielle devraient temporairement supprimer la liberté saisonnière en cas de foyers de peste porcine africaine déclarés dans le voisinage. Ceux utilisant la conduite en liberté devraient passer, en cas de ces foyers, à la claustration partielle améliorée, c’est-à-dire sans liberté des porcs.

La partition des élus locaux

En dehors des éleveurs, les élus locaux ont une partition à jouer dans la mise en œuvre de la biosécurité afin de sauver les porcs de la peste africaine. « L’apport des autorités locales pourrait être de mettre en place des fosses à cadavres pour centraliser les animaux morts afin d’empêcher les éleveurs de manipuler les porcs morts de la peste porcine africaine et de jeter leurs cadavres n’importe où », renseigne le chercheur. Ils pourraient également, selon lui, assurer la fourniture de chaux vive pour chaque dépôt dans la fosse. Puis, au cas où les fosses se révèleraient inefficaces, elles pourraient être remplacées par les bacs d’équarrissage. En agissant ainsi, les autorités contribueraient aussi à la résolution des problèmes de santé publique associés à la dégradation des cadavres jetés dans l’environnement. « Les difficultés souvent observées au niveau des mesures de biosécurité sont le manque d’ajustement de ces mesures à la situation réelle, aussi bien dans leur conception que dans leur mise en œuvre effective. C’est pourquoi les mesures proposées ici après analyse de nos résultats devront être discutées avec les éleveurs et les autorités locales avant de pouvoir constituer la base de futures mesures de biosécurité et afin de réunir toutes les conditions de leur application », conclut Dr Dotché?
Société 03 sept. 2021


Protection des mineurs: Guerre contre les orphelinats irréguliers
Les orphelinats qui ne sont pas en règle ou ne respectent pas les droits des enfants seront fermés. Le ministère en charge des Affaires sociales a haussé le ton suite à ses constats sur le terrain. Vivre le martyre dans une structure qui devrait protéger, consoler et épanouir, c’est paradoxal. C’est pourtant la triste réalité de certains enfants dans des orphelinats. Manque de personnel qualifié, inexistence de dossiers médicaux et de placement des mineurs, environnement insalubre, locaux exigus… C’est le constat dans certains orphelinats. Ce constat, le ministère des Affaires sociales l’a fait dans les communes de Tori-Acadjamè et Allada. Et la ministre Véronique Tognifodé a aussitôt pris ses responsabilités. Tous les orphelinats qui évoluent en marge de la règlementation en vigueur au Bénin devront fermer leurs portes. La détermination du gouvernement pour l’assainissement de ce secteur du social est ferme. La ministre des Affaires sociales et de la Microfinance et ses cadres se déploient déjà sur le terrain pour donner aux uns les bons points et aux autres le carton rouge. Ces derniers devant libérer les enfants s’ils ne sont pas prêts à exercer dans la régularité. La ministre Véronique Tognifodé est donc allée faire par elle-même le constat dans l’Orphelinat Ste Claudia de l’Organisation non gouvernementale Gbêfo à Tori-Acadjamè, et l’Orphelinat St Pio de Pietrelcina d’Allada. Avec les cadres de son ministère, le préfet de l’Atlantique et le maire de Tori-Bossito, l’autorité a été témoin des conditions peu agréables dans lesquelles vivent ces mineurs. Pour exemple, une seule personne s’occupe des 54 enfants de l’Orphelinat Sainte Claudia. Ce qui, non seulement, ne respecte aucune norme mais aussi ne favorise pas l’épanouissement et la protection des enfants. D’ailleurs, cet orphelinat n’est pas physiquement reconnu par les autorités locales. Face à ces constats, la ministre a donné des instructions à ses collaborateurs et autres structures concernées pour déterminer l’identité des enfants et tout ce qu’il faut connaître de chacun d’eux afin que les décisions urgentes soient prises. Autre étape de la supervision conduite par la ministre, l’Orphelinat St Pio de Pietrelcina d’Allada. L’autorité connaissait ce centre sur lequel elle avait reçu un rapport. Il s’agissait de s’enquérir des conditions dans lesquelles vivent les enfants et les responsables de cet orphelinat. Selon certaines dénonciations, les mineurs hébergés dans ce centre reconnu subiraient certains faits anormaux. Face à la ministre, les sœurs religieuses responsables de l’orphelinat ont promis de veiller davantage au respect des droits des enfants et à leur protection conformément à la loi. Ces deux étapes sont les premières d’une série. La ministre promet de poursuivre sa descente sur le terrain pour un mieux-être de tous les enfants gardés dans les orphelinats. Education 03 sept. 2021


Choix de filières sur la plateforme apresmonbac.bj: Les bacheliers alertés sur la date limite des inscriptions
A la date du 1er septembre, 32 802 bacheliers ont satisfait au choix de leur filière sur la plateforme apresmonbac.bj sur un total de 51 668 attendus, soit un taux de 63,49 %. Et seulement 70,43 % ont activé leur compte sur ladite plateforme. Dans la matinée du mardi 31 août, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a tiré la sonnette d’alarme. La date limite pour cette phase d’inscription et de choix de filière est fixée au dimanche 5 septembre prochain. Le ministère rappelle donc aux nouveaux bacheliers que la plateforme sera définitivement fermée ce dimanche à minuit. A juste titre, le ministre Eléonore Yayi Ladékan invite ceux qui sont encore à la traîne à se rendre sur cet outil, car aucun prolongement de délai ne sera accordé. Après le Bac, « On ne vient pas à l’université n’importe comment. Il faut s’inscrire. Avant de s’inscrire, il faut faire son choix », avait prévenu la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yayi Ladékan. En effet, cette plateforme vise à permettre aux nouveaux bacheliers de compléter l’étape de choix des formations dans les institutions publiques d’enseignement supérieur au Bénin. Désormais le temps presse pour les retardataires. Ils sont appelés à se rendre au plus vite sur la plateforme apresmonbac.bj muni de leur numéro de table à l’examen du Bac et d’une adresse mail valide.   Education 03 sept. 2021


Brice Sinsin : une espèce rare des forêts
Depuis qu’il a découvert, dans son jeune âge, les forêts, Brice Sinsin en a fait son terrain de jeu pour y percer les mystères. A trois ans de sa retraite, le meilleur scientifique africain de l’année 2017 n’est pas prêt à céder cet espace de liberté. Ôter les forêts de la vie de Brice Sinsin, c’est lui couper le souffle. Il vient de passer une quinzaine de jours en forêt, de Samiondji dans le Zou à la Pendjari, avec une virée à Nikki où il a conduit ses travaux de thèse sur le pastoralisme. Entre lui et la nature, c’est une idylle qu’il n’arrive pas à expliquer. « C’est comme vous aimez une fille. On aime c’est tout », lâche-t-il avec sourire. C’est en ces lieux qu’il se recharge pour entretenir la passion qui brûle en lui pour après se vider, avec conviction, sans arrière-pensée. Cette dernière soirée d’août 2021 a été singulière dans un jardin à Grand-Popo. En fond sonore, se faisaient entendre le bruit des vagues, le frémissement des feuilles, les cris d’oiseaux qu’il reconnaît, même de loin. « Là, c’est un bulbul qui est en train de crier, un oiseau qu’on qualifie de mangeur de piment », nous apprend-il. C’est en réalité là, dans ce monde qu’il naquit en 1959. Professeur titulaire depuis 16 ans, Brice Sinsin est un herbier humain qui garde en mémoire, sans être botaniste, plus de 1 500 espèces végétales des 2 807 dont regorge la flore béninoise. Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir agronome, excepté sa passion pour les mathématiques et les sciences physiques. En réalité, cette histoire intime entre lui et la biodiversité s’est mise en place progressivement. Enfant, l’actuel directeur du Laboratoire d’Ecologie appliquée ambitionnait d’enfiler une blouse et de prêter le serment d'Hippocrate. «Je devrais aller en médecine ». Le pensionnaire du Lycée Houffon d’Abomey n’aurait pas fait fausse route avec une bonne dose de biologie. Sa rigueur qu’on lui connaît, son principe, « travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive » qu’il répète d’ailleurs sans cesse et son attachement à la vie l’auraient rendu peut-être bien meilleur. Mais c’est plutôt en Agronomie qu’il atterrit en 1980, une fois le Bac en poche pour dit-il, «continuer à vivre les maths et la physique ».

Epoux de la nature

Ingénieur agronome, il a très tôt pris goût à l’aventure, peu importe le relief. La consigne d'Adolphe Biaou, ministre du Développement rural à l’époque, lui fera du bien : « Tous les ingénieurs sur le terrain!». De là, il va se retrouver dans les forêts classées de Tchaourou, les réserves de l’Ouémé supérieur, les plantations de teck à Tchatchou et d’anacarde à Agramarou. Le destin a voulu faire de lui un ange gardien de la biodiversité. Il le deviendra d’ailleurs pour de vrai. «Lorsque vous êtes dans la nature, vous vivez de plaisantes anecdotes par-ci, par-là, de braconniers, de la confrérie de chasseurs ». Pourtant, ce ne fut pas non plus si simple. Très jeune, ingénieur forestier, tous ses agents avaient au minimum 12 ans d’expérience sur lui. C’était un élément nouveau dans le système. « Il y avait un peu de résistance. Mais à force de montrer ce que je sais faire, je les ai entrainés dans des habitudes nouvelles et empreintes de science, parvenant ainsi à mobiliser la troupe autour de moi ». Et la mayonnaise prendra très vite. C’est son adjoint, un adjudant-chef qui tenait toute la paperasse. Cela lui permet de passer du temps avec sa brigade forestière à Bétérou. « J’allais carrément vivre avec les membres de la brigade, apprendre de leurs expériences. Le fief du braconnage était à l’époque à Wari Maro. Le chef des chasseurs m’a beaucoup estimé. Jusqu’à maintenant, j’ai gardé contact avec lui », témoigne le forestier. Mais le chef section forestière basé à Tchaourou en 1986 a fini par déposer les armes. Il alla voir le chef d’État-major d’alors pour lui faire l’annonce de quitter le statut de forestier de l’armée populaire pour celui d’enseignant du supérieur. « Il a tenté de me persuader. J’ai dit non. Je devrais faire partie de la première promotion des officiers forestiers. On m’a fait appel pour la visite technique. J’ai refusé. Mon job, c’est maintenant de former ceux qui doivent aller sur le terrain ».

Sinsin le Peul

Beaucoup ne lui connaissent pas cette expertise : le pastoralisme. Il en est arrivé là par curiosité. Parce que les éleveurs tombaient très fréquemment dans les mailles du jeune forestier dans les réserves sous sa protection, il décida d’aller en immersion pour décoder cette communauté. Sa hiérarchie lui en donna l’autorisation pour 45 jours de transhumance. « Pendant deux semaines, j’avoue, je faisais une diarrhée d’adaptation. Le chef peul voulait me retourner et je m’y suis opposé. J’ai fait le reste du temps avec eux pour comprendre leur vie. Ils m’ont ensuite confié 25 bovins que j’ai appris à guider. C’est ce qui m’a conduit à faire ma thèse sur le pastoralisme le 4 février 1993 au lieu de la faire sur la faune sauvage », raconte l’ancien président de l’Association béninoise de Pastoralisme (Abepa). C’est donc avec un œil de sachant que ce scientifique analyse la situation, dit-il, chaotique dans laquelle est plongée la transhumance au Bénin et dans la sous-région. « C’était prévu. Tout le monde se dit qu’il y a d’espace mais ces transhumants n’ont de terre que ce que les agriculteurs ne leur ont pas encore arraché. Or, l’infini est devenu fini depuis longtemps déjà ». Ce qui l’irrite davantage, c’est la manière avec laquelle les débats se font. « Au Bénin, on discute de l’effet et on refuse de raisonner sur la cause. On va difficilement s’en sortir ainsi. Les scientifiques du pastoralisme doivent réfléchir et établir les faits sur le sujet et les politiques vont intervenir et décider ensuite. Mais chacun utilise ses acquis d’expérience, croyant que c’est par là que viendra la solution nourrie de passion et de parti pris d’avance », fustige le chercheur.

Chasseur de financements

Si Brice Sinsin n’est pas en forêt, c’est qu’il est au Laboratoire d’Ecologie appliquée (Lea) qu’il a créé en 1994. C’est là qu’il construira toute sa vie de chercheur, aujourd’hui auteur de plus de 350 publications scientifiques. « C’est au sein de mon laboratoire que je suis le plus épanoui. C’est une suite continue, sans rupture depuis 1993 où je suis rentré dans cette université en tant qu’assistant. C’est un monde passionnant. On dirait qu’il y a une sagaie dans votre dos. Je lisais autour de 7 000 pages d’articles par an, maintenant je dois tourner autour de 2 000. Ma tête ne fait que mettre beaucoup de choses en hypothèses », confie-t-il. Ce qui particularise ce manager, c’est sa capacité à mobiliser des financements pour la recherche. Lui et son équipe en gagnaient tellement à l’échelle mondiale au point de forcer l’escale d’un directeur de programme de la Fao à Cotonou. « Il ne comprend pas qu’un pays inexistant sur la carte mondiale gagne trois fois le prix Vavilov. Il m’a reçu dans le jardin de l’hôtel Sheraton et m’a dit que c’est simplement pour me connaître. Il a juste fait escale pour voir si c’est une réalité avant d’aller à son rendez-vous en Afrique du Sud. Il croyait qu’on faisait du vodoun. Je lui ai fait comprendre que nous sommes un laboratoire qui s’entraîne et s’entraide. Le jeune qui vient au Lea de l’Uac, on lui apprend à rédiger des projets et à chercher des bourses de recherche », relate-t-il. Recteur « par mission » Brice Sinsin était parti pour être un politicien, depuis le collège puis durant ses cinq années d’études agronomiques à la Fsa/Unb. Sous la révolution, il éprouvait du plaisir à diriger ses collègues. Mais sa rencontre amoureuse avec la recherche va l’éloigner de ce monde. Cependant, à l’ère de la démocratisation de l’Université d’Abomey-Calavi, il va devoir revivre autrement cette expérience politique pour 11 ans. « Je suis devenu vice-recteur puis recteur pour accomplir une mission. Ce sont des collègues qui me l’ont demandé très franchement. Ils ont trouvé que le rayonnement que connaissait mon laboratoire pouvait être partagé. C’est ainsi qu’ils ont fait de moi vice-recteur chargé de la recherche et ensuite recteur », Il décida de mener cette expérience avec rigueur. Promptitude et pragmatisme, ce sont les mots qui sans doute le qualifient le mieux. Des coups d’œil sur une montre, on ne manque pas de le faire quand on a rendez-vous avec lui, en forêt, au laboratoire, au rectorat, ou en amphithéâtre. C’est un homme « réglo» pour qui « l’heure, c’est l’heure ». Et il n’hésitait pas à démarrer des cérémonies officielles si l’autorité de tutelle devait venir en retard. «L’empêchement du ministre ne peut pas m’empêcher de rester dans le temps. Quand il vient après, on suspend et il fait son discours. Le temps c’est le temps », martèle-t-il. Son ambition était de faire de l’Uac une université citoyenne. L’expérience n’aura pas été facile. « Quand ça n’allait pas, il fallait prendre des décisions. Je n’aime pas m’éterniser sur des discussions démocratiques. C’est une perte de temps ». Les coups bas ne manquaient pas non plus. Mais le recteur n’y voyait pas un obstacle. « Où que vous posiez les pieds, vous aurez quelques remontées de poussière. Si vous devez vous éterniser à entendre ce que chaque chat apporte comme miaulement, vous n’allez pas avancer. Je n’ai jamais passé une mauvaise nuit quand j’étais recteur ». Pour beaucoup, son second mandat a été de trop. Mais l’enseignant d’écologie ne voit pas les choses de la même manière. « J’ai fait plus de réalisations au second mandat. C’était beaucoup plus pour l’insertion des étudiants. C’est pour ça qu’on a créé le service des volontaires, puis notre incubateur. Nous étions l’une des premières dans le monde francophone africain à en avoir créé. Les trois ans, ça passe vite. J’ai terminé ».

Pourchassé de toutes parts !

Le recteur a terminé cette mission et est retourné dans son laboratoire. Cependant, c’est sans compter avec les nombreuses sollicitations pour diriger des universités sur le continent. « J’avais donné une conférence en Chine où j’ai présenté comment sans ressources étatiques, nous avons réussi à monter un programme de recherche universitaire digne du nom. La ministre sud-africaine de l’Enseignement supérieur m’a embrassé sur le podium comme si on était des amoureux. Elle a dit vouloir envoyer ses recteurs se faire former au Bénin. Beaucoup de pays m’ont pourchassé pour partager l’expérience de l’Uac du Bénin. J’ai dit non. La direction des universités, c’est terminé. J’ai fini ma carrière de recteur ». A trois ans de sa retraite, Brice Sinsin ne rêve pas d’un poste politique. Pour qui le connait, c’est un chercheur qui tient à son espace de liberté et qui n’hésite pas à poser ses conditions. «Si je ne peux pas être dans un environnement où je vais donner le meilleur de moi-même, ce n’est pas la peine. Il y a une bonne partie de ce que j’ai fait quand j’ai eu le commandement de l’Uac qu’on aurait pu faire quand j’étais vice-recteur. Mais c’est impossible. Je ne vais plus travailler dans ces conditions. Qu’est-ce qu’on me donnera comme politicien à la solde si ce n’est un salaire ou des primes ». En 2016, une perche lui a été tendue pour être candidat à l'élection présidentielle. Sans aucune surprise, le chercheur n'a pas mordu à cet hameçon politique. « C’est mal connaître Sinsin. Je ne suis pas prêt pour ça. Je n’arrive pas à faire la transition entre ma passion pour la recherche et aller haranguer la foule. Pour ma petite expérience en politique, ce n’est pas un jeu de pions isolés. N’y allez pas parce qu’il y a quelques bons de carburant ou des véhicules aux plaques bleues ».

A la vie, à la mort !

C’est un chercheur qui aime se surpasser. En forêt, il ne se donne pas de limites. C’est ainsi qu’il se comportait lors de son stage dans les Alpes en France. « Je ne prenais jamais le chemin tortueux dans les montagnes. J’allais toujours à la verticale. Je voulais faire un sommet un jour et ça faisait 480 m d’altitude. Je croyais que les souches d’arbustes étaient bien rapprochées les unes des autres mais arrivé dans les 50 derniers mètres les souches étaient plutôt distantes de deux mètres l’une de l’autre. Je devrais finir écrasé et je suis encore devant vous aujourd’hui. Imaginez la suite. C’est la plus grande frayeur de ma vie ». Comme forestier, l’ancien recteur a traversé beaucoup d’épreuves et de frayeurs au point de ne plus craindre la mort. «J’ai toujours été curieux de savoir pourquoi les gens craignent la mort. Les chrétiens disent Dieu a donné, Dieu a repris, mais pourquoi quand il veut reprendre vous vous acharnez à lui résister coûte que coûte ! J’adore tous les risques du monde. Je dis toujours à mes enfants, je meurs ici, enterrez-moi. N’allez même pas chercher la cause. C’est ma fin ». Mais à 62 ans, ce n’est pas encore la fin pour Brice Sinsin, ce non croyant dont la vie ne peut se résumer à quelques pages?
Environnement 03 sept. 2021


Développement du département du Mono: Les opérateurs économiques invités à y investir davantage
Opérateurs économiques, représentants des associations de développement ainsi que sages et chefs traditionnels du département du Mono se sont entretenus avec Dêdêgnon Bienvenu Milohin, préfet du Mono, mercredi 1er septembre dernier à la préfecture de Lokossa. Le resserrement des rangs autour des défis de valorisation du potentiel des six communes du Mono constitue l’objectif de cette rencontre. Passer en revue l’état du développement des territoires du Mono et recueillir les attentes en vue de la mobilisation pour relever les défis qui s’imposent. A cet exercice, le préfet Bienvenu Milohin s’est employé, toute la journée du mercredi 1er septembre, avec plusieurs catégories de personnalités intervenant dans le département. Opérateurs économiques et représentants des associations de développement ont été rencontrés en premier lieu avant de laisser place, dans la soirée, aux sages et chefs traditionnels. Tour à tour, chacune des deux catégories d’invités a fait le diagnostic des maux qui minent, selon elle, le développement du département avant de passer aux propositions. Entre autres maux identifiés, il y a la qualité de la formation, au plan local, de la main-d’œuvre notamment pour le secteur du tourisme. Viennent ensuite les difficultés de prise en charge au niveau de la pyramide sanitaire du département puis les rapports souvent tendus entre la plupart des mairies et les associations puis la diaspora. En somme, le tableau peu reluisant présenté n’est pas loin de l’état des lieux déjà fait par le préfet et ses proches collaborateurs lors d’une récente tournée de prise de contact avec les administrations des six communes et les services déconcentrés de l’Etat. Mais pour les uns et les autres, il est encore possible de renverser la tendance. Dans cette perspective, la main tendue du préfet aux créateurs de richesse et autres acteurs de premier plan du processus de développement a été saluée. Le département du Mono, retiennent-ils, est riche de la qualité de ses ressortissants en plus de ses potentialités naturelles qui n’attendent que d’être valorisées. « Nous avons besoin de vous en tant qu’investisseurs» Voir dans quelles mesures les défis peuvent être relevés en parfaite entente est, au dire du préfet, l’objectif poursuivi à travers ces séances dédiées non seulement au recensement de ce qui handicape le développement, mais aussi à son message invitant au resserrement des rangs. A l’en croire, c’est une nouvelle dynamique dans laquelle il attend l’implication de tous. Notamment, les personnalités conviées aux échanges ainsi que leurs confrères à mobiliser. « Vous êtes un maillon essentiel de la chaîne des acteurs de développement. Même si dans l’organisation administrative, vous n’êtes pas intégrés, il est important de reconnaître que la mise en œuvre des politiques de développement, le relèvement des défis de notre communauté dépendent forcément de votre engagement aux côtés des communes et des préfectures », développe le préfet Milohin avant d’insister sur ce qu’il attend d’eux. « Nous avons besoin de vous en tant qu’investisseurs et en tant que poumon économique dans le département », clarifie l’autorité. A l’issue de ces assises, il est retenu la prise d’un arrêté de création de forum départemental assorti d’une feuille de route pour donner un coup d’accélérateur au développement des territoires du Mono. Marquant leur adhésion à toutes ces initiatives, les opérateurs économiques Laurent Zomaï et Annie Paulette Kembo ainsi que le colonel des Douanes à la retraite, Barthélémy Gagnon, président de l’Association de développement de l’arrondissement de Bopa, ont promis de jouer leur partition notamment en ce qui concerne la mission de mobilisation. Société 03 sept. 2021


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