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Nouvelles

Formation à la certification Icdl: Les capacités de 105 enseignants renforcées
Cent cinq enseignants points focaux des salles de classe numériques, des lycées d’excellence et d’amitié sino-béninoise d’Abomey et Grand-Popo ont bénéficié, du 2 au 13 août dernier, simultanément dans les villes de Ouidah, Comè, Pobè, Bohicon, Parakou et Natitingou d’une formation devant leur permettre d’obtenir la certification Icdl (International Computer Driving Licence). Ils ont été entretenus sur trois thématiques à savoir : Essentiel de l’ordinateur, de la communication et du web ; traitement de texte et tableur. Initié par l’Agence béninoise du Service universel des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep), ce renforcement de capacités s’inscrit dans la volonté du gouvernement de mettre des compétences à la disposition des salles de classe numériques des établissements. Devenue un Centre de test accrédité (Cta) Icdl, depuis février 2020, l’Absu-Cep contribue à ce titre à la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé en 2018 entre Icdl Africa et le ministère de l’Economie numérique et de la Digitalisation pour offrir aux citoyens la possibilité d’obtenir la certification Icdl. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de formation aux compétences numériques et de certification Icdl au profit du personnel de l’administration publique béninoise, le Bénin s’est doté du Centre de test accrédité Icdl dont l’objectif est de former et de certifier aux standards de l’Icdl, les compétences numériques du personnel de l’administration béninoise, les enseignants et élèves, les artisans et commerçants. Cette session de renforcement des capacités des enseignants au niveau des Cta/Icdl de l’Absu-Cep fait suite à celle organisée au profit de 30 cadres de la Société béninoise d’Energie électrique (Sbee) du 7 juin au 16 juillet dernier Société 24 août 2021


Numérique en bref: Facebook : 18 millions de fake news sur le Covid-19 supprimées
Mark Zuckerberg a déclaré que Facebook avait supprimé 18 millions de publications contenant de la désinformation sur le Covid-19. «La désinformation est contre notre politique», a-t-il déclaré dans une interview exclusive à Cbs reprise par Paris Match. Sans donner les détails sur le nombre de lecteurs ayant lu ces publications, le numéro 1 du géant américain a affirmé qu’il s’agissait de la meilleure performance possible compte tenu du système de détection de «fake news» mis en place. Selon Paris Match, le président américain Joe Biden a déclaré, en juillet dernier, que Facebook et d’autres réseaux sociaux «tuaient des gens» en permettant la propagation de ces fausses informations sur le Covid-19. Il est revenu sur ses propos en précisant que la désinformation elle-même causait des décès. Facebook a rétorqué aux commentaires de Joe Biden en affirmant que le groupe avait joué un rôle indispensable dans l’acceptation des vaccins   Société 24 août 2021


Réseau Francophone des ministres en charge de l’Economie numérique: Un groupe d’experts prépare la prochaine rencontre
Une réunion du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) aura lieu les 2 et 3 septembre prochains à Cotonou. A quelques jours de ce rendez-vous international, une rencontre des experts s’est tenue en ligne, ce vendredi 20 août, sous la présidence de Gaspard Datondji, secrétaire général adjoint du ministère du Numérique et de la Digitalisation, représentant Aurélie Adam Soulé Zoumarou, présidente du Rfmen. Abritant le Secrétariat permanent et assurant la présidence du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) depuis sa création lors du 17e Sommet de la Francophonie tenu à Erevan en Arménie en octobre 2018, le Bénin s’apprête à accueillir, les 2 et 3 septembre prochains, la réunion du Réseau francophone des ministres en charge de l’Economie numérique (Rfmen) à Cotonou. Dans la perspective de ce rendez-vous de haut niveau, une rencontre des experts s’est tenue en ligne, vendredi 20 août dernier. Les représentants du Gabon, du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Sénégal, du Québec, de la République démocratique du Congo et du Congo ont pris part à cette réunion présidée par Gaspard Datondji, secrétaire général adjoint du ministère du Numérique et de la Digitalisation représentant la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, présidente du Rfmen. L’objectif de cette réunion, qui est la première d’une série de deux, est de définir une feuille de route et de présenter le rapport d’activités du Rfmen ainsi que le nouveau format de fonctionnement du Rfmen. Ainsi, après l’adoption de l’ordre du jour et le discours d’ouverture du représentant de la présidente du Rfmen, les différents documents préparés par le secrétariat de la réunion ont été soumis aux experts. Il est à noter que la réunion de Cotonou va marquer la dynamisation des activités du Rfmen et préparer les livrables du 18e sommet de la Francophonie. Ces assises de Cotonou seront également l’occasion pour les ministres de repenser le fonctionnement du réseau. A cet effet, ils auront à définir un format agile et performant du fonctionnement du réseau, actualiser la stratégie numérique de la Francophonie et contribuer à l’ancrage du Rfmen en tant qu’un réseau efficace de l’Oif. Pour rappel, la mission principale du Réseau est de contribuer à la mutualisation des efforts afin d’accroître les performances du secteur de l’économie numérique dans l’espace francophone. La seconde séance de travail des experts aura lieu, vendredi 27 août, et permettra aux participants d’amender les différents documents sur lesquels porteront les travaux de la réunion des ministres à Cotonou. Société 24 août 2021


Port de Cotonou: Un projet de 22 milliards F Cfa pour l’extension du bassin
Le port de Cotonou connaîtra bientôt une mue à travers la modernisation des infrastructures. D’un budget de près de 22 milliards F Cfa, le projet vise à améliorer les capacités d’accueil de la plateforme. Un projet de modernisation des infrastructures est élaboré en vue d’améliorer les capacités d’accueil et de traitement du port de Cotonou. L’Autorité portuaire entend draguer et prolonger le bassin de 154 m vers l’ouest, déplacer la Traverse-Est et étendre le bassin portuaire à l’est, créer trois accès centralisés, construire un parking pour camions gros porteurs à Zongo (5e arrondissement de Cotonou) et acquérir deux remorqueurs. Les coûts des travaux sont estimés à 21 743 938 496 F Cfa, selon le rapport final de l’Etude d’impact environnemental et social global du projet. Cette étude est assortie d’un Plan de gestion environnementale et sociale (Pges) et d’un Plan de gestion des risques (Pgr). Leur mise en œuvre permettra d’exploiter toutes les ressources du port de Cotonou sans pour autant nuire aux activités déjà existantes. Les mesures préconisées prennent en compte la gestion de la pollution par l’émission de poussière et de gaz, les déchets solides, l’augmentation du niveau de bruit. Elles concernent également la perturbation de la mobilité des populations, la destruction de la faune et de la flore (marécage) à cause de la libération de l’emprise, la perturbation des activités des sociétés /concessionnaires, la perte d’emplois au niveau de Bénin Terminal, les risques d’accidents et de maladies. Une cagnotte de 1,732 milliard F Cfa est constituée pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de restauration des sources de revenu et des moyens de subsistance des personnes affectées par le projet. La modernisation des infrastructures portuaires s’inscrit dans la vision du gouvernement d’optimiser le réseau d’infrastructures du port de Cotonou au bénéfice de sa compétitivité et de l’économie de son hinterland, comme souligné dans le Plan national de développement (Pnd) 2018-2025. En décembre 2017, la gestion du port a été déléguée au Port of Antwerp International (Pai) pour un mandat de trois ans renouvelable sur la base de l’atteinte des indicateurs de performances, dans le but d’améliorer la rentabilité de ce joyau considéré comme « poumon de l’économie nationale». Le port de Cotonou est spécialisé dans le transport de marchandises avec le fret de produits en direction du Bénin, des pays voisins et de l’hinterland. Il assure, entre autres, l’assistance aux navires avec une garantie de sécurité, la concession de domaine, la location des terre-pleins et des hangars, le tracking. Le domaine portuaire fait l’objet d’activités économiques dont la pêche, le mareyage. Actualités 24 août 2021


Protection et promotion des personnes handicapées: Des avancées majeures pour l’égalité des droits
La loi sur la protection et la promotion des personnes handicapées constitue un soulagement pour les bénéficiaires. Toutefois, ils attendent les décrets d’application pour profiter largement des privilèges qui leur sont accordés. La loi n°2017-06 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées en République du Bénin est promulguée le 29 septembre 2017. Elle vise à prévenir le handicap et à protéger, promouvoir et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l'Homme et de toutes les libertés fondamentales aux personnes handicapées afin de garantir le respect de leur dignité intrinsèque et leur pleine participation à la vie sociale. L’instrument vient alors renforcer le cadre juridique en la matière. Cette loi de seize pages est répartie en cinq chapitres et 79 articles. La carte d'égalité des chances est l’une des innovations de la loi. Ladite carte est attribuée à la personne handicapée à sa demande après constatation de sa déficience. L’article 18 de la loi précise que la carte permet, à son titulaire, de bénéficier des droits et avantages en matière d'accès aux soins de santé, de réadaptation, d'aide technique et financière, d'éducation, de formation professionnelle, d'emploi, de communication, d'intégration sociale, de transport. Elle donne également droit aux avantages liés à l'habitat, au cadre de vie, aux sports, aux loisirs, à la culture et aux arts, à la participation à la vie publique et politique, à l'aide en situation de risque et d'urgence, à la protection et la promotion ainsi qu'à tout autre avantage susceptible de contribuer à la protection et à la promotion des droits des personnes handicapées. En matière d’accès aux soins de santé dans les formations sanitaires de service public, les prestations sont gratuites pour les personnes handicapées reconnues indigentes. Ces mêmes prestations leur sont accordées dans les services privés de santé agréés à un prix subventionné par l'Etat. En outre, elles bénéficient d'une réduction sur le coût des appareillages orthopédiques, des fauteuils roulants, des tricycles, des prothèses, des cannes blanches ou anglaises et de tout autre appareillage nécessaire aux soins prescrits. S’agissant de l’emploi, de l’accessibilité, du cadre de vie et des transports, la loi renforce également la protection des personnes handicapées. Par exemple, l’article 45 stipule que l’Etat, les collectivités locales, les communautés à la base et les organismes publics et privés adaptent aux standards internationaux d'accessibilité, les édifices, les routes, les trottoirs, les espaces extérieurs, les moyens de transport. « Les programmes de logements sociaux accordent une priorité aux personnes handicapées », ajoute l’article 46. Dans le secteur des transports, la loi précise, entre autres, que toute société publique ou privée de transport de personnes prend les mesures appropriées pour rendre les moyens et les services de transports accessibles aux personnes handicapées. Mieux, elle est tenue de réserver, en priorité, des places assises aux personnes handicapées. En plus de cela, les titulaires de la carte d’égalité des chances bénéficient de mesures préférentielles dans les transports en commun, notamment la réduction du tarif, la priorité à l'embarquement et ou débarquement, et des espaces aménagés doivent être réservés pour le stationnement des moyens de transport de la personne handicapée. La loi renforce aussi la protection de la vie privée, du domicile et de la famille de la personne handicapée. Elle interdit aussi l’exploitation, la violence et la maltraitance de ce groupe cible. Appui et exonérations Toujours en termes de facilités, les personnes handicapées bénéficient de l’appui de l’Etat pour la création d’entreprise individuelle, de coopérative ou de petite et moyenne entreprise. Aussi, l’Etat apporte-t-il un appui à toute entreprise créée par une personne handicapée au profit d'autres personnes handicapées. Cet appui comprend la mise à disposition d'un personnel d'encadrement ; l'octroi d'aide à l'installation ; les exonérations totales ou partielles, temporaires ou permanentes ; les garanties de crédits et des appuis techniques auprès des organismes publics d'appui au développement. Dans la même veine, des mesures d’incitation financières telles que les exonérations d’impôts et douanières sont accordées aux importateurs ou fabricants de matériels spécifiques destinés aux personnes handicapées dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la mobilité, de la communication, de la culture, des sports, des loisirs et de l'artisanat. De plus, les importateurs et les fabricants des moyens de transport spécialement aménagés à l'usage des personnes handicapées, bénéficient d'allègements fiscaux à l'importation, à la fabrication et à la vente de ces moyens de transport. Les dons et aides en nature ou en espèces au profit des associations ou institutions œuvrant dans le domaine de la promotion des personnes handicapées sont également exonérés d'impôt. Dispositions pénales Huit articles de la loi répriment les abus sur les personnes handicapées. En matière d’emploi, le rejet de la candidature d'une personne handicapée, du fait de son handicap, à un emploi public ou privé qui lui est accessible, est puni d'une amende de 500 000 F Cfa à 2 000 000 F Cfa. Toute publication d'offre d'emploi qui comporte des critères discriminatoires préjudiciables aux personnes handicapées est sanctionnée de la même amende que l’infraction précédemment citée. Quiconque prive une personne handicapée de son droit à la vie, du fait de son handicap, est puni de la réclusion criminelle à perpétuité et d'une amende de 10 000 000 F Cfa à 20 000 000 F Cfa. Nassirou Domingo, président de la Fédération des Associations des personnes handicapées, apprécie de fort belle manière l’avènement de cette loi. A l’en croire, l’instrument juridique vient combler un grand vide dans le quotidien des personnes handicapées. Un vide qui a été pour eux une source d’injustice. Mais l’application intégrale des dispositions et avantages de la loi, nécessite la prise de tous les décrets d’application prévus. Dans les rangs des bénéficiaires, l’on s’impatiente de voir ces différents décrets. « Il reste une chose que nous demandons. C’est la prise des décrets d’application afin que nous puissions jouir pleinement de cette loi », plaide le premier responsable de la Fédération des Associations des personnes handicapées. Société 24 août 2021


Enfants accusés de sorcellerie au Bénin: Des signaux préoccupants
A travers un rapport d’étude dévoilé la semaine dernière, l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (Offe) attire l’attention sur la situation des enfants accusés de sorcellerie au Bénin. Des doigts accusateurs de sorcellerie, il y en a de plus en plus pointés sur les enfants. La menace a évolué, ciblant non plus seulement les personnes ayant pris un coup de vieillesse, mais aussi les plus petits. A la suite de l’enquête réalisée à ce sujet dans neuf communes du Bénin, l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant (Offe) voit venir de loin des signaux inquiétants. «?C’est une situation très préoccupante. Le rapport l’a démontré à suffisance. Il y a quelques années, la sorcellerie ne concernait pas les enfants, du point de vue des sachants que nous avons eus dans le cadre de l’enquête. Avec le temps, la dimension enfantine a commencé à être développée à travers des aspects d’accusation qui prennent de plus en plus d’ampleur dans les régions investiguées?», s’émeut Nassirou Kassoumou, directeur général de l’Offe. En effet, créé par décret 2013-454 du 8 octobre 2013, l’Offe est un office à caractère scientifique et social qui œuvre entre autres pour la conduite des études sur les phénomènes sociaux. Et pour le compte de cette enquête, il n’a pas été question de dénombrer le nombre d’enfants accusés de sorcellerie au Bénin. Cette étude qui a couvert principalement Allada, Abomey, Cotonou, Dogbo, Sô-Ava, Kétou, N’Dali, Pérèrè et Kérou a plutôt identifié les déterminants et analysé les causes, les manifestations et les conséquences des accusations de sorcellerie contre les enfants. En revanche, la proportion d’enfants accusés pris en charge par les structures de protection a été déterminée. Il en est de même du profil sociodémographique de leurs familles. De la peur à l’accusation Beaucoup d’enfants souffrent dans l’ombre du fait de cette accusation. L’enquête a révélé que les familles ne déclarent pas les enfants concernés. Ceux qui parviennent à être pris en charge par les structures d’accueil sont à 55 % dans la tranche d'âge de 10-15 ans. 25 % d’entre eux ont moins de 10 ans. 60 % sont des filles. Aussi, 70 % de ces enfants accusés de sorcellerie sont de religion chrétienne. 45 % d’entre eux ont un niveau d’instruction primaire, 30 % ont atteint le premier cycle de l’enseignement secondaire. En ce qui concerne les motifs d’accusation, ils sont liés aux cauchemars que font les membres de la famille, aux cris des enfants pendant la nuit et à la détention par ces enfants de certains objets ou êtres vivants tels que des margouillats, serpents. «?L’étude a fait ressortir que la plupart sont en réalité des enfants qui ont des comportements paranormaux, des troubles de comportements et des problèmes psychiques. Sur dix enfants accusés de sorcellerie, vous avez au moins huit à neuf dont, lorsqu’on les prend cliniquement en charge, on peut expliquer scientifiquement ce qui leur arrive. Ce sont des enfants sur qui pèse le poids de beaucoup de problèmes psychiques et psychologiques?», rapporte Nassirou Kassoumou. Les effets induits par cette accusation sont énormes, et accentuent la vulnérabilité des enfants. «?Cette accusation entraine un rejet systématique de la communauté, de leurs propres familles, et même de la part des structures qui sont appelées à les protéger. Nous avons constaté que la plupart de ces enfants sont victimes de violences physiques et psychologiques ainsi que d’autres types d’abus?», déplore le directeur général de l’Offe. Possibilité de poursuites Ce sont des traitements qui sont passibles de poursuites. Et il n’est pas exclu de les enregistrer au sein même des centres de prise en charge. L’étude a d’ailleurs passé au peigne fin l’efficacité des interventions en cours pour assurer la prise en charge et la réintégration des enfants accusés de sorcellerie. «?Même lorsque par crainte, les structures refusent de prendre en charge l’enfant et qu’il advenait qu’il ait de séquelles graves, on peut être poursuivi?», avertit-il. Le document recommande surtout la conception et la mise à disposition de modèle ou de protocole d’intervention face à ce phénomène. Un accent a été mis sur la nécessité d’impliquer dans les comités communaux un médecin, un anthropologue spécialiste des religions, un psychologue clinicien, un dignitaire, un chrétien (prêtre, pasteur évangéliste exorciste) et un imam. Ce phénomène vient se greffer à un autre déjà préoccupant : celui des «?enfants dits sorciers?» qui du fait de malformations ou des circonstances de naissance se retrouvent menacés, même de mort, dès la naissance. Société 24 août 2021


Réduction des risques de catastrophes: Un outil de riposte aux mains des communes
Bohicon a accueilli, hier lundi 23 août 2021, un atelier d’actualisation du guide national d’élaboration des Plans de contingence communaux (Pcc). Initié par l’Agence nationale de protection civile (Anpc) avec l’appui de la Banque mondiale, cet atelier a pour but d’améliorer et de valider le guide d’élaboration et d’actualisation du plan de contingence communal. Depuis quelques jours, certaines communes dont celle de Zangnanado sont en alerte rouge en ce qui concerne la montée des eaux. C’est dire que des communes font face à plusieurs risques tels que les risques endémiques, les risques d’accidents, les risques de catastrophes aériennes, etc. Les plus courants sont les risques d’inondations, d’incendies et de conflits sociopolitiques. Par le passé, le Bénin a connu plusieurs catastrophes qui se sont traduites par des pertes en vie humaine et des dégâts matériels importants. Face à la recrudescence des catastrophes naturelles et anthropiques, le gouvernement a élaboré le document de stratégie de réduction des risques de catastrophes assorti d’un plan de contingence national décliné en Plan de contingence communal (Pcc), explique Aristide Dagou, directeur général de l’Agence nationale de protection civile (Anpc), selon qui, le Pcc est un document opérationnel qui concrétise le processus de préparation et de planification des réactions aux urgences. Il définit plusieurs scenarii d’évènements probables et leurs impacts potentiels sur la population. Il mentionne de façon détaillée les risques majeurs auxquels est exposée la communauté, les actions à entreprendre pour une bonne préparation, les structures d’intervention et acteurs, les rôles et responsabilités des différentes autorités avant, pendant et après une crise ou catastrophe. A cet effet, selon Amadou Lamine N’diaye, représentant de la Banque mondiale, et qui a participé virtuellement aux travaux, la tenue de cet atelier constitue une démarche à saluer. Un plan de contingence multirisque En procédant à l’ouverture de cet atelier, au nom du ministre de l’Intérieur, le directeur de cabinet, Mora Ouorou Baro, rappelle que l’élaboration du Pcc suit un guide national pour garantir sa concision, sa pertinence et son opérationnalisation. Le premier guide national d’élaboration du Pcc a été conçu en 2014 avec l’appui de la Coopération allemande. Ce guide aura permis de doter, pendant plus de cinq ans, l’administration communale d’une démarche participative permettant à la commune d’élaborer son plan de contingence multirisque en rapport avec son diagnostic, ses ressources et ses capacités locales. A ce jour, sur les 77 communes, 47 ont élaboré, simulé et mis en œuvre leurs Pcc grâce à ce guide. Cependant, les expériences acquises avec l’utilisation du guide et les réalités actuelles ont conduit les autorités politico-administratives à opter pour son actualisation. L’ancien guide est basé sur les recommandations du Cadre d’action dit de Yogo. Il convient d’y intégrer les nouvelles orientations du cadre d’action dit de Sendaï. Il est également important de prendre en compte l’évolution de la technologie et l’apparition des nouveaux outils numériques qui améliorent l’élaboration, la simulation et la mise en œuvre des Pcc. Il faut noter que cette rencontre a pris fin dans l’après-midi avec la validation du guide après la prise en compte des observations des uns et des autres. Un document qui tient compte de l’apparition de nouveaux risques et des difficultés d’adaptation ainsi que des nouvelles options du gouvernement en matière d’aménagement du territoire. Société 24 août 2021


Steve Facia : L’enchanteur télé
Voix légendaire de la télévision publique béninoise, Steve Facia est unique dans sa façon de présenter, d’être, de penser et même d’agir. Quarante ans de métier dont dix dans le showbiz, plus de trente dans l’animation télé, une carrière exceptionnelle qu’il sied de revisiter. L’entretien avec lui a lieu au bout de deux rendez-vous. Un premier mal ficelé, puis un second qu’il confirme sans hésitation. « Tu es où jeune frère, viens qu’on en finisse ». De sa voix imposante de l’autre bout du fil, Steve Facia était disposé à s’ouvrir. Il nous reçoit dans les locaux de son entreprise à Aïbatin, dans le 12e arrondissement de la ville de Cotonou. Il y tient ses bureaux, aussi bien le siège de sa boite que ses studios, de même que des locaux dédiés aux activités de sa femme. Un duplex décoré avec glamour. On devrait y voir la main de son épouse, Inès Garoué, elle aussi grande figure de la télévision. La femme occupe le premier niveau et le second est réservé pour Steve Facia. Les échanges se déroulent en fin de soirée. Pourtant le patron de Média productions semble très affairé. Pour mieux se concentrer sur la finalisation d’une commande publicitaire et la préparation de son émission à venir, il accroche sa longue tunique en basin riche à un des sièges de son bureau. Sandalettes et débardeur, il est entre des navettes pour s’assurer que sa cliente sera satisfaite de ses propositions. Le local qui lui sert de bureau est sobre, mais bien décoré. Inutile d’en livrer tous les détails, mais sur son bureau, des photographies en petits formats de ses enfants et de sa femme. Au mur, juste derrière lui, le couple très enjoué en tenue locale. Steve Facia est le troisième enfant d’une fratrie de quatre. Son nom reste intimement lié à celui de l’animation télé au Bénin. Il y a fait la pluie et le beau temps avant de faire un break, mais reviendra plus imposant que jamais avec une émission à succès. S’il n’avait pas été animateur, il aurait été avocat. « Je serais sans doute avocat si je n’étais pas devenu animateur. J’aime la rhétorique, j’aime parler. Dans notre famille, nous adorons parler. C’est un art chez nous. J’aurais fait un travail qui aurait trait à la rhétorique. Je n’ai jamais appris à parler, j’estime aussi qu’on n'apprend pas à parler ». Mais cet homme qui ne révèle jamais son âge est un grand passionné de télévision. Hier maître à jouer d’émissions de grande audience comme «Stars music » ou encore « télé-millions », aujourd’hui animateur-producteur, chef d’entreprise et chrétien évangélique, le Bad-boy d’antan a cédé place à un homme de Dieu qui ne jure que par son travail et sa famille. Trois temps forts sur les écrans La vie d’animateur de Steve Facia se résume en trois temps forts. Il y eut d’abord la période entre 1991 et 1998. Il a fait les heures les plus glorieuses de l’animation télévision. Il a régné en maître comme il se plait à le dire. Ce fut la faste période de la célèbre émission « Stars music». Tous les samedis à partir de 21heures, le pays s’arrêtait pour se concentrer sur les écrans, à l’écoute de l’élancé et bien frêle animateur, caquette bad boy, jeans, baskets au point. « J’ai régné en maitre parce qu’il n’y avait aucune chaîne concurrente. La télévision nationale était en leadership avec un monopole absolu. Cela m’a permis de déployer mes ailes et mon talent, et d’imposer ma vision de la télé et du divertissement », reconnaît modestement Steve Facia. Ce fut, laisse-t-il entendre, « des moments formidables où nous avons réinventé la télévision au Bénin ». Des réalisations qui resteront pour la postérité, croit-il. « Quand j’ai commencé, je n’avais pas de mentor, personne n’avait encore rien fait, mais on est venu sur le tas pour créer et proposer », soutient, nostalgique, l’homme qui a fait la pluie et le beau temps sur les écrans de la chaine nationale. Mais « Stars music » ne sera pas la seule innovation de l’homme. Il y eut également « Télé millions » qu’il anima en duo avec Jocelyne Alladayè. Ce ne fut pas moins un grand moment de télévision. Cet autre pan de l’aventure n’a pas été moins révélateur du talent de l’homme. « Télé millions était un grand show télé. C’est la première fois qu’on voyait un duo quitter son studio pour rentrer dans un espace autre avec du public et ce fut aussi une émission à succès ». Ce succès de plus va introduire Steve dans le deuxième temps fort. Devenu célèbre avec tout ce qui va avec en termes de vices, le jeune animateur va vite sombrer. « Il y eut une mauvaise passe et j’ai fait un break », lâche-t-il. Cette étape représente sans aucun doute le gros trou noir de sa carrière et aussi de son existence. Il ne s’en cache pas et n’en a d’ailleurs pas honte. Droit dans ses bottes, il assume tout ce qu’on pouvait lui reprocher. Steve Facia a beaucoup changé. Ce qui est évident, à l’entendre, c’est qu’il ne sera plus jamais le même homme. En tout cas, le jeune homme de ces années-là a disparu pour faire place à un homme plus grand, ayant la criante de Dieu, mais avec les mêmes ambitions pour la télévision et l’animation. Secrets de réussite Depuis le trou dans lequel le succès, et dans une moindre mesure la gloire l’a précipité, il est resté tout de même proche de la télévision. Il l’a regardé de loin sans en être satisfait. Lui qui au sommet de son art a chuté brutalement et a été débarqué des écrans observe depuis son isolement que rien ne change, que la télévision manque encore de beaucoup de choses et qu’il a encore une place à y prendre. « Je rêvais de faire de nouvelles propositions… Je suis venu avec Week-end Matin, une émission de compagnie, détendue, qu’on peut suivre chez soi des heures durant sans s’en rendre compte». Nous sommes en 2001-2002. L’animateur vedette allait signer son retour. Les nouveaux dirigeants du service public n’y voient pas d’inconvénients. Steve Facia pouvait inaugurer l’ère 3 de sa carrière. Il y est depuis, prend de l’âge mais ne s’essouffle point. Si l’animation télé n’avait existé nulle part, il aurait eu le génie de l’inventer. Il ne se sent bien qu’à faire ça, même si ses vieux jours sont de plus en plus consacrés à la production. Désormais en couple, Steve ne reviendra plus seul à la télé. Pour son épouse Inès, il a conçu « Le club des fans», une autre émission à succès pour les enfants que cette dernière se chargera de conduire. Autant des vedettes du foot sont passionnées de leur discipline, autant Steve est « dingue » de la télévision. Il y excelle. Avec lui, point d’improvisation et d’à peuprès. Après plus de trente ans de télé, Steve Facia continue de préparer chacune de ses émissions comme la première. Il y met soin et rigueur. Autant ces vedettes s’entraînent pour être performantes, autant il en fait aussi. Son aire de jeu, le géant miroir témoin de ses exercices de gestuelle, de diction… Bref, un soin méticuleux est mis à l’œuvre pour que le résultat soit impeccable. « Quand vous ne vous exercez pas, vous perdez le don précieux que Dieu vous a donné. J’ai fonctionné pendant toutes ces années à coups d’exercices», déclare-t-il. Inès Garoué, sa « prisonnière » d’un soir ! Il y a de ces rencontres qui changent le cours de la vie des hommes. Celle de Steve Facia et Inès Garoué en avait bien l’air. Leur histoire, très peu ordinaire se résume en une seule soirée. Alors que l’homme sortait d’une visite chez son ami Christian Lagnidé, une des employées de ce dernier sollicite le galant animateur pour la déposer en ville. Elle allait répéter dans sa chorale au Collège Père Aupiais. « Elle m’a suggéré de la dépanner. Il n’y avait pas un attrait particulier. J’en avais vu d’autres ». L’exercice plait bien à Steve qui lui, s’exécute avec empressement. Il voulait juste partager un temps de route avec cette « petite fille à la petite voix ». La suite de l’histoire, on la connait. Mais comment en sont-ils arrivés là ? C’est Inès qui a manqué d’être sage, estime Steve. C’est que la jeune dame, aujourd’hui grande figure de la télévision au Bénin et ailleurs dans le monde, n’aurait jamais dû accepter l’invitation du piégeur à venir la chercher à la fin de sa répétition. C’était son erreur, la belle erreur. A la question de savoir comment un grand homme comme lui, charmeur par excellence succombe devant une frêle créature comme Inès, Steve révèle ce qui l’a fasciné chez celle qui deviendra son épouse. « J’aime ce qui est cérébral. Je n’aime pas la légèreté intellectuelle. J’ai trouvé tout de suite qu’elle avait de la contenance et du contenu. Elle était très belle aussi. Nous avons eu des échanges très soutenus. Elle parlait un français très raffiné, très racé. Je me suis proposé de revenir après sa répétition, elle m’a laissé venir la chercher, et on ne s’est plus jamais quittés », conte avec émotion l’animateur. « D’avoir rencontré Inès, c’est l’une des belles choses qui me soient arrivées », reprend-il, avec sourire. « Elle m’a beaucoup aidé dans ma vie, elle m’a donné envie de me battre, de devenir père, mari. Elle était dans son rôle d’épouse et de mère et c’était formidable », poursuit-il. Sur son épouse, il ne se lasse pas de parler. Il partage combien elle est femme forte, battante, pleine de rigueur, d’autorité avec une envie de réussir à tout prix. Si Steve Facia en parle avec amour et émotion, c’est parce que celle-là a quelque chose de particulier, quelque chose de plus que toutes les autres qu’il a pu croiser et dont certaines, à une époque, cultivaient les mêmes revers et vices que lui. Pour une fois, confesse-t-il, « je voyais quelqu’un qui m’aimait ». Elle est « une femme fragile, petit corps, petite voix, différente de tout ce que j’ai vu jusque-là. Je l’ai épousée et je n’ai pas regretté. Presque 22 ans de mariage et l’aventure continue ». Etonnant renouvellement de sentiment tout de même quand on sait que plus d’une fois, dame rumeur a annoncé la dislocation du couple et que dernièrement, le téléphone arabe a ventilé à grand renfort de publicité que Steve et Inès, c’est du passé, qu’entre les deux tourtereaux d’hier, la parallèle s’est installée et que le célèbre couple d’animateurs télé a brisé son union. « C’est complètement faux », reprend vigoureusement Steve. « Je ne mentirais jamais. Mon couple n’a jamais battu de l’aile, dans un sens comme dans l’autre. Mon épouse a dix mille raisons d’être fatiguée. Je ne suis pas forcément le garçon sage, mais nous sommes toujours ensemble», soutient incisif, l’époux heureux. Ces élucubrations, il dit les comprendre tout de même dans une moindre mesure. Désormais animatrice pour Canal+, Mme Facia n’est plus constamment au Bénin. Elle voyage beaucoup et doit passer une bonne partie de ses mois à Abidjan en tournage. « On la voit moins à Cotonou, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes plus ensemble», clarifie-t-il. « Je n’ai jamais été enprison… » Autant il est à l’aise pour évoquer ses succès d’antan, autant il l’est quand il évoque les trous noirs dans sa vie. « Je ne renie pas mon passé, ni rien de ma vie, j’assume », répond-il de tout son sérieux. « Je n’ai jamais été en prison, c’est une légende et je peux comprendre », dit l’animateur avec sourire. Ce qui est évident, c’est que dans les années 98, l’animateur à succès, alors qu’il faisait la pluie et le beau temps à la télévision, a chuté. Il avait disparu des écrans parce que sa vie a connu une grosse chute. 21 ans après, il revient sur cette partie de son existence sans se voiler la face. Avez-vous touché à la drogue ? Sa réponse ne se fit pas attendre. « Non, je n’ai pas touché à la drogue, j’ai toujours vécu avec la drogue et ce sont ces choses qui ont causé ma chute ». « Quand on a beaucoup de succès, on a besoin de béquilles, de soutien, physiquement et humainement. Mais c’était un leurre », lâche-t-il. Ces stupéfiants « nous aidaient à tenir, à continuer de rêver, de proposer des choses », mais la finalité est toujours évidente, c’est une chute. « J’ai fait de mauvaises choses et cela fait partie du showbiz. J’étais un homme à succès auprès des femmes, l’alcool, les cigarettes… beaucoup de choses m’ont fait tomber, mais je refuse qu’on croit que j’ai été en taule, jamais». Autant il n’a pas fait la prison, autant il n’a jamais été pasteur. La parole de Dieu, il l’a prêchée de toutes les manières possibles, allant jusqu’à évangéliser de maison en maison. Mais il n’a fait aucune formation pastorale et refuse qu’on le prenne pour tel. Tombé au fond de la gadoue, il lui fallait tout de même vivre et subvenir à ses besoins. Face à sa nouvelle condition sociale, l’animateur s’est tourné vers le monde des petits métiers. Tout y est passé, pour peu qu’il pouvait trouver de quoi vivre. Des vendeurs de bois à Kétou et à Manigri gardent encore à l’esprit le souvenir de ce « collègue » élancé, corps frêle qui, un matin, débarqua dans leur secteur d’activité pour arracher une petite place et se faire aussi son beurre. Ces choses, Steve confesse les avoir faites avec le même entrain et le même engagement qui caractérisent chacun de ses actes. Mais il n’y aura pas que du noir. Ce sera également l'occasion pour ce garçon de bonne famille, élevé dans un amour familial excessif avec une mère particulièrement protectrice de faire la rencontre du Christ. Sa vie devrait prendre un autre tournant. Quand vous êtes un homme public, un homme à succès alors que vous n’étiez pas forcément préparé à cela, vous chutez. «Je suis tombé dans beaucoup de travers et cela m’a fait traverser beaucoup de choses. Mais, j’ai fait ma conversion au Christ. J’ai appris à me redéfinir, à connaitre Christ et à le mettre au centre de ma vie », reconnait aussi l’animateur. Avec sa reconversion, indique-t-il, il a pu obtenir la rédemption et bénéficier de la thérapie qu’aucun homme ne peut offrir. Tout sauf bling-bling… S’il y a une chose que le temps et l’âge n’ont pas réussi à lui voler, c’est son charme, son humour légendaire et son abnégation au travail. Même dans la plus ordinaire des tenues, on peut noter chez lui l’élégance et le charme qu’il a toujours porté avec ses 1,96 mètre. Steve Facia en tenue traditionnelle sur son émission, cela arrivera-t-il ? La réponse de l’animateur ne se fait pas attendre. C’est non. Il vient sur ses émissions comme il irait à un mariage, costume bien dressé et soigné. C’est son look et il l’adore. « C’est sacro-saint. J’adore m’habiller et je me suis donné les moyens d’avoir des deals et des partenariats qui me permettent d’assumer mon look parce que c’est extrêmement cher. Ce que je porte pour faire une émission, c’est très cher, mais ce n’est pas mon argent », confesse-t-il sans hésiter. Pour lui, la télévision c’est d’abord de la prestance. C’est pourquoi il y a apporté l’élégance et le charme qui va avec. Mais chose curieuse, pour aller à des réceptions ou à son travail, il y va, habillé le plus simplement possible. Même quand il finit ses émissions, il enfile en même temps des tenues très simples. Mais il n’en sera jamais ainsi à la télévision. « Je veux être à la mode. Je connais tous les courants et styles vestimentaires, je connais toutes les marques. Je veux être à la page et je me donne les moyens. J’aime les costumes, c’est mon style. Je suis en boubou dans mon bureau actuellement, mais sur mon émission, je serais en costume, c’est un choix ». Pour lui, un plateau de télé n’est rien d’extraordinaire. «Je ne me sens pas sur un plateau de télé quand je fais mon émission, je me sens comme chez moi tout naturellement ». Autre élément caractéristique de l’homme, sa simplicité. Steve Facia est aussi un maniaque du travail bien fait. Sur la rigueur à l’œuvre, il est intransigeant. C’est d’ailleurs ce qui lui donne une longueur d’avance sur ceux qui font le même travail que lui. « Je veux que l’on garde de moi, l’image de l’homme qui a été meilleur parce qu’il a été plus rigoureux que les autres dans son travail. Je n’ai pas un talent extraordinaire, nous sommes tous les mêmes mais pendant qu’ils dorment ou s’amusent, moi je bosse c’est normal qu’il y ait une différence». La tête à fond dans le travail et mieux, à plein temps. « Mais je trouve le temps de faire mes conneries aussi », souffle-t-il avec sourire. Steve aime la nature. Il est attiré par la flore et la faune. Le béton ne le charme pas particulièrement. Il veut s’assurer l’essentiel pour ses besoins financiers, personnels et professionnels. Amasser l’argent ne l’intéresse pas. « En lieu et place d’un voyage de luxe aux Etats-Unis, il préfère mieux encore aller à Boukoumbé » pour bénéficier de la chaleur des gens simples mais grands de cœur. « Je ne suis pas du tout bling-bling », conclura-t-il sur ce chapitre. Avec sa barbe poivre sel de cinq centimètres, bien taillée à la circulaire, l’ancien manager de Nel Oliver s’est ouvert sans réserve sur sa vie privée et professionnelle. C’est un homme sûr de lui, solide sur ses appuis personnels et sur le Christ qui parle avec assurance. Sa vie est sans regret. Même les moments sombres ont eu leur côté positif. Les mauvais souvenirs, il en a accumulé beaucoup mais ne s’y attarde pas. Pour lui, c’est « personnel ». Il regarde beaucoup la télévision et a eu le temps de suivre les plus grands animateurs au monde. Il en est venu à la conclusion qu’à la télé, « on n’invente rien, on réajuste tout ». Mais il est convaincu que sous nos cieux, la télé se fait encore sans moyens. Deux grands souvenirs lui reviennent à l’esprit au bout de ses trois décennies sur le petit écran. Une émission grand public faite chez l’artiste de regrettée mémoire Stan Tohon dans des conditions inédites qui l’ont particulièrement fasciné et puis à Paris, son entretien avec MC Solar. Il peut aujourd’hui s’en vanter, à cette époque-là, aux heures glorieuses de cet artiste de renom, il fut le premier Africain à le prendre en interview. Il en avait eu l’envie, il s’est débrouillé, a payé son billet pour le voyage et cela lui a marché. Dans tous les cas, les bons moments sont plus nombreux que les mauvais dans sa carrière. « Il y a eu de moments trop noirs, mais Dieu nous a soutenu », témoigne-t-il. Plus de trente ans de métier, mais Steve estime humblement qu’il n’a pas déployé 20 % de son talent parce que « nous travaillons beaucoup sans moyens. On n’a pas donné assez de moyens au service public ». Avouant qu’au début de Week-end Matin, « il y a eu beaucoup d’adversités». Quelque peu dépité, il ajoutera « Nous passons plus notre temps à déjouer les pièges qu’à travailler ». Mais cela n’enlève rien à l’amour qu'il a pour le secteur public. Il en est un fan, un féru. Il en parle avec élégance et respect. Il vénère le média de service public et ne se sent bien qu’en y travaillant. Toutes les offres qui lui sont parvenues dans le privé ne l’ont pas intéressé. Il refuse d’en parler, mais admet juste que « très peu de privés sont sérieux». Au Bénin, dans la sous-région et même sur des chaînes régionales européennes, les opportunités n’ont pas manqué. Mais l’homme est resté collé à la télévision nationale. Pourquoi cette fidélité ? « Je suis amoureux du service public, je l’adore parce que c’est puissant, c’est l’État, le pays, le gouvernement». Une chaîne nationale ne peut pas tomber, reconnait-il. «J’adore la puissance, la force, j’ai atteint un niveau, excusez mon manque de modestie, où plus aucune chaine privée ne peut me contenir », admet-il. « Les privés peuvent chuter à tout moment comme moi-même. Ils peuvent suivant leur état d’âme, résilier un partenariat. Mais le service public est une continuité qui s’assume. C’est un service fort, puissant». Mais il y a une autre raison pour laquelle il refuse de s’en départir. « Le service public m’a fait, m’a donné ma chance et j’ai toujours voulu rester fidèle à la maison mère… Je suis un homme très fidèle en amitié et professionnellement ». Autre certitude, il ne reviendra plus jamais dans le showbiz. « Je suis repu, lassé depuis vingt ans, je n’ai plus jamais mis pied dans une discothèque ou une boîte de nuit », confie l’animateur. Même la télé qu’il fera dorénavant sera un peu plus légère. Il veut du temps pour lui et veut en consacrer à ses enfants et à sa famille. C'est désormais des activités simples qui l’intéressent, un peu de sport pour maintenir sa santé. En fait, Steve confie qu’il n’a pour tout loisir, divertissement et travail que la télévision. On ne le sait peut-être pas, mais c’est un solitaire qui adore être seul. « Pour entretenir mon image, j’avais choisi depuis toujours de vivre dans l’autarcie. On ne me voit nulle part et cela m’a beaucoup aidé », lâche-t-il. « C’est dans l’autarcie que vous entretenez la flamme dans ce milieu d’activité », note-t-il. Et quand il se veut prétentieux, il peut se permettre de se comparer à un ancien chef d’Etat. « Je suis un peu à l’image du président Kérékou, je ne m’accroche à rien, et je suis heureux ainsi ». Il adore son pays et veut vivre simplement. Mais cela ne l’empêche pas de beaucoup rêver pour la télévision de son pays. Et par ces temps où des dirigeants plus ambitieux et plus ouverts ont le gouvernail en main, il a envie plus que jamais de faire la télévision. « C’est aujourd’hui, après trente ans que je rêve de faire davantage la télé. Je serais à la télé jusqu’à ce qu’un animateur terrible vienne me terrasser», souffle Babatundé (son autre prénom). Mais quand raccroche-t-il alors ? « Je ne sais pas, je me laisse conduire par le Saint esprit. Le jour où le Seigneur me dit d’arrêter, je mets un point final ». Côté obscur ? Ses confidences, il ne les fait pas sans évoquer une fois encore sa vie de couple. Avec sa femme, deux personnages différents. L’épouse adore le beau, et elle se l’offre, pendant que le mari veut « vivre simplement ». Même rouler la grosse voiture ne l’intéresse pas. Modestie et modestie, clame l’animateur. Elle est «excentrique », mais il ne s’en plaint pas. Sa réussite notamment sur Canal + fait sa fierté. Il a lui aussi eu ses moments de gloire et reste une réussite à l’écran. « Aujourd’hui, c’est une grande figure. Quand elle va à Abidjan, elle est très célèbre. Chacun partage sa célébrité mais aujourd’hui, c’est davantage elle », se félicite l’époux. Sauf que les deux n’ont pas basé leur vie sur la célébrité. « Nous l’avons basée sur des valeurs, la simplicité et sur Dieu. Nous ne sommes pas riches, certes célèbres, mais c’est Dieu qui donne tout et nous gérons tout cela avec tolérance », souligne Steve. Mari jaloux de l’ascension fulgurante de son épouse ? Il en rit plutôt. Autant il aime son épouse, autant il est heureux de la voir réussir. « Je l’aide plutôt. Je suis tellement heureux de la voir réussir. Je sais qu’il n’y aura aucun problème, je lui fais confiance et en plus, cela génère de l’argent pour la famille». Ce que l’animateur assume tout de même, c’est qu’avec elle, ce sont deux personnalités différentes, même s’ils font le même job et partagent le même espace. C’est sans doute la raison pour laquelle ils ne vivent pas dans la même chambre. « On se subit tout le temps dans la journée, on se côtoie plus que quiconque, donc elle a ses dépendances et j’ai les miennes. Nous n’avons pas les mêmes loisirs et nous ne regardons même pas les mêmes choses à la télévision. Nous sommes deux choses diamétralement opposées ». Un choix de vie qui n’entache en rien la belle vie de famille. « Nous avons nos moments d’échanges, l’amour nous unit, les enfants nous unissent, le couple que nous sommes nous unit, les prières du matin et du soir nous unissent », dira-t-il aussi. D’ailleurs, si le couple tient, c’est grâce à elle car « elle tient son foyer avec beaucoup d’amour et de rigueur ». Autre confidence, Inès ne regarde pas ses émissions, lui non plus ne regarde pas les siennes, en tout cas pas à la diffusion. Peut-être après pour y faire des observations. « Nous ne nous regardons pas, chacun passe son chemin », lâche-t-il en riant. Cette double personnalité influe-t-elle sur les enfants ? Difficile de le dire. Tout ce qu’on sait, c’est que le fervent chrétien évangélique a laissé les deux garçons prendre le chemin religieux de leur génitrice. Là-bas, c’est une « institution millénaire » avec une structuration sans pareille, soutient Steve. Après ? ils feront les choix qu’ils veulent. Mais pour l’heure, les deux parents leur assurent une éducation religieuse stricte. Société 24 août 2021


Fédération béninoise de Tir à l’arc: Des entraineurs de niveau 1 formés et dotés de matériels modernes
Une quinzaine d’entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc ont bénéficié du 18 au 20 juillet dernier à Cotonou d’une formation sur la fabrication des accessoires des matériels modernes et locaux. Au terme des trois jours de formation, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’Arc a doté les participants de matériels. Au cours de la cérémonie de clôture de la formation des entraîneurs de niveau 1 international de tir à l’arc, vendredi 20 août dernier à Cotonou, Paul Zinsou, président de la Fédération béninoise de Tir à l’arc a procédé à la remise de matériels aux clubs et aux ligues. Il a affirmé que cette session de formation a permis d’outiller les encadreurs , pour préparer les archers à faire face aux matériels modernes lors des prochaines compétitions nationales et internationales. Pour Paul Zinsou, c’est une révolution qui est amorcée et qui permettra aux athlètes de passer un nouveau cap. « Par le passé, nous avons développé l’arc local et on fabriquait nos arcs et nos flèches avec du bambou mais aujourd’hui, nous passons à l’arc standard », a-t-il déclaré. A l’en croire, les archers vont se familiariser désormais avec les flèches modernes afin que le matériel ne leur soit plus étranger lors des compétitions internationales. C’est pourquoi, il annonce l’usage de ces matériels modernes lors des prochains championnats nationaux. « Seuls ceux qui sont de la catégorie minime vont utiliser l’arc local, les encadreurs sont aguerris pour permettre aux archers cadets, juniors et seniors d’utiliser le matériel moderne lors des prochains championnats. Au nom des participants, Daniel Mikpon a salué la fédération pour avoir initié cette formation au profit des entraineurs de niveau 1. Fier d'avoir bénéficié des notions pouvant leur permettre de fabriquer les accessoires de leurs matériels modernes et locaux, il pense que cette session de formation marque le début d’une autre aventure professionnelle et personnelle pour les participants. « Depuis trois jours nous sommes engagés dans cette formation avec détermination, endurance et force et les connaissances acquises ne sont plus à démontrer », a-t-il déclaré. Daniel Mikpon promet qu’un bon usage sera fait des matériels offerts par la fédération béninoise de tir à l’arc au niveau des différentes ligues et des clubs actifs pour le bonheur des archers béninois. « Nous sommes plus que jamais prêts et disposés pour le travail afin de combler les attentes de la fédération », a-t-il conclu. Sports 23 août 2021


Vaccin contre le Sida: L’espoir est permis
L’entreprise de biotechnologie américaine Moderna a débuté ses premiers essais cliniques sur des humains pour tester deux vaccins, basés sur la technologie de l’Arn messager, contre le Sida. Exactement 37 ans après la découverte du Vih, cette nouvelle est source d’optimisme car chaque année on compte 2 millions de nouveaux malades infectés par le virus et on constate 690 000 décès. A l’heure actuelle, plus de 38 millions de personnes dans le monde vivent avec le Vih. Le coût annuel du Sida est estimé à 105 milliards de dollars. En 1984, la Secrétaire d’Etat américaine en charge de la santé et des services sociaux, Margaret Heckler, annonçait que le virus Hiv était responsable du Sida et elle espérait que dans les 2 années suivantes un vaccin serait prêt à être testé pour rapidement stopper l’infection. Depuis, aucun remède n’a été trouvé. Jusqu’à maintenant les processus de recherche ont atteint la Phase III à plusieurs reprises sans obtenir de résultat convaincant. La bonne nouvelle est que le 19 août la société de biotechnologie américaine Moderna a commencé à tester deux vaccins contre le Vih sur 56 volontaires, âgés entre 18 et 50 ans, non-infectés et en bonne condition physique. Le but de cette Phase I est de vérifier que les vaccins ne provoquent pas d’effets secondaires dangereux et qu’ils enclenchent une réponse immunitaire efficace avec la production d’anticorps protecteurs durables. Cette étude devrait prendre fin en avril 2023. La technologie utilisée est celle de l’Arn messager (ARNm). Arn messager Selon l’Oms, la technique à base d’acides nucléiques est une nouvelle façon de développer des vaccins. Ces dernières années, les laboratoires de recherches ont développé des vaccins à Arn messager au niveau du traitement contre le cancer par immunothérapie (stimulation des défenses de l’organisme) et pour lutter contre des maladies infectieuses comme la rage, Zika, ou le Vih. Un vaccin à base d’acides nucléiques fournit un ensemble spécifique d’instructions à nos cellules, que ce soit sous forme d’Adn ou d’ARNm, pour que celles-ci fabriquent la protéine spécifique que nous souhaitons que notre système immunitaire puisse reconnaître et combattre. Avant la pandémie de Covid-19, aucun vaccin de ce type n’avait encore été soumis au processus complet d’approbation pour une utilisation chez l’homme, bien que certains vaccins à Adn, y compris contre certains cancers, faisaient déjà l’objet d’essais sur l’être humain. En raison de la pandémie, la recherche dans ce domaine a progressé très rapidement. Optimisme Actuellement, deux essais cliniques de Phase III sont en cours pour trouver un vaccin contre le Sida. La société pharmaceutique Johnson & Johnson, à l’origine du vaccin Janssens contre la Covid-19, est impliquée dans ces démarches scientifiques. Le premier essai, appelé Imbokodo a débuté en novembre 2017. Il teste un vaccin sur des femmes originaires d’Afrique (Malawi, Mozambique, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe). La phase III du second, Mosaico, a débuté en juillet 2021 et se déroule sur plusieurs sites en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe. Il étudie les effets sur des hommes gais, bisexuels et sur des transgenres. Ceux-ci visent à renforcer la réponse immunitaire en contenant des antigènes de nombreux sous-types viraux différents. Les résultats sont attendus avec impatience ; ils seront connus en février 2022 et 2023. Qu’est-ce qu’un essai clinique? Étude de phase I: La phase initiale d’une étude clinique constitue celle des tout premiers essais du produit expérimental chez l’être humain. Le produit est d’abord testé sur un petit groupe de volontaires (20-80 personnes). L’objectif de cette phase est d’évaluer l’innocuité du produit et ses potentiels effets secondaires. Étude de phase II: Le produit expérimental est ensuite administré à un groupe plus important de volontaires (100-300 personnes) afin de déterminer son efficacité et de poursuivre l’évaluation de son innocuité. Étude de phase III: Lorsque le produit expérimental a passé les deux premières phases, il est administré à un large groupe de volontaires (1 000-3 000 personnes). Cette phase de grande envergure permet de confirmer l’efficacité du produit, de surveiller les effets secondaires et de comparer le produit à un traitement de référence. Des informations sur l’utilisation la plus adaptée du produit sont également collectées. Étude de phase IV: Une fois que le produit a reçu l’autorisation de mise sur le marché et est rendu accessible au grand public, il entre en phase IV. Cette phase est celle du suivi à long terme du produit et permet d’identifier d’éventuels effets secondaires rares ou des complications tardives. Par Catherine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse) Santé 23 août 2021


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